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Fils du futur (1)

Fils du Futur

 

Le colonel Ndoumbé Claude relu le papier plusieurs fois. Il n’y avait aucun doute c’était bien son fils. Il avait lu la note plusieurs fois croyant se tromper, mais le test ADN était bien clair, le Fils, en l’occurrence le petit fils de Samba était en vie. Toujours incrédule il demanda à l’officier en face de lui:

  • Ce rapport​​ êtes-vous​​ sûr de vous?

Toujours en position de salut le capitaine répondît non sans crainte.

  • Oui mon colonel! le test a été confirmé il n’y a absolument aucune possibilité d’erreur.

  • Quand​​ avez-vous​​ reçu ces résultats?

  • Juste à l’instant mon colonel, je suis venu directement à votre bureau sitôt les avoir reçu.

  • Et qui d’autre est au courant de ces résultats?

  • Comme vous l’avez demandé, le médecin en chef de l’hôpital général, le laborantin, et votre secrétaire.

  • Bien! vous pouvez rompre, et que personne ne soit au courant de ces résultats est ce clair?

Le capitaine Etoundi hurla un « oui mon colonel »​​ d’usage et sortit​​ aussi rapidement que possible. Il était complètement ahuri de l’état d’excitation de son colonel d’un tempérament en général placide. Qui était-ce et pourquoi le colonel était dans tous ses états?

 

Ndoumbé n’attendit pas que son subordonné soit sorti pour se jeter sur son téléphone, il composa rapidement un numéro et attendit que quelqu’un décroche. La sonnerie retentit, quelle fut la durée? Combien de coup de sonnerie retentirent, il n’en avait aucune idée, ça devait être cela la relativité d’Einstein. En d’autres circonstances il se serait trouvé génial mais l’occasion ne s’y prêtait pas. Le cliquettement à l’autre bout du fil augmentant sa tension.

  • Allô!​​ dit-il.

Un long silence s’écoula avent qu’une voix fluette, fine et aiguë ne lui répondit à l’autre bout du fil:

  • Colonel je vous avais demandé de réduire vos appels, j’espère que c’est vraiment urgent!

  • Oui monsieur!

  • Je vous écoute!

  • Nous venons d’avoir les concordances ADN, il n’y a aucun doute possible c’est bien son fils.

Un silence plus bref s’installa, la voix fluette repris.

  • Et​​ ​​ est-il​​ maintenant?

D’une voix tremblante et hésitante il répondit:

  • Non monsieur, mais ça ne saurait tarder...

Il se maudit intérieurement de sa négligence, il aurait​​ dû y penser. Qu’allait-il lui dire. Le silence à l’autre bout du fil fut cette fois ci bien plus long. Cette fois bien que toujours fluette, ​​ sa voix devint plus grave

  • Et les témoins?

  • Ça sera fait​​ dans l’heure!

  • Bien refaites moi signe dès que vous aurez terminé le nettoyage.

Sans crier gare il raccrocha d’un coup, laissant le colonel Ndoumbé pantois, le combiné à la main! Il demeura ainsi prostré​​ quelques secondes. Une goutte de sueur​​ perla​​ sur son front. Avait-il été​​ vraiment sage en prenant cette décision de travailler avec “cette organisation”? L’heure n’était plus au regret.

****************

Charles se tassa sur sa chaise. Il portait un démembré qui fût d’antan vert. Plutôt de taille moyenne et de silhouette fluette. Il avait des cheveux crépus et​​ courts. La pilosité de son visage tardait à être épaisse et lui donnait​​ des allures d’adolescent. La vérité est qu’il n’en était pas loin, il venait de dépasser la vingtaine. Ses épais sourcils se rencontraient et lui donnaient l’air de n’en​​ avoir​​ qu’un. Ce qui lui avait valu toute sorte de surnoms pendant son parcours académique et même auprès de ses amis.​​ 

