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Life as i knew it : Episode 1

Episode 1​​ 

Vautré dans son fauteuil de première classe, David referma son livre et le posa à côté de lui, satisfait. C’était la​​ première​​ fois qu’il le relisait depuis qu’il avait pris l’avion et vraiment, aucune lecture ne l’avait autant régalé. Cette dénommée​​ ​​ Dark​​ - N​​ ​​ était​​ en passe de devenir son auteure​​ préférée. On aurait dit que ce livre,​​ elle l’avait écrit pour lui. Elle y narrait l’histoire​​ d’une femme violée qui, revenant se faire justice,​​ finit par se suicider après avoir assouvi sa vendetta.​​ Des larmes, de la souffrance, du sang et un​​ sad​​ end​​ comme il en raffole : sa recette d’une histoire parfaite. A dire vrai,  pour lui, la littérature vulgaire aux conclusions heureuses n’était que galéjade, duperie et mensonge. De la merde de chat, en somme ; car l’avait-il ​​ appris très jeune, dans la vie les​​ gentils​​ ne gagnent jamais. La gentillesse en elle-même est un handicap et David était tout, sauf un invalide.​​ 

Une​​ fin heureuse​​ est une histoire dont la fin n’a pas encore écrite… seule exception à cette règle,​​ sa fin à lui qui se conclura​​ de​​ la meilleure​​ manière qui soit : beau, riche, épanouit et sans aucun regrets.

A 35 ans, on pouvait affirmer sans risque de se tromper que le petit gars issu du quartier de Mini ferme, avait réussi à se hisser au sommet. Abandonné par son père quand il n’était pas encore en âge d’avoir un âge, il fut élevé par sa mère, serveuse de jour et ​​ prostituée de nuit. Marceline Mvoe, alias Macxa l’exemple même de la lie humaine : perverse, alcoolique, fumeuse, dépensière et sadique. Elle déversait ses frustrations sur l’enfant qui, comme elle le disait​​ n’avait pas été foutu de succomber à un avortement. Un sale gosse qui lui bouffait son oxygène, le résultat d’un préservatif trop fragile pour résister à une partie de jambes à l’air sous-rémunérée.​​ Elle haïssait son enfant et ne s’en cachait pas.

Par contre, David comme tout jeune masochiste de son âge, aimait profondément sa mère.​​ Il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour adoucir sa vie. Il aidait pour tout : ménage, vaisselle, lessive et même, faisait il parfois ​​ le videur de la​​ chambre rose,​​ le bureau de plaisir de Marceline.​​ Il était également là pour elle, quand un client trop excité en venait aux mains. Elle se servait alors de lui comme d’un bouclier humain contre les coups. ​​ Il arriva même un jour où, Macxa, après s’être faite injectée sa dose de drogue quotidienne s’en prit à son fils. En proie au démon de la luxure, elle le viola. Cette nuit-là, Il était alors âgé de 13ans, quelque chose se brisa en lui, il n’aurait​​ su dire exactement quoi … son âme bascula complètement dans les ténèbres. La rixe se termina.

Dès lors, La perversion de Macxa n’eut plus ​​ de limites. Elle en arriva à offrir les services de son fils aux pédophiles bisexuels qui encombraient son carnet d’adresses. Toutes les nuits, David suçait des pénis d’alcooliques dégoutants. Toutes les nuits, il ressentait la douleur des pénétrations abusives de ses tortionnaires .Toutes les nuits il priait pour que son calvaire prenne fin. Calvaire qui dura 3 ans .trois années durant lesquelles, il apprit à faire taire sa douleur.​​ Ce qui ne vous tue pas …

Le Karma faisant bien les choses​​ –quoi​​ que tardivement-, Marceline succomba à la suite d’une MST négligée.​​ David âgé de 16 ans fut confié à un orphelinat où après trois années de travail intensif,​​ il​​ obtint son Baccalauréat. Peu de temps après, il reçut une bourse d’études pour l’étranger et quelques années plus tard, revint au pays de ses ancêtres, diplômé émérite en Economie et Gestion...

