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Mam’ending chapitre 6

Lukas Bekono Del​​ Castillo.

Juillet 2017

Yaoundé​​ Cameroun​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ ​​ Guide de la rupture pour les​​ nuls ​​​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Couché sur mon​​ lit,​​ surfant sur le site facebook,​​ avec pour unique partenaire ce​​ vent glacial​​ juilletiste qui​​ s’engouffrait​​ par la​​ fenêtre​​ entrouverte, mon doigt glissa encore une fois sur l’écran de mon Smartphone en m’affichant comme toujours ​​ le même résultat.​​ Je ne saurais dire combien de fois j’avais effectué cette recherche​​ sur ce site​​ depuis​​ prés​​ de deux semaines.​​ Deux,​​ trois, quatre millions de fois ?​​ Ah​​ non. Je pense que je devais​​ certainement​​ avoisiner le milliard.​​ Mais​​ j’avais​​ beau taper​​ ce prénom encore et encore,​​ « Isis » affichait toujours le même​​ ​​ résultat​​ insatisfaisant.​​ C’était désespérant.​​ Mon optimisme comptant un peu trop sur ma chance s’amenuisait un peu plus​​ à chaque​​ essai.​​ Il aurait fallu​​ qu’elle soit au moins​​ inscrite​​ sur ce satané site internet​​ et qu’elle ​​ ait​​ en profil sa propre photo et son propre​​ prénom. Cela​​ était sans compter sur l’imagination illimitée​​ de ma génération​​ à​​ dénicher​​ des pseudos​​ encore plus barges les uns que les autres…

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Isis… c’est comme ça que Sébas m’avait dit qu’elle s’appelait. Mis à part cela, je ne savais rien d’elle, si ce n’est qu’elle était la femme la pus belle que j’ai vue de toute ma vie.​​ Etait ce un coup de​​ foudre ?​​ C’est​​ dingue ça !​​ Comment​​ peut-on​​ penser autant une personne vue en quelques minutes ?

 ​​ ​​ ​​​​  ​​​​ ​​ Je laissai échapper​​ un​​ soupir de frustration en envoyant valser​​ mon téléphone​​ à l’autre bout de la​​ pièce.

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Eh​​ Merde! Et dire que ça ne faisait même pas deux jours, que je​​ l’avais payé celui-là​​ songeai je en admirant ​​ les restes de ce qui a été pour une​​ très​​ courte durée,​​ ​​ mon​​ téléphone.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Je​​ détournai le regard et​​ m’allongeai sur le​​ dos, la tête posée​​ sur mon bras droit calé entre deux ​​ oreillers​​ et fermai les yeux un instant, savourant​​ les paroles de​​ Never Seen Anything Quite Like You​​ qui s’élevaient des enceintes​​ des​​ hauts parleurs de mon ordinateur portable.​​ Tandis que je laissais​​ les souvenirs de​​ notre rencontre​​ affluer​​ à​​ mon cerveau, cette chanson de​​ the Script​​ emplissait​​ toute la pièce.​​ ​​ 

“I​​ think I want you more than want”

Plus je​​ pensais​​ ​​ Isis​​ et plus mon incrédulité croissait.​​ 

“I want to hold you more than hold”

Je n’arrivais pas à comprendre ce qui s’était passé.

“I​​ could die now more than die,​​ Every time you look at me”

​​ Pourquoi était-elle ressortie​​ du magasin comme une furie avant de s’engouffrer​​ dans la voiture et de disparaitre au loin en ignorant mes appels ?​​ 

“Well I've seen you in jeans with no make-up on

And I've stood there in awe as your date for the prom

I'm blessed as a man to have seen you in white

But I've never seen anything quite like you tonight

No, I've never seen anything quite like you”

Je ne comprenais pas. Sébas lui aussi avait été étonné de cette fugue précipitée. Et depuis Deux semaines, l’on ne l’avait plus jamais revue.​​ 

