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Un soir de pluie

« Mes pas s’enfoncent dans la boue,

S’évanouissent sous les coups,

Des mille​​ balles d’eau qui pleuvent,

Sur le pauvre malheureux​​ mis​​ à l’épreuve,

Des dieux du temps et du destin,

Moi, pauvre​​ ministre sans sou ni pain. »

Harry D,​​ Sad man under rain.

Je l’observais chaque matin depuis ma fenêtre. Je la regardais sourire à ses clients, leur offrir un plat de beignets ou un bol de bouillie bien chauffant ; je​​ regardais ses lèvres pulpeuses​​ bouger en douceur, sensuelles et chaleureuses, surement donnaient-elles de précieux conseils aux enfants à qui ma belle parlait. J’étais fasciné par les courbures de son buste, la générosité faite chair ; je tombais amoureux, hypnotisé par​​ la chute de son pagne sur ses généreuses courbes,​​ autant vous dire​​ qu’à chaque fois qu’elle se levait mon corps s’élevait avec elle ; quand elle se penchait alors… Je n’ose même plus trouver de mots pour vendre ce que m’inspire ma petite voisine d’une vingtaine d’années.​​ 

Elle vivait à côté de moi depuis bien longtemps, trois ans je crois. Elle était étudiante mais vendeuse de beignets aux aurores et après le​​ couchant,​​ et le faisait​​ pour payer études et loyer. Elle ne manquait pourtant pas d’autres moyens de provision que ses charmes pouvaient lui offrir, mais la jeune femme était une dame, une délicieuse dame​​ d’ailleurs. Je l’observais donc ainsi en silence, du Lundi au Samedi car les dimanches elle allait toujours à l’église, toujours à​​ mon église. Elle avait une voix d’or soit-il dit, une voix forte comme la petite orpheline qu’elle avait été. Abandonnée​​ à elle-même à la mort de ses parents dix ans plus tôt, elle s’était battue de ce triste soir à ce jour, pour avoir tout ce qu’elle avait toujours voulu. Ecole, maison, loisirs, tout ce qu’elle voulait, elle travaillait pour se l’offrir et ça forçait l’admiration de tous. Bien évidemment, les femmes aussi forte ont du mal à trouver des hommes à leur pied, regardant à ses quelques prétendants les plus sérieux, elle était toutefois dégoutée, rien à voir, rien à retenir ; que des chasseurs à la recherche d’une proie tout simplement.​​ Comment je sais tout ça ? Elle me le raconte ce jour même​​ en confession.

Ah oui, je ne vous l’avais donc pas dit,​​ je suis son pasteur. Cette fin d’après-midi elle était​​ arrivée exaspérée ; elle devait chanter mais le maitre de chœur avait reporté les répétitions sans que l’information ne lui parvienne. Aussi était-elle entrée dans mon bureau entre colère, fatigue et tristesse, décidée à libérer son cœur de tous les poids qui l’assiégeaient. Je l’écoutais distraitement ; ce n’était pas sa faute mais je n’arrivais à rien de concret quand elle était en face de moi. Mon regard sans ma permission déshabillait et caressait et mille envies, mille​​ fantasmes envahissaient mon cerveau de toutes parts. S’il n’y avait pas la table entre nous, je​​ crains pour ce que mes mains pourraient faire mais bon… Revenons à ses mots,​​ la pauvre était désormais en larmes ; ni les « ma fille ça ira » ou les « Le seigneur est au contrôle » n’avaient plus d’effet ; elle pleurait tant et bien que je cédai par malheur à mon devoir de me lever, me rapprocher d’elle et poser ma main sur son épaule pour la rassurer.​​ 

