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INVICTUS 2

*

 Je me réveillai dans un lit aux draps blancs trop étroit pour moi. J’avais une migraine atroce, et le cœur qui battait lentement. J’ouvris les yeux un par un, clignant d’abord, essayant de m’adapter à la lumière de la pièce qui me piquait les yeux. J’avais les mains menottées​​ de part et d’autre de mon visage, aux ​​ barres du lit.

« Des menottes ? Pourquoi ? »

J’essayai de me libérer tout en me remémorant les événements de la veille. Le sang, Madame Staine, La femme aux cheveux bleus, la dague dorée, les crocs les bouts d’ongles arrachés​​ du corps de Madame Staine, le sang coulant de son pelvis écorché, ses orbites perforés, ses oreilles fendues pissant le sang, et enfin de la litanie qui a suivi, une litanie dont j’ignorais même la langue dans laquelle elle était chantée, mais que j’avais… que j’avais moi aussi chanté. Bon Sang que c’était-il donc passé ? Je l’ignorais, tout ce que je savais c’est que j’étais dans la merde, ​​ chose qui se confirma quand je vis un homme grand de taille, svelte, les épaules larges, la barbe fraîchement rasée, le traçage de la moustache parfait, les​​ cheveux gris, le visage strict, les yeux impassibles derrière ses lunettes, me fixer avec intérêt.

« Alors réveillé, Docteur ? » Dit-il en tirant une chaise au chevet du lit.

« Je suis le commandant Jake Blake de la section 4. Je suis ici pour mener une enquête, alors docteur, soyez coopératif ok ? Je déteste perdre mon temps. »

Il marqua une pause, haussa le sourcil droit et plongea son regard dans le mien, comme pour me dire ‘ Je lis en toi Ok ? T’avises pas de merder !’ Bizarre vu que c’était moi le psy. L’ironie de la situation n’était même pas drôle.​​ 

Il s’assit et tendit la main droite. Une jeune femme, les cheveux blonds rattachés en une queue de cheval stricte, les iris marron clairs, un tailleur gris un peu trop ample, des chaussures basse noires et une pile de dossier dans sa main gauche, retira une chemise bleue et la lui tendit.

« Nom de la victime, Staine Hélène. Age, vingt-cinq ans. Taille, un mètre soixante. Heure de décès approximatif, hier aux environs de dix-sept heures. Profession, photographe au Digital Days. Suspect numéro Un, Monsieur Jayce Millerworth ! » Dit-elle en appuyant longuement sur la dernière phrase et en me jetant un regard noir.

Monsieur Jake prit le dossier et l’ouvrit, feuilletant au fur et à mesure qu’elle parlait, puis il me lança un regard quelque peu troublant.

« Staine comme la société pétrolière qui détient le monopole dans toute la région ? » Lança une voix dans un coin plus bas de la pièce. La voix appartenait à une jeune femme adossée au mur droit de la pièce, où étaient les grandes fenêtres ouvertes qui laissaient passer une brise fraîche. Les rideaux se levaient et restaient quelques peu en suspend au-dessus du sol, cachant la femme. Néanmoins, quand les rideaux redescendaient, on pouvait voir des lunettes de soleil noires qui cachaient très bien les yeux de la jeune femme. Elle avait une chevelure blanche, aussi blanche que la neige contrastant​​ avec sa peau aussi noire que​​ du charbon. Un large manteau noir couvrait son corps et ses mains étaient dans ses poches, tandis que ses pieds étaient fourrés dans des bottes en cuir noir. Même loin et cachée derrière ses lunettes, je sentais une menace silencieuse émaner d’elle.

« Oui, c’est l’épouse de Gilbert Staine, PDG de STAINE PETROLEUM. » Répondit la blonde avant de tendre un autre dossier à monsieur Jake.​​ 

Je restais là sans mot dire, tous les mots se refusant à sortir de ma bouche. Je ne comprenais rien. Que s’était-il passé ? Comment avais-je fini là ? Et où étais-je d’abord ?

Mes yeux passèrent sur la porte peinte en bleu fade au fond de la salle à environ cinquante mètres d’où j’étais. Toute la pièce était peinte en blanc cassé. Les fenêtres sur ma droite étaient un peu plus au bas de mon lit et des rideaux blancs y étaient accrochés. Une autre fenêtre faisait face aux fenêtres de droite, mais celle-là était recouverte d’un rideau bleu sombre probablement en plastique. Deux longues ampoules filiformes​​ étaient accrochées au plafond haut de cinq au six mètres je crois. Deux chaises de tables étaient tout près de mon lit ainsi que deux petits tiroirs haut, chacun de chaque côté du lit. Et ce qui me frappa le plus, c’était la présence de seringues ainsi que des petits flacons ouverts sur un plateau médical au-dessus d’une des armoires.

* Un Hôpital ? * Songeai-je en mon for intérieur.

« Pas exactement non, mais disons un centre aménagé au sein de la police criminelle. » Répondit Monsieur Blake à ma question muette, ce qui me fit prendre un peu plus peur.