“And your eyes are in your eyes

And my heart's in our hearts

Sometimes words just ain't enough

For this love that's more than love”

Tout en​​ fredonnant au rythme​​ de la musique, je me rendis compte que​​ je n’aidais pas vraiment mon cœur​​ en écoutant​​ ces chansons d’amour​​ avec ces textes​​ à​​ pousser un célibataire au suicide.​​ 

Je sentis​​ dès lors,​​ une migraine affreuse ​​ me vriller les tempes​​ et portai​​ aussitôt mes doigts​​ à celles-ci.​​ Ce​​ geste m’avait toujours fait rire, ce n’est pas comme si la migraine allait passer plus vite ainsi. Quoique…​​ Qu’en​​ savais-je​​ au fond ?​​ C’est fou le nombre de gestes que l’on fait au quotidien sans savoir​​ vraiment​​ pourquoi…​​ ​​ Je souris malgré la douleur … j’étais capable de me​​ préoccuper​​ simultanément de plusieurs choses​​ inutiles.​​ 

Du côté de mon ordi,​​ The Script​​ avait maintenant fait place​​ à​​ Leeyoh​​ avec la chanson​​ à l’aide. Au moment du fameux :

« A l’aiiiiide​​ 

A l’aideeee​​ 

Wokolooooooo la go m’a tué eh eh eh »,

Je sursautai et me redressai​​ soudainement, en​​ entendant ma porte​​ s’ouvrir​​ grandement.​​ Il n’y avait que trois personnes qui pouvaient débarquer ainsi dans ma chambre sans frapper :​​ l’une d’elle était​​ ​​ Luis​​ Miguel del Castillo ; la seconde,​​ Sylvanie Bekono​​ del Castillo ;​​ Mais ces deux là​​ étaient​​ à une réunion conviée par le ministre​​ des relations​​ extérieures.​​ Alors, il ne restait plus qu’une​​ personne​​ capable d’autant d’audace : Arielle​​ Fouda.

Cette dernière​​ pénétra​​ dans ma chambre et en quatre foulées,​​ se jeta​​ à califourchon​​ sur​​ moi,​​ sans même m’adresser la moindre parole, elle​​ m’embrassa​​ fougueusement.​​ Sa langue conquérante, prit alors possession de mon palais, elle le fouilla comme si elle y​​ avait gardé un trésor…​​ ce baiser​​ était …enivrant !​​ 

Mon bref moment de ​​ surprise passé,​​ Je me redressai et pris le visage ovale de ma petite amie depuis plus de cinq ans, entre mes mains pour approfondir notre baiser.​​ Sans perdre de temps,​​ Arielle déboutonna ma chemise et ses doigts entrèrent en contact avec mon torse.​​ Je souris de béatitude pendant qu’elle faisait pleuvoir de délicieux petits​​ baisers​​ sur mon ventre.​​ J’adorais​​ la sensation que produisaient ses mains​​ et sa bouche​​ sur mon corps.​​ Il​​ n’y​​ avait aucun doute, Arielle était une experte en caresses.​​ Je​​ souris intérieurement avant de perdre​​ pied lorsque le visage d’Isis se superposa comme par enchantement​​ à​​ celui d’Arielle.​​ Mon désir s’éteignit comme une chandelle​​ qu‘on aurait soufflée.​​ Mes mains abandonnèrent sa chevelure emprisonnées par les dreads locks​​ et je posai la tête sur​​ l’oreiller,​​ les yeux fermés. Arielle n’avait pas encore​​ compris ses signaux de défaite. Elle posa les​​ lèvres​​ dans mon cou. Je voulus retenir son geste. Trop tard. Elle venait de​​ dégrafer​​ mon pantalon lorsque ses doigts ​​ enserrèrent​​ ​​ mon​​ pénis, elle remarqua enfin qu’une chose capitale manquait​​ à​​ l’appel. Surprise, elle releva les yeux vers moi.​​ Mon regard fermé ne lui laissa aucun doute sur ce qui n’allait pas se passer entre elle et moi, ce soir.​​ Je​​ secouai la tête négativement

  • Je suis désolé Ari.