Il était un inconditionnel de la paresse, préférant à un sport réel, passer​​ du temps dans son monde virtuel. Ses yeux lourds l’envoyaient inexorablement vers un sommeil mérité. Il faut dire qu’il venait de terminer le dernier Batman sur PC. Trop facile selon lui, cela lui avait pris à peine trois jours pour terminer le jeu. Trois jours sans dormir, les rares pauses qu’il avait prises​​ étaient,​​ juste​​ pour aller aux toilettes​​ et grignoter de temps en temps. Il avait une vilaine manie de ne pas pouvoir s’arrêter lorsqu’il commençait un jeu réellement intéressant et ce​​ Batman​​ l’était vraiment. La tête en revers sur le dossier de la chaise, il sentit son ventre gronder, il avait réellement faim. A cette heure de la nuit il trouverait sûrement à manger en route au carrefour. La famine était plus forte que la fatigue qu’il ressentait, et, ayant fouillé​​ son​​ portefeuille,​​ il retira un billet de cinq mille francs CFA,​​ enfila ses sandales et sortît. Il était​​ vingt-trois​​ heures passée​​ de trente minutes. C’est vrai qu’il ne sentait​​ pas la rose, mais bon il ne gênerait​​ personne avec son odeur puisqu’il dormait seul. “Les aléas du célibat” pensât-il tout haut avec un sourire. Il n’était pas le genre de gars qui plaisait vraiment aux filles. On ne le voyait jamais dans les dernières tenues tendances, ni dans des sorties nocturnes. Parler à une femme ne lui était pas non plus aisé, sans compté son naturel hyper timide. Ce n’est pas qu’il manquait de moyens bien au contraire. Il vivait chez sa “tante”, une amie de sa mère à ce qu’on lui avait dit. Elle n’était pas riche, une maîtresse de maternelle. Mais arrivé​​ à l’université alors qu’il se préparait à faire l’université comme tout le monde sa “mère” vint lui dire un matin:

  • Alors Charles te voilà qui vas passer bientôt ton baccalauréat tu comptes faire quoi plus tard?

  • Hmmmmm c’est compliqué maman tu sais bien que j’aime l’Informatique, mais les frais sont élevés dans les bonnes écoles privées et dans le public on ne forme pas vraiment.

Il répondît avec un sourire se voulant apaisant, connaissant déjà tous les efforts qu’elle faisait pour lui. Toujours souriant il lui répondît:

  • T’inquiètes maman, on va​​ s’en sortir. Je vais m’inscrire à l’université et je sortirai​​ le plus grand informaticien du pays, dit-il​​ avec un grand éclat de rire.

Sa mère sourît le regarda tendrement, puis avec une voix douce lui répondit.

  • Quelle est la plus grande école d’informatique?

  • L’IAI.

  • Et c’est quoi les modalités d’admission?

  • C’est par concours, mais je te préviens la pension est très chère!

  • Je t’ai dit, vas-y!!! Je vais payer.

Et deux ans plus tard il était​​ là,​​ à l’IAI. Elle avait payé la pension en intégralité, et s’assurait de payer​​ son loyer, son transport, et de​​ surcroît lui envoyait assez d’argent par mois, pour gérer toutes​​ les dépenses annexes et bien au-delà. Bien qu’intrigué par cette source de revenu inexplicable, il avait pensé à des économies qu’elle avait faites ou un truc dans le genre.

***************

Le capitaine Etoundi avait toujours été un homme prudent, et très sage. Il était rare que dans une armée africaine avec tous ses subalternes, un capitaine de l’armée puisse être autant aimé par ses hommes. Il était un homme de poigne, mais suffisamment flexible​​ pour écouter et se faire écouter​​ par tous. Il avait eu un parcours à l’EMIA, ensuite avait été envoyé une fois en Côte​​ d’Ivoire, et une fois en RDC. Là-bas il avait mené son équipe pendant​​ dix-huit​​ mois sur plusieurs fronts​​ où ils étaient tous ressortit vivants. De retour au pays,​​ on l’avait​​ renvoyé en RDC ou il a été affecté à une équipe, qui menait des missions spéciales. Il​​ mesurait près d’un mètre quatre-vingt-dix, assez beau de figure, et une moustache épaisse qui le rendait reconnaissable entre mille. Après cette mission, il était revenu au pays et avait été rapidement promu capitaine. Mais avec son expérience du terrain on l’avait assigné à l’unité de renseignement et​​ contre-espionnage. Il était directement sous les ordres du colonel Ndoumbé et gérait un grand nombre d’opérations. Il était au courant de presque toutes​​ les informations en cours sur l’étendue du territoire et dans la​​ sous-région.

