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Mam’eding chapitre 7

Isis Neris Thoutmosis

-​​ avant notre ère​​ 

Eden - nowhere place

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Les​​ désenchantés​​ ​​ d’Eden

 ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​​​ Au cours de​​ l’éternité qu’avait duré sa vie de déesse, Néris avait​​ relevé​​ un nombre incalculable de défis, mais aucun ne lui avait paru aussi​​ insurmontable​​ que celui-ci.​​ Pour la première​​ fois,​​ elle ne savait ni quoi faire, ni quoi​​ dire.​​ C’est donc dans ce​​ silence​​ uniquement troublé par le vent claquant sa tunique blanche, qu’elle​​ se matérialisa dans les airs, au dessus​​ du fleuve Léthé,​​ face​​ à​​ la cité​​ d’Eden, lieu de résidence de Dea. Neris n’était pas là par hasard.​​ Cela faisait cinq lunaisons​​ qu’elle avait ressenti la déchirure. Quelque chose d’impensable s’était produit :​​ Déa avait été enfermée.

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ En fait, sa visite en​​ ces lieux n’était que purement vérificative. Elle avait vu la capture de Dea plusieurs lunaisons avant l’échéance et son​​ don de prophétesse était infaillible.​​ 

Elle plaqua ses mèches rebelles derrière ses oreilles quand l’air se fit soudainement​​ plus lourd, plus violent ; cela​​ voulait dire que​​ Myra,​​ elle aussi soupçonnait que quelque chose n’allait pas.​​ Il fallait agir vite…

Elle​​ s’éleva​​ un peu plus​​ haut​​ dans les airs​​ jusqu’au dessus du palais de​​ Déa. Les​​ vagues au dessous d’elle grondaient avec grand fracas, les nuages noirs​​ au dessus de sa tête​​ s’affolaient​​ comme si eux aussi comprenaient la gravité de la situation;​​ seul le palais était sinistrement​​ calme.​​ Les​​ anges pétrifiés ne semblaient pas savoir quoi​​ faire.​​ Comme à chaque fois qu’elle était triste, les​​ yeux gris argentés de Néris prirent​​ instantanément​​ une ​​ teinte sombre ​​ quand elle confirma la réalisation de​​ sa​​ vision :​​ La chambre de Dea,​​ scellée​​ par deux énormes chaines incandescentes, ​​​​ l’avait plongée​​ dans un univers​​ inaccessible.​​ 

  • Jarelle, laissa-t-elle​​ échapper​​ entre ses​​ lèvres, pourquoi m’as-tu fait cela….

Seuls Dea et lui avaient été mis dans la confidence de sa​​ prophétie.​​ Il​​ allait de soi que​​ Dea n’avait pas pu s’infliger​​ un tel sort, il ne restait que Jarelle … Mais cela ne se pouvait. Il ne pouvait pas l’avoir​​ trahie,​​ elle.​​ Non,​​ il ne pouvait pas !

Une douleur indescriptible lui saisit la poitrine, elle serra le poing en​​ baissant​​ les yeux sur le précipice de plusieurs milliers de​​ pieds qui s’ouvrait​​ devant elle. Elle devait se ressaisir !​​ Il​​ ne​​ lui restait​​ que​​ très​​ peu de temps pour accomplir sa mission.

Tel un spectre traversant les murs, elle franchit​​ le portail pour pénétrer dans la propriété et, aussitôt, l’atmosphère changea autour d’elle. Il faisait plus chaud, une sorte d’électricité​​ emplissait les lieux. Elle avait​​ à peine parcouru quelques mètres que les​​ âmes​​ présentes dans ces lieux s’inclinèrent​​ en signe de respect.​​ Elle les ignora et poursuivit son chemin. Un sentier se présenta à elle, bordé​​ d’arbres plantés à intervalles réguliers, gravissant une colline. Il lui​​ fallut quelques minutes pour parvenir à son sommet.​​ Devant elle s’étendait le​​ palais,​​ si gigantesque que, même depuis le sommet, l’on ne​​ parviendrait​​ pas à distinguer sa taille exacte. Le chemin par lequel elle était​​ arrivée se​​ modifia​​ en une route​​ dallée, formant un ovale parfait.​​ Sous le soleil, l’immense​​ édifice​​ lançait​​ maintenant​​ des éclats dorés.

