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INVICTUS 1

*

La fille leva les yeux et vit une scène horrible, le cadavre de son petit frère éventré. Elle était assise sur le sol carrelé blanc, les pieds tendus et les mains sur ses cuisses.​​ Elle​​ voulut crier mais ne put se résoudre ​​ à le faire, tellement la peur la contrôlait.​​ 

« Meurs ! »​​ 

Entendit-elle avant de fermer les yeux par reflexe et d’avaler le peu de salive qui lui restait. Elle ouvrit la bouche tétanisée et les gouttes de sang de​​ son cadet se déversèrent dans sa bouche.

« Ferme la bouche » pensa-t-elle mais ne put le faire. Elle recueillait le sang frais qui coulait du plafond.

Les intestins de son frère pendaient et l’odeur de son colon était infecte. Ils avaient été soigneusement détachés et touchait presque le sol.

« Bois ! »​​ 

Entendit-elle, la voix était plus rocailleuse que la première fois. La peur qui la contrôlait fit qu’elle s’exécuta et but.

« Meurs et deviens une des nôtres ! Rejoins-nous ! »​​ 

Dit la voix, de façon brutale et imposante.

Elle jeta un coup d’œil évasif à celui qui avait été son frère. Il était ‘ouvert’ et « mon Dieu »pensa-t-elle, il n’avait plus d’yeux.

« Bois ! »​​ 

Ordonna la voix de nouveau.

« Bois et ne t’arrête pas, ne t’arrête pas de boire ! »​​ 

Continua-t-elle cette fois en un chuchotement au creux de son oreille.

Des larmes silencieuses perlaient sur les joues de la fille et formaient un petit lac sur ses mains ouvertes au-dessus de ses cuisses. Elle pleurait et buvait encore et encore.

Elle ne voulut​​ pas croire ce que ses oreilles entendaient, elle ne voulut même pas croire ce que ses yeux voyaient. Il était cloué au plafond, le ventre déchiqueté, les yeux retirés, les intestins balançant dans le vide, le sang se vidant de son corps. Elle voyait tout ça, elle entendait la voix, sans pour autant s’arrêter de boire comme la voix l’avait ordonné.

« N’aie pas peur, je sais que tu ne t’en souviens pas, c’est pourquoi ça ​​ te semble dur. » Lui dit une femme recouverte entièrement par une robe rouge sang avant​​ de lui empoigner le cœur de LA dague dorée.

La fille vit sa vie défiler devant elle et ferma la bouche en buvant une dernière gorgée de sang. Elle revit cet instant où elle avait essayé de noyer son cadet dans du sang de cochon, dans la porcherie derrière​​ leur maison. Elle dénigra ce souvenir car elle ne crut pas qu’elle eût pu faire ça un jour. Pourquoi aurait-elle voulu faire cela ? N’était-ce donc pas son frère bien aimé, le seul membre de sa famille qui lui restait.​​ 

Elle vit encore un autre souvenir, elle était dans une robe blanche immaculée, une paire de ciseau entre les mains. Ses parents étaient couchés dans leur lit, aussi en vie qu’un chien mort. La peau de leurs visages était arrachée, ils n’avaient plus aucun cheveux sur la tête. Ils étaient couverts sous une couverture blanche en coton, qui étrangement avait de magnifiques décorations rouges aux yeux de la fille. Elle vit ses parents se vider de leur sang, par leurs cou largement entaillé dans deux gros bocaux en verre​​ transparent et elle se vit​​ souriante, la paire de ciseaux souillée par des morceaux de chairs et du sang coagulé.

La vérité la frappa soudain, elle était un DEMON, un être du mal, et elle aimait ça. Elle aimait le goût du sang, l’expression qu’avaient les gens avant la mort. Elle adorait les voir d’abord surpris, ensuite détendus croyant que ce n’était une farce et enfin les pupilles dilatées qu’ils offraient avant la mort était tout simplement splendide.

