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LA ROMANTADA (L’Attentat de Yasmina Khadra)

LA ROMANTADA (L’Attentat de Yasmina Khadra)

 

Ça fait déjà quelques années que le football n’a plus dans mon cœur cette place de choix qu’il occupait pendant mes années de lycée. Il faut dire que j’étais passionné ! Pourtant, je mentirais si je disais que l’ambiance qu’ont créée les derniers matches de Ligue des Champions européennes n’a eu aucun effet sur moi. Si ce ne sont pas les rencontres elles-mêmes, que j’ai très peu regardées d’ailleurs, c’est tout le buzz généré. Buzz si envahissant aujourd’hui que la frontière entre vrais et faux fans de foot est plus fine que d’habitude. Tout le monde joue désormais le connaisseur dans les statuts sur les réseaux sociaux, les images de buts extraordinaires sont virales et le vocabulaire spécialisé est partagé par tout le monde.  Si bien que, je pense que ce serait aujourd’hui, un véritable challenge de trouver quelqu’un n’ayant pas entendu parler de remontada

Néanmoins, si par superbe, quelqu’un lisait cette chronique et ignorait ce que c’est une remontada , je lui dirais ceci : « La remontada, c’est comme moi qui doit livrer une chronique littéraire tous les dix jours pendant cette année, mais qui pour des raisons diverses, accuse déjà un petit retard. Donc pour ne pas perdre mon challenge, je me dois pendant un temps de livrer une chronique dans un délai plus court pour rattraper le retard ; Ca, c’est la romantada. Pour la remontada, tu l’applique au foot, en te rassurant de m’avoir mis dans la peau de Cristiano Ronaldo et voilà tu passes pour un expert en foot aussi. »

 

 

UN LIVRE DONT LA LECTURE A ETE INTERROMPUE

 

C’est une coutume chez moi. Que j’achète, qu’on m’offre ou que j’emprunte un livre, alors même que je suis sur une lecture en cours comme toujours ; je prends quand-même la vaine initiative de lire au-delà de la quatrième de couverture. Parfois c’est une page, parfois cinq, mais souvent un chapitre entier. Ce roman dont une amie m’a vivement ventés les mérites, n’a pas fait exception. Il y’a deux ans environs, avant de le classer dans ma bibliothèque pour plus tard, j’avais lu presque toute l’introduction sans réelle conviction pourtant…

 

RESUME

 

Amine et Sihem Jaafari forment un couple d’arabes palestiniens tranquille à Tel-Aviv. Si Sihem peut profiter de la quiétude d’une vie à l’abri du besoin et couverte de toutes les attentions des sommités de la ville ; c’est en effet parce que son époux Amine, à force d’application et d’abnégation a su s’assurer une place de chirurgien réputé au point de se hisser au rang de modèle d’intégration arabe en territoire juif. Il jouit de toutes les prérogatives que lui confèrent sa classe, tous les honneurs lui sont rendus et son travail est des plus appréciés dans son domaine. Et au-delà de sa personne, il s’acharne à en faire profiter sa femme, s’assure que rien ne manque à son bonheur. Pourtant, il est loin d’imaginer ce que Sihem complote à son insu.

Un jour presque ordinaire à l’hôpital, des détonations se font entendre non loin, et c’est un attentat terroriste comme il y’en a souvent dans la ville. L’hôpital s’emplit des victimes du drame. Il y’en a de tous les niveaux de gravité, les urgences de l’hôpital affichent un spectacle des plus désolants. Les secours aux victimes se poursuivent jusqu’à très tard dans la nuit sans qu’Amine ne se soucie plus que ça de sa femme, censée être de retour d’un weekend chez sa grand-mère, et qui aurait dû lui annoncer son arrivée. Alors qu’il considérait sa journée terminée, il apprend de la pire des façons que son épouse, la sublime Sihem est la kamikaze à l’origine de l’attentat dont il a secourus des victimes sans pouvoir éviter la dizaine de morts entrainée.

Pour le Docteur Amine Jaafari, bien que la nouvelle soit grave, elle n’est que le goulot visible d’un abîme aux dimensions abyssales. Il sombre dans une austère dépression sur fond d’immenses regrets et d’infimes espérances ; de sincères amours et de haines hypocrites ; de cuisants échecs et de vaines victoires. Au cours d’une expédition courageuse mais folle, il essaie de rétablir l’innocence de son épouse dont il est le seul à s’en convaincre. Cette expédition qui le conduira jusqu’à l’antre de diverses institutions islamistes le fera passer par des états et des sentiments épars. Entre condamnations farouches de crimes terroristes et légitimation inavouée de lutte de libération, Amine reviendra sur ses pas pour comprendre le combat d’un peuple palestinien qui dit choisir la lutte armée en dernier recours face à des envahisseurs mieux outillés.

 

 

MON OPINION

 

Il y’a quelques jours, à peine trois pages de ce livre lues, que détonations, déflagrations et troubles divers s’étaient invités en moi. Autant dire que « L’Attentat » que ces premières pages ont perpétré en moi me sembla autant vrai que les descriptions grossièrement réelles de l’auteur. J’avais commencé et je n’avais pas su m’arrêter, ignorant parfois même si je tenais tous le sens de l’histoire qui était contée. Le style, vif. Le rythme, effréné. Le vocabulaire, simple. Les phrases, concises. Les descriptions, réelles. Et les figures de style, efficaces. Qu’est-ce que je n’ai pas cité ?! Je l’ignore ! Mais je sais que je pourrais tenter d’être exhaustif que je ne réussirai pas à partager le dixième de l’émotion que j’ai ressentie en lisant l’introduction retentissante de ce roman.

Après, le roman est un long voyage dans l’interrogation des certitudes les plus inouïes de la race humaine ; un long voyage dans le questionnement de soi, face aux réalités qui nous entoure et le rôle qu’on y aurait à jouer aussi infime qu’il puisse être ; mais aussi un voyage profond dans l’un des conflits les plus dramatiques de notre siècle. Et face à cet ouvrage de Yasmina Khadra, le voyageur a sans doute un bon guide.

Seul regret, et je m’en doutais en éprouvant les premières pages ; le rythme et la puissance qui m’auront captivé subissent tel un oscilloscope, des hauts et des bas qui parfois font perdre au récit de sa superbe. Pourtant, l’espoir d’une remontée d’adrénaline est toujours satisfait quand on s’y attend le moins, et très vite le moment de répit est oublié.

By  Philo Malangwe

© Tous droits réservés, Avril 2018

 

 

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One comment

  1. Malangwe un gars doué. Tara bravo. J’aime ta chronique sincèrement. Leila tire le meilleur de toi courage. J’adore cet écrivain et dans une de ces interview j’ai sais la maturité qu’il peut donner à ses récits. The Top Bro, keep it up

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