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Mam’Eding: Chapitre 2

Chapitre​​ 2

Lukas Bekono

Juillet 2017/5h40

Est-ce avoir le choix que de devoir choisir entre l’inimaginable et… l’impensable?

 

 

  • Dime que es una broma!​​ Tou ne peux pas avoir fait cela, ​​ Loukas Non !

J’étais debout, peinard dans la salle de bain, le corps nu dégoulinant ​​ d’eau quand Luis Miguel del Castillo, l’homme qui m’a élevé depuis mes trois ans, apparut sur le seuil de la porte, tel un diable sorti de sa boite, les sourcils froncés, le regard indigné. Il était réellement furax. Quand il avait les nerfs à vif, son accent castillan se faisait un peu plus prononcé.​​ 

Je savais exactement ce qui l avait poussé à débarquer ainsi dans ma chambre en violant au passage mon intimité. Il était en colère, je le savais. Mais j’étais majeur et libre de toute décision sur mon avenir. Et ça, il semblait l’avoir oublié. Et surtout, j’avais moi aussi droit au respect de mon intimité !

  • Papa…

  • Papa, rien dou tout ! Prendre oune telle décizion sans mé consoulter avant. Même ta mére n’en savait rien.​​ Tou es devenou fou, mon fils ?

De plus en plus mal à l’aise sous le regard de​​ mon interlocuteur, dont le bavardage menaçait d’être intarissable,​​ je fermai le robinet et pris une serviette que j’enroulai autour des reins. Je n’étais vraiment pas du matin. Et les disputes matinales ​​ n’arrangeaient rien à cela.

Je voulus sortir mais il n’était apparemment ​​ pas d’accord. Bien que je le dépassais au moins d’une bonne tête, son corps, bien plus robuste que le mien ​​ bloquait à lui tout seul, le seuil de la salle de bain.

  • euh…je peux passer ?

  • Tou tcherches à prouver quoi exactément,​​ hijo ? poursuivit-il en ignorant ma question. Tou veux jouer au Rebel ?

  • Nous y voilà ! Soupirais-je en levant les yeux au ciel en signe d’intense exaspération. Tu ramènes toujours tout à toi. Le monde ne tourne pas autour de toi, tu sais ? J’ai juste décidé de me trouver un travail ​​ pour ces​​ vacances, où est le problème.​​ Je savais exactement où se trouvait ​​ le problème.​​ Ça ne te fait pas plaisir que je décide de devenir un peu plus indépendant ? J’ai vingt trois ans quand-même !

Il durcit un peu plus le regard et sa voix se fit plus forte.

  • Né té fous pas dé moi ,Loukas. Si tou voulais à cé​​ point travailler, je t’aurais trouvé quelqué tchose de moins dégradant qué oun job dé caissier dans oun super martché minable !

  • C’est justement ça le problème avec vous deux. J’en ai marre d’être pistonné pour tout. J’aimerai au moins accomplir quelque chose par moi-même.​​ 

Je ne me rendis pas compte que j’avais moi aussi haussé la voix.

  • Bravo, bravo. Quel bel exploit ! Se moqua t il en claquant des mains théâtralement.

Ah​​ Les espagnols et leur​​ sang chaud !

  • Vous n’allez pas recommencer ! s’indigna ma mère qui nous rejoignait à l’instant. On vous entend hurler jusqu’au jardin. C’est quoi le problème, cette fois ?

Non mais j y crois pas. Mon intimité frôlerait bientôt les limites de la frigidité à force de se faire violer ainsi tout le temps !

Toutefois Je profitai de son interruption pour me faufiler hors de la salle de bain et m’adossai sur la penderie en face de mon lit. La serviette toujours nouée autour des hanches, je croisai les bras sur ma poitrine et répondis à ma mère :

  • J’ai trouvé du travail pour ces vacances.

  • Dou travail, dou travail.​​ Mais quel travail ? Il veut compter des articles et rendre la monnaie​​ dans oun super marché minable. Tou imagines ,​​ Sylvanie ? Le fils dé Luis Miguel del Castillo, caissier !