La journée avait été particulièrement stressante et dès qu’il avait écouté les premiers mots​​ de son colonel,​​ il avait compris qu’il s’était engagé dans quelque chose de louche. Quelque chose clochait dans cette histoire, pourquoi rechercher un jeune homme à priori inconnu et avec un casier vierge? Qu’avait-il​​ de particulier pour que le numéro un des services de renseignements se mette à sa recherche? Quelque chose clochait réellement!

  • Chéri! Chéri!

Une voix le tira de sa torpeur s’était son épouse. Une jeune femme belle, très belle surtout avec ses fossettes​​ et ses dents parfaitement blanches. Ses cheveux touchaient l’arrière de son dos, et étaient soyeux et longs. Ah oui il était à table, à la maison, se​​ remémora-t-il! Sa femme et sa famille étaient à table avec lui et lui il était à dix mille lieux! Il sourit, il savait bien que sa femme n’aimait pas lorsqu’il réfléchissait à table.

  • Oui mon amour le terrain de PK 23 n’est pas totalement titré?

Il sourit en​​ lui-même, un de ses dons. Être capable d’écouter tout autour de lui tout en étant ailleurs. C’est comme ça qu’il réussissait toujours à duper son épouse. Un moulin à parole, mais son moulin à parole.

Contente qu’il ait suivi son propos elle continua souriante, satisfaite qu’il l’avait suivi.

  • Oui le terrain de PK 23 n’est pas titré il nous a menti je suis allé chez le notaire et le terrain n’est pas enregistré au CADASTRE.

  • Tu veux que je fasse signe à une de mes connaissances?

  • Oui au juge là hum il s’appelle comment? Celui qui avait géré le divorce de Juliette! C’est?

  • Le juge Mvondo.

  • Justement,​​ peut-il​​ gérer cela?

  • OK chérie! Je lui ferai​​ signe très tôt le matin.

  • Oh sinon comment était la journée?

  • Très bien, j’avais une affaire urgente à gérer ça m’a pris toute la journée, j’étais à l’hôpital et...

 

Il s’arrêta net, il n’avait pas le droit de parler de son boulot. Mais plus que cela il eût un pincement de cœur! Cette sensation il l’avait souvent lorsque quelque chose ne tournait pas rond et là c’était le cas! Quelque chose n’allait, un pressentiment. Après s’être excusé poliment chez son épouse, il sortit de la salle à manger pris son téléphone et sorti faire un tour.

*************** ​​​​ 

Tout en longeant la route qui menait au carrefour, il revoyait certains niveaux qu’il aurait pu passer différemment et plus rapidement. Décidément, son niveau commençait à fortement diminuer. S’il n’y avait pas les vacances comme actuellement il n’aurait probablement pas eu le temps de jouer. Ses études en informatique lui prenaient du temps et de l’énergie. Il était en troisième année et... Il fût brutalement tiré de sa rêverie par​​ les phares et​​ le​​ crissement des pneus d’une voiture 4x4 grand modèle, probablement un PRADO, le vrombissement du moteur, cherchant à accélérer, fît un si grand bruit derrière lui qu’instinctivement il bondit sur le​​ côté​​ droit de la chaussée. En atterrissant il cogna sa tête sur la tige du réverbère. Il se fendît le crâne, et le sang commença à s’écouler sur​​ son visage. Sa vue était obstruée​​ par le sang dans son œil droit. Le sang tempêtait dans ses tempes, que se​​ passait-il? La voiture fît​​ demi-tour​​ et se retourna face à lui. Les pleins phares l’aveuglaient, diminuant sa vision​​ déjà faible. Soulevant sa main droite d’un coup de coude il s’essuya le visage espérant voir mieux, mais la lumière l’aveuglait. Deux hommes descendirent de l’arrière de la voiture. Charles le cœur​​ tambourinant, s’aidant de sa main, toujours assis, se recula. La main droite tendue​​ vers l’avant comme pour le protéger. Il s’arc-bouta sur le réverbère un peu sonné, que voulaient ces hommes? Désorienté, il vît les deux hommes se rapprocher de lui. Muni du courage du désespoir, il sauta en criant sur le premier des hommes en face de lui et puis... et puis plus rien à part une chaleur douce entre ses cuisses et tout devînt noir.

