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Mam’Eding Chapitre 9

Dahra

Juillet 2017

Agra Inde

 ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le fardeau de Dahra  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Bonne chance pour aujourd’hui.​​ Qu’est ce que je raconte moi ?​​ Tu n’as pas besoin de chance de ​​ toute façon. Tu es la​​ meilleure. Je t’aime.  ​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Les doigts sur le clavier de son ordinateur,​​ Dahra sourit en lisant le mail que Jahan, son fiancé,​​ venait de lui envoyer. Mais ce sourire ne s’éternisa pas.​​ La​​ culpabilité​​ s’emparant d’elle.​​ Il pensait qu’elle s’apprêtait à entrer au bloc pour une opération décisive pour sa carrière de chirurgienne, alors que​​ la réalité était toute autre ...​​ Encore une fois, elle avait dû lui mentir pour protéger son secret.​​ Dahra n’aimait pas mentir à son fiancé​​ mais elle savait qu’aussi prévenant et indulgent​​ qu’il​​ pouvait être, ​​ Jahan​​ ne comprendrait pas.​​ Alors le mensonge était son unique choix.​​ ​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ce jour là,​​ Dahra était​​ stressée.​​ Bien trop stressée même. Et ce n’était pas dû qu’à la honte qu’elle ressentait par rapport à Jahan.​​ Non, son malaise avait un autre nom : Nala.​​ En effet,​​ nous étions la deuxième lunaison du troisième temps de l’après,​​ autrement dit :​​ le jour de sa rencontre avec sa​​ sœur​​ Nala. Elle ne​​ s’attendait pas à être aussi nerveuse.​​ Peut être était ce dû à sa grossesse récente.​​ Elle se demanda une énième fois comment réagirait​​ sa sœur en découvrant sa grossesse ? Il fut un temps où elle en aurait pleuré de joie mais en ces temps si troubles, qu’en penserait-elle ?​​ ​​ Elle était​​ sûre​​ et​​ certaine que sa sœur comprendrait, qu’elle s’en réjouirait​​ ... Enfin, presque sûr.​​ Mais ce​​ presque​​ faisait toute la différence.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ne sois pas bête, c’est ta vie​​ après​​ tout et non la sienne !​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Essaya-t-elle de se raisonner.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ​​ Elle n’aura​​ pas le choix, elle devra​​ accepter ma décision.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Poursuivit-elle​​ décidée​​ en​​ rabattant​​ le clavier de son ordi. Elle​​ se mit à faire les cents​​ pas​​ jusqu’à se retrouver près de la fenêtre de son bureau. Ecartant​​ les rideaux à motifs cœurs​​ tribaux, elle​​ ​​ observa ​​ le jardin interne de l’hôpital. Ce matin de fin​​ de​​ juillet était magnifiquement ensoleillé. Peut-être était-ce​​ ​​ un bon​​ augure.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ À première vue,​​ Dahra​​ ressemblait​​ à n’importe quelle jeune fille​​ dans la fleur de l’âge​​ :​​ d’une beauté parfaite,​​ ses cheveux noirs​​ foncés​​ – très​​ commun pour une jeune​​ indienne​​ de vingt-quatre​​ ans – étaient parsemés de mèches​​ argentées. Elle portait toujours du vernis à ongles de couleur vive et des​​ saris​​ qui mettaient ses​​ courbes en valeur. Outre que son physique parfait, La chose qui la rendait si belle, était son assurance.​​ Dahra​​ savait qu’elle était sublime​​ et elle savait aussi que cela​​ n’était pas dû qu’à son apparence. Son sentiment de fierté venait de l’intérieur ; elle n’avait besoin de l’approbation de personne d’autre qu’elle-même​​ ou Nala.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Oui, à première vue, Dahra ressemblait à n’importe quelle indienne de son​​ âge​​ Pourtant, derrière son apparente banalité, cette jeune femme était​​ tout sauf normale.​​ En​​ réalité, Dahra était une déesse. Elle formait​​ avec sa sœur Nala,​​ la deuxième paire des divinités créée par la toute puissante Dea.​​ Six paires. Douze​​ frères,​​ emmenés​​ à se détruire pour le pouvoir​​ suprême :​​ régner​​ en maitre dans tout Eden.​​ Chacun d’eux poursuivait sa propre voie, n’ayant de comptes à rendre à personne et vivant depuis des millénaires parmi les humains qu’ils avaient eux-mêmes créés.​​ Mais voilà ! Dahra était amoureuse de l’un de ses humains et cela changeait tout.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Lassée de son​​ observation​​ de jardin, elle laissa retomber le rideau et essuya ses​​ mains poussiéreuses sur sa blouse. Comment des rideaux pouvaient-ils être aussi sales? Depuis quand n’avaient-ils pas vu de l’eau ou de la lessive ? En avaient-ils jamais vu d’ailleurs?​​ Elle se promit de passer un savon à l’agent d’entretien quand elle le verra.​​ Pour l’heure, elle jeta un coup d’œil autour d’elle, inspectant chaque millimètre de son bureau. Puis d’un claquement de doigts, un vent semblant survenir de nulle part, traversa la pièce laissant derrière lui, propreté, rangement et une délicieuse senteur de jasmin.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Parfait !​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Se félicita-t-elle en​​ se rasseyant sur son fauteuil. Il lui​​ fallu quelques secondes pour remarquer qu’elle n’était pas seule.​​ Ses poils se dressèrent​​ sur​​ sa nuque, une horrible sensation d’être observée​​ naquit en elle. Elle​​ pivota sur son fauteuil pour se retrouver ​​ face à​​ sa sœur.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Nala, la mine stupéfaite,​​ se tenait​​ debout près​​ de l’armoire à dossiers​​ à quelques pas de Dahra. Cette dernière​​ constata que​​ la déesse​​ n’avait pas changé​​ en deux​​ siècles​​ de séparation. Elle portait un jean noir et une veste bleue​​ turquoise​​ sur un T-shirt bleu pâle. Ses cheveux sombres étaient plus longs que la dernière fois où​​ elle l’avait​​ vue.​​ Elle les avait laissé tomber jusqu’à la chute de ses reins.​​ Elle était toujours aussi belle​​ avec ses immenses yeux noisette ourlés de ​​ longs cils. Bien qu’elles fussent identiques physiquement,​​ au fond,​​ elles étaient complètement différentes.