Il haussa un sourcil, comme pour me dire : « Ouais, je lis en toi petit alors t’avises pas de merder. Ok ? »

« Blaze comme Axel Blaze ? » Lançai-je. Dans quel but ? Je ne le savais pas.​​ Mon cerveau avait tellement bogué que je me mettais à pondre des inepties​​ 

Il haussa à nouveau un sourcil, le gauche cette fois-ci, tandis que la blonde affichait une mine perplexe.

« Vous savez, Axel Blaze d’Inazuma… »

« A mon grand mécontentement, je sais qui c’est. Et c’est Blake pas Blaze. Arrêtez de pondre des âneries. »​​ 

J’hochai la tête comme un vilain garnement qui venait de se faire passer un savon. Il décocha un regard à la blonde qui s’empressa de continuer.

« Cause du décès, perforation du cœur, notamment en deux coup de poignard. Le deuxième coup fut celui qui lui ôta la vie. Une employé du Cabinet Psychomania (Jalia Renswell) les a retrouvés, la victime et le suspect dans la chambre de Madame Staine quand elle était supposément venue faire sa ronde. Elle dit l’avoir retrouvée couverte par un drap noir et que le suspect, le docteur que voilà chantait une chanson des plus bizarres, sans lui prêter la moindre attention, comme hypnotisé.

Il y avait des marques sur ses poignets et pieds, des marques de chaînes. On peut donc conclure que la victime a été accroché par ses poignets et ses pieds, par des chaînes en fer, du fer encore neuf ou du moins bien entretenu vu qu’il n’a pas laissé de marque de rouille sur sa peau mais vu la profondeur des marques c’était sûrement de lourdes chaînes tendues au maximum. Son dos était marqué par des traits horizontaux, signifiant qu’elle était couchée sur le dos sur une sorte d’autel ayant des distorsions horizontal. Vu l’étendu des traits, et la profondeur de la blessure dans sa gorge, tout porte à croire que sa tête n’était pas reposée sur un quelconque objet. En somme écartée à l’aide de chaînes, le dos reposé sur quelque chose et la tête pendante, voilà la position de notre victime durant son calvaire. »

« Hum hum. » Marmonna Monsieur Blake, tout en hochant la tête d’un air approbateur, lisant le deuxième dossier qu’elle lui avait donné. 

Elle lui tendit encore une chemise de couleur verte.

« Tout d’abord, la victime a été mordue sur son sexe, trois morsures plus précisément ; une sur le clitoris, une sur le périnée et une sur les lèvres couvrant le vagin. Des morsures faites​​ par des canines longues et tranchantes, en raison de leur profondeur. Ce ne pouvait pas être une dentition humaine, du moins nous ne l’avons pas encore vérifié.»

« Signe de viol ? » Demanda la femme au manteau.

« Non, aucun signe de viol. Encore heureux que l’agresseur nous ait laissé de quoi être sûr sur ce côté-là parce-que aux niveaux des ongles et des orteils, c’était un vrai bordel. Tous épluchés, comme de vulgaires patates. Aucune trace des ongles de la victime, nous avons là des mains sans ongles, ainsi que les orteils. 

‘Elle marqua une pause de sorte que les informations qu’elle passait puissent se faire digérer.’

Par contre, il y avait des traces de sperme dans la bouche et les narines de la victime. Elle en avait plein les narines et la bouche. Nous avons à faire là à un vrai psychopathe. Il lui a percé les yeux, exactement dans l’iris à l’aide d’aiguilles d’acupuncture. Son oreille droite a été légèrement incisée. Son sein droit mutilé. Le téton a été coupé en cinq coups à l’aide d’une arme blanche. Après l’avoir coupé, il a marqué son sein droit de deux écritures indiennes, MORT et CRUAUTE. Tout porte à croire que notre tueur imitait le mode opératoire des adorateurs de la déesse indienne Kali, mais pas à la perfection. Par exemple, au lieu des visages arrachés nous avons des ongles retirés.​​ Au lieu du cœur ôté, nous avons des coups de poignard. Quant aux yeux crevés, il l’a respecté. A mon avis, ceci est l’œuvre d’un adorateur de plusieurs sectes de​​ dieux ​​ diaboliques ou autres. »

Je n’arrivais pas à y croire, j’étais leur premier suspect. Que moi, un agneau inoffensif puisse être supposé coupable d’un tel carnage. Au fur et à mesure qu’elle racontait, ma gorge se resserrait un peu plus, mon cœur,​​ mon cœur faisait des ratés​​ et mes intestins se nouaient toujours un peu plus. Ma bouche avait un goût métallique, je voulais vomir, contrairement à eux, qui semblaient très calme et habitués à entendre ce genre d’histoire.

« Qu’est-ce qui vous fait croire qu’ils n’étaient pas plusieurs pour le coup ? » Dit l’autre femme.