Absorbée​​ par​​ la tâche qui l’attendait, il lui fallut quelques instants pour s’apercevoir qu’elle n’était​​ pas seule.​​ Cadell, son​​ frère, venait lui aussi d’apparaitre sur​​ le sentier, à quelques mètres​​ d’elle. La trainée de​​ poussière​​ rouge virevoltant autour de lui, était là pour l’attester. Il leva ses yeux rouge sang vers elle avant de disparaitre.

  •  L’heure est grave, Neris…​​ dit il en guise de salutation quand il​​ se matérialisa​​ à​​ ses côtés.

Traversant la​​ déesse,​​ il​​ désigna​​ ​​ le somptueux palais​​ de la​​ cité d’Eden.

  • Il est arrivé​​ quelque chose à​​ Mère… Les​​ anges​​ ont peur,​​ ils se sentent perdus​​ ​​ et c’est compréhensible.

Cadell​​ eut un soupir accablé.

  • L’incertitude au sujet de Jarelle​​ n’arrange rien.​​ Moi-même, je n’y comprends​​ rien, alors​​ imagine les rumeurs qui courent dans tout Eden,​​ dans le royaume des ombres​​ et plus encore​​ sur terre. Les humains​​ ressentent que quelque chose cloche. Aujourd’hui, beaucoup de gens​​ perdent la foi… Et ils ne comprennent pas pourquoi.​​ Nala a​​ dit à voix haute ce que bien​​ d’êtres​​ se murmurent à l’oreille.

 

A la mention de sa sœur Nala,​​ Neris​​ perdit un peu de sa contenance,​​ Cadell​​ s’en rendit compte, raison pour laquelle il se tut un moment.

Nala, la déesse inquisitrice,​​ dont le don​​ était​​ étrangement​​ proche du​​ sien,​​ avait​​ assuré​​ que Jarelle avait quelque chose​​ à​​ voir dans l’emprisonnement de Déa. Et​​ même​​ si Neris savait que c’était​​ bien le cas, Nala n’avait nullement le​​ droit de semer la discorde​​ ​​ auprès​​ de ses​​ frères.​​ Un jour, Dea​​ lui avait dit que le simple fait​​ de connaitre​​ un​​ augure​​ pouvait avoir sur la prédiction en question de terribles conséquences ;​​ soit en​​ encourageant​​ son​​ accomplissement,​​ soit​​ à l’inverse​​ en l’annulant. Pour éviter que ses prophéties​​ influencent indûment le comportement des gens, il était parfois indispensable​​ de les censurer,​​ afin de laisser agir le libre arbitre auquel​​ quiconque​​ avait droit en toutes circonstances.​​ Hélas,​​ Neris ne se doutait pas qu’un jour,​​ l’être en qui elle avait le plus confiance,​​ se servirait de ses divinations pour​​ ses​​ vils desseins​​ 

La honte qu’elle éprouvait n’avait d’égale que la tristesse provoquée​​ par celui​​ pour qui elle aurait tout donné mais qui l’avait dédaigneusement trahie.​​ Cependant,​​ étant l’ainée de cette fratrie de divinités, elle n’avait pas le droit de s’apitoyer sur son sort, c’est pourquoi elle enfouit tous ses sentiments de faiblesse et se refugia derrière sa mine​​ sombre. Elle​​ flotta​​ jusqu'à Cadell.​​ 

  •  Ainsi, il te semble​​ normal​​ mon​​ frère, qu’une déesse​​ s’abaisse à reprendre​​ des ragots ? Juges-tu​​ également normal​​ que les divagations d’êtres​​ qui ignorent tout de ce qui se passe vraiment incitent les​​ humains​​ à​​ la peur ? Faudra-t-il qu’un innocent tombe​​ pour calmer les commérages et apaiser le mécontentement ? Telle est​​ ta position, mon frère?

Cadell​​ eut un demi-sourire, comme si la façon dont​​ Neris​​ présentait les choses l’amusait malgré la gravité de la situation.