  • Mahimat n’est pas un super marché minable ​​ 

Et je ne suis pas ton fils​​ … cela, je ne pouvais le dire. Car malgré nos différences, j’aimais cet homme comme, voir plus qu’un père. En épousant ma mère 20 ans plus tôt, il m’avait aussitôt ​​ adopté. Il était certes très strict mais je savais que c’était sa manière à lui de m’aimer. Je ne pouvais pas me montrer ingrat à ce point.

Le souci c’était justement ça. Il m’aimait beaucoup trop. Il me simplifiait un peu trop la vie. Si on passait outre sa richesse et sa réussite sociale, on penserait qu’il​​ vivait une vie de procuration à travers moi. D’ailleurs Cette bienveillance excessive ​​ me rendait mal à l’aise. N’étant pas de son sang, j’avais l’impression de profiter de privilèges qui ne me revenaient pas de droits.​​ 

Et même, lorsque nous vivions en France, où il exerçait la fonction ​​ d’ambassadeur ; il contrôlait déjà mes moindres faits et gestes .Ca ne me dérangeait pas vraiment à l’époque ; Mais depuis 7 ans que nous vivions au Cameroun, la patrie de ma mère, les tensions se faisaient de plus en plus fréquentes. Parfois je me demandais pourquoi ils ne faisaient pas un enfant à eux ; au moins comme ça, j’aurais un peu la paix.

  • Tu as besoin d’argent ? ​​ Me demanda ma mère, sceptique.

  • Bien sour qué non ! Il a tout ce qui loui faut sur ​​ son compte. Trancha mon père.

  • Cet argent ne m’appartient pas ! Rétorquai-je froidement.

  • Lukas !

  • C’est la vérité. Cet argent est à vous, pas à moi. Mais bon sang ! J’ai vingt trois ans quand même ; VINGT TROIS ANS. Quand allez-vous commencer à me traiter en adulte ?​​ 

  • Quand tou ​​ té comporrrteras comme tel !​​ 

Un silence pesant s installa. Mon père et moi nous défiant du regard. Ma mère qui l’avait rejoint, posa délicatement la main sur son bras.

  • Mi amor, calmáte por favor.

Il plongea le regard dans le sien ​​ puis, un sourire timide effaça le rictus de colère qu’il affichait depuis son irruption dans ma chambre et il se détendit comme par magie. Ma mère avait le don de le tranquilliser. Femme de principe, diplomate et grande philanthrope, elle possédait une force de caractère dont seuls les bétis-tribu camerounaise à laquelle elle appartenait-disposaient et avait gardé la fraicheur de sa jeunesse malgré ses 39 ans.​​ Du haut de son 1m60, elle paraissait bien menue comparée à son mari et moi qui avions respectivement 1m75 et 1M82. Malgré cela, elle menait son petit monde à la baguette et obtenait toujours ce qu’elle voulait de nous.

  • Lukas, reprit-elle. Comment feras tu pour les études ?

  • Mon mémoire est presque achevé. Normalement je serai diplômé en fin d’année. Et là, je suivrai la voie que vous avez choisie pour moi. Je vous demande juste de me laisser faire ce dont j’ai envie, ces vacances.

  • Et tu as vraiment envie de travailler à Mahimat ?

  • Je n y serais pas allé si non.​​ 

Ils échangèrent un regard et mon père soupira.

  • Très bien. Si c’est ce que tou veux…mais qué les choses soient bien claires. à la rentrée, tou démissionnes !

Je me décollai de la penderie et franchis la distance qui nous séparait.

  • Merci papa. Dis-je en l’embrassant.

  • Lâche-moi et habille-toi. Se dégagea t il en riant aux éclats.

  • Jé l’aurais fait si tou né m’avais interrompou avant. Le singeai-je.

Il explosa de rire en me donnant une tape sur le dos. Le rire de ma mère se mêla instantanément au nôtre. Quelques minutes s’écoulèrent ainsi avant que l’un de nous, moi en l’occurrence, ne prit la parole.