 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Nala...

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Silence.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ― Je suis heureuse de te revoir, ma sœur.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Continua Dahra en se levant​​ de son fauteuil. Elle​​ entreprit​​ de prendre la déesse​​ dans ses bras quand celle-ci la repoussa avec dédain.​​ Les​​ sourcils froncés,​​ le regard scotché sur le ventre de sa sœur, elle se​​ mordillait​​ la lèvre inférieure.​​ On aurait dit une tragédienne attendant que son partenaire lui donne la réplique. Pourtant, elle savait en observant la mine mi-radieuse mi-inquiète de Dahra que sa pire crainte s’était​​ produite.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​​​ ―Tu es …enceinte !?​​ 

Dit-elle​​ enfin en prononçant le mot​​ « enceinte »​​ comme​​ ​​ si​​ une armée de citrons avait élu domicile​​ dans sa bouche.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ―A la mine que tu fais, on croirait que ce n’est pas une bonne nouvelle. ​​​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ​​ Parce​​ que ça l’est​​ peut-être ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Les​​ pensées​​ de Nala​​ s’agitèrent comme des abeilles en train de butiner. Comment sa sœur pouvait-elle leur faire ça​​ alors que la guerre approchait!?​​ Comment​​ pouvait-elle​​ être​​ si inconsciente?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Pour moi, c’est une joie. Je vais donner un enfant à l’homme que j’aime. Tu devrais être heureuse pour​​ moi, Nala.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Cette​​ dernière​​ eut un geste de surprise.​​ Elle saisit le cadre représentant Dahra et​​ Jahan​​ riant aux éclats près du Taj​​ Mahal.​​ Les yeux rivés sur le cadre, elle​​ rétorqua​​ presque comme un murmure :

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Je n’arrive pas à croire que tu me fasses ca !​​ Tu​​ as préféré​​ cet​​ humain à​​ TA PROPRE SŒUR !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―JE N’AI JAMAIS VOULU DE CETTE GUERRE.​​ Rétorqua​​ Dahra sur le même ton, avant de​​ poursuivre​​ plus calmement :

