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AGENT MOI Chapitre 3

 

3.

48 heures avant…

 

Bary et moi avions fait un pari malgré l’interdiction formelle de Ced, mais que pouvait-il bien me faire ? Je n’étais pas sa subordonnée.

Je revois son visage stricte, carré et impassible, sa bouche qui ne parlait qu’en cas de stricte nécessité pour ne pondre que des choses sensées. Il m’avait dit :

  • Ne fais pas la gamine, pas de pari ! Bary vous aussi.

Mais nous l’avions ignoré et avions continué.

  • Nous sommes d’accord, celui qui gerbe en premier a perdu et offre des vacances au lieu de son choix à l’autre. Avait dit Bary.

J’avais acquiescé et je le regrettai le moment venu et j’en suis sûre Bary aussi.

Nous entrâmes dans ce qui semblait être le salon de la maison et la vision qui s’offrit à moi suffit à me glacer le sang. Me regardant, Bary sourit, sentant que j’allais craquer, mais je me retins et avançai tête haute dans la salle.

Le sol carrelé gris était maculé des teintes de rouges variantes, le pauvre canapé en cuir noir avait reçu quelques nombreuses gouttes de sang.

Regardant les tâches de sang dans la salle, je me demandais si cinq litres de sang par humain était aussi beaucoup au point de teinter toute une salle.

Nous avançâmes vers un gros tas couvert par un plastic qui ne m’inspirait pas du tout confiance. Mais, malgré cela, je ne me laissais pas aller.

  • Apprêtez-vous à vomir. Lança Christian dont la mauvaise humeur était toujours d’actualité.

Des regards mauvais fondirent sur lui et en symbiose en plus ! Il continua et se plaça à une des extrémités du bout de plastic.

  • Je ne peux pas soulever ça seul ! Grinça-t-il.
  • Florent, vas l’aider. Ordonna Ced.

Florent grommela quelques mots incompréhensibles mais s’exécuta tout de même.

  • A 3 on soulève Grommela Florent.
  • Commença Christian.
  • 2 S’éternisa Florent.
  • Dit nerveusement Ced avec autorité.

Ils soulevèrent à contre cœur le plastic et nous firent découvrir la définition même de l’horreur.

Nous fîmes tous des mimiques de dégoûts et détournèrent le regard.

  • Tu as peur Bary ? Je te croyais plus résistant. Le taquinai-je.
  • Les dames d’abord, je suis un gentleman. L’aurais-tu oublié ?

Et il avait raison, le gentleman incorrigible !

L’air était lourd, tendu et presque divisible. Tout le monde avait le visage assommé et plein de cernes. Nous étions tous fatigués.

J’avançai, retenant tout mon être pour ne pas vomir tout ce que j’avais mangé la veille. Je m’accroupis près des monceaux de cadavres qui jonchaient le sol et sortis mes gants de la poche.

  • Tu retardes le moment fatidique ? Me lança nerveusement Bary. La vérité était qu’il était aussi dégoûté que moi.

Je ne répondis pas, et une fois ma main gantée, j’attrapais un morceau au hasard et cria ‘attrape’.

Bary me jeta un œil noir et réprima une envie de gerber, je souris mais ce n’était pas parce-que la situation m’amusait, au contraire, j’avais bogué !

  • Génial, tu m’as filé le gros intestin ! Ricana-t-il.

Les autres nous dévisagèrent et bien que stupide, ça faisait déstresser un peu.

  • Oh oui, et fait attention à comment tu le tiens, je crois qu’il y a des excréments qui vont en sortir, lui dis-je un sourire mauvais en coin.

Effectivement, une substance nauséabonde, verdâtre et semi-liquide coula lentement et avec grâce le long de l’intestin et toucha les mains de Bary qui bien qu’il ait des gants jeta l’organe et cria :

  • Putain ! avec une mine de dégoût sans pareil.

Il se précipita vers la porte et vomit sur le malheureux agent qui passait par là.

  • Bordel ! lâcha celui-ci tout en renversant son café.

Il lui lançait des mots pas très commodes alors qu’il était son supérieur !