Je tapotais l’épaule de la pauvre enfant ; elle penchée sur la table semblaient ne rien sentir de mes efforts de compassion. Je décidai de relever sans fausses manœuvres, son buste pour que l’on puisse reparler face à face, s’était sans trop compter sur l’omniprésente tentation. J’étais​​ ​​ debout à ses côtés et assise, regardant vers moi, ses lèvres étaient,​​ juste à bonne hauteur ;​​ j’avais du mal à ne pas m’élever. Je m’accroupis donc pour cesser de penser à ma main qui pouvait dévier sur sa tête et la pousser à commettre des choses que ni elle ni moi ne voulions dans ces conditions. C’est alors ma tête qui se retrouva à bonne hauteur, à quelques trente centimètres de deux cibles surement juteuses… mais jusque-là je me retenais. Elle était​​ venue chercher du secours donc même si l’idée d’introduire mon dossier et le conclure semblait​​ tentante ce n’était​​ pas le lieu. Nous parlâmes donc encore​​ quarante bonnes minutes, elle était​​ plus calme, toujours l’air grave mais toujours aussi belle. La pluie s’engageât, il était dix-neuf heures, je décidai​​ de lui offrir à boire le temps que la pluie baisse. Dans mon frigo, une bière et un jus ; Je lui passai le jus, je pris la bière. Elle s’était​​ assise sur le canapé pour être plus à l’aise, je m’assis sur le siège d’à côté. Mes pensées de nouveau dévièrent au croisement de ses jambes ; la couleur ébène m’attirait​​ inévitablement, je m’interrogeai​​ sur les délices chocolat que cachaient ses jupons. Ca y était, mon corps craqua, ma raison lâcha ; profitant d’un autre moment de tristesse je me rapprochai et m’assis près d’elle pour la prendre dans mes bras. Et pendant qu’elle me​​ remerciait​​ d’être aussi prévenant, une de mes mains s’égara​​ sur l’un​​ des globes du bas, elle sursauta. Je m’excusai et remontai​​ ma main sans relâcher mon étreinte, mais​​ stratégiquement je la positionnais​​ dans l’angle du sofa.

La pluie continuant, mon excuse tenait toujours. Je fis redescendre ma main afin que quittant des genoux de ma belle à sa cible précédente, elle dévoile ce que cachait​​ le tissu de la jupe.​​ La belle s’effaroucha et me lança​​ un « pasteur qu’est-ce qui vous prend » mais c’était​​ trop tard j’en suis​​ à présent navré, son sort était​​ scellé. Du haut de mes quarante ans et de mon​​ mètre quatre-vingt, je me callai entre ses jambes, déposai​​ une main sur ses lèvres, arrachai de l’autre ce qui dissimulait ses charmes et je pris ce que je convoitais​​ ardemment depuis si longtemps. C’était​​ un plaisir inouïe, j’aurais aimé qu’elle soit​​ consentante​​ mais bon mon membre ne faisait pas trop la différence. Les larmes coulaient à flots et je sentais ses cris s’évanouir sous ma paume de main ; mais fasciné par les aller et venue de sa poitrine à chacun de mes coups de reins,​​ je crois que je m’en fichais. Mon paradis dura​​ quelques vingt minutes. Je souhaitais​​ changer de posture aussi j’attrapai son foulard qui s’était​​ détaché dans l’action et la bâillonnai avec. Je me levai pour la retourner, elle essaya​​ de se lever elle aussi et s’enfuir mais tout de suite je la plaquai ventre contre le canapé,​​ l’objet de mon plaisir cambré à souhait pour une plus efficiente action.

La chevauchée dura​​ trente minutes encore puis pleinement satisfait, je criai mon plaisir et relâchai la pression. Mon cerveau revint en place,​​ qu’avais-je fait ? La petite en sang et tremblante haletait​​ encore en larmes et toujours sous mon poids. Je me retirai​​ honteux et dépassé ; voici que j’avais​​ encore frappé. Libérée de mes bras, elle se leva et me repoussa saisit ce qu’il restait de ses vêtements et voulut foncer vers la porte mais je l’arrêtai. Je la suppliai de se calmer et je voulais m’expliquer mais elle criait​​ et​​ voulait​​ s’en aller. La pluie heureusement couvrait​​ le vacarme, mais dans le doute je la bâillonnai​​ de nouveau par​​ ma main. Elle était dos au mur et je lui expliquai​​ que je ne me contrôlais pas. Dans son regard, colère, mépris, et rage ; je suis sûr que si elle​​ le pouvait, elle m’aurait tué.​​ Je l’embrassai​​ comme pour​​ supplier son pardon, rien n’y fit. Elle gigotait, se défendait, me griffait​​ et je ne sais​​ toujours pas pourquoi, ça m’excitait et m’exaspérait. Je retirai​​ ma cravate et la​​ ligotai mains dans le dos, elle cria de rage m’insulta puis supplia. La voir​​ plaquée contre le mur me redonna​​ de la vigueur, entre raison et passion je ne savais que choisir ; je me rapprochai d’elle et posai​​ ses mains sur mon maitre en éveil, en susurrant la délicieuse réplique « si tu es gentille, je te laisserai partir… ». La phrase fit passer sa main de la pression douloureuse à l’inaction. Elle avait​​ dû être convaincue aussi par mon autre main pressant son cou. Je lui​​ commandai le silence et remis son bâillon-foulard. J’étais​​ fin prêt et engageais ma course. La voie était​​ huilée et je me sentais plus à l’aise mais elle était toujours aussi crispée malgré les « détends toi, ça va passer » ; rentrant toujours dans mon état second je finis par m’en foutre et je la pris contre le mur sans une once de gêne. Je finis par la mettre ventre à terre​​ -j’ai horreur de la monotonie dans ces choses-.​​ Tirant sur ses bras je la ramenai à genoux. Je continuais​​ ma besogne satisfait, sentant son corps à ma merci. Je sentais le deuxième assaut tirer vers​​ sa fin et je me dis que je voulais​​ l’entendre crier sous mes coups alors je détachai​​ le bâillon et​​ ses liens​​ puis​​ la retournai​​ sur le ventre. Je me réengageai​​ avec vigueur, accélérant pour atteindre mon climax, son regard​​ vide et en larmes sembla se ranimer, je me demandai si c’était son plaisir coupable qui montait​​ au rythme​​ du mien ; l’idée m’enthousiasma​​ alors je descendis l’embrasser. Le baiser était​​ froid tout comme les mains qui se posèrent sur mon torse et remontèrent vers mon cou ; alors elle aimait​​ ce que je lui faisais ? J’en souris mais ma joie ne dura pas longtemps. Les doigts tremblants restés au niveau de mon cou, retrouvèrent​​ de la chaleur alors que je prenais le dernier virage, ils prirent de la vigueur avec la force de mes assauts et c’est quand je me vidais​​ qu’ils déclarèrent leur assaut.​​ 