  • C’est mon premier jour de boulot. Si vous ne me laissez pas m’habiller, je vais très certainement arriver en retard.

  • Et peut être que comme ça, tou te ferras virer et reviendra à la raison ; Répliqua mon père, mi-figue, mi-raisin.

Ma mère, redoutant une énième dispute, prit mon père par le bras et l’attira vers l extérieur.

  • Ven conmigo, mi amor.​​ Puis se tournant vers moi, elle ajouta en Eton pour n’être comprise que de moi :​​ me te wó mitak a sȗ wo,​​ mou wam ​​ (​​ je suis fière de toi, mon fils).

Emu, Je hochai la tête pour toute réponse. Et ils s’en allèrent.

Nous ne formions peut être pas la famille parfaite, nous nous disputions assez souvent mais il est indéniable que nous nous aimions vraiment beaucoup.

 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ ***

Une heure plus tard, après un petit déjeuner éclair sous le regard réprobateur de mon père, je franchissais le portail de la villa​​ del Castillo​​ en trombe, Joaquim, le chauffeur sur mes talons.

  • Je vous conduis ​​ à​​ votre emploi​​ Señor​​ Lukas ?​​ 

Encore un autre qui ne se rendait pas compte que j’ai déjà du poil qui me pousse sous le menton, sous le menton et ailleurs aussi, si vous voyez ce que je veux dire…

  • Non, je vais prendre un taxi. ​​ Répondis-je en disparaissant aussitôt de sa vue avant qu’il tente de me plonger de force dans la voiture.​​ 

Et je ne rigolais pas. Joaquim était le garde de corps de la famille et accessoirement, son chauffeur. Aussi longtemps que je m’en souvienne, il avait toujours vécu avec nous. Il n avait apparemment pas de famille et vouait un véritable culte à mon père.​​ Il y avait une sorte de dette d’honneur qui les ​​ unissait. Je n’en savais pas plus. Ceci étant, Joaquim ne refusait rien à mon père et comme il l’affirmait lui-même, il serait capable de donner sa vie pour lui.

J’entrai dans le deuxième taxi que je hélai. Il était vide, ce qui n’était pas pour me déplaire. ​​ La circulation était fluide et avec un peu de chance, je serai en avance pour mon premier jour de boulot. Le nez collé à la vitre, j observai  le paysage défiler.​​ 

Je me souviens qu’à mon arrivée au Cameroun, ​​ j‘avais aussitôt ​​ été ​​ impressionné par son architecture pittoresque et dégagée ​​ et le comportement des piétons dans la rue. Ils se déplaçaient en prenant leur temps, sans se presser ; ce qui contrastait avec les rues parisiennes de mon enfance, aux grattes ciels ​​ semblant vouloir percer les nuages ​​ et à ses habitants toujours pressés, qui déambulent sans se lancer un seul regard. C’est bien cela qui me plaisait au Cameroun, la chaleur. Les piétons n’ont beau pas se connaitre, cela ne les empêche pas de s offrir de temps en temps, un sourire par ci, une pique amicale par là. Il y’en avait qui draguaient carrément !

Nous traversâmes très vite la nouvelle route bastos et ​​ arrivâmes bientôt à Warda où je descendis avant de traverser le parking et d’entrer en trompe dans le supermarché Mahimat.​​ 

  • How​​ mola? M’accueillit Sébastien, un large sourire édenté aux lèvres. Tu es​​ came​​ à l’heure, c’est bien.​​ 

Sebas, comme on l’appelait, un maigrichon chauve au teint sombre, généreux en​​ détails graveleux​​ sur sa vie, travaillait au rayon électroménager. Nous nous rencontrâmes lors de mon entretien d’embauche une semaine pus tôt, ​​ et nous nous entendîmes aussitôt bien. Grand hédoniste qui s assumait pleinement,​​ sa​​ vie se résumait à une fête géante, pimentée d’une sexualité débridée​​ et de soirées presque toujours arrosées. Un mec vrai, en somme, comme je les apprécie.

  • S’il y a un jour où je dois faire l’effort d être à l’heure, c est bien le premier, tu ne crois pas ?

