Breaking News
Home / Auteur / Dark-N / Mam’Eding: Chapitre5 4.5/5 (2)

Mam’Eding: Chapitre5

Myra

Juillet 2017

Nice, France

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​​​ Les​​ dieux se sentent​​ seuls,​​ les dieux​​ eux​​ aussi​​ ont​​ besoin d’amour.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ 

​​ D’une ponctualité habituelle,​​ Myra​​ entra dans la chambre à 17 h 30 pour​​ annoncer​​ à Jennifer qu’elles partiraient​​ à​​ 18​​ heures précises.​​ Jennifer n’était​​ pas inquiète,​​ elle​​ serait​​ prête. Comme​​ elle était​​ déjà lavée, trente minutes suffiront amplement pour s’habiller et​​ se​​ maquiller. La douche l’avait un peu calmée. Elle était​​ sur des charbons ardents depuis​​ l’incident​​ de​​ 8 heures,​​ ​​ elle​​ ​​ avait du mal à croire qu’elle irait​​ bientôt revoir​​ son fils.​​ Toutefois,​​ ​​ habituée à la prudence,​​ elle se rappela​​ que​​ tout était​​ susceptible d’évoluer c’est pourquoi​​ Le visage quelle présentait à Myra​​ ne​​ reflétait​​ rien de​​ son agitation intérieure.

  • Tu es​​ très​​ belle ce​​ matin, maman. Lui dit Myra​​ en l’embrassant.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ « Je ne suis pas ta​​ mère,​​ espèce​​ de monstre psychopathe » aurait​​ voulu​​ répondre​​ Jennifer ; ce qui l’aurait à coup sûr privée de​​ la​​ visite.​​ Alors, elle ravala​​ toute la haine qu’elle vouait à ce​​ monstre,​​ se força​​ à​​ ébaucher​​ un sourire plausible et ​​ murmura​​ un « merci, ma chérie ».

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra​​ le lui rendit avant de tourner les talons et de s’en aller​​ en chantonnant. Jennifer​​ attendit que ses pas résonnent au bout du couloir avant de​​ fermer la porte​​ derrière​​ elle.​​ Essoufflée​​ par ses propres angoisses, elle demeura​​ un moment​​ debout, sans bouger, reprenant sa respiration.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le silence du couloir n’était troublé que par le bourdonnement étouffé de MTV qui​​ balançait de la musique​​ pop.​​ Le monstre adorait ce style​​ musical

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le cœur battant trop vite, Jennifer ​​ chemina​​ toute tremblante vers son mari, couché sur le lit, recroquevillé en fœtus​​ contre​​ le mur.

  • Dan, est ce que ça va ?​​ Murmura-t-elle,​​ n’osant pas le toucher tant son corps n’était plus que souffrance.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Incapable d’articuler​​ la moindre parole,​​ il​​ répondit​​ par une​​ espèce​​ de​​ ​​ borborygmes​​ de​​ douleur avant de poser la​​ tête​​ sur les​​ genoux​​ de sa femme et​​ de​​ sangloter comme un nouveau né. Le​​ monstre avait encore frappé. Son mari se​​ retrouvait​​ dans cet​​ état​​ parce qu’il​​ avait désobéi, et le montre n’accordait aucune pitié aux indisciplinés.​​ Elle ne savait même pas comment​​ Myra​​ avait mis son mari dans cet​​ état.​​ Elle​​ avait été là mais​​ n’avait pas compris. Myra s’était juste contenter de le regarder​​ intensément,​​ sans ciller​​ puis,​​ Dan​​ ​​ s’était écroulé sur le parquet en poussant des cris​​ d’agonie.