La belle essayait de m’étrangler et elle n’en était pas loin. Je ne la laissai​​ pas faire, je contrattaquai et pressai​​ aussi le sien en me terminant progressivement. Elle lâcha​​ prise car ses poumons étaient vides mais je persévérai​​ jusqu’à ce que la dernière goutte de mon essence se vide ; le plaisir était complet, je m’effondrai​​ sur elle. Après quelques minutes,​​ je​​ me rendis compte de l’abomination.​​ Son corps était​​ immobile, un peu trop immobile. Se peut-il que j’ai encore fait ce que je pense que j’ai​​ fait ? Oh misère, le regard s’est définitivement éteint, plus un battement de cœur ; non, je n’ai pas pu refaire la même sottise ? Une femme si jeune, j’avais pourtant été soigné… Je prends bien mes médicaments, le docteur disait que je ne devais plus​​ craindre… Il est vrai que je n’ai pas renouvelé mon ordonnance comme tous les trois mois pour prendre un médicament plus puissant mais ça allait… comment ai-je pu faire ça à mon amie ? Une pauvre enfant. Que vais-je faire maintenant ? On va me tuer… Et mes fidèles que​​ vont-​​ ils penser ? Et toi seigneur comment as-tu pu me laisser faire ça ? Pourquoi m’as-tu crée ainsi ?...

Je pleurais, je ne savais trop que faire ou dire et il pleuvait toujours. La chose était​​ allongée sur mon sol inerte. Dans un éclair de raison, je tentai​​ un massage cardiaque, rien. La panique s’empara de moi, je décidai​​ de m’enfuir. Mais alors que je sortais de mon bureau, passant​​ près d’une fenêtre, je remarquai le cimetière et il me vint une idée ; une tombe de plus, une tombe de moins, qui remarquerait,​​ surtout si c’était​​ fait dans l’ancien coin. Je décidai donc de mon plan, m’élançai​​ sous la pluie à la recherche dans le débarras voisin de la pelle et​​ d’autres instruments. Je trouvai​​ mon attirail et sortis​​ repérer les lieux ; près du vieux manguier, la place était idéale, on y enterrait​​ des animaux de compagnie donc en creusant une petite place je pourrais​​ prétendre qu’un chien errant était mort​​ devant la chapelle. Je commençai donc​​ à creuser, la pluie aidant, le sol était facilement praticable en moins d’une trentaine de minutes je dirais, j’avais​​ une belle tombe à hauteur d’homme. Alors que je ressortais​​ de mon trou, le tonnerre gronda​​ et m’éblouis, j’en retombai​​ dans la fosse. Je savais que le ciel était fâché, c’était une femme vraiment bien, une bonne chrétienne et vierge qui plus est,​​ enfin… elle l’était avant moi. Je souris à cette note et comme en représailles, le ciel tonna encore mais je ne cédai pas. Je courus​​ pour retourner à la chapelle. Je saisis au passage un vieux ​​ drap dans la buanderie, il ne faudrait pas qu’on me surprenne un cadavre de femme nue à la main. Alors que j’ouvre le bureau, surprise, surprise…

