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IL FAUT UN CŒUR POUR AIMER (La croix du cœur de Charly-Gabriel Mbock)

IL FAUT UN CŒUR POUR AIMER (La croix du cœur de Charly-Gabriel Mbock)

 

Depuis près d’un an, je consulte régulièrement un site internet (www.journée-mondiale.com ) qui répertorie les journées internationales à travers le monde et en donne les origines et l’historique. Alors, le 14fevrier dernier, comme j’étais agacé de voir tout ou presque mis à la sauce « Saint Valentin », je me suis dit qu’il fallait bien que je lise ce que ce site m’apprendrait à propos. Surprise ! À cette date, il n’y avait aucune journée, même pas nationale pour la fête des amoureux ; mieux, c’était « la journée internationale de sensibilisation aux cardiopathies congénitales ». Une journée internationale des maladies cardiaques le jour de la fête de l’amour ?! Après avoir lu tout ce qui était dit à propos de cette journée internationale, je me suis dit, non sans humour, et malgré la gravité des informations, que pendant que certains aimaient à cœur joie, d’autres doivent bien se dire qu’il faut un  cœur pour aimer.

Après cette réflexion, et comme je ne voulais pas quitter ce site sur une note triste ; je me mis à la recherche d’une journée internationale un peu plus gaie. Et, heureusement pour moi, je n’ai pas cherché longtemps : le 28 février c’est « la journée sans Facebook » ! Donc pour mes proches, je vous préviens que je ne répondrai que sur Whatsapp en ce jour…

UN LIVRE SUR UNE RELIGION OU UNE SECTE OCCIDENTALE

Exceptionnellement pour ce thème, je n’ai demandé conseil à personne. J’avais ce livre à la maison depuis longtemps. Je l’avais laborieusement lu il y’a quelques années mais j’en gardais quand même un assez bon souvenir quant au fond. Alors je me suis dit :  «  puisqu’il s’agit d’un challenge, autant mieux le relire et en ressortir le meilleur ». Il faut aussi dire que la sympathie et l’admiration que j’ai pour son auteur depuis quelques temps y étaient pour beaucoup lors du choix de lecture. La croix du cœur de Charly-Gabriel Mbock , c’est la rencontre du peuple africain, tantôt avec un Dieu nouveau, tantôt avec une nouvelle religion qui mène à l’unique Dieu, mais toujours avec des réalités qui ne sont pas tout à fait des réalités africaines.

RESUME

Avec tout ce que sa démographie, son hydrographie, son relief et ses pratiques ancestrales peuvent avoir de pittoresques parfois ;  Song Mboua comme beaucoup d’autres villages profondément ancrés dans la culture africaine, est un village africain banal et paisible. À ses habitants lassés par tant de monotonie, il suffit parfois du moindre incident pour attirer toute leur attention. Alors, quand l’arrivée du missionnaire d’une nouvelle religion fût annoncée, c’est tout le village qui en fît le sujet principal de discussion.

L’entrée de Sango, le  missionnaire à Song Mboua fût à bien d’éléments comparable à la visite de Jésus à Jéricho. Sango, marchant au milieu d’une foule de badauds, jusqu’au palmier où Mbadi s’adonnait à son activité quotidienne de cueillette de vin de palme. Là le nouvel arrivant, à qui la scène rappelait celle de Zachée et du sycomore, dans un élan de zèle cria :  « SakioSakio, descends de ton arbre. Ce soir je vais dîner dans ta case. ». Et puis, malgré le temps qu’il  fallu pour convaincre Mbadi, tout s’est très vite passé. Il fut le premier baptisé de la nouvelle religion, « Sakio » pour « Zachée » ; et le catéchiste de la jeune chapelle qui devait s’implanter à Song Mboua.

