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Mam’Eding: Chapitre 1

Chapitre 1​​ 

Isis Neris Thoutmosis​​ 

15 juillet 2017 6H

Il n’est​​ pas​​ de​​ joueur​​ plus retors​​ que le destin…

Lorsqu’elle franchit la porte de sortie de l’aéroport Nsimalen de Yaoundé, un homme en uniforme, taille moyenne, ​​ peau claire, avec une moustache biscornue sur le visage, attendait près d’une Honda noire, avec son nom écrit sur une pancarte qu’il tenait des deux mains. Elle se dirigea vers lui en trainant sa valise.​​ 

Par réflexe, elle lança encore une fois un regard par-dessus son épaule s’attendant à​​ le​​ voir surgir à n’importe quel moment.​​ Il​​ était si imprévisible… Cette paranoïa l’avait poursuivie depuis qu’elle avait quitté précipitamment l’Egypte en faisant escale ​​ au Soudan puis au Tchad avant d’arriver enfin au Cameroun, le pays où elle devra apprendre à vivre cachée pour le restant de ses jours afin de​​ lui​​ échapper.​​ 

  • Vous avez fait bon voyage ? Lui demanda l’homme en mettant sa valise dans le coffre après qu’elle lui ait montré son passeport pour confirmer son identité.

Si elle avait fait bon voyage ? Bien sûr que non ! Tiraillée entre la peur ​​ et l’excitation, elle s’était attendue à ce qu’il​​ surgisse à n’importe quel moment pour contrecarrer sa fuite.​​ Lui, le plus grand fléau de sa vie ;​​ lui, son éternel geôlier ;​​ lui​​ son futur époux ;​​ lui, son frère : Osiris.

Nous sommes liés​​ Isis.

Tu ne peux pas demeurer loin de moi.​​ 

​​ Heureusement, elle était arrivée à bon port. Ici,​​ il​​ ne pourrait plus lui faire du mal. Ni​​ lui, ni la congrégation.​​ 

  • Oui merci. Répondit-elle enfin.

Il lui ouvrit la portière arrière et elle s’engouffra dans la voiture.

  • Je croyais que Mme Abdouraman serait là pour m’accueillir.

  • Madame n’est pas au Cameroun, mademoiselle.

  • Comment ça ?

  • Elle a cru bon de rester un moment sur l’ile Philae pour ne point éveiller les soupçons de la congrégation.

  • Ah, je comprends… dit-elle en bouclant sa ceinture de sécurité.

Elle lança un coup d œil méfiant dans le rétroviseur et croisa le regard de son chauffeur. Apparemment Mme Abdouraman l’avait mis au parfum de la situation ; ce qui était très étrange. Elle qui n’avait pas cessé de radoter sur l’importance du secret de cette évasion, pourquoi avait-elle mis son chauffeur dans la confidence ? Isis avait reçu pour conseil de ne point en parler à personne même pas à ceux qu’elle considérait comme des alliés. La congrégation avait des espions partout, c’eut été trop risqué. ​​ Mais apparemment, ces mises en garde ne concernaient qu’elle seul.

  • Ne vous n’inquiétez pas. Dit-il comme s il avait lu dans ses pensées. Si Mme Abdouraman a une confiance aveugle en moi, ce n’est pas sans raison, mademoiselle.​​ 

Elle rougit et baissa le regard sur les plis de sa robe.

  • Désolée.​​ 

  • Ce n’est rien.​​ 

Puis après un laps de temps, il ajouta :

  • Je me prénomme Aristide ; et jusqu’au retour de madame, je serai en charge de veiller sur vous.

  • Je vous en suis infiniment reconnaissante. répondit-elle en étouffant un bâillement.

Un coup d œil dans le rétroviseur permit à Aristide de constater qu’elle s’était endormie. La pauvre petite. Elle était sûrement épuisée.

Quand sa patronne lui fit part de l’histoire de cette petite quelques mois plus tôt, sur le moment il n’en revint pas et même aujourd’hui, l’absurdité de la situation demeurait. Comment des personnes sensées, vivant en plein vingt et unième siècle pouvaient elles avoir de telles pensées rétrogrades ? Ceci étant, il s’occuperait de cette petite comme s il s’agissait de sa propre fille et la congrégation devra passer sur son cadavre avant de réaliser les vils desseins qu’elle lui réservait.

Il attrapa son téléphone dans la poche de sa veste ​​ avant, ​​ puis composa un numéro.

  • Allô ? Attendit-il après une seule sonnerie

  • Madame, elle vient tout juste d’arriver.

  • Très bien, je vous recontacterai plus tard. Répondit-elle avant de raccrocher

*

*  ​​ ​​ ​​ ​​​​ *

  • Qui était-ce ?​​ 

  • Le Qatar. Malheureusement, Mes affaires ne se dirigent pas toutes seules.

  • Bien évidemment. La congrégation vous ​​ sait ​​ gré de la faire passer en priorité.

  • Ce qui est tout naturel, votre divinité.​​ 

Il lui lança un regard indéchiffrable, son fameux regard à cheval entre inquisition et froideur, ce regard qui avait la réputation de déstabiliser tous ces ennemis. Mais Faisa Abdouraman ​​ n’était pas une personne que l’on pouvait déstabiliser aussi facilement. Femme ambitieuse et égocentrique issue de la classe moyenne, elle connut une ascension sociale ​​ fulgurante quand elle épousa le millionnaire qatari, Ismaël Abdouraman, qui connut une mort bien mystérieuse quelques années après. Dès lors, son arrivisme n’ayant d’égal que son intelligence, elle ​​ réussit à faire prospérer ​​ son empire financier après la mort de son mari. Elle n’était donc pas femme à se laisser influencer d’un simple regard. Pas même par celui d’Osiris Thoutmosis en personne.

A cette heure, Il devrait déjà s’être rendu compte du fait que sa sœur se soit échappée. Mais il semblait vouloir garder le secret, pourquoi ? Elle ne le comprenait pas. Craignait-il de quelconques représailles de la part des Oracles ? Eux qui ne pardonnent pas la moindre incartade ; quel sort réserveraient ils à Osiris s’ils découvraient qu’il a laissé s’échapper l’instrument de résurrection de la gloire du peuple Thinite ? ​​ Rien de bien réjouissant, en tout cas. Ceci étant, l’alignement des astres serait pour bientôt et quand viendra ce jour, c’est elle Faisa Abdouraman qui tuera la réincarnation de la déesse Isis de ses propres mains et boira de ​​ son sang jusqu’à la dernière goutte. Oh oui ! La gloire des dieux ne retombera que sur elle seul. La pauvre idiote  ​​​​ se croyant maintenant en sécurité essayant de fuir son destin, que croit-elle ?​​ Maktub, on ne peut effacer ce qui a été écrit, elle est condamnée à mourir dans cinq mois et seule elle, l’illustre ​​ Faisa Abdouraman en récoltera toute la gloire et l’immortalité.​​ 

 

By​​ Dark’N, tous droits réservés.

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7 comments

  1. Je ne sais pas si c est une erreur…, l absence des tirets marquant les repliques pour les dialogues , rend ardue la compréhension du texte.ce qui est fort dommage.
    Mais bon, je me suis débrouillée comme j ai pu et hate de lire la suite.

  2. Trop bien… La suite est attendue 🙂

  3. Doriane Raissa

    Enfin!!!
    s’il vous plait c est quoi la frequence de publication ?

    • Au départ on tablait sur toutes les trois semaines mais dixit l’auteure, vous aurez droit à un chapitre par semaine 😉 rendez-vous Vendredi soir normalement. 🙂

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