  • Calme toi chéri s’il te plait … tout va bien aller … je trouverai le moyen de nous​​ débarrasser​​ d’elle.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Son mari n’était pas dupe. Myra avait des capacités qui dépassaient l’entendement, des capacités​​ que la science n’expliquait pas. S’étant​​ invitée​​ deux mois plus​​ tôt​​ dans leur foyer en​​ décrétant​​ qu’ils devaient la traiter comme leur fille ou​​ alors,​​ ils mourraient ,elle avait​​ plongé leur fils unique​​ dans le coma puis​​ placé dans​​ un​​ établissement dont elle seule connaissait l’emplacement promettant​​ qu’ils le reverraient si et seulement s’ils avaient un comportement irréprochable !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Oh que​​ non,​​ Dan n’était pas dupe. La seule manière de lui​​ échapper​​ serait​​ la mort. Et​​ même​​ là,​​ il avait un doute. Cette petite sadique s’arrangerait à coup sûr​​ à​​ pourchasser leurs​​ âmes​​ dans l’eau​​ delà, qui sait ce dont elle est capable.

*

* ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ *

  • Mamaaaaaaaan il est​​ l’heure.

  •  ​​​​ J’arrive, ma chérie !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Jennifer​​ dévala ​​ l’escalier manquant de justesse une marche​​ ​​ et​​ rejoignit Myra au​​ salon.​​ Comme​​ d’habitude, elle était superbe, dans un pantalon bleu en soie​​ moulant.​​ Son chemisier​​ noir,​​ entrouvert,​​ laissait deviner la naissance de sa​​ poitrine.​​ Myra l’observa, satisfaite. Jennifer ne la​​ regardait pas, trop occupée à tenter​​ vainement d’accrocher son​​ collier​​ autour de son cou. Myra s’approcha d’elle.

  • Laisse-moi faire.​​ 

  • Merci de me permettre de revoir Théo ….​​ 

  • Tu l’as mérité. Ce mois ci tu t’es bien​​ comportée contrairement à papa.​​ Tu​​ as intérêt à poursuivre sur cette lancée​​ et de ne surtout pas me contrarier.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Jennifer se mordit la langue.

  • Oui ​​ ma…ma chérie

  • Bien. Conclut-elle en souriant ​​ de toutes ses dents. J’ai préparé le gouter, tu viens ? Il est dans la cuisine.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ En la suivant,​​ Jennifer​​ se rendit compte que​​ Myra​​ avait fait​​ le choix de porter​​ une culotte​​ jeans​​ effilochée​​ à mi-cuisses​​ et un poncho​​ bleu,​​ lequel avait une couleur identique à ses yeux. La jeune mère eut​​ ​​ un léger pincement au cœur. Myra était vraiment très belle, si elle avait eut une​​ fille,​​ elle​​ aurait aimé qu’elle lui​​ ressemble,​​ du​​ moins,​​ physiquement.​​ Myra avait une chevelure souple et très longue d’un blond​​ étincelant,​​ des cheveux qui ne semblaient jamais demander d’entretien ; une​​ taille de​​ guêpe​​ mettant​​ en valeur​​ la chute de ses reins​​ et sa poitrine généreuse.​​ Mais ce qui fascinait le plus chez Myra, c’était son regard : deux grandes amandes entourant des ​​ iris d’un bleu​​ Azur.​​ Il est indéniable que Myra était vraiment très belle. En la voyant on pourrait penser​​ qu’il s’agissait d’un ange …​​ comme​​ quoi,​​ les​​ apparences​​ peuvent s’avérer quelques fois​​ trompeuses.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle​​ s’empara du​​ sac que Myra avait​​ apprêté. Un fumet délicieux, une odeur de rôti, s’échappait des assiettes. Au moment de se​​ redresser,​​ la bouteille de champagne heurta le plan de travail en marbre de la cuisine ; Jennifer tressaillit. En croisant les doigts pour que sa​​ nervosité​​ ait échappé​​ à Myra, elle​​ lui​​ jeta​​ un coup d’œil​​ affolé​​ Cette​​ dernière​​ ne laissa rien transparaitre​​ en​​ se tourna vers les placards​​ et en sortit une​​ autre​​ bouteille.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle la lui tendit​​ sans la regarder​​ mais​​ Jennifer​​ ne bougea pas.​​ Myra incrédule constata qu’elle​​ n’était​​ pas​​ seulement​​ paralysée, non.​​ Elle s’était changée en une véritable statue de marbre.​​ Tout comme Les bruits ambiants se turent,​​ Myra se rendit également compte que la musique diffusée par la​​ chaine de télévision dans la salle de séjour s’était arrêtée brusquement. En quelques​​ pas,​​ elle se rendit à la​​ fenêtre​​ et un coup d’œil rapide à l’extérieur lui permis de constater que le temps était figé.​​ Les​​ passants​​ ne bougeaient pas. Les véhicules faisaient du surplace.​​ Seuls,​​ Les​​ nuages dans le​​ ciel,​​ et les animaux​​ semblaient vaquer​​ normalement à leurs occupations.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra sourit intérieurement.​​ Les​​ ​​ ennuis arrivaient et​​ Ca tombait​​ bien, Myra​​ adorait ca, les​​ ennuis.​​ L’un de ses​​ frères​​ n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez​​ …​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle​​ fit sauter le bouchon de la bouteille​​ non pas dans le but de fêter cela, mais pour se préparer à ce qui l’attendait. Elle​​ prenait​​ une flute sur l‘étagère de​​ dessus​​ lorsqu’elle entendit dans son dos:

  • Salut​​ sœurette.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Cette​​ voix tintée d’ironie, l’une des voix qu’elle haïssait plus que tout...​​ des​​ onze,​​ il​​ avait fallu​​ ​​ justement que ce soit lui!​​ La poisse !

  • Jarelle !​​ Soupira​​ t elle en se versant une coupe de champagne dans sa​​ flute.​​ Elle​​ la vida d’une traite​​ ​​ avant de lui faire​​ face.

  • Waouh !​​ Je​​ suis​​ impressionné, me reconnaitre au seul timbre de ma voix​​ après​​ tant d’années !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le jeune homme au teint noir​​ et à l’uniforme​​ bon marché​​ de commerçant qui se tenait devant elle,​​ ponctua sa phrase d’un sourire où nulle trace de chaleur ne s’y reflétait. Myra qui en avait vu​​ d’autres​​ ne s’en formalisa pas. Elle le toisa tout en se resservant​​ une​​ deuxième​​ flute avant de​​ ​​ rétorquer :

  • Que me vaut le déplaisir de ta visite ?​​ Ça​​ fait quoi, 2​​ siècles​​ que l’on ne s’est vu ?

  • 1992 années,​​ plus exactement.​​ Et je m’appelle Sébastien​​ maintenant.

  • Ton nom actuel m’intéresse autant que le sort de tes​​ africains dans le monde.​​ Tu​​ le sais​​ très​​ bien JA-REL-LE.​​ (Elle vida sa flute,​​ la​​ déposa ​​ dans l’évier​​ puis s’adossa sur​​ l’étagère).

  • Par​​ contre​​ toi,​​ tu as gardé le même à ce que je vois.​​ Le​​ même​​ nom et la même apparence.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Il​​ se pencha sur le coté en la louchant​​ sans retenue.

  • Excuses-moi​​ de te décevoir​​ mais le fait de devoir​​ dévorer​​ des fœtus pour envahir le ventre de leurs​​ pauvres​​ mères​​ ne m’enchante pas vraiment .De​​ plus,​​ j’ai mieux à faire que passer par ces​​ différentes​​ phases de la vie​​ humaine.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Sebas écarquilla les yeux de surprise avant d’éclater de​​ rire.​​ 

  • T’es la meilleure​​ Myra,​​ se reprit il en essuyant​​ les larmes qui avaient perlé à ses​​ yeux ;​​ tu es​​ un concentré d’hypocrisie à toi toute seule,​​ ah​​ vraiment ne change​​ pas.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle​​ fronça​​ les sourcils en se mordilla la lèvre pour contenir la colère qui montait un petit peu plus à chaque seconde écoulée depuis son intrusion.

  • Tu peux​​ développer ?​​ 

  • Vraiment, Myra ?​​ ​​ Quest ce donc que cela ?​​ Tu t’incrustes​​ dans cette famille de gentils humains​​ inoffensifs,​​ tu les​​ terrorises, et tous ca pourquoi ?​​ Pour​​ pouvoir jouer à la fille-fille​​ dans la petite maison dans la prairie​​ (il​​ fit un petit rire moqueur)​​ « Tu es​​ très​​ belle ce​​ matin, maman​​  »​​ tu me​​ ferais presque pitié Myra.​​ Tu​​ te sens tellement​​ seule,​​ tellement délaissée par tes​​ frères​​ et sœurs au point où​​ tu n’as pas ​​ d’autres choix que de forcer des humains à t’aimer, à t’appeler leur fille. Pauvre petite déesse mal aimée.