Comme vous l’aurez compris, l’enfance de David Mvoe ​​ fut tout sauf heureuse. Néanmoins, On pouvait affirmer que sa revanche sur la vie avait été accomplie en beauté !​​ DG d’une Banque, il​​ vivait dans un duplexe à Odza, dans la ville de Yaoundé. Propriétaire de plusieurs affaires en parallèle, il avait fait le tour​​ de​​ la terre.

Certains s’hasarderaient à demander à tort ou à raison…qui sait, la place de l’amour dans ce tableau que je viens de peindre. L’amour …l’amour, comme il le conçoit ​​ n’est qu’abstraction. L’argent quant à lui est bien réel. N’allez pas croire ​​ par là ​​ qu’il n’avait pas de conquêtes ; Il n’était quand même pas un moine, d’autant qu’en plus d’être riche, avantage non moins négligeable, il était un très bel homme. Sa peau parfaite sans impuretés faisait ressortir l’éclat de son teint noir lumineux.​​ Il possédait également​​ la​​ mâchoire carrée​​ type​​ mannequins. Ses yeux noisettes étaient d’un marron rare, une teinte presque semblable à la celle de la terre, ce qui le rendait encore plus mystérieux. Sa bouche sexy aux lèvres charnues incitant aux baisers passionnels rendait se mystère un petit peu plus aphrodisiaque. Et son nez​​ quant​​ à lui, mi-fin​​ mi épaté​​ se fondait harmonieusement au reste de son visage. Comme si cela n’était ​​ pas assez, David possédait également une​​ ​​ silhouette d’athlète qu’il entretenait en pratiquant plusieurs sports dont le basquet, le volley, la nage et le cyclisme. Alors, il prenait juste toutes les précautions pour éviter que ses conquêtes ne s’éternisent ou qu’elles ne tombent enceinte. Devenir père ne faisait en aucun cas partie de ses priorités. ​​ 

La voix du​​ commandant​​ de​​ bord annonçant l’atterrissage​​ prochain de ​​ l’avion,​​ grésilla dans​​ le haut-parleur, arrachant​​ subitement David de ses pensées.​​ Il jeta un regard à la Rolex diamantée qui ornait son poigné : 11h43. Ce n’était pas trop ​​ tôt ; avec un peu de bol, il serait en avance ​​ pour la réunion de licenciement qu’il devra ​​ présider aujourd’hui. Une histoire de détournement de fonds. Des têtes allaient tomber. Il s’en réjouissait d’avance. ​​ ​​ 

Il se préparait à lire son livre une deuxième fois quand une hôtesse​​ maigrichonne au sourire mécanique s’approcha de lui. Malgré sa maigreur, elle était assez jolie.​​ 

  • Bonjour monsieur,​​ pouvez-vous​​ attacher votre ceinture de sécurité s’il vous plait ?

Pour toute réponse, il lui fit une moue de séducteur et s’exécuta en la déshabillant du regard, ce qui mit l’hôtesse mal à l’aise. Elle tira nerveusement sur son foulard noué en cravate autour de son cou.

  • Vous avez besoin d’autre chose ? Minauda-t-elle.

  • Autre chose ? Se moqua-t-il en haussant un sourcil. Vous ai-je d’abord demandé quelque chose ?

  • Hum... N-non, bredouilla-t-elle.

Une moue moqueuse illumina soudain son visage et il poursuivit :

  • Sachez mademoiselle… (Il jeta un coup d’œil à​​ son badge) Sarita, ​​ que l’adjectif « autre » s’emploie comme additif en rapport avec une action ayant déjà été faite. Et maintenant,​​ que penseriez-vous de déguerpir d’ici et d’aller faire d’AU-TRES​​ fautes de grammaire où je ne pourrai pas les entendre.

Sarita en resta bouche bée.​​ Elle se détourna honteuse puis s’éloigna. ​​​​ Il la suivit du regard et faillit s’étrangler lorsque celle-ci tituba sur ses talons de 1 m de haut et s affala de tout son corps dans l’allée. La zone de turbulences que traversait l’avion y était sûrement pour quelque chose. A moins qu’il ne s’agisse​​ des propos de David.

Il voulut​​ reprendre son livre posé sur le dossier de son siège lorsque quelque chose lui agrippa soudainement la main. Il se raidit instantanément. Il avait une sainte horreur des contacts indésirables.

  • C’est la première fois pour vous de prendre l’avion ? Parce que moi, oui.

Lui​​ Demanda​​ une ​​​​ vieille​​ femme noire emmitouflée dans un Kabba léopard, ​​ assise sur le siège juste​​ ​​ à côté de lui.

Le​​ Boeing​​ subissait​​ quelques secousses qui​​ se faisaient de plus en plus violentes, elle​​ ​​ avait du mal à contrôler sa peur. Dans un moment de panique ​​ elle agrippa​​ violemment​​ le poignet​​ de​​ David. Ce dernier fut aussitôt ​​ amusé par la moiteur de sa main et les tremblements qui animaient celle-ci.​​ 

Il​​ choisit de garder le silence parce que « tisser des liens » dans les transports en​​ commun, ce n’était pas​​ vraiment​​ son truc. Ha ha que dis-je ? Tisser des liens tout court, ne l’enchantait pas vraiment,​​ d’autant plus qu’il ne voulait pas rassurer cette vieille​​ chouette​​ qu’il ne remarquait que maintenant depuis le début du vol. Il aurait​​ pourtant​​ ​​ juré il y a une minute que ce siège à côté de lui était vide…

Il se redressa néanmoins, pour faire face à son interlocutrice et répondit :

  • Non. Je suis un habitué.

Qu’est ce qui fut le plus troublant? Le fait qu’il ait répondu spontanément ou le sourire idiot du gendre en visite chez la belle-famille, qu’il affichait sur le visage ?​​ 

Il ne riait quasiment JAMAIS avec des étrangers. Au contraire, l’un de ses​​ passe-temps préféré ​​ était de rire des autres. Aussi, ne se reconnut-il pas quand sa bouche prononça des paroles qu’il n’avait pas coutume de dire.

  • Ne vous n’inquiétez pas Madame, les turbulences sont monnaie courante en avion.

Qu’est ce qui lui prenait bon sang !?

Le visage de la vieille dame s’illumina aussitôt

  • Mon chou,​​ appelez-moi Hortense. J’ai toujours trouvé que le « madame » nous vieillit avant l’âge. Elle lui adressa un sourire édenté, sa main ne tremblait plus.​​ 

Elle se lança ensuite dans une litanie de récits sur sa vie. Elle lui confia les raisons de sa visite au Cameroun, comme quoi elle était investie d’une mission et venait sauver une âme égarée. David supposa qu’elle travaillait pour un organisme humanitaire. Ce dernier, quant à lui,​​ -et il​​ n’en reviendrait toujours pas plus tard- se confia sur le séjour ​​ qu’il venait de passer au Caire, son exploration du Nil, les pyramides. Non sans se départir de son sourire, il lui​​ parla ensuite ​​ de la culture égyptienne, la gastronomie, et les croyances populaires.​​ 

C’était assez bizarre.​​ Il était à la fois acteur et spectateur de cette discussion. Il ouvrait la bouche pour prononcer des paroles qu’il ne reconnaissait pas et se montrait prévenant et riait gaiment avec Hortense. On aurait dit un pantin manipulé par un marionnettiste.

Assez !​​ ​​ hurla-il intérieurement.

Tout​​ d’un coup, la magie se dissipa. Il sut qu’il était redevenu lui-même. C’était comme se réveiller soudainement d’un profond rêve. Troublé et perdu, Il essaya de reconstituer sa mine habituelle : un mélange d indifférences et de sévérité ; et d’effacer ce sourire idiot qui ne l’avait pas quitté depuis 30 minutes.

  • Qu’est ce qui vient de se passer…

La question, il se la posait plus à lui-même qu’à Hortense. D’ailleurs Cette dernière, ne cessait de sourire .Elle avait toujours la main posée sur​​ ​​ son poignet ; David​​ s’en rendit compte et la​​ retira d’un geste sec. Hortense, loin d’en être déstabilisée, lui dit :

  • Vous voyez David, que vous pouvez faire preuve de gentillesse ; Ce n’est pas si compliqué d’être aimable, mon chou.

Il​​ la fusilla du regard.​​ Il détestait cette sensation, d’autant plus qu’il ne comprenait pas vraiment ce qui venait de se passer.

  • Q-que racontez-vous…Que m’avez-vous fait ?​​ Bredouilla-t-il. Que diable…

  • Mon chou, laissez donc ce pauvre Lucifer où il est et écoutez-moi plutôt !

Son regard se fit soudain intense. Une force irrésistible lui commandait de ne pas ​​ s’en détourner. Il voulut lui lancer une réplique bien amère comme seul lui savait le faire, mais sa bouche ne lui obéit pas. Elle lui agrippa encore une fois la main (David fut surpris par la force qu’un ​​ être à l’apparence si frêle, était capable d’avoir) et poursuivit :

  • Mon chou, vous vous enfoncez vers votre propre perte. Si vous ne changez pas très bientôt, la vie telle que vous la connaissez disparaitra. Néanmoins, nous vous accordons une seconde chance, ce qui est très rare mon chou. ​​ Vous êtes un petit veinard quand-même ! Si vous voulez la saisir, venez me retrouver à la basilique​​ de Mvolye, Lundi prochain à​​ exactement 10h. Si vous choisissez de passer outre, vous le regretterez ! Croyez-le, mon chou.

Elle retira sa main avant d’ajouter, son éternel sourire aux lèvres :

  • Ne soyez pas en retard, mon chou…

**

Ne soyez pas en retard, mon chou… Ne soyez pas en retard, mon chou…

« -​​ Monsieur Mvoe  ? Monsieur Mvoe ! »

David releva nonchalamment la tête vers la femme en face de lui qui semblait lui parler. Il constata qu’il s’agissait de Sarita, la même hôtesse de​​ tout à l’heure, le même sourire mécanique ​​ figé aux lèvres. Sa cheville s’était drôlement vite remise dis donc !​​ 

La voix du commandant de bord annonçait encore une fois l’atterrissage prochain de l’avion par les hauts parleurs.

  • Monsieur, veuillez boucler votre ceinture s’il vous plait.

  • hmmm…​​ grommela-t-il, n’étant pas encore complètement sorti de sa torpeur.

  • Votre ceinture, monsieur. Commença à s’impatienter Sarita.

  • Bon sang ! Je l’ai déjà…​​ Il s’interrompit soudain en baissant le regard sur le siège. Il aurait pourtant juré avoir déjà bouclé sa ceinture quand elle le lui a demandé la première fois. Abasourdi, il fixa le siège ​​ mitoyen au sien. La vieille femme n’y était plus.

  • Hortense…où est-elle passée ? Bafouilla-t-il.​​ 

L’hôtesse semblait de plus en plus excédée, néanmoins ​​ elle se ressaisit et son sourire mécanique refit surface.

  • Vous avez perdu quelque chose ?

  • Hortense ! répondit-il comme si c’était l’évident même. La femme qui occupait ce siège,​​ ajouta-t-il en montrant du doigt la place vide.

L’hôtesse inspira un bon coup. C‘était bien sa vaine là .Elle avait encore droit à un illuminé défoncé au crack .

  • Monsieur, ce siège est vide depuis le début du vol.

  • Pardon ?

  • Ce siège est vide dep…

  • J’avais compris la première fois, merci ! Trancha-t-il ​​ sans cesser de fixer le dit siège.​​ 

L’hôtesse dû faire un effort énorme pour se maîtriser. Non mais… pour qui se prenait-il ? La civilité, il connaissait ?

  • Monsieur​​ pouvez-vous​​ boucler votre ceinture de sécurité, s’il vous plait?

  • Un rêve …

  • Pardon ?

  • Mais oui. C’est sûrement ça. J’ai dû faire un rêve éveillé…

  • Monsieur Mvoe !

David détourna enfin le regard pour le poser sur elle.

Il boucla sa ceinture.

  • Voilà, c’est fait ! Maintenant déguerpissez et allez radoter ailleurs.

L’hôtesse devint écarlate, elle se détourna et repartait vers la cabine des classes économiques quand elle trébucha et tomba dans l’allée. Cette​​ fois-là, David ne rit pas, il jeta un coup​​ d’œil à sa Rolex. Il était très exactement 11h45.​​ 

Un rêve, ça ne pouvait être que ça…​​ 

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​  ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ 

By​​ Dark-N, tous droits réservés.

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