  • Absolument pas,​​ chère​​ sœur. Je rappelais​​ juste​​ que nous vivons des moments angoissants, et que​​ ​​ Nala​​ pouvait être​​ elle​​ aussi affectée​​ par cette​​ situation.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Neris​​ ​​ ne prit pas la peine de répondre. Au lieu de quoi, elle​​ inspira un bol d’air pour s’exhorter au calme puis,​​ se dirigea vers l’entrée du château​​ et s’éloigna de Cadell, qui eut le bon sens de la suivre à une certaine distance. Plus elle avançait, plus la prairie devenait floue, jusqu’à ce qu’elle se retrouve entourée de roches. C’était le véritable aspect de ce lieu situé entre le royaume des ombres​​ et le monde des humains.​​ Maintenant qu’elle avait traversé le seuil du palais,​​ Le sol était pour l’essentiel en marbre blanc, et​​ elle distinguait​​ un luxueux tapis à l’autre bout du hall. Les murs et le plafond étaient​​ tapissés​​ de miroirs, faisant paraître des lieux plus vastes encore.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ A même le sol, au centre de la pièce, une pierre​​ de cristal était incrustée​​ dans le marbre, constituant, de loin, l’élément le​​ plus impressionnant du décor. Elle​​ vibrait d’éclats chatoyants, de couleurs qui semblaient valser, s’unissant les unes aux autres puis se séparant de nouveau.​​ C’était​​ justement cette pierre​​ légendaire,​​ la pierre des regrets​​ qu’elle​​ devait absolument rapporter avec​​ elle.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Lorsqu’ils remarquèrent sa présence, les​​ anges se​​ pressèrent​​ vers elles.​​ Ils​​ scintillaient tout en flottant, et formaient des milliers de volutes luminescentes qui​​ ​​ emplissaient tout le palais. Elle tendit la main, et lorsque ses doigts rencontrèrent​​ certains d’entre eux, elle​​ perçut​​ toute la détresse que ces​​ êtres​​ ressentaient.​​ Après des décennies d’existence, ils​​ semblaient perdus sans leur créatrice.​​ Elle en eut le cœur brisé.​​ Pourquoi​​ se​​ sentait-elle​​ coupable​​ de la sorte ?​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle sourit et leur communiqua un peu de son​​ énergie​​ dans le but de leur tranquilliser​​ ​​ 

  • Ne vous inquiétez pas, mes frères et moi, prendrons soin de vous jusqu’au retour de Dea.

 

Cadell​​ se joignit à elle, posa sa main sur l’épaule de son ainée. Sans doute se​​ préparait-il​​ à​​ dire quelque chose quand la voix​​ de Psylé s’éleva tout d’un coup dans les airs

  • Neris, Cadell ?

Il s’adressait à ses frères par télépathie. En ce moment, il se trouvait dans le royaume des ombres en compagnie de Myra, pour l’habituel recensement des âmes.​​ 

  • ​​ Parle sans crainte,​​ Psy​​ .​​ 

  • Nala vient de m’informer de​​ la situation. et si tout ce qu’elle a dit est vrai, je pense que le plus urgent maintenant c’est Myra.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Psylé​​ n’avait pas tort, pensa Neris. Elle n’osait anticiper​​ la réaction de Myra si elle​​ apprenait​​ que Déa​​ ​​ avait été​​ piégée dans un univers​​ inaccessible.​​ Ce serait​​ la fin de tout. Le don de la jeune déesse était bien trop imprévisible.​​ Comment​​ réagirait-elle ?​​ Toute la création disparaitra, c’est​​ certain.​​ En effet Myra était la maitresses des éléments. ​​ Lors de sa​​ dernière​​ crise de nerfs, elle avait​​ déclenché​​ une pluie​​ torrentielle qui avait duré​​ plus d’un​​ millier​​ de​​ lunaisons. Ce déluge aurait pu décimer​​ toute la création si​​ Déa​​ n’avait​​ pas​​ confié au chérubin​​ Noé, la tache​​ de la mettre​​ en lieu sûr​​ jusqu’à​​ ce que Myra se calme.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Alors si elle​​ apprenait​​ la disparition de ​​ Déa, qui sait ce qu’elle pourrait faire​​ aujourd’hui ?