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra déglutit ​​ avant d’exploser :

  • Va​​ te faire foutre Jarelle !​​ Je​​ te​​ tuerai.​​ Je jure que tu seras le premier que je tuerai !

  • Cesse​​ tes bêtises et offre moi donc quelque chose à​​ boire.​​ 

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra ne bougea pas, se contenta se serrer les ponts.la tension se chargea en électricité et​​ l’atmosphère changea brusquement : l’air devint plus lourd, plus froid, des nuages noirs apparurent comme par magie dans la stratosphère. Myra, tout en le fixant intensément, avec froideur, un rictus de colère déformant​​ ses traits, respirait de manière saccadée.​​ Sebas, loin d’en être intimidé gardait toujours sa​​ moue moqueuse.​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le ciel​​ lançait​​ maintenant des​​ éclairs puis,​​ les​​ premières​​ gouttes de pluie​​ commencèrent​​ à tomber avec​​ violence.

  • S’il te​​ plait,​​ tu veux bien te calmer ?​​ La​​ météo commence à se​​ dérégler​​ là.​​ L’heure des​​ règlements​​ de comptes familiaux n’a pas encore​​ sonnée. (Il tira une chaise y s’y affala) Prends donc ton mal en​​ patience, petite sœur.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ La pluie fit​​ aussitôt​​ place à la​​ grêle​​ et​​ heureusement que le temps était figé​​ sinon les gens dehors commenceraient à s’affoler.

  • Qu’est-ce que tu me veux au juste,​​ espèce​​ d’enfoiré !?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le regard de Sebas redevint​​ neutre quand il répondit :

  • J’ai​​ revu notre​​ sœur,​​ Neris.​​ Enfin… la version​​ incomplète​​ de Neris.​​ Elle ​​ se fait appeler​​ Isis​​ maintenant.

  • Ah !​​ Et​​ je suppose que tu en as profité pour la tuer et absorber ses pouvoirs…

  • Tu​​ sais​​ très​​ bien que je ne ferai jamais ca.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Ce fut au tour de Myra de rire sans joie.

  • Va te faire foutre Jarelle !​​ Je​​ ne crois pas une seconde à​​ ton​​ baratin.​​ Alors​​ épargne​​ ​​ ta salive s’il te plait.​​ C’est​​ peut​​ être​​ toi le​​ télépathe​​ de la famille mais j’ai toujours su lire en toi,​​ espèce​​ d’enfoiré ! Tu​​ as pu berner​​ les dix autres mais pas moi.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Sébastien plongea son regard dans le sien et n’y lut que mépris et rage. Ce​​ n’était pas étonnant.​​ Cela faisait un moment qu’elle le haïssait profondément. Et dire que ca n’avait pas toujours été le cas…

  • Nous savons​​ très​​ bien​​ qu’il​​ est​​ révolu​​ le temps où​​ Neris était la prunelle de tes yeux. La sœur que tu​​ défendais​​ envers et contre tous. Je sais que tu​​ comptais​​ la​​ tuer, elle et nous autres​​ aussi,​​ avant​​ même​​ que cette guerre ne soit décidée.​​ Je sais​​ également​​ que tu le feras pour pouvoir l’affronter​​ elle…​​ oui,​​ ton but ultime a toujours été de​​ tuer Dea et de prendre sa place, espèce de salopard !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Sebas gardait toujours le silence, se contentant de fixer Myra sans esquisser​​ le moindre mouvement

  • Mais​​ tu sais quoi ?​​ Même​​ si tu y parvenais, même si tu nous tuais tous​​ avant de t’approprier​​ nos pouvoirs, tu ne seras JAMAIS aussi fort que​​ ​​ mère, Jamais !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Un silence tendu s’installa. Pendant lequel, les deux frères s’affrontèrent du regard. Puis​​ Sebas se pencha et de se leva​​ d’un bond.

