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Un weekend à Dubaï (1)

 

Il fait sombre ici, je commence à avoir du mal à respirer et la petite marge de mouvement que m’impose cette malle commence à me peser. J’ai des fourmis dans​​ les jambes, des crampes dans les cuisses, le dos endolori et la nuque prête à se briser ; si l’on ne livre pas vite la boite dans laquelle je me trouve à l’hôtel où loge Claude, je sens que tout ce qu’on retrouvera de moi c’est un cadavre comme on en voit​​ trop souvent aux informations. Ah ! Mais qu’est ce qui m’a pris de jouer les clandestines sur ce vol ? Je voulais suivre et protéger Claude certes, mais si le prix est de mourir là en vulgaire clandestine, c’est bien cher payé même pour aider ma grande sœur. Ah oui, j’oubliais, Claude c’est ma grande sœur.

D’ailleurs faisons les présentations, je m’appelle Adèle ; je suis la benjamine de la famille Bamba et Claude, est l’ainée de mes grandes sœurs, la plus belle mais aussi la plus rebelle d’entre nous. Sur​​ un coup de tête, sans en parler à papa qui était descendu dans ses exploitations à l’Est du pays, elle décida de suivre une de ses conquêtes du presque troisième âge pour cette expédition à Dubaï. Rien ne l’en empêchait m’a-t-elle dit ; mon grand frère Simon reste surveiller la maison et aime​​ tellement sa liberté qu’il n’aurait même pas l’idée de se plaindre de son absence. Moi je ne vivais plus à la maison mais dans une cité près de la fac donc je n’étais même pas supposée être au courant. Elle, libre de toute obligation car sans travail ni personne à charge, serait allée tous frais payés pour ce court séjour de trois jours à Dubaï avec le prince Ali, sans que personne ne s’en soucie. Heureusement pour elle, elle en parla à la sortie du salon de beauté avec ma meilleure amie Fleur qui eut tôt fait de me rapporter les faits.​​ 

C’était une aventure inconsciente ! Elle ne connaissait son bon gars que depuis un mois que déjà elle s’embarquait pour un voyage incognito avec lui ? Je ne pouvais pas laisser faire ça ! Je lui ai dit ses quatre vérités la veille de son départ, parlé à cœur ouvert de ce que je pensais de sa légèreté, de l’inconscience folle et des risques qu’il y avait à suivre un inconnu aussi loin. « Si il t’arrive quelque chose, qui viendra te chercher ? Tu connais qui là-bas ? Tu ne sais même rien de ce monsieur Ali ! Claude ??? Tu iras à Dubaï un jour, par tes propres moyens c’est possible ou au moins avec un homme que tu connais mieux… Georges par exemple ! Il ​​ n’est pas milliardaire mais il a​​ les moyens de t’y amener, en plus il t’aime tellement qu’il ne te refuserait rien ; un homme prêt à t’épouser… Allons,​​ Claude, ne sois pas folle et entêtée, écoutes moi. Je suis ta petite sœur mais écoutes moi... ». Quels arguments n’ai-je pas sorti​​ pour la convaincre et la ramener à la raison. Mais rien, rien n’y a fait.

Le lendemain, valisette en main et malles​​ de bagages -offertes par son Jules d’une bonne soixantaine- bien apprêtées, elle embarquait dans le gros véhicule tout terrain qui devait la​​ mener à l’aérodrome, d’où décollerait le jet privé de monsieur Ali. Moi toute désespérée, dans un ultime coup de folie, plongeais dans un de ses moments d’inattention dans une des malles de vêtements. Fait quoi fait quoi, je n’allais pas laisser ma sœur dans un tel merdier sans rien faire. En quoi est ce que ma présence ou mon acte changerait le cours des choses, je n’en avais à ce moment-là aucune idée et je n’en ai toujours aucune d’ailleurs ; mais je sais une chose, je ne laisserai jamais ma sœur qui a​​ été comme une mère après le décès de maman, courir un tel risque sans rien tenter pour la sauver ou l’aider. Si dans cette aventure quelque chose arriverait, je serai là et on l’affrontera à deux.

Tiens ! Mais que ce passe-t-il ? Quelqu’un ouvre la malle ?​​ J’entends des voix et des bruits, mais la langue ne m’est pas connue. Aïe ! Toute cette lumière m’aveugle. Et pourquoi tous ces cris ? Claude, tu es là, où…

Quelque chose s’est abattu sur ma tête, on m’a surement frappé. Je ne m’en rends compte que maintenant, car je reprends à peine mes esprits mais je ne suis surement plus à l’endroit où se trouvaient les malles. Quant à ces hommes devant moi, je ne sais décidemment pas que penser. Je suis assise au sol dans une pièce sombre n’ayant pour seul meuble que​​ la chaise où est assis le plus jeune de l’équipe, qui semble aussi être leur chef. Les gorilles debout sont d’un noir ébène que leurs costumes tout aussi noirs ne font que rehausser. Le jeune homme assis par contre est vêtu d’une tunique blanche et à la couleur de sa peau, je lis tout de suite un délicieux métissage ; il a une allure sportive et assez de carrure, beaucoup de charme et une classe que le regard supérieur et inquisiteur qu’il dépose sur moi, trahit sans vergogne. Si je n’avais pas si peur de la situation, je pense que je le trouverai vraiment très beau mais bon… Revenons à l’essentiel et aux deux gorilles qui avancent vers moi puis me soulèvent du sol comme si je ne pesais rien.​​ 

Ils me relèvent et me tirent pour m’amener à leur patron, je ne sais pas ce que je dois dire ou penser mais j’ai peur. A cause des mouvements pendant qu’on se​​ déplace, je remarque que l’un d’eux porte une arme à feu, mon sang ne fait qu’un tour. Que va-t-il m’arriver ?​​ 

  • Pitié, ne… je… me faites pas de mal je vous en prie. Je… Claude, je… Je tenais juste à la protéger et où ? Je…

Pendant que je balbutiais tout ce que je pouvais, le jeune homme inclina la tête un peu entre étonnement et moquerie. Quand il ouvrit la bouche, j’hésitais entre soulagement et envoutement,… sa voix et son accent… Oh punaise Adèle revient sur terre je t’en prie !

  • Vous connaissez Claude alors ?

  • Oui… c’est ma grande sœur.

  • Je me disais aussi que la ressemblance n’était pas fortuite… Elle sait que vous êtes là ?

  • Non, je suis entrée dans sa malle, elle​​ ne sait pas. Je ne voulais pas la laisser seule avec…

  • Mon père ?

  • Votre… ? Monsieur Ali… ?

  • Oui. Et je comprends vos appréhensions, je me méfiais tout autant de votre sœur. Et avec raison…

  • Qu’est-ce que vous sous-entendez !?

  • Ce que vous savez aussi bien que​​ moi. Une jeune et jolie femme comme ça avec un vieil homme de cet âge, personne n’est dupe…

  • Je ne vous permets pas !

  • Ne montez pas sur vos grands chevaux, je n’insulte pas votre sœur, j’ai juste l’habitude des conquêtes de mon père. ​​ Rachid, Djamal, out !​​ 

Et les deux gorilles sont sortis de la pièce, allumant au passage les autres lumières de la petite pièce d’un blanc immaculé. A peine fermèrent ils la porte que l’idée fit un boom dans ma tête, j’étais seule dans la pièce avec le jeune boss. Je fais instinctivement un pas en arrière ; il se lève. Je recule d’un autre pas, toujours avec son air entre stupeur et moquerie, il avance vers moi.​​ 

  • Je… Ecoutez, euh… je… je…

  • Allons…, dit-il avant de rire à gorge déployée ; calmez-vous, il n’y a pas de raisons.

  • De​​ raisons…, je viens de me cogner dans le coin du mur ; monsieur… je vous en prie…

  • Vous n’avez pas à…

Il passe sa main sur ma joue, je suis tétanisée ; il la remonte dans mes cheveux, les observe longuement, c’est étrange, surréel. Il se baisse vers moi (oui​​ c’est vrai, je suis un peu petite face à lui : à peine un mètre soixante-trois, face à un bonhomme d’un mètre quatre-vingt-dix). Son visage s’approche du mien, je lève les yeux et retiens mon souffle ; son parfum me gêne et m’envoûte un peu, la peur m’étrangle et mon​​ corps surement fatigué se perd​​ entre la frayeur et l’envie étrange que suscite le drôle de bel homme. Je ne lis pas des intentions violentes dans son attitude ; on dirait qu’il joue avec mes cheveux, je crains le psychopathe mais m’étonne de​​ son calme. Finalement, il plonge son visage dans mes cheveux, pour humer leur parfum ; au bout de cinq bonnes minutes, il prend mon visage entre ses deux grandes mains se tient face à moi et je vois mon existence défiler sous mes yeux, ma virginité s’envoler, moi me faisant tuer et disparaissant​​ ​​ dans ce pays inconnu, que dira​​ papa, et mes études dans tout ça…​​ 

  • Je me demande bien ce à quoi vous pensez, petite créature.

Il sort cette phrase avec un sérieux et un détachement qui jure avec la façon dont il tient mon visage et dont son corps se rapproche du mien.

(A suivre…)

 

By Léandra D, Tous droits réservés. 21/01/17.​​ 

 

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