Le corps a disparu. Se peut-il que quelqu’un l’ait trouvé ? Non tout de même… Allons… Elle était encore vivante ? Non… Son cœur ne battait plus ; j’ai frappé sa poitrine, elle ne respirait même plus. Qu’est-ce que c’est à la fin ? Je sors et décide de fouiller toutes les pièces, tous les bureaux de l’église, tous les coins de la chapelle ; nulle trace, nul indice sur sa position. Dehors, pas même des traces dans la boue, rien. Se peut-il que tout ceci n’ait-été qu’une hallucination ? Je ne peux pas le croire. C’était si réel… Son corps, ses courbes, sa voix, ses mots, mon plaisir, je n’ai pas pu rêver ça quand même… Je suis abasourdi, je n’avais jamais eu d’hallucinations et je peinais à croire que cela se pouvait. J’entendais des voix, oui ça je l’assumais, mais des hallucinations, jamais… Et encore aussi réelle… Qu’est ce qui se passe ?

Ne trouvant en effet aucune trace de mon crime, je me résous à croire qu’effectivement je deviens fou. Je me serai à priori battu seul dans mon bureau, j’aurais été emporté par la chose au point de prendre mon pied seul sans doute… Ah, je deviens vraiment fou, mais tant mieux si tout ceci est faux, je vais aller demain voir mon psy, il me donnera des médicaments plus puissants, ça ira. Mais tiens, il faut que j’aille reboucher le trou près du vieux manguier. Je sors donc sous la pluie, coure vers mon trou, saisis ma pelle et commence à reboucher le tout.​​ Il pleut toujours mais à part ça c’est bien calme, drôle de soirée n’est-ce pas ? Je continue ma​​ tâche, puis remarque qu’à tous mes instruments, il manque une pioche… Peut-être ne l’avais-je pas prise en fait.

Le tonnerre gronde, je tremble, les luminaires du cimetière vacillent et s’éteignent, un vent glacial passe sur mon dos. Comme averti par mon instinct de survie, je me retourne ; un éclair passe dans le ciel et je la vois. Elle est nue, sa tête penche sur la droite, son regard est toujours aussi vide. Je veux supplier car elle tient la pioche entre ses mains et je suis plutôt mal placé pour me défendre. Elle ne dit pas un mot et ne bouge pas, j’essaye de m’approcher mais à la simple esquisse de pas, son arme était levée et prête à frapper. J’ai cru que je pouvais toutefois tenter quelque chose mais le coup est partie vite et puissamment, la pioche s’est plantée dans ma main et elle l’a retirée aussi sec. Elle a penché la tête de l’autre côté, puis a souri comme dans un scénario maléfique. J’ai supplié, le tonnerre a grondé, elle a frappé, j’ai reculé​​ et dans la fosse je suis tombé. Je l’ai regardée​​ depuis le fond du trou, elle a plissé les yeux, m’a lancé la pioche visant ma tête et la chose a atterri sur mes bras car je voulais me protéger ; j’ai crié, mais nulle trace de compassion dans ses yeux. Elle s’est baissée, a pris la pelle et une pierre ; elle m’a lancé de la terre comme pour reboucher le trou ; j’ai riposté et essayé de sortir, elle m’a lancé la pierre en pleine face et​​ tout s’est éteint. Je sens juste la terre et la pluie, tomber sur moi dans de réguliers clapotis. Je veux​​ parler, crier, supplier, me lever, jurer,​​ lui promettre, mais ma voix a disparu, ma force s’est évanouie, le monde semble​​ s’effacer petit à petit. Mon visage s’est retrouvé obstrué, je respire​​ difficilement et quand je le fais les particules de terre rentrent pour boucher mes narines ; petit à petit je sens mes poumons se vider, se resserrer,​​ chauffer, s’affoler ; je sens mon cœur s’emballer, courir, souffrir, puis s’éteindre. Et je crois qu’au dernier coup de pelle, raisonnant au-dessus de ma tête j’ai rendu l’âme pour partir en enfer.

« Mes pas s’enfoncent dans la boue,

Mais ce n’est pas moi qui les y place,

S’évanouissent sous les coups,

De terres et d’argile que quelqu’un déplace,

et​​ Des mille balles d’eau qui pleuvent,

Sans miséricorde ni pardon,

Sur le pauvre malheureux​​ mis​​ à l’épreuve,

Qui a eu le malheur de céder à la folle tentation,

Des dieux du temps et du destin,

Je souffre la colère et la revanche,

Moi, pauvre​​ ministre sans sou ni pain

Pauvre monstre atteint de démence. »

Harry D,​​ Sad man under rain​​ (full).

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