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Drame chez les Andersson

La famille Andersson naquit dans le sud-est de l’Europe, en Albanie. Lorsqu’elle se développa, elle se subdivisa en quatre grandes familles qui s’éparpillèrent un peu partout dans le monde : Hansen, Nielsen, Smith et Popa.

Les Andersson avaient ceci de particulier que ses membres étaient tous des êtres très peu proches de leur frère. Cette distance naturelle entre membres d’une même famille inquiéta tellement la doyenne Andersson qu’elle instaura, avant sa mort, une règle supposée s’appliquer toutes les trente années. Il s’agissait d’une réunion de famille obligatoire. Ainsi, tous les trente ans, les chefs de famille devaient rassembler leur progéniture et prendre la route pour le grand manoir Andersson où ils devaient les présenter au reste de ses frères ainsi qu’aux cendres d’Angelina Andersson, l’ancêtre le plus vieux connu.

C’est dans l’optique de respecter la seule règle de leur petite famille que les Hansen, les Smith, les Nielsen et les Popa, tous établis respectivement en Suisse, Amérique-du-Nord, Bulgarie et Cameroun, se rendirent en Albanie.

Les Popa arrivèrent les derniers. Leur voyage avait été long et fatiguant si bien que lorsqu’ils pénétrèrent dans la grande concession, leur dernière de sept ans, Daenesis, sauta sur ses petits pieds pour courir partout, contente d’être enfin arrivée. Ses jumeaux de frères aînés, Jézabel et Jack, étaient moins expressifs, presque réticents, tandis que Meredith, leur maman, et James, leur papa, descendaient les bagages de la voiture.

Déjà installés dans la maison pouvant accueillir plus de trente personnes, les Hansen et Smith discutaient pendant que les Nielsen, plus en retrait, guettaient les Popa entrer.

– Voilà les Popa, dit Karl Nielsen et le silence envahit la pièce quelques secondes avant que Meredith n’entre suivi de sa famille.

– Meredith ! Appela Edgar Hansen en écartant grand les bras.

– Edgar !? Edgar, bon sang c’est toi ? S’étonna la femme tout sourire avant d’étreindre son cousin préféré qu’elle n’avait pas vu depuis des lustres. Elle fit pareil avec Karl et Binette avant que ces derniers ne lui présentent ses neveux et nièces.

– Et vos parents !? Demanda Popa en attachant ses longs cheveux blonds.

– Tous morts, fit Binette en levant les épaules avec désinvolture. Et nona ?

– Elle a rendu l’âme il y a deux ans.

Le silence s’installa. C’était bien connu, les Andersson mouraient tous une fois qu’un de leur enfant entrait dans la trentaine. Pourquoi c’était ainsi !? Ils l’ignoraient tous mais aucun ne se posait vraiment la question et chacun se gardait bien d’émettre une quelconque hypothèse de peur de faire face à quelque chose de plus qu’étrange.

– Maman, on reste combien de temps ici ? Questionne Jéza, les sourcils froncés. C’est la moins contente d’être là, elle devait en principe passer son permis ces vacances-ci. Ses plans avaient bien changé entretemps.

– Demain en principe. Ne sois pas impatiente et va découvrir tes cousins.

– Dans la génération de ta mère, ils n’ont eu qu’un enfant par personne !? C’est étrange, marmonna James et sa femme approuva sa remarque, ajoutant même à cela le fait que sa mère n’avait jamais voulu lui dire pourquoi, son père non plus d’ailleurs.

Le soir arriva bien vite. La grande maison Andersson était gérée par le plus vieux de la famille Andersson, Roosevelt, une femme de 80 ans. À 19heures avait lieu le repas et tous avait été prévenus donc, à cette heure-là, ils étaient tous assis autour de la table. Presque tous.

– Edgar ?

– Oui, grand-mère, répondit l’homme aux cheveux blonds coupés très courts.

– Où est ta femme ?

– Maggie !? Mais oui, Maggie, où est-elle donc ? Elle est pourtant descendue la première, fit Hansen en jetant un coup d’œil à ses deux adolescents qui soulevèrent leurs épaules. De toute évidence, les Hansen ignoraient où est Maggie. Un coup d’œil au reste des personnes réunies informa le blond que Maggie n’avait été vue nul part. Il se leva en rouspétant puis disparu dans la salle d’à côté où se trouvaient les escaliers menant aux étages supérieures.

À table, Daenesis était mal à l’aise mais personne ne comprenait pourquoi. Joseph Smith, l’ainé des trois enfants de Binette, était agité tandis que Simone Nielsen, 17 ans, fille unique de Karl, est droite comme un piquet sur sa chaise. Imperturbable. Meredith commença à discuter avec Binette. Karl les rejoignit et bientôt un petit vent de conversations diverses s’éleva dans la pièce sous l’œil ravi de mamie Roosevelt mais ces sourires s’évaporèrent vite des visages lorsqu’un cri d’épouvante retentit brusquement, faisant même sursauter les domestiques dans les cuisines. Tous s’interrogèrent du regard avant que Meredith ne se levât d’un bond.

– Je vais voir ce qu’il a !, furent les mots qu’elle laissa en rejoignant la porte de la salle à manger.

– Weeh ! S’exclama doucement Jack. Tonton Edgar et sa femme ont quoi !? Moi je commence à avoir faim, chuchota-t-il à sa jumelle qui lui fit une grimace de compassion. Elle avait également faim mais était trop occupée à fixer des yeux Simone Nielsen qui n’avait même pas sourcillé quand leur oncle avait hurlé.

« C’est quoi son problème ? » se demanda-t-elle intérieurement, intriguée.

Meredith monta les marches rapidement et atteignit finalement le premier étage où dormaient uniquement les couples. Les enfants, eux, restaient au deuxième. Toute haletante, elle se dirigea vers la chambre attribuée aux Hansen et s’arrêta à la porte, tétanisée par la scène qui se déroulait devant elle.

Rouge. Le sang de Maggie avait colorié la chambre rose pastel en rouge. Étendue au sol, plus blanche qu’une page vierge et baignant dans une mare rougeâtre, la belle-sœur de Popa n’avait plus de vie. Au-dessus d’elle, tentant vainement et pitoyablement de la réanimer, Edgar lui faisait un massage cardiaque suivit de bouche à bouche de façon mécanique. Des larmes inondaient son visage incrédule pendant qu’il répétait sans cesse :

– Un, deux… reste avec moi Maggie !

La mère Popa alerta ceux d’en bas et quelques minutes après, tous les adultes avaient accouru au premier, les enfants ayant été confinés dans le salon avec leur arrière-grand-mère. Tous étaient stupéfait. Edgar ne s’était pas arrêté malgré l’agitation autour de lui. Aucun n’osa s’approcher mais Meredith n’attendit pas longtemps avant de toucher son cousin.

– Edgar… Hey Edgar, tu m’entends ?

– Meredith !? Meredith, Maggie ne respire plus ! Appelle une ambulance, elle a besoin d’aide !

Il était dans déni. Lui, plus que les autres, savait que c’était fini depuis des heures pour Maggie. En tant que médecin, il le savait mais plu que quiconque.

– Edgar, calme toi, je… Le réseau ne passe pas ici et, nous sommes très loin du reste du monde, dans cette forêt. Je… Maggie est partie, finit-elle par lâcher et le désespoir déforma les traits de Hansen.

Il se laissa lever par sa cousine, accepta même de quitter la pièce et de rejoindre la salle de bain où Popa le débarrassa de ses vêtements tâchés de sang. Ensemble ils gagnèrent la salle de séjour où étaient assis les autres. Les enfants furent envoyés dans leur chambre avec chacun des plateaux repas. La chambre des Hansen fut scellée et un des quatre serviteurs de Roosevelt couru en ville prévenir la police locale. Le silence était le maitre des lieux au salon mais nouvelle sortit finalement de la bouche de Karl Nielsen qui était resté examiner le corps, lui aussi étant médecin.

– Maggie a été assassinée, commença-t-il.

Personne n’ouvrit la bouche. Ils avaient tous vu le gros couteau plein de sang près du corps de madame Hansen.

– Je suis désolé Edgar. On lui a sectionné la carotide et on l’a poignardé à plusieurs reprises à l’abdomen. Elle a perdu beaucoup de sang et…, Il se racla la gorge face aux expressions horrifiées de ses frères. Finalement, reprenant son sérieux, il annonça : Nous sommes les seuls ici à des kilomètres à la ronde.

– Personne d’autre n’est dans cette maison à part nous, ajouta-il en appuyant sur le mot  »personne ».

– Qu’est-ce que tu insinues, aboya directement Binette en lui coupant la parole mais Karl ne lui prêta aucune attention et affirma avec calme :

– L’un d’entre nous l’a forcément tué.

Karl était le plus vieux de tous. Il avait la quarantaine, avait perdu sa femme quand Simone était enfant et était d’un naturel réaliste. Sur le coup, son réalisme fut mal pris et même mal venu. Quelqu’un venait de mourir quand même ! Binette comptait bien le lui faire remarquer. Elle se leva et se mis à lui hurler dessus. C’était la plus sanguine des quatre adultes. Meredith essaya de calmer le jeu vu que personne ne comptait le faire, Edgar étant hors circuit.

– Grand-mère, tu sais quelque chose n’est-ce pas ? Souffla doucement Hansen et tous se tournèrent vers la vieille femme qui, depuis le drame, n’avait pipé un mot.

– Je redoutais ce moment, fit la doyenne en se levant de sa chaise roulante. Je crois que nous avons un problème.

 

Par une auteure de l’Afrique écrit: RED., tous droits réservés.

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