« La profondeur des blessures, la taille des coups portent à croire que c’était l’œuvre d’un seul individu, malheureusement il n’y avait aucune trace d’empreinte digitale ou de pas exploitable. »

« Exploitable ? » Répéta la femme.

« Oui exploitable. Nous savons que sa chambre n’était pas le lieu où on l’a torturée, parce qu’elle est trop étroite pour être un endroit convenable où accrocher les chaînes. Nous sommes encore à la recherche de potentiels endroits qui auront pu servir comme lieu du meurtre. Le plus frappant c’est qu’elle a été douchée, avant qu’on ne lui remplisse la bouche et les narines de spermes, effaçant ainsi toute trace. »

« Un rituel diabolique ? » Songea Monsieur Jake.​​ 

« Et pour le profiling du tueur ? » Demanda l’autre femme.

« C’est ça le plus drôle, tout porte à croire que c’est une femme, mais nous y travaillons encore. »

« Comment ça ? Et pour le sperme retrouvé ? »

« Encore plus drôle, nous avons essayé déjà cinq fois avec plusieurs appareils, mais nous n’arrivons pas à identifier de qui il est ou encore mieux de quoi il est. »

Monsieur Jake mit une pause sur sa lecture et me lança un coup d’œil furtif.

« Comment ça de quoi il est ? »

« Il ne correspond à aucun homme dans la base de donné et de plus nous avons vérifié plusieurs fois mais, ce n’est pas du sperme humain à cent pourcent. »

Pour la première fois je la regardai avec beaucoup plus d’attention. Je remarquai ses tâches de rousseurs sur les joues, ses cils parfaitement tracés, son décolleté plongeant qui révélait une poitrine aussi grosse qu’une fourmi, elle aurait mieux fait de ne pas en mettre.

« FUCK ! » Lança la gothique, du moins pour moi elle était une gothique.

Monsieur Jake referma toutes ses chemises ouvertes et les remit à la blonde.

« Merci beaucoup Dïana, vous avez fait du bon boulot. »

Elle se contenta d’hocher la tête et de ranger les chemises.

« En résumé, nous avons une victime dont le sexe s’est pris trois morsures profondes, puis une oreille légèrement tranchée, ensuite les ongles des pieds et des mains retirés sans délicatesse, le sein droit martyrisé, les yeux percés, la gorge ouverte et enfin le cœur poignardé à deux reprises. C’est bien ça ? » Demanda Monsieur Jake.

Elle fit oui de la tête, puis ajouta.

« Il lui manque disons deux litres de sang. Son sang a été, disons récolté et emporté. »​​ 

Il ajusta se lunettes sur ses yeux de son majeur droit, me regarda et dit :

« Bien Monsieur Millerworth, sachez que tous dans cette pièce nous ne vous condamnons pas. Nous ne pensons rien du tout ok ? Mais tout porte à croire que c’est vous. Même les caméras de surveillance vous montre entrain de poignarder Madame Staine d’une dague dorée, mais avant ça rien, et après ça rien. On va faire court ok ? Vous coopérez à deux cents pourcent. Petite info, sachez que cette affaire doit être résolue avant la semaine prochaine, sinon Madame Staine ne sera plus à un séjour aux Bahamas comme le reste du monde et ses collègues le croient mais elle sera belle et bien morte. Ok ? »

« Ok » Fis-je, en hochant la tête.

« Ok ! D’accord. C’est ici que j’entre en scène. Désolé mon mignon. »​​ 

C’était la femme gothique près des fenêtres de droite qui prononça ses mots. Elle s’avança, les mains dans les poches, puis sortit sa main droite dans laquelle se trouvait une sorte d’arme à feu. Elle me tira dessus, une balle en pleine tête, sans aucun bruit. Elle le fit avec tout le calme du monde, la main droite et parfaitement tendue, la pose parfaite de la tueuse d’élite, ses longs cheveux blancs versés sur son cou en une cascade interminable.

« Et bang ! » Fit-elle en soufflant sur son révolver, à la façon des vieux films western. La blonde et Monsieur Jake la regardèrent avec une expression qui disait… ‘ Tu l’as encore fait’ et elle se contenta de ranger son arme à feu et d’hausser les épaules avant de continuer à les approcher.

« J’espère au moins que cette​​ fois-ci, tu n’as pas confondu l’arme. » Lui Maugréa Monsieur Jake.​​ 

Elle fit un oui de la tête.

« Bon on le commence ce rituel ou non ? » Lança la​​ femme noire.

A SUIVRE…

By​​ Eien, tous droits​​ réservés.

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2 comments

  1. qu est ce qui fait la sévérité du visage?
    R: le regard.
    alors comment le visage peut il etre stricte et le regard impassible? n’est ce pas une contradiction?

  2. j’aime bien le texte
    mis à part quelques fautes d’orthographe , notamment :l’emploie répétitif de la première personne de l impératif ‘t’avises pas  » au lieu de  »t’avise pas » .
    courage à vous.

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