  • Tu as​​ raison, Psylé. Cadell, tu​​ exhorteras ​​ chacun​​ à​​ la​​ coopération.​​ Je ne veux plus ​​ que quiconque​​ ​​ tienne les même propos qu’a tenus​​ Nala.​​ L‘on​​ devra dire​​ à​​ Myra que Déa est juste partie et nulle ne sait quand elle reviendra.​​ Quant à moi,​​ je vais parler​​ à​​ Jarelle !​​ rétorqua​​ ​​ Néris​​ ​​ avant de disparaitre dans un nuage de fumé ​​ doré.

Cadell s’apprêtait lui aussi​​ à s’en aller quand la voix de Psylé s’éleva​​ encore une fois​​ du royaume des ombres.

  • Cadell ?

Ce dernier ​​ baissa les yeux​​ ​​ vers​​ le​​ sol.​​ 

  • Oui ?

  • C’est Jarelle, n’est-ce​​ pas ?​​ Cette fois ci, Psylé avait presque​​ murmuré.

Cadell, réprima un geste d’agacement.​​ Il ferma les yeux, saisi d’un terrible sentiment de fureur.​​ Comment​​ en pouvait-il être autrement ?​​ Ce​​ traitre n’avait jamais dissimulé ses plans. Il lança un nouveau coup d’œil vers la pierre des regrets​​ …Mais …​​ son​​ visage s’arrondit de surprise quand il constata qu’elle n’était plus là. Neris s’en était emparé ? Mais quand ?

  • Ton silence est​​ éloquent,​​ Cadell. Mais l’heure n’est pas à​​ l’inaction.​​ Si Jarelle est vraiment le coupable de tout​​ ceci,​​ crois-tu​​ que Néris fera​​ quoique​​ ce soit contre lui ?

Le silence​​ de Cadell​​ s’éternisa.​​ Les liens unissant Jarelle et Neris était​​ immuables,​​ ces deux là​​ n’étaient pas​​ uniquement frères,​​ ils étaient aussi des jumeaux ;​​ la​​ première​​ ​​ paire ainée​​ des​​ dieux.​​ Et​​ en tant que telle,​​ ​​ ils étaient individuellement plus puissant que les​​ autres​​ ​​ pourquoi pensait il ​​ cela, ce n’est pas comme si un affrontement​​ entre eux douze se préparait … Mais cette pierre,​​ Pourquoi​​ Neris l’avait elle prise et surtout,​​ que comptait elle​​ en faire​​ ? Comme s’il avait lu dans ses pensées, Psylé reprit :

  • La paix sans​​ Déa​​ deviendra très vite une​​ illusion,​​ mon​​ frère.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ *

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ * ​​ ​​ ​​ ​​​​ *

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ JARELLE !​​ Hurla Isis​​ ​​ en se réveillant, haletante,​​ terrifiée.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle se ​​ redressa​​ d’un bond, le visage baigné de sueur. Son rêve s’estompait, mais ce prénom ​​ Jarelle,​​ encore et toujours ce prénom ​​ continuait de résonner dans sa tête, s’enracinant dans son esprit,  ​​ ​​​​ luttant pour ne pas lui aussi tomber dans les limbes.

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Encore un rêve dont elle ne se​​ souvenait​​ pas​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle en avait eu​​ des centaines depuis​​ son​​ enfance.​​ Cette fois, au contraire des​​ précédentes,​​ elle​​ en gardait un vague souvenir,​​ une​​ ​​ pierre de cristal magnifique​​ Mais une pierre qui semblait renfermer d’obscurs pouvoirs…

