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Black Devil

Un autre délicieux coucher de soleil, se pose sur ma luxuriante plantation de bananiers et de poivriers. Les ouvriers en sortent en file indienne. Leurs corps d’ébène pliés de fatigue et couverts de boue et de sueur, donnent l’adorable impression d’être en sang. Le ravissant épuisement se lit sur chacun des visages, soient-ils juvéniles ou séniles. Et un à un mes bons petits soldats retournent dans leurs cases en bout de propriété, près des porcheries. Mais avant de disparaitre chacun vient me faire sa révérence avec un traditionnel « Bonsoir maître et merci pour cette journée. ». C’est une agréable musique qui me transporterait presque si elle n’émanait pas de vermisseaux sans valeur. Ça me donne toutefois envie de me faire plaisir, ce soir. Je quitte la terrasse arrière en bois de Bubinga. Traverse la baie vitrée pour rentrer dans ma salle à manger privé. L’idée de prendre mon pied rode plus intense dans ma tête. Je me demande par quelle voie étancher la soif de plaisir de toutes ces voix qui se bousculent dans mon esprit. Je rentre dans mon bureau du rez-de-chaussée, m’affale sur le canapé en cuir blanc et continue de penser ou plutôt de fantasmer sur mes alternatives. Alors que j’allais arriver à une conclusion alcoolisée, une autre réponse s’offre à moi. C’est une domestique, l’une des petites nouvelles et la seule à qui je n’ai pas encore gouté.

La petite chose d’environ quatorze ans, m’apporte ma tasse de lait au cacao. Elle se courbe et dépose le plateau de service sur la table basse devant moi, dévoilant un petit décolleté aguicheur. Elle avance une tasse en porcelaine, mets la cuillère de cacao habituelle avant de verser le lait frais par-dessus. Elle apprête un petit plat de douceurs qu’elle dépose de ses fins doigts à coté de ma tasse. Quand elle lève les yeux pour me remercier et se retirer, elle croise les miens et devine que j’étais en train de l’observer un peu trop attentivement. Maeva -je crois bien que c’est son nom- déglutit brusquement. Elle se relève tremblante, me remercie et tourne rapidement les talons. Ses petites hanches plutôt bien marquées pour son âge, se précipitent vers la sortie dans  un mouvement presque hypnotique pour moi. Je pense qu’il est temps de l’interrompre.

  • Maeva ?
  • Oui, maître, souffla-t-elle pleine d’angoisse en s’arrêtant sur le pas de la porte.
  • Tu vois le grand miroir qui est à ta gauche posé sur la table ? Je le trouve sale, pourrais-tu faire quelque chose ?
  • Bien sûr maitre.

Elle a dit ces derniers mots avec un timbre tremblant si délicat que j’en salive. Pendant qu’elle essuie le miroir qui de vous à moi n’a rien à se reprocher, je me lève et me plante derrière elle. Elle se fige un instant puis croisant mon regard dans le reflet se remet à l’ouvrage. Je sens son cœur battre d’ici c’est adorable. Je me colle dans son dos, pose mes mains sur ses hanches puis remonte sur ses petits seins tremblants. Je lis l’effroi dans ses petits yeux noisette et si je ne me retenais pas j’en rirais. Je lâche un de ses seins pour dégager son cou de ses longues nattes noires. La petite tour libérée palpite, si j’étais un vampire j’aurais plongé mes crocs pour boire ce que je sens chauffer et couler à flot sous cette peau caramel que je dévore à présent.

  • M… Maître s’il vous plait, non…

Je m’interromps et ma main qui soulevait sa jupe se fige.

  • Je vous demande pardon maître mais vous aviez promis…
  • Promis quoi ?

Mon ton est sec, brutal, à tel point qu’elle ne réussit plus à trouver ses mots. Sa terreur est jubilatoire.

  • Ma parole m’appartient, je la donne et la reprend quand je veux. Est-ce bien compris ?
  • J’ai dit, est-ce, bien compris ?
  • Oui maître, laisse-t-elle échapper d’un trait.
  • Tu sais, dis-toi que toutes les femmes de cette propriété y sont passées et ont gouté au plaisir de ma compagnie, c’est donc une faveur que je te fais de t’initier à ce qu’elles ont connu.
  • Merci maître.
  • Bien, maintenant baisse-toi.

Elle s’est exécutée. Mais alors que j’allais m’insinuer entre ses jambes flageolantes pour atteindre l’objet de mon désir, quelqu’un se présente à la porte. C’est Georgia ma grosse gouvernante. L’opulente chose fait mine de s’excuser et détourner le regard mais je suis sure qu’elle n’est venue là que pour retirer sa fille de mes bras. Ce qui n’arrivera pas sans bonne raison.