Pourtant, très vite, après tout ce que Sakio aura appris de révélations et d’illuminations, il se trouva buté face à la réalité de sa nouvelle vie de chrétien. Moins de concessions que de défi. D’abord il y eut la chapelle qui devait être construite sur les hauteur de la colline hikôamadje comme l’avait prescrit Sango, c’était sans compter sur les serpents du devin et grand sorcier Beba Nuga. Ensuite, vint le moment de se débarrasser de toute pratique païenne indigne de l’homme qu’il était devenu. Chose difficile pour cet homme mû par un respect profond de ses ancêtres et de ses traditions. Et, probablement le pire pour lui, il fallait s’abstenir des légèretés auxquelles sa chair l’exposait. Cette même chair qui faillit le perdre quand il se mit à convoiter Malena, la jeune infirmière du village.

Un autre personnage pour qui l’arrivée de la nouvelle religion ne fût pas que paisible, c’est la matriarche Yacobina Ngo Massoda. Elle fut l’une des premières converties du village. La veuve dont l’unique progéniture était partie très loin du village pour se former à la profession de catéchiste était la chrétienne la plus intègre du village. Toujours en compagnie d’une bible qu’elle ne savait pourtant pas lire, elle ne savait pas moins les histoires que ces lignes racontaient et s’astreignait sans plainte à ses prescriptions. Malgré, les différentes luttes intérieures de son catéchiste ou de son fils en lien avec la nouvelle religion, elle resta ferme dans ses convictions et réserva pour son fils, la jeune Malena, objet des convoitises du catéchistes Sakio et de l’instituteur Malet ma Nkana.

MON OPINION

LA CROIX DU CŒUR est probablement l’un des meilleurs romans camerounais qu’il m’ait été donné de lire, sinon le meilleur. Si deux ou trois chapitres ont quelques fois sapé mon enthousiasme à cause de la relative rupture dans l’histoire qu’ils causaient, dans l’ensemble, la lecture de ce bon roman m’aura entraîné sur 220 pages environs à travers ce village, derrière ses personnages singulièrement dynamiques.

Le thème principalement abordé dans ce roman est d’une actualité à en faire pâlir des journaux encore en kiosque au moment où je rédige ces lignes. Scruter avec l’œil d’une Afrique dans son immédiateté tantôt naïve tantôt hospitalière, cette religion venue d’un ailleurs qu’elle(l’Afrique) ne connait qu’à peine, mais se ressent comme à son habitude la mission de l’accueillir, de la garder et de n’oser la déplaire tel qu’on fait quand on reçoit des hôtes de marque.

Le vocabulaire et la syntaxe ultra accessibles, auront contribué à rendre ma lecture plus digeste et agréable. En effet, on se retrouve en ouvrant ce livre dans un débat très sérieux mais tenu par des personnages dont l’auteur n’a omis pour aucun d’entre eux dans le processus de création, de rajouter chez certains une pincée et chez d’autres quelques poignées de dérision.

MESSAGES PERÇUS

Quand je disais plus haut que ce livre transpirait l’actualité, j’avais presqu’oublié qu’au cours de ma lecture, j’ai découvert la potentielle source de deux phénomènes on ne peut plus actuels :

  • La curieuse façon dont le rappeur Ténor conjugue les verbes à l’imparfait de l’indicatif sur son titre « Alain Parfait »
  • Le rapport qui existe depuis quelques temps entre le « piment » et une certaine partie de l’anatomie féminine.

Au moins pour ces deux curiosités, allez lire ce livre et vous n’en serez pas déçu, je crois. Mais pour être un peu plus sérieux, j’aurais retenu de cette lecture des paroles dignes de la bouche d’un héraut :

  • Que face au choix entre Dieu et la Terre, il faut choisir un Dieu Terrien pour ne pas souffrir de la distance qui nous séparerait de ce Dieu et de ses principes.
  • Et la vieille Ngo Massoda qui face à l’idée de sacrifier son unique fils, alors qu’elle y aurait vu quelque blasphème en d’autres circonstances, se vit modifier sans hésiter un instant le fameux Pater Noter. Escamotant le : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ; lui préférant sa formule personnelle : «  Que ta volonté reste à la mesure de l’Homme. »

By Philo Malangwe, tous droits réservés 2018.

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