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UN WEEKEND A DUBAI 2

  • Je me demande bien ce à quoi vous pensez, petite créature.

Il sort cette phrase avec un sérieux et un détachement qui jure avec la façon dont il tient mon visage et dont son corps se rapproche du mien.​​ 

  • A quoi voulez-vous que je ne pense pas ? Cette position… votre attitude, vous ne…

  • Vous êtes belle, encore plus belle que votre sœur mais je ne suis pas un salop. C’est juste que vos cheveux m’ont fasciné sur le coup ; ce volume ondulé naturel, leur longueur indécente, le parfum citronné qui en exalte malgré le fait que vous n’avez pas dû prendre de douche depuis deux jours… Vous aussi vous avez du sang étranger dans vos veines ?

  • Eh bien… je… non c’est juste une anomalie génétique…

  • Ça vous va bien, avec votre jolie peau chocolat et ces délicieux yeux marron, n’importe qui craquerait. Mais je vous ai assez mis mal à l’aise pour aujourd’hui. Mademoiselle… ?

  • Adèle,… Adèle Bamba.

Il se mord la lèvre et demeure comme hésitant une minute. Il m’observe étrangement et alors qu’il se détachait déjà un peu de moi, il revient, m’attrape par la nuque et en moins de temps qu’il ne me faut pour m’en rendre compte, mes lèvres sont prisonnières des siennes. Je consomme ma stupeur ; qu’est ce qui lui prend, qu’est ce qui se passe ? Cette sensation de douceur entachée par sa barbe en cerceau qui agresse ma peau ; ses mains qui quittent ma nuque pour descendre sur mon corps et achever leur course sur mes fesses ; le regard langoureux d’un bleu intense contrastant si bien avec sa peau couleur caramel ; mes mains qui ne savent où se placer pour le repousser et qui finissent logées sur son torse ; la multitude d’électrochocs qui parcourent mon corps alors qu’il me soulève de terre et qu’inconsciemment mes jambes se nouent autour de sa taille ; la multitude d’idées qui défilent en moi quand délaissant mes lèvres, il descend sur mon cou et s’aventure vers l’encolure de ma chemise blanche avec de doux baisers chauds ; les premiers boutons qui s’ouvrent, ma généreuse poitrine qui se dévoile ; je sens que je vais à ma perte si…

  • Euh… je… monsieur…

J’essaye de retrouver le souffle mais je ne le trouve pas ; je ne sais pas qui est cet homme et quel est le pouvoir de ce qu’il fait mais je suis comme envoutée.

  • Alors c’est Adèle, votre genre de fille ?

Cette voix ! Merci Seigneur, cette voix piquante et hautaine, crâneuse et mondaine, ça ne peut être que Claude, ma sauveuse. ​​ A peine a-t-elle parlé qu’il s’interrompt, me dépose lentement, se mordant la lèvre du bas, puis se retourne vers Claude qui élégamment vêtue d’une sublime petite robe noire, éclaire la pièce de son aura raffinée. Elle avait beau se balader de messieurs en grands messieurs, ma sœur n’était pas une fille commune, c’était une dame ; elle avait ce petit air presque de noblesse qui allié à son charme sauvage savait voler les cœurs de ces messieurs de la Haute. Ses copines l’avaient surnommée « la maîtresse distinguée » et à chaque fois que je la voyais en mode séduction, je le confirmais de plus en plus. Elle respirait la sensualité à nulle autre pareille, mais étrangement là, je ne sentais pas son charme opérer sur le jeune boss ; il la regardait avec dédain de la tête au pied, son air trahissait de la rage et un violent dégoût.​​ 

Trois minutes ont dû s’écouler depuis l’irruption de Claude. Personne ne bouge ; Claude reste à l’entrée de la porte, le jeune boss me donne le dos et moi derrière lui j’hésite à rompre cette immobilité pour boutonner ma chemise. Au moment où je me dis que je devrais le faire, il se retourne brusquement vers moi, se rapproche, me donne un dernier baiser que je ne peux lui refuser puis me regarde dans les yeux une très longue minute.

  • Pardon Adèle. Tant pour ce dernier baiser volé que pour ces instants de faiblesse, croyez que je ne serai pas allé plus loin sans votre consentement. Mais navré pour la surprise que ça a dû être et pour la gêne qui se dessine sur votre visage à l’instant.​​ 

  • Je… euh…​​ 

  • Pardon, dit-il encore avant de ricaner un peu.​​ 

Je reste interdite, la honte peut me foudroyer quand je repense à tout ça.

  • Et vous m’ignorez Aziz ?

  • Je vous ai déjà dit que vous n’aviez pas légitimité à m’appeler par mon prénom.​​ 

  • Allons, je serai peut-être votre future belle-mère alors un peu de respect…

  • Une future belle-mère légère au point de vouloir charmer ses beaux-fils ? Non, je crois que mon père se lassera bien vite de vous et vos manigances.

  • Soit, c’est votre avis mais seul votre père décidera… Mais quant à vous, peu importe ce que vous pensez de moi, si vous posez encore une main sur ma petite sœur, je vous achève ! Au sens propre du terme !

  • Je ne suis pas une ordure et ne mêlons pas votre sœur à notre inimitié. Tout ce qui est arrivé dans cette pièce s’est produit sans heurt ni violence et mes intentions envers elle ne vous regarde pas, c’est une adulte.

  • Une adulte d’à peine vingt ans dont je suis la tutrice légale.

  • Vingt ans, va-t-il répété surpris en se retournant vers moi.

  • Oui, elle a vingt ans et je me demande d’ailleurs ce qu’elle fait ici.

  • Je n’allais pas te laisser venir ici seule !

  • Et tu t’es dit que te faufiler dans mes bagages t’aiderait ? Franchement… Je suis une adulte, ta grande sœur qui plus est et si j’en crois ce que j’ai vu tout à l’heure, c’est toi qui aurait plus besoin d’un chaperon…

  • Je… je ne te permets pas ! Ce n’est pas ce que tu crois…

  • Laisses tomber ma puce, je sais, je te charrie juste je suis tout de même fière d’avoir assisté à ta presque première fois… 

  • Claude !!!

  • Première fois, répète Aziz en me fixant abasourdi.

  • Vous oubliez ça ! Tout de suite ! On a… Ça ne vous regarde pas.

J’étais rouge de honte, ne sachant plus où me mettre. Claude, arrivée près de nous,​​ boutonne ma chemise et me prend​​ simplement par la main, me tirant hors de la pièce. Nous tombons tout de suite sur un grand jardin illuminé. Il fait nuit, la pleine lune brille de tout son éclat et le jardin aux milles fleurs, aux milles senteurs, arbres et bosquets resplendit devant nous sur au moins cinq cent mètres carrés. Nous sortons d’une sorte de dépendance reprise du vieux style colonial. En face nous à l’autre bout du jardin, une sorte de palais des mille et une nuits ; la demeure est colossale. On ne rentre pas par l’entrée principale mais par celle​​ de l’aile est ; les intérieurs sont d’un luxe simple et dépaysant à la fois. Je vois du marbre sur les sols, du parquet dans la bibliothèque que l’on travers ouverte, des moulures dorées sur les plafonds et certains poteaux, entre l’extérieur traditionnel et cet intérieur occidental, je suis sidérée. On monte dans les étages et par une fenêtre, j’aperçois derrière la maison l’une des immenses piscines et le reste des​​ jardins qui s’étend​​ jusqu’à la lisière du désert. Nous arrivons ensuite, après un magnifique couloir orné de tableaux de toute sorte à une suite d’un luxe insolent ; elle est décorée dans le style oriental et le lit en baldaquin, les draps de soie, le tapis persan et même le parfum de Jasmin qui traine dans l’atmosphère, achèvent de me convaincre, cette famille doit être extrêmement riche et le mot est faible ! Je m’assois sur un pouf, observant un peu honteuse l’univers dans lequel je me trouve.​​ 

  • Ne fais pas ta villageoise s’il te plait.

  • Hein !?

  • Je comprends que tu sois un peu sonnée par tout ce faste et ce luxe mais ce n’est vraiment rien. Là je reviens d’une soirée avec Ali, il y a des gens dans ce pays mille fois plus riches. Mais revenons à nos moutons, sœurette. Que fais-tu sérieusement là ? Je t’avais dit qu’Ali est un homme sûr ;​​ toi aussi ! J’avais déjà demandé à l’inspecteur Jean de faire son enquête et je ne suis pas la première fille qu’il emmène en weekend ici, je me suis renseignée chez Joséphine son ex ; à part ses pratiques sexuelles un peu étranges c’est un homme bon et digne de confiance.​​ 

  • Ses pratiques ?

  • Chérie ce que je fais dans une chambre, je doute que tu veuilles l’entendre. Par contre, maintenant que tu es là, autant te prévenir ; tiens-toi à l’écart de ses fils. Je ne parle même pas d’Aziz ou son jumeau Ahmed, mais des deux ainés Jafar et Khaled ; évites les comme la peste, je te dis évites les ! Pas un regard, pas une seconde seule avec eux, pour ton bien je t’en prie.​​ 

  • Pourquoi ? Pourquoi cette précision ?

