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MAMAN

Ce matin-là, je me levai mécanicienne.

La voiture de maman était en panne.

Papa était parti,

Et maman n’avait pas un seul sous.

Heureusement, elle était une fine tacticienne,

Sinon, nous devions vivre un gros drame.

Mes frères aussi étaient partis,

Moi non-plus je n’avais aucun sous.

 

« Ma chérie, la vie est difficile. » me dit-elle.

Je la regardai d’un air impassible.

Quand elle commençait comme ça,

Ça ne se terminait jamais bien.

« Aujourd’hui, nous allons apprendre à changer une roue. » Continua-t-elle.

Maman était toujours imprévisible.

Moi, faire un truc comme ça ?

Résister ne servirait à rien.

 

Elle me demanda de lui apporter le cric.

Elle m’indiqua où il était.

« Apporte moi aussi une chaise. » Me demanda-elle.

Elle sortit de la maison, et s’avança vers la voiture.

Qu’était-ce donc un cric ?

A quoi il servait ?

Je n’avais jamais entendu rien de tel.

Mais, j’aurais certainement préféré la couture.

 

Moi aussi, je sortis de la maison,

M’en allant au lieu indiqué.

Je pris ce qui je vis à cet endroit,

Et ressortis le donner à maman.

Je ne compris pas la raison,

Qui la poussait à jouer la femme martyrisée.

Encore combien de fois,

Allait-elle vendre cette image à ses descendants ?

 

Je donnai le cric à maman.

Qui se mit à genoux,

Et essaya de placer le cric,

Mais n’y arrivait pas.

Tout en marchant,

Je la regardais avec les larmes aux yeux, et surtout,

J’aurai voulu que tout ça ne soit qu’un cirque.

Mais ça ne l’était pas.

 

« Vas-me chercher une planche pour y déposer le cric. »Me dit-elle.

Je partis,

Pris la planche,

Et revins et la lui donna.

« Ne sois pas dans cet état, ça arrive. » Continua-elle.

Mal je me sentis,

A regarder sa peau blanche,

Se salir sous la peine qu’elle se donna.

 

Elle se rebaissa,

Réussis enfin à poser le cric.

Elle y accrocha d’autres objets,

Et nous nous mîmes à tourner.

Mais ça n’allait pas,

On aurait dit que l’on faisait du cirque.

Elle prit un autre objet,

Et nous essayâmes à nouveau de tourner.

 

Mais j’entendis maman poussa un grand cri,

Et je paniquai,

J’arrêtai tout et m’agenouillai devant elle,

Elle était tombée.

Elle me tendit la main et je la pris,

Je pouvais le sentir, elle aussi elle paniquait,

Rien de plus important à cet instant qu’elle

Elle a feint un sourire et ses yeux se sont fermés.

 

Les six prochaines heures de ma vie furent une torture,

Après avoir reçu l’aide d’un voisin pour la transporter,

Je restai devant sa porte d’hôpital,

Fort heureusement papa était arrivé avant pour régler les factures d’hôpitaux.

Le temps s’écroulait encore plus lentement qu’une course de tortues,

Je ne pensais pas pouvoir supporter,

Le poids dans mon cœur, tout ce mal,

Et je pensais ‘ si seulement on avait su plus tôt.’

 

Papa était sorti le visage rassurant pour mes frères,

Mais les mains tremblantes,

Et se mit à me conseiller,

Ça ne pouvait vouloir dire qu’une seule et unique chose.

Je voulus parler, mais il me fit taire,

Il avait maintenant là une expression effrayante,

Ils les a tous effrayer,

Ça ne pouvait qu’être cette chose.

 

Maman était décédée,

Elle mourut enceinte de trois mois,

Papa était fou de rage,

Contre lui-même ? Lui seul sait.

Ils n’ont pas pu, ils ont cédé,

Au tourbillon du vice pour des mois,

Ce fut pour moi un outrage,

Moi qui malgré mes démons cherchait à maintenir leur paix.

 

Ce matin encore je me lève mécanicienne,

Mécanicienne de foyer,

Car ma famille est en panne,

Et il était de mon devoir de la réparer.

Comme maman, moi aussi je devins une fine tacticienne,

J’espère le fixer enfin ce foyer,

De régler enfin cette panne,

Afin que nous ne puissions-nous séparer.

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