Breaking News
Home / Auteur / Harry D / Aux Prises No ratings yet.

Aux Prises

Aux prises…

 

Qu’il parle maintenant ou se taise à jamais…

 

Ces mots me hantent j’attends le déclic,

Pour chaque tierce de silence, le bruit du tac et tic

Des montres et horloges des grands,

Dans cette chapelle de gens blancs,

Résonne encore et encore comme pour me pousser à parler,

Mais mes membres sont figés je suis un prisonnier,

Mes yeux​​ sont​​ fixés sur le prêtre et la belle endimanchée,

Je serre d’anxiété ma cravache,​​ je ne suis qu’un noir palefrenier.

 

Dois-je me taire, dois-je parler,

Les tierces me sont comptées​​ et​​ déjà le prêtre​​ veut s’engager…

 

« Je… je m’oppose ! »

C’est une voix​​ qui l’interrompt​​ dans la chapelle mais pas la mienne

« Je… je m’impose ! »

C’est une autre voix qui s’ajoute à la sienne

« Je… je l’atteste ! »

C’est une autre innocente qui debout fait le courage sien

« Je… je conteste ! »

C’est ma propre voix qui m’échappe et attire tous les regards vers le mien.

 

Ce n’étaient pourtant que quelques tierces

Quelques tierces offertes aux misérables personnes tierces

Pour contredire ou valider cette union perverse.

 

« Vous ne pouvez les mariez ! »

C’est la première voix qui revient conter l’histoire de son non,

« Vous ne pouvez les mariez ! »

Elle ne prend guère le temps​​ pleine de​​ rage et de pleurs, de décliner son nom,​​ 

​​ « Vous ne pouvez les mariez ! »

Voilà la réplique qu’encore et encore elle martèle,

« Vous ne pouvez les mariez ! »

L’époux dit-elle, pour la duper lui avait promis amour, mariage et bagatelles.

 

Qu’il parle maintenant ou se taise à jamais…

 

« Je peux en dire la même chose. »

C’est la deuxième voix, plus candide encore qui s’élève,

​​ « Je peux en dire la même chose. »

Elle narre l’histoire de la rencontre entre ce jeune professeur et elle,​​ élève,

« Je peux en dire la même chose. »

Elle étale les mots​​ les mensonges et les présents qui pleuvaient en abondance,

« Je peux en dire la même chose. »

Et termine par la triste histoire d’une innocence perdue et de sa déchéance.

 

Dois-je me taire, dois-je parler,

Les tierces me sont comptées et déjà le prêtre veut s’engager…

 

« Elle n’est pas la plus à plaindre. »

C’est la troisième martyre, debout enfant en main qui s’engage

« Elle n’est pas la plus à plaindre. »

Le monsieur l’ayant abusé plusieurs fois de chaque grossesse se dégage

« Elle n’est pas la plus à plaindre. »

Sous son charme et ses présents, elle a toujours cédé à cause de sa pauvreté

« Elle n’est pas la plus à plaindre. »

Lui ​​ donnant trois enfants, il l’a privé de tout jusqu’à lui prendre sa dignité.

 

Ce n’étaient pourtant que quelques tierces

Quelques tierces offertes aux misérables personnes tierces

Pour contredire ou valider cette union perverse.

 

Dans la salle les récits bouleversent,

Mais les mégères déjà sous leurs mouchoirs de soie conversent,

Traitant de salopes, de putes​​ et de femmes légères,

Les innocentes victimes d’à peine vingt ans qui prises de courage parlèrent,

Les plus jeunes dames certaines de la haute et d’autres de mon rang,

Prises de larmes​​ se levèrent une à une pour parler au nom de leur sang,

Le sang versé dans la douleur d’un premier acte volé par ce lugubre individu,

Le sang versé dans la douleur de l’avortement de plusieurs petits inconnus.

 

Qu’il parle maintenant ou se taise à jamais…

 

Que dois-je dire,

Quelques têtes se souvenant de mon opposition,​​ 

Se retourne vers moi pour connaitre ma position,

Serrant ma cravache, je refoule plus que jamais l’envie de m’enfuir,

Je dois le dire, je dois parler

De mon amour pour vous dame que je ne mérite point,

De nos moments tendres et saints, depuis le jour de notre rencontre oint,

J’expose à tous cela,​​ espérant que notre amour aura enfin le droit d’exister.

 

Dois-je me taire, dois-je parler,

Les tierces me sont comptées et déjà le prêtre veut s’engager…

 

Je dis l’amour qui me brûle,​​ moi serviteur

De prendre soin de vous, vous aimer de tout cœur,

Je dis la passion qui m’étreint,

A chaque instant complice volé de force au destin,

Je dis la peur qui me hante et vous tient,

Depuis l’annonce de vos noces avec messire Justin,

Je dis nos oui et notre accord,

Notre volonté de fuir cet endroit, pour vivre notre amour et faire corps.

 

Ce n’étaient pourtant que quelques tierces

Quelques tierces offertes aux misérables personnes tierces

Pour contredire ou valider cette union perverse.

 

Mais​​ mes mots n’ont pas eu le retour escompté,

Oubliant même les mots des précédentes victimes éplorées,

La foule de gentilshommes sur moi a plongé,

Comment avais-je osé,

Penser​​ un seul instant,​​ que j’aurais pu nous voler

A ce cruel destin qui à la séparation nous à condamner,

Voilà mon erreur​​ je l’ai payée​​ de ma vie,

Lapidé par des mots et des poings dans la maison de Christ, pour l’amour de ma vie…

Qu’il parle maintenant ou se taise à jamais…

 

HARRY D.​​ , Tous droits réservés Février 2017.

 

 

Avez vous appréciez l'article ?

About lafrique

Check Also

Les Inconsciences Folles 2 (Fou)

J’écris comme noyé sous l’alcool -Et j’aimerais parfois l’être- Mais je suis noyé de tristesse …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *