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Enfance corrompue (1)

Enfance corrompue

« Claire »

« Claire »

« Claire »

Quelqu’un m’appelait.

Mes yeux étaient grands ouverts, mais je ne distinguais rien, comme si j’étais devenue aveugle. Il faisait entièrement noir. La voix semblait provenir de loin, mais je sentais qu’elle était plus proche qu’il n’y paraissait. Je regardai autour de moi, essayant de me servir de cette voix comme ancre pour me repérer, en balayant le vide de mes bras.

Je trébuchai sur un caillou. Le terrain devait être accidenté. J’avançai plus prudemment, à tâtons, suivant cette voix d’une oreille incertaine, ne sachant ni où je me trouvais, ni où je me dirigeais. Après quelques minutes de marche à l’aveuglette, avec cette voix qui ne cessait de répéter mon nom en une vague litanie, je me pris les pieds dans quelque chose et tombai par terre.

Des herbes et des petits cailloux me griffèrent la peau et égratignèrent mes mains. Cet endroit, on aurait dit un territoire forestier. A ce moment, un mince filet de lumière sembla sortir de nulle part dans le ciel et éclaira peu à peu les environs. Le bout de mon nez m’apparaissait petit à petit. Je pouvais distinguer des arbres qui touchaient presque le ciel. Je pouvais également voir mes mains, mes mains égratignées, mes mains tachées d’un liquide rouge et poisseux.

Du sang…

La peur s’insinua en moi. Je tentai de me relever mais je glissai et retombai lourdement sur le derrière. Je sentis quelque chose d’humide sous moi. Je jetai un œil et découvris que je baignais dans une mare de sang. Un cri retentit près de moi, déchirant. Il me fallut quelques instants pour réaliser qu’il émanait de ma propre bouche.

La voix continuait de m’appeler.

« Claire ! »

 

J’ouvris brusquement les paupières. A côté de moi, Théo me regardait, l’air affolé.

  • Claire ! Est-ce que ça va ?

J’avais un peu de mal à reprendre mon souffle mais je me rappelais où j’étais. J’étais chez Théo, dans la chambre de son petit appartement. Une petite lumière jaunâtre brillait sur le plafond. Ses yeux bleus me regardaient, l’air inquiet. Il me redressa doucement et me porta dans ses bras comme une enfant. C’était bon. Je ne ressentais plus la peur au creux de ses bras. Je passai mes bras autour de son cou pour me coller encore plus fort contre lui, pour effacer les derniers vestiges de ce cauchemar qui avait marqué mon esprit de sa vive empreinte.

  • Là, là…

Il murmurait d’une voix apaisante, en frottant doucement mon dos.

  • J’ai fait un cauchemar, murmurai-je dans son cou.
  • Ça devait être sacrément effrayant pour te faire hurler comme ça.

Il caressa ma joue de sa grande main écorchée d’un peu partout, résultat de sa formation et de son métier de policier, et à la place de l’inquiétude, je ressentis tout l’amour qu’il avait pour moi.

  • Je suis désolée. J’ai gâché notre première nuit de fiançailles.
  • Non, ne dis pas ça ! C’est pas grave. Raconte-moi plutôt.

Calée contre son torse nu, je lui racontai mon rêve.

  • J’étais dans une forêt, mais je ne distinguais pas très bien les alentours vu qu’il faisait très noir. Par contre, il y avait une voix que j’entendais très précisément et qui prononçait mon nom. C’est la seule chose qu’elle disait d’ailleurs. Je me suis aussi dite que j’avais l’impression de l’avoir déjà entendue quelque part, sans vraiment savoir où. Puis je suis tombée…
  • Dans un trou noir ?

Je tapai gentiment son épaule. Il émit un léger rire moqueur.

  • Mais non ! Je suis tombée par terre ! Puis mes mains se sont retrouvées enveloppées d’un liquide visqueux et froid. C’était du sang.

A ce souvenir, un petit frisson me parcourut.

  • Il y en avait partout. J’avais peur, mais je ne pouvais pas bouger. J’étais comme pétrifiée. Seul un cri affreux traversa mes lèvres, continuais-je en déglutissant avec difficulté. Et c’est là que tu m’as réveillée.

A la fin de mon récit, il me serra plus fort contre lui.

  • Ne t’inquiète pas trop pour ça. Ça arrive de faire des cauchemars, tenta-t-il de me rassurer sur un ton léger.
  • Je sais, mais très souvent, ce genre de truc est le fruit de notre subconscient. Tu crois que c’est quelque chose qui m’effraierait au plus haut point ou que j’aurai déjà vécue ?
  • Je ne crois pas. Si c’était le cas tu t’en souviendrais, n’est-ce pas ?

Il me sourit, la lumière de la pièce auréolant ses iris d’un cercle doré. Il devait avoir raison. De toute façon, je ne voulais pas imaginer ce genre de chose.

– Ça va aller. Oublie ça, à moins que tu n’aies besoin de mon aide…

En disant cela, il m’embrassa les cheveux, les tempes, les oreilles, le nez. Il souleva ma main gauche et embrassa mon annulaire où scintillait une petite pierre montée en solitaire sur un anneau d’argent. Ses iris avaient laissé de côté leur inquiétude pour briller d’un feu qui m’était familier. Ce devait être le reflet de mon propre regard sur lui.

Ses mains me caressèrent différemment. Plus douces, plus sensuelles, plus chaudes aussi, elles laissaient des traces de feu sur chaque partie de mon corps. Quoi de mieux pour oublier un mauvais rêve que d’en faire un autre nettement plus agréable ?

 

Le lendemain lorsque je me réveillai, Théo venait tout juste de finir de se préparer.

  • Alors, le reste de la nuit ? Demanda-t-il en attachant sa ceinture.
  • Plutôt bien, je trouve, dis-je en affichant un petit sourire, fatiguée.
  • Plutôt bien, seulement ? J’ai encore des efforts à fournir alors…

Il fit une petite moue adorable.

  • Non, surtout pas. Tu es parfait comme ça.

Je m’extirpai du lit et m’étirai dans mon plus simple appareil. En passant devant Théo, je lui lançai une petite tape sur les fesses alors qu’il me reluquait grâce au miroir.

  • Minute ! Dit-il en m’attrapant par le bras et en m’attirant contre

Il déposa un léger baiser sur mes lèvres avant d’embrasser à nouveau mes mains.

  • Combien de fois tu feras encore ça ?
  • Jusqu’à ma mort.

Comme j’aimais cet homme. Je passai mes bras autour de son cou, agrippant ses cheveux noirs coupés court et l’embrassai passionnément. Cette fois, c’est lui qui y mit fin, le souffle court.

  • Perverse, se moqua-t-il au creux de mon oreille, file te cacher sinon, je ne répondrais plus de rien.

Mon rire résonnait encore dans la chambre alors que je m’enfermai dans la salle de bain. J’entendis la porte se refermer sur Théo.

L’angoisse qu’il ne revienne pas sain et sauf après chaque service était toujours là, présente, tapie dans l’ombre mais avec le temps, j’avais appris à faire avec et à m’approprier cette peur, à ne pas la laisser me dominer. Aimer quelqu’un qui faisait ce métier était difficile, mais me rendait tellement fière.

Je me souris à moi-même en réalisant que même après quatre ans de relation, mes pensées étaient pleines de lui, encore, toujours et bientôt, pour la vie. Mais aussitôt, le souvenir de cette nuit me revint en mémoire. Celui de cette nuit et des précédentes.

Cela faisait maintenant quelques jours que mes nuits étaient troublées par des rêves plus qu’étranges. « Cauchemars », était peut-être plus approprié pour les qualifier en réalité. La plupart du temps, c’était toujours le même. Moi, dans une forêt, durant une nuit d’un noir d’encre, du sang, toujours du sang et mon hurlement comme celui d’un animal effrayé. Cette nuit toutefois, ma réaction fut plus extrême que d’habitude, à tel point que j’en ai tiré Théo du sommeil. Je ne lui avais rien dit jusqu’à maintenant pour ne pas l’affoler inutilement. Après tout, je n’étais plus une enfant. Qu’étaient-ce quelques petits cauchemars de rien du tout face à une adulte de 25 ans vaccinée par la vie ? En plus il fallut que ça arrive le jour où il me demande enfin de l’épouser. J’étais vraiment la pire.

 

J’avais quelques courses à faire aujourd’hui mais j’avais plusieurs détours à faire avant, le premier étant pour acheter l’un des fameux pains au chocolat de la boulangerie « Chez Annie ». Annie était une femme un peu rondouillarde, mais dont la générosité dépassait largement le physique, qui était déjà là bien avant que je ne sois en projet par mes parents. Dans notre petite bourgade, elle avait une renommée digne d’une star des tapis rouges.

  • Bonjour ma p’tite Claire ! Me salua Annie qui n’avait pas détourné le regard du pain qu’elle étalait dans le rayonnage, lorsque le carillon de la porte s’agita joyeusement.

C’était fou ! Elle avait le don de savoir lorsque j’arrivais même du fin fond de sa cuisine !

  • Bonjour Nannie ! La gratifiai-je comme à chaque fois depuis que je savais parler. La forme aujourd’hui ?
  • Oh, tu sais, j’ai beau ne plus faire de vieux os, les petits pains au chocolat ne se feront pas tout seul.