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Vous l’avez décidé tous seuls,​​ maintenant ne viens pas te plaindre.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Nala accueillit les paroles de Dahra par un bruyant​​ éclat​​ de rire. Elle la saisit par le bras​​ et​​ répliqua :​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Parce que tu crois qu’aujourd’hui​​ tu as le choix ?​​ Tu​​ penses te retirer des hostilités et te faire oublier ? Terminé,​​ adios​​ Dhara…ha ha !​​ tu es encore plus bête que je ne le pensais. L’un d’eux​​ te tuera et absorbera tes pouvoirs. Et​​ tu ne pourras pas te défendre à cause de ça (elle fit un geste dédaigneux vers son ventre).​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Je n’en ai rien à faire de ces pouvoirs. Je te l’ai toujours dit mais toi, tu n’écoutes​​ pas. Je ne les ai pas​​ choisis. Je n’ai pas demandé à être une déesse. Et Si Jarelle n’avait pas​​ enfermé​​ Dea, elle aurait accédé à ma​​ requête !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Les mots de sa sœur, ​​ prirent la déesse au dépourvu…​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ​​ ―De quoi tu parles ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Dahra se dégagea puis se détourna, consciente d’en avoir trop dit.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―De quoi tu parles Dahra ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle se mordit la lèvre inférieure.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Dahra !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Je te parle de devenir humaine !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ―Je…c’est impossible.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Dhara secoua la tête, une esquisse de sourire aux lèvres.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Avec la pierre des regrets, l’impossible n’existe pas.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ De plus en plus déconcertée, Nala se récria :

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―TU VEUX UTILISER CET INSTRUMENT DE MALHEUR ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Pas moi non. Mais…​​ la personne qui gagnera votre maudite guerre !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Nala​​ écarquilla les yeux de stupeur.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Tu veux me trahir? Moi ? Ta sœur ?

Dahra soupira avant de lui faire face à nouveau.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Je t’aime Nala, tu le sais. Et je sais que toi aussi tu m’aimes,​​ tu m’aimes tellement que tu ne supportes pas​​ l’idée​​ même​​ que je devienne mortelle, que je meures et que je puisse t’abandonner…

 ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​​​ ​​ ―Je n’arrive pas à croire ce que j’entends…​​ rétorqua la déesse en leva les yeux au ciel. Et tout ça à cause de cet humain.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle pointa son doigt accusateur sur​​ elle.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Mais je te préviens,​​ chère​​ sœur, tu ferais​​ mieux de te​​ débarrasser​​ de cette chose gênante​​ dans ton ventre pendant qu’il est encore temps et de te ranger à mes​​ côtés durant la guerre.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Désolée mais ma décision est prise.​​ Même si notre désaccord me fait​​ horriblement souffrir Nala, je ne t’obéirai pas cette fois.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ J’ai bien peur que​​ tu ne me laisses​​ donc​​ pas le choix.​​ Je me vois dans l’obligation de tuer​​ ce Jahan​​ de mes propres mains, détruisant son âme à jamais.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Dahra fusilla sa sœur du regard​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Si tu le fais, je te jure Nala sur ma vie, que tu​​ ne​​ participeras​​ à la guerre parce que je te tuerai avant.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elles échangèrent​​ un regard​​ hostile et méprisant. Le silence se matérialisa​​ pratiquement ​​ entre les deux déesses. Qu’est-ce qu’elles ​​ pouvaient​​ bien dire après ça?​​ Après un moment qui sembla durer une éternité, Nala murmura un :

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ainsi soit-il

Avant de s’évaporer dans un nuage doré…

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ***

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Les être surnaturels du monde d’Eden ou du royaume de ombres​​ vous diront​​ sûrement que des douze divinités créées par Dea, celle qui dédaignait le plus les humains était Myra.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ces êtres là​​ avaient​​ tort.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Agenouillée, près du corps raide et blême​​ de Jennifer, Myra ne pouvait détacher le​​ regard​​ de celle qui a été pendant une courte période, sa​​ mère​​ de​​ substitution.​​ Colère,​​ chagrin​​ et frustration​​ se​​ peignaient sur son visage.​​ Comme elle s’en voulait d’être entrée​​ dans la vie​​ de cette humaine ! Maintenant, elle était​​ morte​​ à cause​​ d’elle. Le pire était qu’elle ne pouvait pas la​​ ressusciter​​ parce qu’elle avait péri de la main d’un dieu. Et​​ quand un dieu tuait un humain, il​​ anéantissait​​ par la même occasion son ​​ âme​​ à jamais.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Elle ferma les yeux, inspira longuement puis se relâcha, avant d’inspirer à nouveau. Elle déposa ultime baiser sur le front de Jennifer, une larme accompagna son geste​​ puis,​​ ​​ des flammes​​ jaillirent de ses doigts. Elle​​ les fit fusionner au corps de Jennifer qui s’embrasa​​ aussitôt.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Adieu maman...

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle sortit​​ ensuite​​ de la​​ chambre​​ dans un silence théâtrale​​ et descendit​​ l’escalier menant au salon avant d’emprunter la couloir débouchant à​​ la cuisine. Au centre de la pièce,​​ Psylé déballait de​​ la nourriture. Il ouvrait​​ des boîtes de conserve de poissons et les versait dans des assiettes de porcelaine​​ qu’il dressait​​ enfin sur la table en bois noir​​ de la salle à manger.​​ Ce​​ geste​​ lui fit remonter des souvenirs qu’elle croyait enfouis depuis des décennies; ces lunaisons qu’ils​​ avaient passées​​ tous les douze à Eden à festoyer, rire et​​ danser. Ces moments heureux auprès de Déa.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ En ce​​ temps-là,​​ Psylé adoraient inventer de nouvelles recettes​​ pour​​ ses frères​​ pendant que​​ Neris et Jarelle qui refoulaient la plupart du temps, Cadell​​ quant à lui​​ inventait​​ sans cesse​​ de nouvelles​​ armes divines, ou de nouvelles choses destinées à​​ améliorer la vie des humains…oui, il fut un temps où ils avaient été heureux tous ensemble, mais ce temps était révolu à présent.​​ Jarelle s’en était​​ bien assuré.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Une fureur indescriptible s’empara d’elle à l’évocation du nom de ce connard ! Elle repassa la scène dans sa tête : Jarelle, un sourire narquois​​ sur les lèvres, la menaçant de​​ la pierre des regrets ; Psylé, tétanisé par la peur. Puis elle… Elle qui le supplie de ne rien faire. Quelle humiliation ! Encore une fois, elle se maudit pour sa faiblesse.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ « Ceci est mon dernier avertissement ! Mon dernier. Au moindre mal que tu causes​​ à nouveau à Neris, j’utiliserai cette pierre contre toi et je me fous des conséquences. » L’avait-il nargué avant de disparaitre comme par magie.​​ Elle serra le poing en se promettant une énième fois de le lui faire payer.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Quand il remarqua enfin sa présence, psylé lui sourit :

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ ―Myra ! Regarde ce que j’ai fait pour toi, tu as toujours adoré ça, le poisson.

 ​​ ​​ ​​​​ Il lui montra son plat, rayonnant.

 ​​ ​​ ​​​​ ​​ ​​ — Pas maintenant. Je n’ai pas tellement faim.

 ​​ ​​​​  ​​​​ ​​ — Ah bon ? Tu n’as jamais craché sur du poisson! Tu devrais goûter, au moins.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle sourit intérieurement en se rappelant le plaisir qu’elle avait chaque​​ fois qu’elle goutait aux mets​​ de son jumeau, dans la​​ quiétude​​ de la cuisine​​ du palais de​​ Dea, avant​​ que tous ces ennuis ne surviennent. Elle aurait​​ aimé pouvoir en prendre un peu, à la​​ fois pour ne pas décevoir Psylé​​ et donner le change, mais​​ elle​​ rétorqua sèchement:

 ​​ ​​​​  ​​​​ ​​ ―Je n’en ai ​​ pas envie alors n’insiste pas!​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Loin d’en être déstabilisé, Psylé, habitué au caractère revêche de sa sœur, lui tendit une darne​​ de​​ saumon rose et juteuse​​ dont l’odeur​​ embaumait toute la pièce.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ — Tiens…prends-en une.​​ Tu verras, c’est délicieux.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ — Plus tard, peut-être.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle recula, embarrassée, sous le regard persistant du dieu.​​ Ce​​ dernier​​ haussa les épaules avant de porter sa fourchette au​​ bout de laquelle se trouvait​​ une olive, dans sa bouche.​​ 

 ​​ ​​ ​​​​ — On se demandait depuis des​​ siècles​​ ​​ était la pierre des regrets… reprit-il sur un ton sérieux.​​ Je n’aurais jamais imaginé que Jarelle l’a conservait depuis tout ce temps.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Comme la déesse ne répondait pas, il​​ poursuivit :

 ​​ ​​ ​​​​ ―Les autres devront en être informés. Cette pierre entre de mauvaises​​ mains​​ peut causer des dégâts énormes.

 ​​ ​​ ​​​​ Myra se détourna, le regard fixé au loin

 ​​ ​​ ​​​​ ―Faites ce que vous voulez. En ce qui me concerne, je n’ai plus​​ qu’un seul​​ but (elle plongea son regard dans celui de son frère) : La mort de Jarelle.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Bâti​​ comme un​​ quarter back,​​ de longs cheveux blonds bouclés qui lui tombaient avec grâce​​ sur les épaules​​ et les yeux​​ verts​​ mystérieux, le dieu avala une autre olive.​​ Puis répondit :

 ​​ ​​ ​​​​ ― Je serai là pour t’aider Myra, comme je l’ai toujours fait. Jadis, maintenant…​​ 

 ​​ ​​​​ Elle le toisa, prenant une expression plus douce.

 ​​​​ ​​ ​​ ―Et à Jamais, mon frère… compléta-t-elle​​ la devise qui les unissait,​​ en lui souriant.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Tout à coup, un cri perçant provenant de l’étage les​​ interrompit.​​ Puis, des​​ pas​​ précipités dévalèrent​​ l’escalier.​​ Il fallu quelques minutes à​​ Dan Duchamp pour faire​​ irruption dans la​​ cuisine.​​ Il​​ lança un regard méprisant à Myra, ignorant totalement Psylé.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ — J’aurais dû m’en douter… J’aurais dû me douter qu’un jour, tu en finirais avec nous…

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Sa peur était palpable,​​ Il sentait​​ le danger​​ émané de ces deux êtres diaboliques, mais la douleur intolérable causée par la découverte du corps calciné de sa femme dans leur chambre à coucher​​ lui avait fait perdre la raison.​​ 

 ​​ ​​ ​​​​ Il pointa vers elle une carabine. Les yeux injectés de haine il appuya sur la détente vidant ainsi son chargeur sur Myra.​​ Psylé tel un spectateur dans une salle de cinéma, continuait de déguster son repas tranquillement ne ratant pas une miette de la​​ scène​​ qui se déroulait sous ses yeux.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ La rafale de balles​​ terminée, Il prit un mouchoir qu’il fit glisser entre​​ ses lèvres. C’est à ce moment que​​ Myra se leva d’un bond, attrapa la​​ fourchette​​ des mains de Psylé,​​ puis, elle se matérialisa devant Dan qui ne comprit que trop tard sa mort​​ imminente.​​ La déesse​​ enfonça la fourchette dans le cou de sa victime sous le​​ regard hébété​​ de ce dernier.​​ Presque indifférente, elle​​ le laissa retomber​​ ensuite​​ sur le carrelage comme un jouet cassé; ce qu’il avait toujours représenté pour elle au fond.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Dan leva un regard livide vers elle.

​​  ​​ ​​ ​​ ​​​​ — Monstr…

 ​​ ​​ ​​​​ Brusquement,​​ sa voix​​ se mua en un gargouillis, et l’odeur âcre du sang se répandit dans​​ la​​ cuisine. Puis, Dan referma les yeux et sombra.

 ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​​​ ― Va retrouver​​ ta chère femme dans le néant.​​ Dit sentencieusement Psylé qui à​​ quelques mètres d’eux,​​ venait d’achever son repas

 ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​​​ ​​ ―On peut y aller maintenant ? demanda-il en se levant.

 ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​​​ ​​ ―Oui. Je n’ai plus rien à faire ici.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle ferma les yeux faisant le vide dans son esprit, elle visualisa sa prochaine destination laissant son​​ corps voguer vers​​ elle​​ jusqu’à disparaitre ​​ dans un nuage doré, suivie de près par son frère.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Oui… les êtres​​ surnaturels du monde d’Eden ou du royaume de ombres​​ vous diront​​ sûrement que des douze divinités créées par Dea, celle qui dédaignait le plus les humains était Myra.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ces êtres là n’avaient​​ peut être pas​​ tort​​ après tout...

 

Ecrit par​​ Dark-N, tous droits réservés 2017

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