*****************

Quelque chose clochait dans son esprit, il fouilla dans son agenda et lu le dernier numéro ajouté, celui de directeur de l’hôpital Général. Il hésita un instant avant de composer le numéro, il attendit, bercé​​ par le musique d’attente. Le téléphone le renvoya vers le répondeur, il réessaya, toujours le répondeur. Son inquiétude augmenta d’un coup, il composa celui de la secrétaire pour le même résultat.​​ Aucun des deux numéros n’était disponible, il réessaya celui du médecin, toujours rien. Au cinquième essai​​ une voix repris à l’autre bout du fil:

  • Inspecteur John de la troisième brigade, qui est​​ à l’autre bout du fil?

Etoundi crût d’abord à une blague, mais se ravisa bien aussitôt. Au moment de décliner son identité, par réflexe et professionnalisme, il déclina une fausse identité.

  • Jean Michel Kesseck je suis médecin à l’hôpital général, je voudrais parler au médecin en chef.

  • Je suis désolé monsieur Kesseck mais il est mort, nous sommes actuellement chez lui, il a été victime d’un cambriolage.

La main trembla, mais sa voix resta ferme.

  • Comment et quand​​ est-ce​​ arrivé?

  • Je ne peux vous donner des détails mais je peux juste vous dire que cela est arrivé au environ de​​ dix-neuf​​ heure, toute sa famille a été tué. Est ce qu’il a de la famille que nous pouvons contacter?

Le capitaine n’y était plus, la voix tremblante il raccrocha. Quelque chose tournait définitivement pas rond.

*************************

L’inspecteur fût surpris de cette manière grossière de raccrocher. En​​ lui-même​​ il se dit: “Probablement le choc, et l’émotion était trop forte. Les gens ne supportaient décidément pas la mort”. Il était dans la criminologie, expert dans les affaires de meurtres et​​ ​​ il était plus face à​​ un carnage. La maison avait été saccagée​​ de fond en comble, l’argent avait été pris, ainsi que quelques objets de valeurs. Mais quelque chose ne tournait pas rond. Des scènes d’agressions, de vols, de braquages, il en avait vues​​ à la pelle. Et justement quelque chose clochait sur cette scène. L’homme, sa femme et leurs trois enfant avait été abattus. De deux coup de feux en plein cœur, pour les enfants, une balle dans la tête, pour la femme et de cinq balles pour​​ l’homme. Une dans chaque membre, et une à la tête. On aurait dit une salle d’exécution et de torture. Mais cela ce n’était que son impression. La machine à café était encore chaude, une machine à expresso. Il se fît un bon cappuccino vanille bien dosé, alla dans l’étagère et pris une tasse. Il se servit, s’accouda et regarda le cadavre du mari. Qu’avait-il bien pût se passer dans cette maison?

