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AGENT MOI

1.

Je me tenais là, devant la porte, mon flingue en main, ma veste en cuir noir malgré la chaleur sur mes épaules, comme une véritable dure à cuir. Je regardais la serrure de la porte et j’avais l’impression qu’elle me fixait en retour. Je lui fis un clin d’œil en espérant qu’elle me le rende, ça m’aurait donné un bon prétexte pour fuir ! Mais, la serrure de cette fichue porte resta immobile comme n’importe quelle serrure normale et ne broncha pas. Je fis un pas en avant, braquant mon revolver droit devant. Je penchai ma tête à droite pour aucune raison apparente, j’aimais juste faire ça. Ensuite, je donnai un bon coup de pied à la porte qui elle était en bois, espérant que comme dans les films ou les dessins animés, qu’elle se fracasserait en un « BANG ! » assourdissant. Malheureusement ce ne fut pas le cas. RIEN ! Rien de chez rien, la porte ne broncha pas face à mon violent coup de pied tandis mon corps lui se plaignait déjà, normal vu que je n’avais pas eu le temps de manger depuis hier matin. Vingt-quatre heures sans manger, toujours d’attaque, et de bonne humeur, ma foi, qui disait que les femmes parfaites n’existaient pas ? Rien que pour ça, j’en étais une.

Apres une mûre réflexion de quelques secondes, j’optai d’essayer d’ouvrir la porte comme tout individu normal. J’empoignai sa serrure et espérai qu’elle s’ouvre aussi facilement que ça. Quelle déception j’eus ! Puis après une deuxième mûre réflexion, je tirais une balle sur le canon de la porte et je la forçai .

« Enfin ouverte. » Me dis-je, tout en défaisant le pas que j’avais fait au préalable.

Si les odeurs avaient des pouvoirs de projections, c’est que celles-ci m’auraient renvoyée chez moi, à 500km d’ici. L’odeur de putréfaction était immonde, répugnante et que sais-je encore ?

« C’est ce genre de choses qui me décourage à aller au boulot. » criai-je à haute voix, pourquoi ne pas, vu que j’étais devant la seule maison du coin, sans voisins, ça c’est bien-sûr si les singes et les serpents ne comptent pas.

Je retirai un de mes mouchoirs dans la poche de mon pantalon et me couvris les narines. Je jetai un coup d’œil à l’intérieur de la porte et ce que je vis ne me rassurait pas. Ce que je vis c’était rien. Je déteste ne rien voir quand j’ouvre une porte.

Je pris mon courage à deux mains et pieds et entrepris de pénétrer la pièce, mais avant, je sortis ma petite torche de ma poche et l’allumai pour pouvoir m’éclairer. Je la mis dans ma bouche, geste que je n’aimais pas vu que ça m’empêcherait de crier en cas de problème. C’est vrai que crier ici ne m’aiderait pas beaucoup, mais qui sait, un super singe pourrait m’aider et… et enfaite rien du tout.

Flingue devant, narines couvertes, torche en bouche, j’entrai dans la pièce à la façon d’une chasseuse de prime. Je sentis mes rangers s’enfoncer dans quelque chose de moelleux et doux, on aurait dit de la crème, mais en mon fort intérieur, je savais ce que c’était. De la M.E.R.D.E !! Je tentai un coup d’œil au sol, sous mes pieds, erreur ! C’était pire que ce que je croyais, un mélange dangereux de détritus pourris, d’excréments de je ne sais quoi, de liquides rougeâtres, de chairs mortes, ainsi qu’une forte odeur d’urines ultra filtrées. Une image parfaite du mot ‘dégoût’.

Je restai sans bouger, ne sachant que faire. J’étais partagée entre l’idée de m’enfuir en courant, de vomir d’abord ou de faire la femme forte même devant personne d’autre que le néant pour en témoigner. Je décidai de ne pas m’enfuir, après tout ce n’était pas la première fois que ‘le dégoût’ et moi nous nous rencontrions, mais malgré tout, je n’arrivais pas à m’habituer à ça, personne ne s’y habitue.

J’avançais tant bien que mal dans cette mer de dégoût tout en espérant qu’elle s’arrête bientôt. Je piétinais merde après merde, sans tomber sur ce que je voulais, et puis je ne savais pas exactement ce que je voulais.

Vu que j’étais dans le noir, je n’avais pas le privilège de voir exactement autour de moi. Je donnais des coups de lumières un peu partout sans aucun résultat. La pièce ne semblait pas si grande vu qu’à part la porte derrière moi et la crème au sol, la seule chose venant de cette pièce qui me tenait compagnie était les murs très rapprochés que ma faible lumière me permettait de voir.

Après avoir marché quelques secondes, je vis deux portes devant moi, une en bois et l’autre en fer. Ma mère me disait toujours « Le fer, ça rouille alors que le bois, ça brule. » Que diable voulait-ce dire ? J’optais pour la porte en bois, j’ai commencé avec du bois, autant en finir avec.