  • Il se passe des choses étranges ici je te promets ; à mon arrivée, Ali n’était pas là c’est Aziz dans sa condescendance qui m’a reçu et m’a introduit à ses frères ; comme j’ai passé le vendredi soir avec chacun d’eux dans la propriété car ils se relayaient pour ne pas me laisser seule et me faire le​​ tour du propriétaire. Tu me connais avec les hommes riches et ce sont de beaux métisses… j’ai un peu flirté et tout du moins j’ai tenté avec Aziz sans succès ni intérêt, j’ai fait rougir Ahmed mais sans plus, mais les deux autres… Je n’ai même pas eu à tenter quoi que ce soit… En deux regards les gars me mettaient à terre et c’est de justesse que je me suis échappée ; c’est arrivé quatre fois en une nuit et une journée et tu me connais je garde pourtant le contrôle dans ces moments… Je ne me suis pas comprise ils ont un truc pas simple dans cette famille, même Ali parfois... C’est comme une sorte d’attraction inévitable, juste en un regard ça te prend et te perd, et vraiment si j’en crois ce que je vis dans l’intimité avec Ali, ce n’est pas un hasard. Donc ma chérie je me rectifie même, tiens-toi à l’écart de tous ces gars… ​​ 

  • Euh… tu m’effrayes Claude tu penses qu’Aziz… Tout à l’heure…

  • Te connaissant maintenant que j’y pense, oui c’est probable qu’il ait usé de cet étrange pouvoir…

  • On est tombé où ? Et tu dis que ton Ali là est un homme bien ? C’est par ça qu’il t’a convaincu pour le voyage ?

  • Je ne sais pas si c’est par ça ou autre chose mais il est réglo ; plus que la journée de demain et on embarque vers vingt-trois heures pour rentrer au pays.

  • J’ai passé combien de temps dans la pièce… avec…?​​ 

  • Juste la journée, j’ai fait déballé mes affaires seulement ce matin et c’est en rentrant de l’expo avec Ali tout à l’heure qu’une servante m’as dit qu’Aziz avait emprisonné une femme qui se cachait dans ma malle.

On a causé ainsi pendant une heure. Après, elle s’est mise​​ en tête de m’habiller pour le diner. Elle me présentera à la famille, mais je devrai rester à chaque fois tout près d’elle pour éviter les pouvoirs des hommes de la maison. D’ailleurs, je n’arrivais toujours pas à y croire d’ailleurs ; c’était absurde et me semblait complètement surfait.​​ 

Autour de la luxueuse table bien garnie, le diner s’engage d’abord silencieusement. Le père m’observe du coin de l’œil, en chuchotant avec sa belle. Les fils me dévisagent tandis qu’Aziz assis à ma droite les foudroie du regard et me glisse quelques banalités. Le repas se termine sans embrouilles fort​​ heureusement. Je retourne soulagée dans ma chambre avec ma grande sœur. Plus qu’une journée à endurer et ce sera bon, on rentrera chez nous. Mais c’était sans compter sur le fait que la nuit ne faisait que commencer… Vers minuit moins le quart, une servante vient réveiller Claude, monsieur Ali la réclame… Les yeux embués de sommeil, je regarde Claude partir après un léger regard d’hésitation à mon endroit.​​ 

​​ Vers minuit quinze, je ne trouve absolument plus le sommeil ; l’atmosphère de la maison et de la pièce me semble suspecte et lourde. Je m’emballe dans ma couverture, craignant de voir un monstre ou un des étranges fils apparaitre. Et comme dans une intuition que quelque chose se passerait, j’entends un cri ; un cri de femme, je n’ai même pas le temps de penser ou de douter, je pense Claude ! Je bondis de mon lit, réenfile mon jean et un haut trainant par là. Je fouille la pièce à la recherche d’une arme de fortune, rien à l’horizon si ce n’est le manche à balai. Je le prends donc et me faufile à l’extérieur. Les couloirs sont subitement devenus d’un silence de mort. Je ne sais même pas par où avancer mais je sais que Claude m’a dit que la chambre du vieux était au centre du bâtiment, au deuxième sous-sol. J’avance sur mes gardes, dans le dédale de couloirs dont le luxe me parait maintenant une horreur. Je ne sais pas s’il faut que je crie Claude… non ça risquerait d’éveiller des soupçons. Arrivée vers le hall de l’entrée principale, je vois les escaliers qui doivent mener aux sous-sols. J’arme mon bâton et marche sur la pointe des pieds. Je descends d’un étage et tombe sur un couloir sombre dont toutes les portes sont blanches à l’exception de la dernière qui est rouge.​​ 