Stupéfaite, elle n’osait plus faire un​​ geste.​​ On était surement loin de la grande nuit de passion​​ à laquelle​​ elle​​ s’était imaginée​​ en​​ débarquant chez​​ moi,​​ sans prévenir...

  • Ari…S’il te plait, je ne suis pas d’humeur.​​ J’ai mal ​​ la tête.

Quoi ? Mais bon sang c’était quoi cette​​ excuse​​ à​​ deux balles ?​​ 

  • J’espère que tu​​ plaisantes.​​ 

Elle leva un sourcil en signe d’incompréhension avant de poursuivre :

  • Ca fait quoi ?​​ DEUX SEMAINES​​ (ce​​ deux semaines​​ aurait pu me bousiller les​​ tympans​​ si elle ne s’était pas un peu éloignée,​​ grâce​​ à​​ Dieu !) ​​ que l’on ne s’est pas vu, entre ton boulot minable, tes études, les sorties entre potes, tu n’as plus du temps pour​​ moi.​​ 

Je ne dis rien, me contentant de la fixer, l’air abattu.​​ Comment lui dire​​ (tiens une autre chanson de Leeyoh)​​ qu’elle m’était​​ complètement​​ sortie de la tête parce qu’une autre​​ y​​ avait justement pris sa place ? Interprétant surement mon​​ silence pour de la reddition,​​ Elle me​​ lança​​ un regard boudeur​​ avant d’essayer de m’embrasser une nouvelle fois, mais je ne la laissai pas faire.

  • Arielle !

Je​​ la saisis par les bras et je la repoussai fermement mais en douceur.

  • Quoi ?​​ 

  • Je n’ai pas envie, je te dis !

L’incompréhension​​ fit​​ soudain​​ place​​ à la​​ colère.​​ Elle​​ rabattit sa robe sur​​ ses jambes avec un geste brusque et s’écarta de moi, ne cherchant plus​​ à​​ cacher ses larmes de frustration.​​ ​​ Je​​ soupirai en levant les yeux au ciel, plutôt au plafond mais bon c’est un détail…tiens me​​ revoilà qui​​ digresse​​ encore une fois. Décidément le cerveau est surprenant …​​ elle reprit la parole :

  • ​​ A​​ chacun de nos rendez-vous,​​ tu as toujours​​ eu​​ envie​​ de me faire l’amour ! On est ensemble Lukas ! Je​​ t’aime,​​ et on dirait que depuis un moment, tu t en fiches !​​ (elle fit​​ une courte ​​ pause suivit d’une lueur​​ de panique qui​​ traversa ses yeux) Tu sors avec quelqu’un d’autre. (elle se​​ jeta encore une fois sur moi,​​ prit mon visage dans​​ ses mains et scotcha son regard sur le mien) Tu as rencontré quelqu’un d’autre ?​​ Dis le moi, je veux savoir !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Si​​ j’étais avec quelqu’un d’autre ? J’aurais bien voulu ! Mais ce quelqu’un d’autre s’était complément volatilisé.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Pendant​​ qu’Arielle​​ me regardait ainsi, une lueur de panique dans le regard,​​ espérant​​ désespérément​​ que je la​​ contredise,​​ la vérité me donna​​ un uppercut en pleine tronche ! Et bang !​​ Je​​ me rendis compte que je ne ressentais plus rien pour​​ cette fille que j’avais pourtant​​ follement aimé dans mon adolescence​​ et ça,​​ je le devais à Isis.​​ Avant de la rencontrer, je pensais​​ être​​ complètement​​ fou d’Arielle, mais maintenant, je ne voyais​​ plus​​ que ses défauts occultés jadis par mon cœur : sa dépendance excessive à moi, ses​​ manières​​ de gosses de riches​​ pourris​​ gâtés,​​ son insouciance pour son futur, sa tendance​​ à​​ croire que​​ tout lui était acquis​​ et même moi. On aurait dit que je​​ la​​ voyais vraiment pour la​​ première​​ fois.​​ 

  • Béé, dis-moi que tu ne me trompes pas…

La supplication proche du sanglot qu’elle m’adressa fit monter un petit brin de culpabilité. Je baissai le regard et murmurai :

  • Je ne te trompe pas. (son​​ visage s’illumina aussitôt avant de se décomposer​​ par la suite)​​ mais j’aime une autre fille.