*************************

Le capitaine Etoundi devint blême tout cela tournait vraiment mal, il appela une fois de plus la secrétaire, toujours rien. Au moment de raccrocher ses sens s’alarmèrent, ses sens qui lui​​ avaient​​ valu d’être en vie. Ces​​ sens-là​​ lui criaient lui criait danger. Il raccrocha le téléphone, et composa automatiquement un numéro. Tout était calme d’un coup. Les aboiements du chien du voisin qui généralement le mettait hors de lui s’arrêtèrent en un instant. Quelque chose n’allait pas. Un courant d’air passa par la​​ fenêtre entrouverte lui filant un frisson. Il déposa le téléphone sur la table. Scrutant l’horizon il essaya de voir au travers de sa barrière. Le cœur battant il s’en alla dans sa chambre au​​ pas​​ de course. Il ne pouvait rien dire à sa femme, sa fille cria le voyant passer un gros “papaaaaa”. Il s’arrêta un instant face à ce petit bout de chou, son cœur s’attendrissait à chaque fois. Elle pleurait peu, et trouvait toujours à s’occuper. La vérité c’est que sa fille était étrangement plus attachée à lui qu’à sa femme. Elle lui ressemblait vraiment. Il lui rendit un gros sourire et profita pour faire mine d’envoyer un cœur à la mère de celle-ci. La mère et la fille eurent exactement le même rire pour l’homme de leur vie. Pendant un instant son mauvais pressentiment le quitta, et il s’arrêta pour contempler ce tableau. Il aurait pu faire tout pour sa femme et sa fille. Elles étaient absolument tout pour lui. Oubliant la sensation qui meurtrissait son cœur, il s’avança vers son épouse, un sourire large et avec le visage plein d’amour. Laissant la chaise où il était assis il se dirigea vers son épouse pour lui faire un baiser au front comme elle aimait bien. La première détonation, un plouf d’un revolver muni d’un silencieux le laissa sans réaction. C’est le bruit de la deuxième détonation qui lui fît reprendre​​ ses esprits. Sa femme lourdement glissa et tomba de sa chaise. Au milieu de son visage se trouvait un troisième œil. Une blessure béante causée​​ par une arme à feu en plein milieu de son front, probablement un​​ semi-automatique. La deuxième balle avait touché son cœur. Du visage autrefois angélique et plein de vie de sa femme​​ ne restait​​ à présent​​ qu’un masque​​ inerte et sans vie. Ses yeux étaient ouverts, de sa bouche coulait un filet de sang. Il ne sentit​​ même pas l’odeur de défection qui s’écoulait d’elle. Il n’eût pas le loisir de contempler plus longtemps le corps sans vie de son épouse. Devant lui se trouvait une deuxième cible: sa fille.

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ D’un​​ bond il sauta sur la chaise où​​ se trouvait sa fille de deux ans, juste le temps de voir deux balles ricocher sur la chaise qu’occupait sa fille quelques instants plus tôt. Il roula en boule et se mît à ramper à plat ventre tenant sa fille de l’autre main. Les balles sifflaient près de lui, instinctivement il compta six tireurs. Sa fille se mît à crier. Elle était probablement effrayée, et ses cris orientaient les tireurs qui les suivaient de leurs tirs. Une balle effleura sa tempe. Du​​ sang s’en écoula. Le​​ choc le désorienta un instant. Ses oreilles bourdonnaient, sifflaient. Il traversa la table de la salle à manger toujours couché avec sa fille en main. A ce moment ce qui importait était de sauver la vie de sa fille, il hésita puis d’une manchette légère, mais nette il assomma sa fille à la base de la nuque. Celle-ci se tue directement, les tirs cessèrent. Toujours à plat ventre, il revint vers la table de la salle à manger. Le plus important était de réduire la visibilité de la pièce. Il prit un couteau et une cuillère qui était au sol. Il visa premièrement la réglette, celle-ci se brisa emmenant un peu d’obscurité dans le salon. Les pas s’arrêtèrent, un instant. Ils​​ étaient à l’entrée du salon. Le temps pour lui de passer les mains sur la table et d’une nouvelle fois de prendre des cuillères. Une à une,​​ il visa les lumières de la maison jusqu’à plonger la maison entière dans l’obscurité. Tenant fermement un couteau de table d’une main, et sa fille de l’autre il la traîna dans le deuxième salon, à gauche de la salle à manger, et poussant le canapé l’y cacha. Il entendit la porte qui venait de voler en éclat, ils étaient dedans. Plus libre de ses mouvements​​ il alla à l’étage, dans son bureau. A​​ l’intérieur se trouvait le panneau électrique de la maison. Il appuya sur le disjoncteur, toute la maison plongea dans le noir. Juste au cas où, il enleva les fusibles, on ne sait jamais pensa-t-il. Il y avait cinq pièces à l’étage. Son bureau trois chambres et une douche externe. Il alla de l’autre​​ côté​​ du secrétaire et du tiroir du bas en sortit une arme à feu. Un Smith & Wesson. Fouillant sur le tiroir plus bas il sortit un silencieux qu’il munit sur le bout de son pistolet. Toujours sans faire de bruit, en haut​​ de l’étagère en face de lui, se trouvaient des cartouches! Sans faire de bruits il chargea son pistolet, releva le cran de sécurité et sorti de la pièce. Une goutte de sueur perla sur son visage. Il avait une idée de ce qui se passait, mais le plus important était de récupérer sa fille et de sortir. Si ce qu’il pensait était vrai alors ça ne servirait vraiment à rien d’appeler la police. Heureusement il avait pris ses dispositions. Les muscles bandés il s’apprêtait à traverser la porte lorsqu’il se retrouva nez à nez avec un assaillant. Son visage était caché sous une cagoule.​​ Il portait des bottes de ranger​​ noires. Un pantalon camouflé noire, et un tee-shirt vert. Il avait à peu près la même taille que lui, avec un corps entièrement musclé en plus. Les deux furent surpris de se retrouver face à face. Celui-ci, ayant retrouvé son​​ sang-froid, appuya sur la gâchette. Malheureusement pour lui le capitaine avait réagi un quart de seconde plus​​ tôt. Il se baissa, ayant anticipé ce geste. Se baissant, il bascula son corps sur le​​ côté​​ il frappa le bras de son assaillant qui tenait l’arme de son coude, l’arme de celui tomba. Et d’un geste souple et furtif, il passa derrière son adversaire. De ses deux mains il tint sa tête de ses deux mains et d’un mouvement, la fît tourner de la droite vers la gauche. Ce geste eût pour effet de briser sa nuque dans un bruit si fort qu’il a dût retentir dans toute la maison. Il arrêta son souffle, rien. Personne ne se rapprochait de sa position. Il le retint afin que dans sa chute il ne fasse pas de bruit. Il n’avait pas tué depuis sa dernière mission en RDC, et cyniquement il se rappela comment il était facile de tuer un être humain. Son bureau était tout au fond du couloir. Ne connaissant pas la maison deux assaillants​​ allumèrent leur torche pour se guider. Ils étaient dans la chambre principale. Ils venaient de commettre une grave erreur. Il se rapprocha à pas de loup, jusqu’à se retrouver dans l’encadrement​​ de la porte. Ils étaient effectivement deux. Il ne devait pas manquer son coup. Un était devant le lit, tandis que le deuxième était en face du grand placard. La visibilité était moindre et à cette distance il n’était pas sur de les avoir tous les deux en même temps. Fouillant dans sa poche il trouva une pièce de cinq cent francs. Il inspira profondément pensant à sa fille qui l’attendait plus bas. Il se glissa par l’ouverture de la porte. Rasant le mur de sa respiration il avançait. Un se retourna vers lui, avant qu’il ne puisse se retourner complètement, Etoundi lança la pièce dans la direction opposé de la sienne. Les deux ennemis se tournèrent vers la pièce perdant de précieuses secondes d’inattention que le capitaine mis à profit. En deux enjambées il se retrouva sur celui qui était face à la penderie. Passant dans son dos il l’attira​​ à l’intérieur de la penderie. A​​ l’intérieur se trouvait un dressing​​ que sa femme avait fait fabriquer. Il n’aurait jamais pensé être heureux de voir cette pièce un jour. Elle pouvait trois mètres carrés de superficie. C’est là où sa femme rangeait ses milliers d’habits et de chaussures. Deux coups​​ retentirent presque instantanément, les deux tenant la lampe s’effondrèrent presque aussitôt. Si ses comptes étaient bons​​ il ne restait plus que trois assaillants. L’avantage lorsque tu es chez toi c’est que tu connais tous les recoins. Toujours tendu, mais plus calme le capitaine arriva à un coin de sa maison, il​​ avait un faux plafond avec une ouverture.​​ Celle-ci​​ servait généralement pour les travaux de maintenance électrique entre autre. S’appuyant sur le mur en deux enjambées il se retrouva au sommet, retins sa respiration et le visage ruisselant de sueur il attendit, pas longtemps deux d’entre passèrent. Il ne pouvait pas les avoir tous les deux en même temps. L’angle de tir était mauvais, il aurait pu avoir un, mais pas les deux. Le couloir menait à la cuisine ils ​​ fouillèrent partout et pendant qu’il revenait il attendit. Le premier passa, suivi du deuxième, il inspira profondément, banda ses muscles et d’un bond atterrît au milieu d’eux accroupi. La surprise eût son effet, toujours accroupi, de trois coup sec il ​​ planta coup sur coup trois coup sec de couteaux à celui de derrière. Le premier à la cuisse, ce qui eût pour effet de faire descendre son opposant, il retira le couteau et le replongea dans son cœur, celui tomba à genou, une dernière fois planta cette fois le couteau dans son crâne et l’y laissa planté là. D’un​​ demi-tour​​ de cercle il se retourna arracha le fusil de son adversaire muni d’un silencieux se remis à genoux se servant de son cadavre comme bouclier. Deux coup de feux retentirent, celui de devant avait finalement réagi après un quart de seconde de réaction de retard. Il tira deux coups​​ secs​​ qui touchèrent son collègue déjà mort en pleine poitrine, achevant par la même occasion ce qui lui restait de vie si tant​​ est qu’il lui en restait. Il eût juste le temps de ​​ ressentir un picotement sur son front qu’il s’écroula, trois balles venaient de lui arracher les trois quart du visage. Le capitaine cherchant à calmer les battements de son cœur,​​ se mît à genou, le fusil pointé vers l’avant, guettant le moindre bruit.

*******************

Christian Katambi était en congé au Cameroun. Haut officier de l’armée congolaise, il était venu rendre visite à son grand ami Etoundi. Tous deux avaient servis dans diverses organisations paramilitaires et au gré des missions ils avaient liés une amitié sincère. Alors que cette vie lui avait toujours plu, son ami avait décidé de rentrer servir dans son pays. Dix années s’étaient écoulées​​ et au détour d’une mission il avait décidé de prendre une pause dans ce pays​​ qu’il aimait bien, spécialement pour sa diversité. Certes il avait dîné avec son vieil ami deux fois, mais son emploi de temps ne lui permettait pas d’être plus disponible. Il était dans sa chambre d’hôtel, en train de se préparer lorsqu’il reçut un appel. Le numéro était celui de son ami, la serviette autour des reins, il décrocha tout en souriant:

  • Etou quoi de neuf tu as délaissé ta vie de famille pour une soirée entre hommes?

Tout en souriant, il attendît une réponse, mais c’était le silence. Il attendît quelque secondes, mais c’était toujours calme.

  • Hé Etou tu m’entends? Allô! Allô! Allô!

De l’autre bout du fil il suivit d’abord des bruits, puis de manière imperceptible pour un civil normal, il suivit un bruit qu’il aurait reconnu entre mille. C’était celui d’un automatique muni d’un silencieux. Un coup puis deux, quelqu’un tirait. Il comprit​​ que quelque chose n’allait pas! Il lança la fonction enregistrement d’appel, et rapidement se changea. Un jean, un tee-shirt blanc, une paire de tennis, et il était prêt. Se retournant il prit son colt et son​​ Beretta, il ne savait pas ce qu’il allait affronter. Du haut de son étagère il prît deux boites de cartouches et son sac à dos, en sortît une oreillette Bluetooth qu’il connecta à son téléphone. Il dévala les escaliers par quatre ne voulant pas perdre du temps à prendre l’ascenseur. Il était au quatrième niveau de l’hôtel la concorde. D’un pas léger et assuré il traversa lançant un clin d’œil à la réceptionniste,​​ celle-ci​​ le lui rendit. “J’aurais​​ ​​ me la faire cette nuit​​ celle-là​​ pensa-t-il? Etou m’en devra une”. Tout en marchant d’un pas posé, comme si de rien n’était, il​​ traversa la salle, sortit et récupéra sa voiture. Une Hyundai berline, noire fondu, avec des jantes chromées. Il déclencha la reconnaissance vocale, toute la voiture s’éclaira, le tableau de bord était de mille couleurs. “Google Map activation”, le grand écran rectangulaire sur le tableau s’anima, affichant une carte de la ville de Yaoundé, une voix de synthèse lui répondit “Destination?” “Odza”. Il était déjà allé chez son ami, il aurait reconnu l’entrée mais il n’était pas encore habitué au méandre des rues et ruelles​​ de Yaoundé et pour cela il privilégiait la conduite avec assistance GPRS. Démarrant la voiture, il quitta l’hôtel non sans un violent crissement de pneus. La circulation était ouverte, et il ne mît pas dix minutes à arriver au carrefour sous-manguier. Les coup de feux continuaient, c’était bon signe son ami était probablement encore en vie. Au nombre de cris​​ et de bruits étouffés de corps qui tombaient, il aurait dit​​ à vue de nez​​ que​​ cinq assaillants étaient tombés sous les coups de son ami...

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