Vu qu’elle était entre-ouverte, je la poussais juste à l’aide de mon pied, et j’y entrai, flingue en main, mouchoir sur le nez et torche en bouche.

Quand j’entrai, il ne fallut pas plus d’une seconde pour me faire lâcher ma torche et crier « PUTAIN » !

Ma torche tomba et l’écho de sa chute résonna à travers la salle bien plus fort et puis longuement que je ne l’aurai souhaité.

Je me baissai et récupérai ma torche après avoir gardé mon mouchoir, mais ne la mis plus en bouche. Il n’y avait plus de détritus ici, plus de rien comme dans la pièce précédente. Je levai ma torche, et torchai devant moi. Ma torche et mon revolver étaient ensemble dans mes deux mains, et j’avançai ainsi.

Il y avait un canapé, ou du moins ce qu’il en restait posé droit devant moi. Sur lui, était assise une fille. Elle était aussi pale que la pâleur, peut-être même encore plus, les morts j’en suis sûre devaient être jaloux d’elle.

Elle avait un œil qui pendouillait hors de son orbite, maintenu en place par une sorte d’insecte qui semblait se régaler dessus. Où devraient être les mamelons, reposaient deux plaies ouvertes et béantes, rouges et vives, contrastant sa peau pâle. On pouvait voir tous ses vaisseaux sanguins à travers cette blessure ou du moins ce qui restait de leurs terminaisons en ces lieux. Ses mamelons étaient posés au creux de ses mains ouvertes au-dessus de ses cuisses.

J’arrêtai d’avancer et pris une pause pour souffler, sans toutefois détourner mes yeux d’elle. Elle semblait si… morte ! M’enfin, elle était morte. Ce n’était pas la première morte que je voyais, ni le premier cadavre mais on ne s’habitue jamais à ce genre de chose. Ça me donnait envie de gerber, mais en bon moi, je m’en abstins.

Je défis le pas que je venais de faire. Encore une fois ! Oh Saigneur, que sa mort fut atroce ! Ma mère m’avait encore dit une fois : « Ma chérie, la vie est difficile parce-que la mort est facile. La vie est dure parce-que le mort est douce. » Eh bien mère, vous vous trompiez, cette petite fille en est la preuve.

Elle avait une sorte de manche qui était présente au milieu de ces cuisses, enfin dans son entrejambes. Qui a bien pu être aussi sadique ?

J’aurais préféré ne pas savoir le manche de quoi restait coincé à l’entrée de son vagin, mais je n’avais pas le choix. Je continuai à avancer jusque elle et là, je sortis une paire de gants de ma poche ainsi qu’un plastique pour collecter les pièces à convictions, mis mon flingue et ma lampe entre mes jambes et portai mes gants. J’allais fouiller son intimé… morte.

Je rangeai mon flingue et usai de ma torche pour m’éclairer. De ma main gantée, j’écartai légèrement son entrecuisse et mes doigts avaient l’impression de s’enfoncer dans sa chair presque pourrie. Elle avait dépassé le stade de maturation et était entrée dans celui de la putréfaction, donc elle n’était plus une viande… dommage ! J’écartai encore un peu ses jambes et enlevai le couteau qui était enfoncé dans son vagin.

« Dégueu. » Marmonnai-je tout en regardant les traces de sang noir et séché sur le couteau ainsi que les taches de rouille dessus.

Je le mis dans le plastic et me levai.

« Il est temps de chercher à s’enfuir. » Songeai-je.

Mon téléphone vibra, ce qui me fit sursauter. Je fermai le plastic et rangeai ma torche puis pris mon téléphone.

L’alarme, Cinq heures, l’heure à laquelle je devais me coucher. Génial, j’étais à 500km de mon lit. J’en profitai pour lancer un appel.

« Du nouveau ? » Lança Ced, il n’avait jamais eu de tact pour les formalités telle que bonjour.

« Oui, j’ai une arme, enfin un couteau que j’ai trouvé dans le corps de la victime. »

« Alors ? »

« Alors on pourra remonter au meurtrier. »

« Et comment ? »

« Laisse-moi m’en charger. »

« Donc tu comptes prendre l’arme du crime ? »

« Je n’ai jamais dit que c’était l’arme du crime. »

« Mais ? »

« Ç’a permit de, de la blesser. Oui de la blesser… (Rajoutai-je, gardant pour moi-même où j’avais récupéré cette arme.) »

« Que comptes-tu faire ? »

« Désolé, mais ça ne regarde que moi. »

« Ramène des résultats. Tu as dix heures. »

« Ced, je ne suis pas ta subordonnée, alors arrête de me confondre à tes collègues ou hommes de mains. »

« Oui tu as raison, mais n’empêche que tu as huit heures. »

« Tu avais dit dix heures… » Me plaignais-je, mais je n’eus pas le temps, il avait déjà raccroché.

 

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