  • Myra, petite Myra​​ je suis impressionné dis donc !​​ Tu as​​ réussi​​ à dire​​ tout haut​​ ce que​​ tout le monde pense.​​ Ce n’est ​​ un secret pour personne que j’ai toujours voulu la place de Déa.​​ (ses paroles se tintèrent de mépris)​​ ​​ Mère,​​ mère,​​ tu n’as que ce mot à la bouche. Mais Déa n’est pas notre​​ mère, c’est notre créateur. Elle ne nous a pas​​ créés​​ dans​​ un élan d’amour ou autre connerie du​​ genre.​​ Non ! Elle l’a fait parce qu’elle s’ennuyait ! Elle se sentait seule et se faisait chier !​​ C’est​​ pour cela que nous sommes là tous les douze.

  • TAIS-TOI !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ On aurait dit qu’une foule immense venait de hurler à l’unisson .Une​​ rafale​​ de vent​​ s’éleva​​ tout d’un coup et​​ exerça​​ une pression si forte et tellement violente​​ sur la joue de Sebas​​ qu’elle​​ y​​ laissa une trace​​ rouge vif.​​ Myra l’avait giflé​​ sans esquisser le moindre geste.

  • Arrête​​ de dire des conneries !​​ Mère​​ nous​​ aimait et toi, sale ordure, tu​​ étais​​ son préféré !​​ Si​​ elle est partie c’est à cause de toi !​​ Parce​​ que tu lui as brisé le cœur.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ La haine avait maintenant fait place au chagrin​​ 

  • J’ai perdu​​ mère​​ à cause de​​ toi,​​ sale​​ ​​ psychopathe​​ égoïste !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Sebas​​ essuya la goutte de sang apparue​​ à​​ la commissure de sa​​ lèvre​​ inferieure. Et​​ eut​​ soudain de la peine pour Myra, un peine qui dura à peine une​​ nanoseconde,​​ mais de la peine quand​​ même. Elle était la​​ benjamine,​​ celle qui avait toujours voulu plaire à Déa, celle qui gobait surtout ses mensonges et ses duperies.

  • Tu​​ ne crois pas que tu​​ es mal placée pour me dire ca ? Tu as perdu Déa et alors ? C’est pour cela que tu terrorises​​ des familles humaines comme palliatif ? Remarque je m’en fiche pas mal. C est ton peuple​​ après​​ tout,​​ tu peux en user comme tu​​ veux.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra poursuivit, ignorant ses remarques :

  • Et​​ dire que pour parvenir à tes fins, tu comptes​​ ​​ tuer Neris, le seul​​ être​​ que​​ tu aies​​ réellement​​ aimé ! Mais ne​​ t’inquiète pas, je compte bien la tuer​​ avant !

 ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Le regard de Sebas se voila, de tristesse momentanément, pas assez longtemps pour que Myra ne s’en rendre compte.

  • Tu crois vraiment que je te laisserai faire ?​​ 

  • Mon peuple a martyrisé le tien pendant des siècles, Jarelle​​ et tu as été incapable de m’en​​ empêcher.

  • Parce que je m’en​​ fichais !​​ Tu ne t’en es pas rendue​​ compte ?​​ L’esclavage, la traite négrière,​​ la colonisation … je m’en fichais carrément ! Je ne me suis​​ jamais soucié de mon « peuple ».​​ S’il​​ existe,​​ c es parce que Déa nous avait demandé d’en créer​​ un,​​ chacun.​​ Tous ces​​ siècles où​​ tu te vengeais​​ de moi, à travers mon peuple, ca me faisait bien rire parce que vois tu, ils peuvent tous disparaitre, je n’en ai​​ strictement​​ rien à battre !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra secoua la tête de désolation.

  • Je me demande comment​​ Mère​​ et Neris ont pu se​​ tromper autant à ton sujet… Tu les as​​ détruites toutes les deux,​​ c’est aussi à cause de toi que Neris a fait ce qu’elle​​ a​​ fait. Pour pouvoir oublier sa peine, elle voulait tout oublier.