Je pris l’uniforme qu’il me tendait avant de l’enfiler.

  • Ah bon ? Ma première​​ go​​ ne m’avait pourtant pas fait jouir…rétorqua t il en se grattant le sommet du crane.

  • Euh…c’est quoi le rapport ?

  • Aucun.Ca m’a juste fait penser à Aicha,​​ mola​​ elle avait des​​ lass, seigneur ! Le genre​​ lolo​​ là, tu vois non ?​​ 

  • ha ha ha mec, ​​ tu es fou toi.

  • Nan, sérieusement, j’étais accro à ses fesses. Elle savait les remuer au lit,​​ mola.

  • Ouais, comme je te comprends .ha ha ha !

  • Vous les bobos hein, lança une voix derrière moi.​​ 

Je n’avais pas besoin de me retourner pour savoir qu’il s agissait d’Alice, la fille la plus frustrée et amère de ma connaissance (diagnostic que je pus établir en une demie heure) ​​ et ma collègue caissière. ​​ 

  • Vous ne vous contentez plus de nous pendre toutes les places de l ENAM, l EMIA et autre. NON ! Maintenant vous nous persécutez aussi dans nos jobs sous rémunérés. Vous voulez seulement nous envoyer au​​ letch​​ n’est-ce ​​ pas ? Poursuivit-elle sur un ton amer.

Elle s’affairait devant son ordinateur et avait parlé sans même nous faire don d un seul regard.​​ 

  • Euh…

Je ne savais vraiment pas comment réagir aux blagues d Alice, si tant est qu’elles en étaient vraiment. Sébas éclata de rire​​ 

  • C’est le principe même de la vie, ma​​ co’o. Nous ne naissons pas tous avec les mêmes privilèges. Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche et d’autres, avec un godemichet en bois dans les​​ lasses. ​​ Eh oui, avant même ​​ de savoir ​​ parler, on se fait déjà baiser par la nature, triste réalité.​​ 

Il acheva son discours avec un fort éclat de rire qui le plia en deux. Je le regardai, stupéfait. Ce gars était un sacré phénomène.

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La journée se déroula sans grande peine. Le travail était assez épuisant quand même. Comme on dit, il n’ya pas de petite besogne. Mon service se terminait à​​ 16h et il était déjà 15h. ​​ Le supermarché n étant plus bondé, Alice et moi ​​ pouvions commencer à souffler.

  • Alors ? Me demanda t elle sans lever le regard de l’ordinateur devant elle.​​ 

J’ai eu droit à ce comportement dédaigneux toute la journée. Du peu que je pus observer d’elle, Alice semblait être une personne frustrée, très peu sûre d’elle et autant son visage disgracieux parsemé de boutons ​​ que son corps privé de toutes formes féminines n’arrangeait rien à sa situation.

  • Alors quoi ?

  • Ton expérience ou quel​​ que soit le nom farfelu que tu lui donnes. Rétorqua t elle sur le même ton dédaigneux.

  • Je ne suis pas sûr de comprendre.

Elle se redressa enfin et se tourna vers moi avant de me fusiller du regard.

  • Ce que tu fais ici. (Elle parcourut la salle de ses mains) Ton observation du mode de vie du petit peuple. Ca te plait bien pour l’instant ?

  • Ecoute Alice…soupirai-je. Tu ne sais rien de moi, ok ? Évite d’émettre des jugements sur ma vie. Je ne sais pas ce que te rends aussi amère…

  • Les gens comme toi !​​ 

La haine évidente qui se lisait dans ses yeux me stupéfia​​ 

  • Les gens comme moi ?

  • Oui ! Les sales gosses de riche comme toi. Vous a...