Elle disait toujours la même chose mais Annie venait tout juste de dépasser la cinquantaine et avait encore l’énergie de ses quinze ans. Ses cheveux blonds déjà striés de mèches blanches et grises étaient aujourd’hui coiffés en un carré court très fluide. Elle avait beau se plaindre ainsi mais c’était juste une habile manière de quémander des compliments dont elle ne se lassait jamais.

  • Et tu sais qu’on adore tous tes pains au chocolat, lui répondis-je. Je suis sûre que tu as piqué la recette au diable en personne parce que c’est vraiment un truc à damner un saint !
  • Oh oh oh ! Tu me flattes ma petite, tu me flattes.
  • Je ne dis que la vérité. Tu peux m’en mettre quatre s’il te plait ?
  • C’est comme si c’était fait ma belle !
  • Tu es un amour !
  • Je sais et c’est pour ça que je t’en ai mis deux de plus. C’est cadeau, dit-elle en me tendant un petit sac.
  • Tu ne devrais pas faire ça Nannie, je risque de prendre des kilos en trop.
  • Ca ne te ferait pas de mal. Ce bougre de Théo ne rechignerait sans doute pas contre quelques grammes par ci par là, affirma-t-elle en désignant sa poitrine et ses fesses.
  • Nannie ! M’exclamai-je, mi horrifiée, mi hilare.

Annie riait de bon cœur et elle continuait encore lorsque je traversai la porte en sens inverse.

  • Passe-lui le bonjour de ma part, cria-t-elle entre deux rires, avant que la porte ne se referme.

Irrécupérable cette bonne femme, pensai-je en secouant la tête sans pouvoir retenir un petit sourire sur mes lèvres.

 

Mon deuxième détour consistait à passer chez mon père, dans la maison familiale située un peu en retrait de la ville. Mon grand-père et ma grand-mère paternelle avaient été parmi les premiers à s’installer dans ce coin et avaient aidé à faire prospérer la ville. A leur mort, mon père avait hérité de la maison qu’ils n’avaient jamais cessée de retaper et d’agrandir selon leur humeur et le nombre de ses habitants. Au final, il s’agissait d’une belle demeure d’un étage capable d’accueillir une famille nombreuse. Celle-ci jouxtait une forêt assez dense servant de ravitaillement à la petite menuiserie que ma famille possédait et que mon père continuait de faire tourner lui-même encore aujourd’hui.

Ma petite coccinelle se gara doucement à l’entrée de la maison. Avant même que je ne sorte de l’habitacle, mon père montra le bout de son nez. Lui aussi avait le don mystérieux et assez déroutant de savoir quand c’était moi qui arrivait de sorte qu’il n’avait même plus besoin de guetter par la fenêtre pour savoir qui venait l’enquiquiner à une heure pareille.

  • Claire ! S’exclama-t-il en m’ouvrant ses bras. Illumine la journée d’un vieil homme et dis-lui que le sac de la boulangerie d’Annie n’est pas un mirage et se trouve bien entre tes mains.
  • Il est aussi vrai que ton bedon bidonnant, papa.
  • Dommage que mon bedon ne soit pas aussi prompt à se faire la malle alors, plaisanta-t-il.

Je ris en le prenant dans mes bras.

  • Comment tu vas, papa ?
  • Oh ! Mieux qu’hier et sûrement moins bien que demain. Et toi, mon petit doigt me dit que ce n’est pas uniquement pour m’apporter le petit-déjeuner que tu es venue me voir ce matin.

Mon père exagérait. Je venais très souvent le voir et nous étions très proches, surtout depuis que maman était morte de maladie de nombreuses années plus tôt. Je ne pouvais tout simplement pas le laisser à mon tour alors je me suis trouvée un petit appartement dans la ville dans lequel je pouvais exercer sans problème mon emploi de nouvelliste dans un mensuel à la réputation encore timide mais avec beaucoup de potentiel.

  • Eh bien, commençai-je l’air de réfléchir quelques secondes pour le faire mariner, puis je lui montrai la bague qui scintillait à mon doigt.
  • Alléluia ! S’exclama-t-il avant de me prendre dans ses bras. Je me demandais quand est-ce que Théo allait enfin te la donner.
  • Enfin ? Me la donner ? A croire que tu étais déjà au courant de ses projets alors que moi je ne l’ai su qu’au moment où il a mis genou à terre.
  • Voyons ma chérie, dit-il en me tapotant la joue, tu devais bien être la dernière à ne pas être au courant. Et en jeune homme comme il faut, Théo est d’abord venu me demander la permission de prendre ma seule et unique fille pour le meilleur et pour le pire.
  • Et ça fait combien de temps que toute la ville est dans la confidence ? M’offusquai-je
  • Deux…Trois…
  • Jours ?
  • Semaines !
  • Quoi !
  • Ne t’énerve pas ! Tu sais à quel point le p’tit Théo est timide lorsqu’il s’agit de toi. Faut pas lui en vouloir…et moi encore moins. Il devait attendre le bon moment.
  • Mouais bon, on va dire que ça ira pour le moment.

Mon père eut l’air soulagé. Evidemment, je n’étais pas du tout en colère mais ça ne lui ferait pas de mal de se sentir coupable de temps en temps.

  • Allez, entrons. Ces pains au chocolat ne se mangeront pas tout seul.

Lorsque je franchis le pas de la porte, le désordre qui y régnait me stoppa net.

  • C’est quoi tout ça ? M’écriai-je devant les tas de cartons qui jonchaient le sol. Tu organises un vide grenier ou quoi ?
  • Oh ! C’est rien. Juste une tonne de bric-à-brac dont j’aurai déjà dû me débarrasser du temps de ton grand-père. Je fais un peu de rangement.

Je m’approchai d’un carton et en sortis la première chose qui me tomba sous la main. Il s’agissait d’une photo dans un cadre en bois vieilli par les années et surtout l’humidité. Dessus je reconnaissais facilement mon père et ma mère, l’un près de l’autre et moi qui me tenait juste devant eux, prise en plein éclat de rire. Toutefois, sur cette photo figurait un quatrième personnage que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam. Il devait avoir l’âge de mon père et avait l’air assez proche de nous.

  • Papa ?
  • Humm ?

Sa voix provenait de la cuisine. Je le rejoignis, la photo toujours entre les mains.

  • C’est qui sur cette photo ?

Il finissait déjà de mettre le couvert du petit-déjeuner. Une délicieuse odeur de café flottait dans la pièce. Il regarda la photo que je lui tendais. A peine eut-il jeté un œil dessus que son visage perdit deux tons de couleurs. Il m’arracha presque la photo des mains. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux noirs.

  • Où est-ce que tu as pris ça ?
  • Bah, dans l’un des cartons. C’est fou, je n’arrive pas à me rappeler qui est l’homme sur la photo avec nous, pourtant, je me souviens très bien du jour où cette photo a été prise. C’était il y a…oh, bien plus de dix ans mais c’était l’été où on avait fini de rénover la maison après l’orage qui a endommagé le toit, non ?

Il resta là, l’air un peu pensif, comme s’il pesait le pour et le contre avant de parler.

  • Tu étais encore jeune, commença-t-il. Lui, c’était Ethan, un vieil ami.
  • C’était ?

Un voile de tristesse et de quelque chose d’autre, de très furtif, passa dans ses iris verts.

  • Il a disparu il y a de nombreuses années.
  • Quoi, il est mort ?
  • Il est juste…parti. Mais pas de quoi fouetter un chat. Ça fait longtemps maintenant. Allez, dit-il subitement en tapant dans ses mains, viens t’asseoir, les pains choco n’attendent pas.

Je restai perplexe devant l’attitude tantôt nerveuse, tantôt évasive de papa. Il devait y avoir une histoire derrière cette photo mais il n’avait pas l’air de vouloir s’étendre sur le sujet.

  • D’accord, mais je vais garder cette photo, dis-je en la lui retirant des mains. Ce serait dommage de la jeter.
  • Non !

Je sursautai au son de la voix de mon père. Je n’avais pas prévu qu’il hausse le ton, lui non plus d’ailleurs. Il s’approcha de moi avec un air implorant.

  • Oh, mon Claire de lune, excuse-moi, je ne voulais pas crier. Je crois que cette photo s’est trouvée dans le carton par erreur. Je ne voulais pas la jeter, dit-il en récupérant la photo.
  • Mais…
  • Allez, viens manger.

Son ton était doux mais ferme. J’ouvris la bouche encore une fois pour la refermer aussitôt. C’était évident qu’il ne voulait pas discuter de ça. Et même si son attitude m’intriguait au plus haut point, je rongerai mon frein et remettrai mes questions à plus tard.

En m’asseyant auprès de lui, je répondis machinalement au sourire qu’il m’adressa en notant mentalement qu’il m’avait appelée « Claire de lune », chose qu’il ne faisait que lorsqu’il voulait m’amadouer lorsque j’étais petite. Une chance que je ne sois plus une enfant alors.

(A suivre…)

By Lucky, Tous droits réservés.

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2 comments

  1. Un style très différent de ce que vous avrz l’habitude de produire mais agréable à lire. On ressent une certaine angoisse au terme de la lecture et le suspense est bien placé. C’est très bien écrit en plus. On a envie de connaitre la suite.
    Vivement.

    • Tu as tout à fait raison Maddie et le style totalement différent justifie que nous appellions Lucky notre princesse Afro à la plume étrangère. 🙂 Rendez-vous ce soir pour la suite de l’histoire tout de même.

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