Wow !​​ Je​​ venais de me rendre compte que je ne mentais pas. J’étais vraiment tombé amoureux d’un parfaite inconnue !​​ Ayoooo​​ ma vie !

Pendant que je m’auto charriais, une​​ gifle​​ rapide et​​ violente me ramena à la réalité.​​ Je​​ posai un regard incrédule sur elle. Je​​ ne m’attendais mais alors vraiment pas​​ à ​​​​ ce​​ que la douce​​ Arielle​​ me frappe de cette manière là.​​ Arielle, douce Arielle, ​​ elle​​ se tenait la main comme si c était ma joue qui​​ l’avait agressée​​ et non le contraire.​​ Son regard reflétait une telle douleur,​​ une tristesse​​ si​​ infinie​​ que je me sentis​​ bouleversé​​ à​​ l’idée d’en être le​​ responsable.​​ Alors, je ressentis le besoin de​​ parler,​​ la consoler.​​ Mais les​​ mots qui franchirent ma bouche​​ malgré moi, ne furent qu’un ramassis de conneries!

  • Ari,​​ tu sais que​​ je tiens à​​ toi.​​ Tu es une fille géniale, mais les sentiments ne se contrôlent​​ pas.​​ ​​ 

Pendant​​ que​​ je déballais tout mon savoir tiré du​​ ​​ guide de la rupture pour les nuls,​​ j’entrepris de la prendre dans mes​​ bras,​​ mais elle se​​ déroba.

  • Non,​​ non ce n’est pas possible, NON !

Elle​​ avança​​ à reculons jusqu’au mur.​​ Les larmes avaient envahi son visage.​​ Elle continuait de secouer la tête en signe de​​ dénégation

  • Non non, tu ne peux pas me​​ quitter,​​ non.​​ 

Je la​​ rejoignis et la pris dans mes bras, cette fois,​​ elle ne se​​ défendit​​ pas. Se contentant de sangloter.

  • Je suis​​ désolé.

  • NOOON !​​ bée,​​ c’est juste une crise que l’on​​ rencontre. On va la passer​​ ensemble.​​ On​​ surmontera tout ça.

  • Ari

  • Non !

Elle m’embrassa tout en​​ marmonnant​​ ​​ des « je t’aime»​​ et des « je sais que tu m’aimes aussi »sans oublier les ​​ ​​ « tout va s’arranger »​​ et​​ les​​ récurrents​​ « béé » qui pleuvaient ​​ entre chaque mot.​​ 

  • Arielle calme toi !​​ rétorquai-je​​ excédé​​ en la secouant. Il faut que tu comprennes que c’est terminé entre nous.

Ca y​​ est,​​ je l’avais prononcée, la phrase fatidique.​​ Je venais peut​​ être​​ de balancer toutes les​​ règles​​ du​​ guide de la rupture pour les nuls​​ aux chiottes, mais​​ il​​ fallait mettre les choses au clair non ?​​ Sebas m’avait​​ d’ailleurs​​ dit un jour « qu’il est préférable de​​ retirer violement un​​ sparadrap​​ au risque de crier comme un porc qu’on égorge​​ que d’aller ​​ doucement en prolongeant une douleur inutile » Alors oui, la boucle était bouclée !