Je prends une inspiration et continue mon excursion dans le château pour tomber au deuxième sous-sol. Là, je n’ai pas trop de questions à me poser. ​​ Il y a deux portes une massive qui se tient devant moi et celle de la bibliothèque privée de monsieur Ali qui est au fond sur la droite ; enfin, je crois que c’est ça. Je colle mon oreille à la porte pour entendre ce qui se passe et voir un signe de vie, pas une mouche. Je m’approche encore et serre l’oreille contre le bois, je mets toute mon attention sur mon oreille et réussit à percevoir des bruits de frottements… Mais…

Une main se pose sur mon épaule, je veux crier, elle arrête ma bouche, on me soulève de terre et on me tire jusqu’à la bibliothèque privée avant de refermer la porte sur nous. L’assaillant me relâche sans retirer sa main de ma bouche ; c’est Aziz.​​ 

  • Qu’est-ce que tu fais ici, demande-t-il en chuchotant.

  • Je…, bredouillais-je baissant les yeux, me souvenant du maléfice.

  • C’est le cri de ta sœur n’est-ce pas ? Ne t’inquiètes pas, elle sera toujours vivante demain ; pas entière mais vivante.

  • Pas entière ???

  • Chut ! Si on t’entend petite créature on risque de te faire du mal… Père… lui prends une partie de sa jeunesse ; elle ne le ressent pas vraiment mais, à chacun de leur rapport, par la dureté de l’acte et les mots qu’il prononce, il lui prend un peu de sa vie, de sa jeunesse et de sa chance… Il la paiera grassement après et elle n’aura plus à se plaindre d’un quelconque besoin pour le reste de ses jours mais, c’est ça… Désolé…

  • Comment ???? Comment pouvez-vous laissez…

  • Ah décidemment, tu es têtue ; pour ta gouverne, les petites vierges pour ses rituels s’est très précieux or, je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit. Je ne peux empêcher père de faire ce qu’il fait, nous sommes maudits ainsi et à cause du cercle auquel appartient notre famille,… et si j’en crois la façon dont tu évites soigneusement mon regard, je suppose que tu sais ​​ pour le sortilège d’attraction…

  • Oui…

  • Juste pour que tu saches, je ne l’ai pas utilisé à notre premier baiser et tu me répondais déjà, je ne l’ai pas utilisé devant ta sœur et même si tu étais hébétée, tu m’as inconsciemment répondu…​​ 

  • Ça​​ ne veut​​ rien dire !

  • Oui, mais tu me plais vraiment petite créature…

  • Arrêtez de m’appeler…

Trop tard, mon regard vient de croiser le sien et déjà je sens mes sens en ébullition… Sans trop comprendre ni comment, ni pourquoi, je me retrouve allongée nue sur le canapé et lui au-dessus plonge son regard dans le mien pour me demander si je suis prête. Comme une marionnette stupide, j’acquiesce. Il s’engage donc, d’abord doucement, puis durement ; la douleur est intenable, insupportable… J’en perds connaissance.

 

Je me réveille en sursaut et en sueur. Je suis habillée, mais de mon pyjama en flanelle habituel ; je ne suis plus dans le château, je suis dans ma chambre à l’université. Fleur, ma meilleure amie et colocataire m’observe stupéfaite.

  • Mama Adèle ! Tu cries quoi comme ça dans ton sommeil ?

  • Mon… mon sommeil ?

  • Oui, tout ça même tu dors encore en plein midi. Figures toi que j’ai appris un dernier divers par ta sœur au salon de beauté ; tu savais qu’elle sortait avec le prince Ali ? Et qu’en plus de ça le gars l’invite passer le week-end prochain à Dubaï ?​​ 

  • Quoi !????

  • Je te dis moi-même j’étais dépassée ! Un gars qu’elle connait hier-hier ça ne fait même pas un mois, voilà qu’il l’emmène déjà en voyage. Eh les chanceuses…

Je n’écoutais plus un seul mot de ce que disait Fleur ; tout ça n’était donc qu’un rêve ? Mais c’était si réel, les gens, le lieu, Aziz, ma… Je tire les draps pour regarder entre mes jambes car j’ai mal et en effet mon entrejambe est teinté d’un léger rouge ; ​​ je ne comprends pas, je crois que je deviens folle. Qu’est ce qui se passe ??? Voilà donc mon téléphone qui sonne, numéro privé. Je décroche :

« Pardon petite créature, c’est le seul moyen que j’avais de te prévenir, prends soin de toi, Adieu. »

 

FIN ?

By​​ Léandra D, Tous droits réservés. 22/01/17.​​ 

 

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