  • Comme toujours, tu parles sans savoir.

  • Nous le savons tous !​​ Tu​​ ne trompes personnes, Jarelle.​​ De toute​​ façon, je me​​ fous​​ de ta vie !​​ Barres-toi​​ de chez moi s’il te​​ plait. Fous-moi​​ la paix et disparais !

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Il hocha la tête avec une compassion feinte

  • Pourquoi ?​​ Oh​​ pardon ! Tu​​ as quelque chose à faire ?​​ Un​​ petit​​ frère​​ à aller voir ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Elle​​ attrapa la première chose que sa main rencontra et la​​ lui​​ balança​​ sur le​​ visage. La bouteille de champagne​​ se​​ désintégra​​ en milles morceaux qui s’émiettèrent​​ sur le sol.​​ Bien évidemment le visage de Sébas n’avait pas la moindre​​ éraflure.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Il​​ se gratta la tempe,​​ épousseta ​​ sa chemise à motif africain avant d’enfouir les mains dans ses poche et d’ébaucher son fameux sourire moqueur.​​ 

  • Message​​ reçu. Je te laisse !​​ (il disparut pour réapparaitre aussitôt​​ près​​ de Myra)​​ A tres​​ bientôt​​ sœurette.​​ Il​​ est certain​​ que la prochaine fois que l’on se​​ verra,​​ sera la​​ dernière.​​ (Il​​ posa ses lèvres sur les siennes ​​ avant de disparaitre comme par​​ magie).

  • Connard​​ … souffla-t-elle en essuyant rageusement sa bouche.​​ Je te hais…

​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Soudain, le temps reprit son cours et la​​ météo​​ se​​ calma.​​ Ce fut comme si rien ne s’était passé.​​ Jennifer​​ qui avait retrouvé ses esprits,​​ écarquilla​​ les yeux en​​ apercevant​​ les débris​​ de la bouteille​​ sur le sol.​​ Prudente, elle​​ choisit de les ignorer.

  • ON… on s’en va Myra?​​ 

  • NON !

La mine de Jennifer se décomposa.

  • Euh ? Mais pourquoi ?

Myra sortit de la cuisine​​ comme une furie,​​ suivit de​​ prés par une Jennifer décontenancée.

  • J’ai changé d’avis et​​ surtout​​ ne me demande pas pourquoi… je suis de​​ très​​ mauvaise​​ humeur aujourd’hui.

Jennifer ravala sa colère et des larmes d’impuissance se​​ formèrent​​ au coin de ses yeux …​​ Myra lui fit fasse​​ brusquement.

  • Je ne veux surtout pas entendre quelqu’un chialer, c’est compris ?

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Myra​​ avait une mine de croque mort effrayante, Jennifer décida de ne pas insister. Elle baissa la tête en murmurant un « oui ».

  • Très​​ bien.​​ Je sors.​​ J’ai quelque chose à faire. Que​​ personne ne franchisse cette porte en mon​​ absence.​​ Ni pour​​ entrer,​​ ni pour​​ sortir.

 ​​ ​​ ​​​​  ​​​​ Sur ce, elle disparut​​ à son tour.​​ Les jambes de​​ Jennifer​​ flanchèrent,​​ elle​​ s’écroula sur le parquet​​ et se lâcha​​ enfin.​​ Elle​​ pleura.​​ De​​ rage,​​ de ​​ détresse​​ et​​ d’impuissance.​​ Le​​ pire​​ c’est​​ qu’elle ne pouvait​​ même​​ pas prier pour qu’une force​​ supérieure​​ vienne à son​​ aide.​​ Non, la force​​ supérieure était dans sa maison, la force​​ supérieure​​ était une déesse ; Une déesse​​ de la pire​​ espèce !

 

 

By​​ Dark-N, tous droits réservés.

Avez vous appréciez l'article ?

About lafrique

Check Also

Life as i knew it: (episode 2)

Best free WordPress theme

6 comments

  1. Les africains sont les descendants de Sébastien? Et il se fiche de nous?😱
    DarkN pourquoi tu nous fais ça?😢

  2. Trop bien la série

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *