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Chroniques amoureuses (Chapitre 3)

Chroniques amoureuses  (épisode 3)

Les formalités

 

Conformes toi aux normes de cette société qui nous déforme

Conformes toi aux us et coutumes même si désormais hors-normes

Plies toi et ploie sous le poids des règles du on dit

Plies toi et laisse l’envie et l’avarice t’imposer leur prix

Voilà ce que mon père m’a dit le jour où nous allions doter.

 

Les femmes sont loin mais déjà me dévisagent

« C’est lui qu’elle a trouvé ? » mon oreille capte le commérage

Mais les sourires sont larges et les embrassades longues

On pourrait penser que ce sont des anges sous leurs Kabas barlongues

Voilà la première impression que j’eu des autres femmes de ma future belle famille.

 

Les hommes sont nerveux et certains moqueurs ou grincheux

Assis en bancs comme une assemblée de justes ils m’interrogent, les curieux

Chacune de mes réponses semble légère,

Heureusement que volent à mon secours mon oncle et mon père,

Voilà à quoi servent les anciens dans ces moments, je pense.

 

Je cherche ma belle du regard sans la voir

On prétend qu’elle est à l’étranger et me pliant à la rumeur, j’accepte d’y croire

Mes enveloppes font des avancées et disparaissent dans des poches

Mes présents de sel, d’huile et autres divers sont emportés par les proches

Voilà que commence la rançon pour obtenir celle que mon cœur aime.

 

Le temps s’allonge, la nuit s’enfonce dans son noir profond

Nulle trace de ma dame mais dame tradition continue de danser à fond

Sa joie est complète deux ans d’économies flambent à chaque ruse

Mais parait-il pour tant de beauté, de simplicité et de valeur, c’est un moindre prix à payer pour ma muse

Voilà ce que j’ai compris en sortant mon avant-dernière enveloppe pour la tendre à l’ancien des anciens.

 

Le compte fut enfin bon Dieu merci

Ma belle put apparaitre sourire aux lèvres pour son amoureux transi

Elle était belle toute de pagne vêtue portant ses parures anciennes

S’il n’y avait pas eu tout ce monde je l’aurais mise à nue et fait mienne

Voilà, je ne suis qu’un homme et ma chair a réclamé ma dulcinée…

 

Mais mon supplice fut long encore

Entre kola et vin dans une corne creuse parée d’or

Je dus me résoudre à apprendre ce que l’époux d’une princesse devait savoir

Entre rites étranges et sacrifices qui horrifièrent ma dame, il y avait à voir

Voilà, je ne peux tout vous dire mais c’était là les devoirs qu’imposent dot et rangs.

 

On nous bénit de mots que je ne comprenais pas

Et les mères tout à l’heure sournoises nous servirent le repas qu’on ne refuse pas

J’ai mangé, elle a grignoté

Ils ont chanté, elle a dû danser

Voilà, la belle note sur laquelle s’est clôturée cette étrange formalité.

 

HARRY D., Tous droits réservés.

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