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ Jarelle,​​ qui​​ pouvait-il​​ bien être ?​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Une douleur horrible lui vrilla le crane,​​ sa bouche​​ était​​ affreusement​​ sèche​​ et sa langue, incroyablement pâteuse.​​ Elle cligna des yeux à plusieurs reprises pour s’accoutumer à la violence du rayonnement de​​ l’ampoule. ​​​​ Elle tenta de se redresser et se​​ rendit compte qu’elle avait​​ une perfusion reliée à ​​​​ son avant bras droit et des​​ pansements​​ ici et le​​ sur son corps.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Que lui​​ était il arrivée ? Que faisait-elle là ?​​ Comme​​ une​​ réponse​​ à ses interrogations​​ muettes, la douleur se fit encore plus​​ forte.​​ Elle grogna tout en essayant de se​​ relever,​​ interrompit dans son geste par le bruit sec de​​ ​​ porte de la chambre​​ qui​​ s’ouvrit brusquement laissant​​ débarquer, un homme avec une​​ blouse blanche et un​​ stéthoscope​​ autour du coup.​​ Quand il la​​ vit,​​ il s’immobilisa un instant, incrédule​​ avant d’entrer​​ dans la​​ pièce

  • Vous​​ êtes​​ réveillée.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Isis se rendit compte qu’elle se trouvait dans un​​ hôpital. Le médecin s’avança vers​​ elle. Posa son carnet sur la table​​ près​​ du lit, vérifia l’écoulement​​ de la perfusion et lui sourit

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​ ​​ Vous avez eu de la​​ chance,​​ mademoiselle.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​ ​​ Que m’est il arrivée ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​ ​​ Vous ne vous en souvenez pas ? Vous avez​​ un accident

Oui. Isis secoua la​​ tête​​ pendant​​ que​​ les flashs​​ de l’accident​​ affluaient​​ à son​​ cerveau. Une fille avait foncé droit sur elle avec sa voiture alors qu’elle se trouvait sur le trottoir.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ -​​  ​​​​ Vous avez eu une commotion cérébrale, on a dû vous opérer d’urgence …

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​  ​​​​ Comment va la fille dans la voiture, Docteur ? Elle va bien ?

L’homme fut un moment saisit d’étonnement devant le regard inquiet de sa patience qui se​​ préoccupait​​ pour la​​ personne​​ responsable de son​​ état.

  • Je n’en sais​​ rien, je ne suis pas en charge de ce cas.​​ 

Il lui tourna​​ le dos pour saisir son carnet qu’il feuilleta​​ tout en parlant

  • Je vais procéder à des vérifications de routine​​ dans le but de savoir si vous avez gardé des​​ séquelles​​ ou pas de votre opération, d’accord ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Isis hocha la tête. Le médecin poursuivit en lui demandant la date de ce jour​​ là, question à​​ laquelle​​ elle répondit positivement. Puis, il lui demanda ​​ le pays dans lequel ils se trouvaient, son âge et enfin son​​ nom.​​ 

  • Isis.​​ Isis Abdouraman.

  • hmm hmmm très bien. Tout ceci semble parfait Vous avez perdu énormément de sang vu votre groupe sanguin​​ rarissime, vous avez eu de la​​ ​​ chance d’être ​​​​ rapidement​​ transfusée.​​ je ne​​ sais pas ce qui se serait passé​​ si votre​​ frère​​ n’avait pas été là.

Un frisson l’a parcourue, et la flamme​​ dans ses yeux​​ vacilla.

  • Vous avez dit​​ …mon​​ frère ?

  • Oui. Il est resté ​​ à votre​​ chevet​​ toute la nuit. Il était vraiment très​​ inquiet,​​ ça se​​ voit qu’il tient à vous. ​​ Voulez-vous​​ ​​ le voir ?

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Comment Osiris avait il fait pour la retrouver si vite ? Que pouvait-elle faire ?​​ Elle​​ n’avait pas le choix, si elle cherchait à se dérober, il tuerait​​ inévitablement​​ tout ceux qui se trouvaient dans cet​​ hôpital.​​ Elle savait qu’il en était capable.

  • Quelque chose ne va pas ?​​ Lui​​ demanda le​​ médecin​​ qui avait capté la panique dans ses yeux.

  • Ça​​ va.​​ Oui vous pouvez le faire​​ entrer.

  • OK.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​​​ Le​​ médecin​​ lui lança un dernier coup d’œil​​ suspicieux​​ avant de sortir.