  • Un seul mot, et vous serez de corvée de nettoyage avec l’équipe qui arrive. Cracha Bary à sa figure.
  • Bah maintenant ça suffit comme ça ! Gronda Ced ! Au boulot, les enfantillages c’est après !

J’examinai nerveusement les morceaux de cadavres devant moi, faisant en sorte de ne rien rater. Je vis les intestins, la bile, des bras, des morceaux de fesses soigneusement découpés et remis en place, des mamelons, et d’autres parties du corps. Il manquait juste quelques parties.

  • Il y a d’autres morceaux ailleurs ? Demandai-je !
  • Non, répondit furieusement Ced, mais il y a du sang ailleurs. On retrouve aussi une photo où il y a un enfant, un nourrisson d’à peine six mois.
  • Il a été retrouvé ?
  • Non ! » Lâcha-t-il

Je me levai d’un bond, contente de ne pas avoir vomis. J’avançai vers Ced et enlevai mes gants et fis signe que j’avais fini.

  • Très bien, il manque les cerveaux, un cœur, les organes génitaux et l’annulaire gauche de la femme. J’ai vu la bague sur le doigt de l’homme. Le cerveau de l’homme a été retiré avec beaucoup moins de délicatesse que celui de la femme, ainsi que l’organe génital. Je perçois un message et vous ?

Ils secouèrent tous leurs têtes en signe de négation.

  • Eh bien. D’après les photos et les morceaux, je présume qu’il y a deux corps ou avait deux corps si vous préférez. Les parties du corps masculin ont été dissocié de façon plus barbare que celles de la femme. Les sexes ont été emportés ainsi qu’un cœur et un annulaire que je présume appartiennent tous deux à la femme. L’annulaire gauche étant source de la Vena Amoris, la seule veine dans le doigt étant directement relié au cœur, il est souvent mentionné comme « Le doigt qui lie au cœur. » Ça c’est d’après la croyance Egyptienne. Je parie que si on retrouve la bague manquante, on verra une inscription du genre « J’emporte ton cœur et je me lie à lui » en copte, grecque ou hiéroglyphes si ce n’est pas en lagunage courant. Je peux donc supposer que l’agresseur, le tuer, un psychopathe faute d’avoir le cœur de sa bien aimé dans la vraie vie, et frustré de la voir avec un autre, emporte son cœur ainsi que son annulaire gauche pour l’avoir pour lui tout seul. Les sexes, ça doit être une sorte de vengeance personnelle contre les deux quant aux cerveaux, je n’ai pas encore de théorie satisfaisante pour l’instant.
  • Parce-que ça c’est satisfaisant ? Grogna Bary.
  • Absolument pas, je peux me tromper.
  • Continue, Ajouta Ced qui prenait des notes dans son bloc-notes.
  • Un ami de lycée, camarade de promotion ? Gentleman Stalker ? Un jeune homme entre moins et plus cinq ans sur l’âge de la femme ?
  • Pourquoi pas une femme ?
  • Une femme aussi si on veut, mais je doute. Les femmes ont des façons plus distantes de tuer. Ils ont été parfaitement découpés comme si c’étaient des poulets, aucun organe n’a été endommagé, les articulations coupées avec soin et vu le sang versé, je doute qu’il ait usé d’une planche de travail. Je serai d’avis qu’il l’a fait à la hâte et dans la colère euphorique. Notre tueur à un talent fou pour le découpage. Un ex étudiant en biologie, un chirurgien, un boucher expert en humains ?
  • Plus ou moins cinq ans sur l’âge de la fille, expert en découpage, maîtrise du corps humain. Possible qu’il/elle soit adepte des anciens trucs Egyptiens !
  • Je te fais signe quand j’ai du nouveau.

Ced se contenta de hocher la tête. Aucune formule de politesse lui.

  • Prenez encore des clichés et une nouvelle vidéo, ensuite l’équipe de nettoyage pourra passer.
  • On va voir dans les autres salles ?  me lança Ced.

Je me contentai d’hocher la tête aussi, et de le suivre.

© D.E.F.T. Tous droits réservés, 2017

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