Tout d’un coup, comme par ​​ magie, mon ouï se troubla et mon ​​ regard fut attiré par une silhouette à l entrée du supermarché. Oh, je ne rigole pas ! Imaginez la scène clichée des comédies romantiques, celle là où le héros à la vue de sa belle, ne voit qu’elle et rien d’autre autour de lui ? Vous la visualisez ? Eh bien ce fut exactement pareil quand je la vis pour la première fois.​​ 

Une fille​​ de mon âge à peu près attendant​​ derrière​​ la porte. Elle​​ était très grande​​ ​​ avec des jambes​​ interminables​​ et de longs cheveux noirs​​ noués en queue-de-cheval. Elle était​​ très peu maquillée​​ -et n’en avait pas besoin- sa beauté paraissait​​ naturelle. ​​ Elle portait​​ ​​ une​​ robe​​ blanche​​ sobre à motif arabiques sur la poitrine,​​ Une belle paire de seins semblait​​ vouloir s’en échapper. On aurait dit qu’elle allait entrer sur le plateau d’un tournage de ces clips de chanson d’amour qui pullulent sur le petit écran.​​ Elle me sourit pendant moins d’une seconde,​​ une seconde qui sembla durer une éternité. Une seconde qui me transporta dans une dimension parallèle avec pour seuls habitants, elle et moi. Elle possédait​​ une belle silhouette, bien proportionnée, avec des courbes​​ de rêve. Un visage attirant​​ qui pourrait illustrer des publicités dans les magazines : Une fille sublime en somme !​​ 

Ce qui me captiva le plus chez elle ne fut pas ses formes généreuses, ni son teint métisse basané ou encore moins son sourire éclatant de blancheur. Non, ce qui m’électrisa furent ses yeux. ​​ Des yeux bleus si pâles qu’ils​​ en devenaient​​ presque gris, gris argenté. Des yeux sublimes, électrisant, hypnotisant.​​ 

Je ne m’étais pas rendu compte qu’Alice n’avait pas cessé de parler depuis tout à l’heure ; et de toute façon, cela m’était bien égal. Bien que cela n’entrait pas dans mes fonctions, je contournai le comptoir et vins à la rencontre de ce mirage qui venait d’apparaitre, sous le regard ahuri d’Alice.

  • Bonjour, souris-je. Vous avez besoin de quelque chose ?

Elle leva le regard vers moi puis répondit à mon sourire. De prés, elle était encore plus belle. Le moindre millimètre de sa peau n’avait aucun défaut.

  • Je voudrais me rendre au rayon confiserie, s il vous plait.

Sa voix… Mon dieu ! Même le chant ​​ une sirène ne saurait être plus mélodieux, pus beau.

  • Ah hem...​​ Je,​​ je peux vous y conduire si vous voulez.​​ 

Elle s écarta pour laissez un gamin passer avec un cadi​​ 

  • Vous ne risquez pas d avoir un problème ? Vous êtes bien en charge de la caisse n’est-ce pas.

  • La​​ caisse ? Ah​​ la caisse ! Euh… oui, mais.

  • Lukas, que fais-tu là à embêter les clients ? lança Sebas depuis le virage vers le rayon :​​ produits laitiers. Puis nous rejoignant, en quatre enjambées, il fit la révérence devant le​​ mirage​​ (seul un mirage pouvait être à ce point parfait) avant de lui proposer son bras.

  • Sébastien Laminen, pour vous servir.

Elle gloussa et accepta son bras.

  • Merci pour ton aide, Lukas. Souffla t elle avant de suivre Sebas.

Ce dernier se retourna et me fit le signe de la victoire. D’ailleurs, le connaissant bien, il devait surement vouloir dire autre chose, c’est certain.

Je restai planté là ​​ une bonne dizaine de minutes ne revenant toujours pas de cette rencontre que je venais de faire. Si j’avais su ce qui allait se passer​​ à ce moment là,​​ qu’aurais-je fait?​​ Me serais je éloigné d’elle ? ​​ Je ne sais pas et​​ ​​ je ne​​ veux pas savoir ! Parce que savoir, aurait inévitablement impliqué de ma part, de faire un choix et comment aurais-je pu ?​​ Est-ce d’ailleurs avoir le choix que de devoir choisir entre​​ l’inimaginable​​ et… l’impensable?

 

By​​ DarK - N., tous droits réservés.

 

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2 comments

  1. Ce Sébastien est fou😂

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