Cinq minutes plus tard, Isis admirait toujours la porte​​ avec angoisse. Que se passerait-il​​ quand Osiris en​​ franchira le seuil ? Qu’allait-il lui faire ? Des larmes d’impuissance s’échappèrent​​ de ses yeux. Elle​​ planta​​ ses ongles dans la paume de sa main​​ gauche​​ pour s’exhorter au calme. Elle devra se montrer​​ courageuse pour le bien de tous​​ ceux qui se trouvaient dans cet​​ hôpital.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ La Porte s’ouvrit​​ timidement,​​ Isis, baissa le regard comme pour retarder l’inévitable.

  • Isis, Grace à Dieu, tu vas bien.

Cette voix ! Elle releva la tête​​ et​​ perdit momentanément la parole​​ de surprise. Ce n’était pas son​​ frère qui se tenait​​ là,​​ devant elle.​​ Non,​​ c’était Lukas, ce jeune homme qu’elle avait rencontré deux semaines plus​​ tôt,​​ celui à​​ qui, elle n’avait cesser de penser.

  • Lukas ? Qu…

​​ Il s’approcha d’elle et la pris dans ses bras, attirant son corps fluet contre le sien. Comme par magie,​​ la surprise ​​ laissa​​ place à une douce chaleur.​​ D’instinct et parce qu’étrangement​​ cela faisait un bien fou, Isis ferma les yeux et se laissa aller contre son épaule.​​ 

  • J’ai eu si peur​​ de te perdre, Isis. S’il t’était​​ arrivé​​ quelque chose…​​ 

Isis se rendit compte que tout en​​ parlant,​​ son corps était animé de spasmes​​ incontrôlés. Il tremblait ?​​ 

-Lukas​​ ​​ 

- Oui !​​ Je​​ sais. On se connait à peine mais ce que je ressens pour toi est indescriptible Isis.

- Lukas…

-Non !​​ Tu​​ as​​ très​​ certainement quelqu’un dans ta vie, mais les sentiments ne se​​ contrôlent​​ pas …

-LUKAS !

Il s’écarta d’elle et lui​​ lança​​ un regard interrogateur.

  • A​​ trop me comprimer ainsi, tu vas finir par me rompre une suture.

  • Ah désolé, désolé !​​ C’est​​ bon ? T’as rien ? Je ne t’ai fait pas fait ma

  • Ça​​ va.​​ Coupa-t-elle​​ en lui faisant don d’un​​ immense sourire.​​ Alors comme​​ ça,​​ nous sommes​​ frères ?

  • Ah ah aha ! c’est la seule chose que j’ai trouvé pour que l’on me permette de rester​​ près​​ de toi. Tu as été inconsciente pendant plus de dix​​ heures. J’ai cru devenir fou. Tu vas mieux ? T’as plus mal, dis ?

  • Comme je l’ai dit il y a à peine dix secondes, je vais bien. Je voudrais juste rentrer chez moi. Mon …Père doit s’inquiéter.​​ Tu peux me passer ton téléphone, je voudrais le prévenir.

  • Désolé, mais mon téléphone a eu un petit incident. Mais je peux te ramener chez toi en taxi.​​ T’as qu’à me dire où​​ tu vis et dès que ton​​ médecin​​ nous en donne​​ l’autorisation, je te​​ ramène​​ chez toi.​​ Ne t’inquiète​​ pas pour les factures, j’ai tout réglé.

  • Vraiment ? je te​​ rembourserai…

  • C’est pas la peine, ce n’est rien. (il se leva du lit et se dirigea à reculons vers la sortie). Je reviens tout de suite, ne bouge pas, ok ? je vais parler au​​ médecin.

  • D’accord.

Il se retourna et s’apprêtait à franchir le seuil de​​ la porte quand elle l’arrêta :

  • Lukas ?

  • Oui ?​​ répondit-il en passant la​​ tête​​ par l’embrasure​​ de la porte.

  • Je ne suis en couple avec personne en ce moment.​​ 

Il ne put​​ réprimer​​ le sourire​​ qui envahit instantanément son visage. ​​ Il​​ plongea son regard dans le sien avant de rétorquer :

  • C’est une bonne nouvelle.

Sur ce,​​ il s’en​​ alla,​​ flottant sur son petit nuage. Il n’arrivait pas à le croire, elle était libre !