  • Maître, vos bureaux d’Ongola ont appelé, les ministres du travail et de l’industrie souhaiteraient une entrevue avec vous demain à l’aube. Monsieur votre conseiller me fait dire qu’il ne peut se présenter à eux sans vous. Nous avons déjà préparé votre voiture et quelques bagages pour que vous quittiez Penjaba au plus tôt maître.
  • Ok, donnez-moi dix minutes.
  • Maître, monsieur le conseiller à demander à ce que vous le rappeliez avant le départ.
  • Est-ce lui qui commande comment je conduis ma vie et mon temps?
  • Non maître, a répondu la madone.

Parce que je lisais ses intentions et que je pouvais quand même faire cette faveur à la femme qui m’a défloré contre son gré il y a quelques années, j’ai laissé la petite servante s’en aller.

***

Il est dix heures trente, la réunion avec les ministres a été d’un ennui total. Venir me supplier pour que j’améliore les conditions de travail des ouvriers de mes usines… ils n’ont donc rien d’autre à faire ? Au moins j’ai déjà participé à réduire le taux de chômage national. Mais non, il faut en plus que j’accorde à mes vermisseaux une rémunération plus importante, moins d’heures de travail, plus de congé… Comme si mes employés s’en plaignaient. La dernière grève que j’ai endurée remonte à ma première année dans l’industrie, c’était il y a quatre ans. Une vague de bons à rien avait monté un piquet de grève pour revendiquer des jours fériés, je les ai licenciés sur le champ sans préavis d’aucune sorte. Je me souviens que directement ou indirectement je possédais déjà en commençant la moitié des usines de Bonadouala. En plus au groupement patronal je pesais assez pour imposer aux autres de n’embaucher personne de ceux que je renvoyais. Ça a été une leçon suffisante pour que les survivants se taisent à jamais et travaillent avec entrain. Et aujourd’hui, quelqu’un a manigancé pour que les ministres plaident leur cause et bien, ils le sentiront passer ces vauriens. Bon nous voici devant la presse, sourions et faisons bonne figure.

  • Monsieur Ekwame, allez-vous donner suite aux requêtes et recommandations des ministères ?
  • Bien évidemment, étant moi-même soucieux du bien-être de mes employés, il faut que je mette le doigt sur cette situation et la règle.
  • Vous n’étiez pas au courant des injustices dont ils étaient victimes ?
  • Vous savez comme moi que je possède des investissements dans différents secteurs et près d’une centaine d’entreprises. Comment voulez-vous que je sois au courant de tout ce qui se passe partout ? Mais quoi qu’il en soit, je veillerai à ce que cela ne se reproduise pas.
  • Se pourrait-il qu’à cause de votre âge vos directeurs généraux ne vous rendent pas proprement compte des activités de vos entreprises ?
  • Mes directeurs généraux sont des gens compétents et très occupés. Ils ont par ailleurs toute ma confiance. Je ne comprends donc absolument pas la corrélation que vous faites entre mes dix-sept ans et leur rapport à mon autorité. Je sais ce que je désire savoir sur les affaires que je mène. Sur ce, messieurs les journalistes, je vous laisse.

Et je suis descendu de l’estrade quelque peu irrité par ce journaliste. Steve Mpondo c’est ainsi qu’il s’appelle. Ce n’est pas la première fois qu’il se permet ces impertinences et cette fois ci sera bien la dernière. Je lance un coup d’œil à Jérôme mon conseiller et comme d’accoutumée il me comprend sans que j’ai un mot à dire. Il donnera l’ordre à quelques amis de la mafia ou même de la police de faire taire ce scribouillard.

Je dois dire que ma fulgurante percée sur la scène des affaires camwandaise attire les regards et les commérages. Un gamin de quatorze ans, revenant de la silicon valley avec quelques millions en poche et qui s’offre le luxe de racheter les plus grandes usines du pays, c’est louche. D’où vient-il ? Comment ce petit orphelin est-il arrivé aux Etats-Unis ? Comment a-t-il eu tout cet argent ? A-t-il vendu son âme au diable pour avoir tout cela? Qui est-il pour faire la pluie et le beau temps sur le climat des affaires du pays ? Autant de questions que ces moins que rien diffusent en plus de rumeurs sottes dans leurs torchons qu’ils appellent journaux. Si je le pouvais déjà, je rachèterai tous ces médias pour les mettre au placard.

 

Harry D., Tous droits réservés.

 

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