Passée le moment d’hébétude,​​ Arielle me repoussa​​ aussi brusquement que ses​​ frêles​​ muscles le lui permirent. Je voulus la serrer encore une fois contre moi pour la calmer mais elle s’écarta vivement. Elle quitta la​​ pièce​​ en titubant sous l’effet du chagrin. Je​​ jurai,​​ perdant de précieuses secondes​​ à​​ refermer mon pantalon​​ après​​ avoir​​ failli​​ m’étaler. Je la suivis rapidement.

​​ Elle sortit de la maison comme une​​ furie,​​ sous le regard incrédule de Julia, l’une des femmes de ménage. Elle s’apprêtait​​ à​​ pénétrer​​ dans sa voiture quand je l’agrippai par ​​ le coude et la retournai​​ contre la portière.​​ Julia​​ qui n’en​​ manquait pas une miette s’empressera de faire un rapport détaillé​​ à​​ mes parents​​ à​​ leur retour, ça c’est certain ! Waaaa les femmes et le kongossa !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ ​​ ​​​​ Attends, ne t’en vas pas comme ca.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ ​​ ​​​​ Pourquoi ?​​ Sanglota-t-elle.​​ Tu as été assez clair. Tu ne veux plus de moi.

Surtout ne pas l’achever avec la​​ phrase qui tue, la​​ fameuse phrase :​​ on peut rester amis​​ au risque de l’attendre me cracher​​ à​​ la figure ​​ TU ME BARRES ET TU DIS QU’ON PEUT RESTER AMIS ? MOUF C’EST MEME QUI CA,​​ J’AI TON MAL !​​ (règle numéro deux​​ du guide​​ la​​ répute​​ pour les nuls).​​ Alors, je ravalai​​ cette réplique et​​ lui​​ dis :

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ ​​ ​​​​ Oui mais tu ne peux pas conduire dans cet état…

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ ​​ ​​​​ Fiches-moi la paix ! Tu​​ n’en as rien à foutre de moi. Tu me​​ jettes​​ comme une ordure​​ après​​ cinq ans de relation.

Il y a des couples qui divorcent après​​ Trente années de vie commune, ils​​ n’en font quand même pas tout un plat !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​ ​​ ​​​​ Arielle…

Les yeux de la jeune femme​​ n’étaient plus que deux​​ fontaines.​​ Cette scène était poignante !

  •  Qu'est-ce que j'ai fait de​​ mal,​​ tu peux me le dire?​​ Pourquoi​​ cesses-tu​​ de m’aimer du jour au lendemain? Explique-moi,​​ Lukas,​​ demanda-t-elle avec​​ dépit.

Mais bon sang!​​ Les​​ femmes et les sentiments sont les choses les plus difficiles à cerner dans la vie.​​ Ce n’était quand​​ même​​ pas de ma faute si mon cœur s’était détourné d’elle.

  • Je t'ai fait confiance. J'ai cru en toi,​​ en nous. Tout ça pour ça ! hurla-t-elle, au désespoir.

Je​​ serrai​​ les dents.

  • Tu t'apercevras plus tard que cette séparation est ce qui pouvait t'arriver de mieux.

Mais​​ ​​ étais je aller pécher cette réplique de merde !?​​ Chuuuuut ! Lukas ferme-la. Ne dis plus rien et contente toi juste de la ramener​​ à​​ l’intérieur pour qu’elle se calme.

  • Ce qui pouvait m'arriver de mieux, c'était de passer le reste de ma vie avec toi. C'était d'être dans tes bras !

Elle s'interrompit, le souffle coupé par ses sanglots.​​ J’en profitais pour sortir une autre connerie :​​ 

  • TU trouveras​​ très​​ vite quelqu’un d’autre…

Mais​​ bon sang,​​ Lukas ferme la !!!

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​ LAISSE-MOI​​ TRANQUILLE !​​ 

Vexée, blessée et meurtrie, Arielle​​ me​​ porta un coup de pied​​ bien mérité​​ au​​ tibia,​​ profitant de ma douleur pour m’échapper et​​ pénétrer​​ dans la voiture​​ en​​ bloquant​​ rapidement les​​ portières.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ - ​​​​ Arielle, ne déconne pas, laisse-moi entrer.​​ Réclamai-je en​​ tambourinant​​ contre​​ la​​ vitre​​ innocente mais ô combien robuste !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ -​​ Va en enfers Lukas ! me hurla t elle avant de​​ démarrer​​ et de​​ prendre​​ la fuite au volant de sa Yaris. ​​​​ ​​ 

Le portail était malheureusement resté ouvert.​​ Mais que foutait​​ le gardien ? Au​​ risque de me ridiculiser et​​ de​​ paraitre idiot, je m’élançai​​ aussitôt à sa poursuite. Je me​​ mis à courir​​ derrière​​ sa voiture​​ comme un fou.

Comme​​ si je pouvais la rattraper…​​ Quelle drôle de situation, vraiment !​​ Tomber amoureux d’une inconnue, rompre avec​​ ma petite​​ amie,​​ courir​​ après​​ elle​​ derrière​​ sa voiture, ​​ ma vie était décidément une histoire de fou. Peut​​ être devrais-je​​ songer à contacter un écrivain pour la faire partager​​ à​​ tous...​​ Eh oui, pendant que je sprinte comme un​​ fou​​ derrière​​ une conductrice potentiellement dangereuse,​​ sous les regards amusés et perplexes des passants​​ de la nouvelle route bastos,​​ mon cerveau trouve quand même le temps de faire des digressions!​​ Je ne sais pas ce qu’il fume​​ lui, mais c’est de la bonne !

Arielle​​ accéléra​​ pendant​​ qu’un​​ mauvais pressentiment​​ m’anima​​ soudainement. ​​ Je n’allais pas tarder​​ à la perdre lorsque sans savoir pourquoi, sa voiture dévia de la route et s’arrêta​​ en​​ un crissement de pneus assourdissant.​​ Des cris affolés retentirent, et je sus​​ que le pire​​ venait de se produire,​​ Arielle​​ avait renversé​​ quelqu’un…

M’étant​​ arrêté un moment sous l’effet de​​ l’effarement, je me remis à courir de plus belle.​​ Je ne crois pas que même Usain bolt aurait​​ ​​ pu​​ rivaliser​​ en vitesse avec moi​​ en ce moment là.​​ Je vous assure que non.​​ Arrivé​​ à​​ la hauteur de l’accident, je me rendis​​ compte qu’Arielle​​ était​​ inconsciente. Malgré l’airbag gonflé, sa tête ensanglantée, reposait contre​​ la vitre.​​ ​​ Bien évidemment, elle n’avait pas mis sa ceinture…

  • Arielle !!!​​ 

J’essayais d’ouvrir la​​ portière​​ côté passager, mais bien​​ évidemment,​​ elle était bloquée

Une foule de petits curieux s’était​​ très​​ vite formée autour des​​ lieux​​ de l’accident

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ « Il​​ faut appeler la police » clamaient certains

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ​​ « Il​​ faudrait appeler une ambulance » disaient d’autres

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ « L’hôpital​​ Bethesda​​ est ​​ juste​​ à​​ coté, je vais les prévenir »

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ « On ne peut pas la toucher​​ dans cet​​ état… »

Je posai​​ les mains​​ sur ma nuque en signe d’intense impuissance, je​​ commençais​​ sérieusement​​ à paniquer. Arielle n’avait pas l’air de respirer.​​ Les secours tardaient ​​ arriver et​​ la pauvre fille qu’elle avait renversé avait…

Mes yeux s’écarquillèrent​​ de stupeur​​ et mon cœur fit un​​ dérapage​​ incontrôlé. Cette fille​​ inconsciente,​​ dont la tête gisait​​ ​​ dans une flaque de sang qui​​ grossissait​​ à vu d’œil, c’était elle : Isis.​​ 

 

By​​ Dark-N, tous droits réservés.

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One comment

  1. Loool cet épisode m’a fait rire. Je ne pensais pas que Lukas avait cette personnalité😂
    J’attends la suite😊

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