Isis​​ quant-à elle, restée​​ seule dans la chambre, s’abandonna au souvenir délicieux de leur​​ étreinte​​ Elle ne​​ s’était pas trompée. Ce​​ garçon​​ lui plaisait vraiment. Mais était ce bien raisonnable ? Pouvait-elle se permettre de vivre une histoire d’amour en ces temps instables​​ ​​ ses jours​​ étaient​​ comptés ?

  • Il est réellement amoureux de toi, tu sais ?

Elle sursauta. Quelqu’un venait de s’adresser à elle, pourtant un​​ coup d’œil circulaire de la pièce lui permit de se rendre compte​​ qu’elle était toute seule. Mais, sans savoir pourquoi, elle leva les yeux au plafond et le vit :​​ Sébastien​​ se​​ qui flottait à quelques mètres​​ au dessus​​ d’elle. Vêtu d’un​​ jeans noir et d’un T-shirt bleu sombre​​ qui moulait son corps​​ parfaitement​​ mince, Il la fixait de son regard​​ indifférent,​​ comme s’il regardait un point à travers elle. Un regard​​ étrange,​​ Le même ​​ qu’avait Osiris.​​ Il l’obligeait presque à baisser les yeux​​ devant l’intensité de son regard bleu-gris. Généralement, les yeux bleus transmettent une​​ impression​​ chaleureuse​​ et bienveillante, mais ce n’était pas le cas des​​ siens, qui étaient intenses, tout comme sa façon d’être. Glaciale et impénétrable.​​ ​​ Ses iris d’un bleu profond étaient parsemés de reflets​​ argentés et noirs qui ajoutaient un élément de mystère à son regard. Ses yeux s’accordaient parfaitement aux ombres qui passent dans le ciel quand une tempête se prépare.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ En un clignement​​ de ces​​ yeux​​ mystérieux, il se retrouva​​ près​​ d’elle,​​ assis​​ sur le lit, l’emprisonnant de son corps. Il leva la​​ main vers son visage,​​ puis​​ ses cheveux.​​ Elle frémit sous sa caresse, osant à peine​​ respirer. Dans le magasin, deux semaines plus tôt, elle avait été terrorisée par sa présence mais aujourd’hui, c’était différent,​​ une sensation de plénitude l’habitait. Mais​​ Pourquoi ce dieu, se comportait il si étrangement avec elle.​​ Parfois,​​ on aurait dit qu’il voulait la tuer, et l’instant d’après, la protéger.

  • Je ne te ferai jamais de mal, Neris. Jamais. Et je veillerai​​ à ce​​ que personne ne t’en fasse d’avantage.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle déglutit tout en continuant à le fixer.​​ On aurait pu croire en​​ l’écoutant, qu’il tenait vraiment à elle, mais cela était​​ sans compter son regard froid qui persistait à rester​​ indifférent.​​ Néanmoins, elle ne saurait dire pourquoi, mais elle avait l’intime conviction, qu’il disait la vérité

Je​​ t’aime,​​ Néris.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Cela, il l’avait dit sans remuer les lèvres, expédiant directement les mots par la pensée.​​ Elle ne détachait pas ses yeux des siens, elle était comme hypnotisée.​​ Alors,​​ avec une infinie tendresse,​​ Il​​ se pencha vers elle,​​ déposa ses​​ lèvres​​ sur son​​ front,​​ puis​​ descendis​​ avec une pluie de petits baisers vers ses​​ paupières,​​ ses joues​​ …la​​ commissure​​ de ses​​ lèvres.

  • Ja…relle, soupira-t-elle malgré elle quand il unit ses​​ lèvres​​ aux siennes.

 ​​ ​​ ​​ ​​​​ Un feu d’artifice embrasa ses veines. On aurait dit que de la lave en fusion​​ y avait remplacé son sang.​​ Les yeux clos, elle​​ se consuma pour de​​ bon.​​ Elle​​ s’abandonna toute​​ entière​​ à ce baiser en​​ entrouvrant​​ un peu plus les​​ lèvres, la langue de​​ Sébastien​​ ne se faisant pas​​ prier,​​ s’immisça​​ plus profondément dans sa​​ bouche tandis​​ que ses mains​​ tenaient délicatement sa tête​​ sur​​ laquelle, ses doigts​​ s’enroulaient,​​ se tortillaient à ses cheveux.

​​ Il décolla ses​​ lèvres​​ de sa bouche et plongea son regard dans le sien.

  • Un​​ jour,​​ tu comprendras le pourquoi de mes actes. Ce jour là, tu verras que j’ai toujours agis pour​​ toi, pour nous.​​ Parce que tu es mon amour pour l’éternité, Neris, dit-il en​​ redéposant​​ ses lèvres sur les siennes.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le​​ cœur d’Isis​​ s’arrêta de battre ou bien s’emballa. Peut-être les deux à la​​ fois. Elle ne savait pas, elle ne savait plus rien. Qui elle était, qui il était, où elle se trouvait, rien de​​ rien.​​ Il​​ posa​​ un troisième baiser sur ses​​ lèvres​​ et traça du bout des doigts chaque ligne qui traversait son cou.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Enfin, tout en douceur, il​​ s’écarta​​ d’elle, posa un baiser sur son front, murmura quelque chose dans une langue inconnue​​ quand​​ ​​ la porte​​ ​​ s’ouvrit soudainement. Lukas​​ déboula​​ dans la chambre accompagné​​ du​​ médecin.​​ Sébastien​​ quant à lui, s’était​​ complètement​​ volatilisé.

 

  • Tout va bien ? lui demanda le​​ médecin,​​ remarquant sa mine​​ gênée.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle rougit tout en​​ baissa les yeux et répondit que oui. Encore toute engourdie, elle caressa ses lèvres du bout de ses​​ doigts. ​​​​ Que​​ s’était-il​​ passer ?​​ Venait-elle vraiment d’embrasser ce dieu ? Cet inconnu ? Ce​​ frère​​ qu’Osiris devra combattre​​ après​​ l’avoir tuée​​ elle ?​​ Qu’est​​ c qui lui avait pris​​ bon sang !?​​ Et que pouvaient​​ bien​​ signifier ces paroles​​ insensées​​ de​​ Sébastien ? Comment pouvait-il l’aimer s’il ne la connaissait pas. Contrairement à Osiris, elle n’était pas une déesse originelle, elle​​ n’était que son double humain, le​​ réceptacle​​ de son immortalité ; les oracles avaient été clairs !​​ Décidemment​​ elle ne​​ comprenait​​ plus rien du tout.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle était tellement absorbée dans ces pensées, qu’elle ne remarqua pas tout de suite que Lukas s’adressait à elle.

  • Pardon, tu disais ?

  • Le docteur Onana ​​ nous donne sa permission pour la sortie. Il te faut juste signer cette​​ décharge​​ et c est bon.

  • Ah. Ok.​​ 

  • On va pouvoir rentrer à la maison et je vais tres bien m’occuper de​​ toi,​​ sœurette.​​ ponctua​​ t il d’un​​ clin​​ d’œil

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle sourit en se détendant comme par​​ enchantement, oubliant​​ complètement​​ l’épisode avec​​ Sébastien quand Lukas​​ porta​​ sa main​​ à ses​​ lèvres.​​ 

 ​​ ​​ ​​​​ Oui,​​ elle allait pouvoir rentrer,​​ Lukas l’avait​​ retrouvée,​​ et il ne comptait plus la​​ lâcher.

​​ D’autant​​ plus qu’elle n’avait aucune envie qu’il la​​ lâche un jour…

Le docteur Onana en retrait observait les deux tourtereaux, songeant que des frères s’aimant ainsi, c’était admirable.

 

 

By​​ DarK-N, Tous droits réservés.

 

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2 comments

  1. j’adore cette série😍. il y a de tout:suspense, amour, fantastique, mystère. je me demande comment tout ça va se terminer.
    Mais c est quoi ce triangle amoureux . Sébastien n’est il pas le frère jumeau d’Isis? DarkN , qu’est ce qui se passe dans ta tête 😱?

    • Ce n’est pas de l’inceste parce que les divinités conçoivent autrement la notion de parenté .
      Quant à ce qui se passe dans la tête. .😅😅😅si seulement je le savais moi même.

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