Elle se souvint de ce qui s’était passé avec son frère cadet. Elle avait attendu qu’il s’endorme pour agir. Elle était lâche et elle le savait, elle détestait les combats. Quand il fut endormi, elle se saisie d’un vase et le brisa de toutes ses forces surhumaines sur sa tête. Elle le donna ensuite au ‘aînés’. Elle allait bientôt faire partie de ‘la famille’.​​ 

S’en suivit alors des cris poussés par son cadet lors de son sacrifice. Ils le violèrent, toute ouverture de son corps fut exploitée. Ils l’éventrèrent et le violèrent encore, ils y passèrent leurs doigts, leurs pieds, leurs​​ langues, leurs sexes, tous sans exception. Il rendit l’âme quand il fut éventré. Le pauvre n’avait pas eu droit à une mort rapide et agréable. Même ses narines furent possédées par un membre.​​ 

La fille souriait, elle n’avait pas de cœur, après tout, quel démon digne de son nom en avait ? Il fallait qu’elle se débarrasse de ce qui lui restait d’humanité, si à jamais elle en avait eu à une quelconque époque. Alors, elle les tua tous et les offrirent en sacrifice, sa famille. Elle embrassa la femme qui lui mit​​ la dague dorée dans le cœur. Un baiser langoureux, pervers, fallacieux, immonde, plein de sang. Elle étreignit la femme et lui versa le lac de larmes qui étaient dans le creux de ses mains sur le dos puis expira.

Le ciel se fendit en un grondement strident comme pour indiquer aux démons qu’ils avaient un nouveau membre. L’orage s’en suivit, violent et impitoyable. La lune prit peur et se cacha derrière les nuages sombres et épais. Alors, les démons cachés sortirent des ombres et se matérialisèrent. Ces démons avaient des formes hideuses et répugnantes. Ils étaient nus et c’était dégoutant. Ils étaient au nombre de quatorze en comptant la femme qui avait poignardé la fille et ensemble, ils entourèrent la fille. L’un d’entre eux dont la tête était celui d’un​​ bouc noir aux yeux rouges décocha le cadet de la fille d’un geste vif et agile. Un autre qui avait une queue de serpent, un corps d’humain et une tête d’autruche s’empressa alors de récupérer le corps tombant.

Une forme différente des autres apparut à leur​​ centre. Un amas de détritus se formait, des vers en cours de décomposition, des rats à moitié écrabouillés, des intestins d’animal déjà décomposés et à peine reconnaissables, des serpents à tête de scorpions, formaient tous un ensemble grandissant qui prit forme humaine.​​ 

Ils s’inclinèrent tous devant lui et en unissions crièrent :​​ 

« INVICTUS »

*

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 1 : Sacrifice Raté

« Je ne suis pas folle vous savez, je ne suis pas folle même si répéter cette phrase une dizaine de fois voire une centaine ne​​ me rend pas très crédule. » Avait commencé Madame Staine, ce matin quand je me suis rendu auprès d’elle, dans sa chambre toute blanche de partout à l’exception de quelques objets.

« Vous savez, reprit-elle en retirant de son paquet une cigarette maigre et​​ moche qu’elle s’empressa de mettre en bouche, je sais que vous ne me croirez jamais, même si ce que je dis c’est la vérité, du moins pour ma part. Mais qu’est-ce donc la vérité docteur ? Pouvez-vous y répondre sans être le moins du monde ambigu ? ​​ Allez-y​​ Docteur, répondez. Continua-t-elle d’un ton moqueur et provocateur. Vous me passez le briquet docteur ? Je veux du feu. » Je lui tendis le briquet et allumai sa cigarette pour elle.​​ 

« Merci docteur, vous êtes vraiment gentil et bel homme. Si vous n’étiez​​ pas aussi carré, vous seriez tout à fait mon genre. » Lâcha-t-elle en un éclat de rire désagréable. Son humour noir n’était jamais drôle, du moins pas pour moi.

« Vos yeux sont si purs, ils sont vraiment trop innocent à mon goût. L’innocence et la naïveté​​ devraient être des péchés mon cher Docteur. »

  • Madame Staine, veuillez s’il vous plaît regagner le nord et causons de ce qui est notre focus ! L’interrompis-je vexé et exaspéré d’écouter des récits qui ne voulaient rien dire.

  • Oh mais les psys ne sont-ils​​ donc plus comme avant, comme on se l’imaginait ? Des gens qui écoutent leurs patients calmement et sans​​ interruption inappropriée ? ​​ Vous me faites là bien rire mon cher docteur. Qui sait si dans mes histoires et mes plaintes ne se trouvent pas la solution​​ à mon problème ! Lança-t-elle sans manquer de se moquer de moi entre deux trois fumés.

  • Parlez-donc, je vous écoute.

  • Voilà qui ma foi est un peu plus raisonnable. Très bien comme je le disais Docteur, …

Je restai pendant quatre longues heures à écouter Madame Staine, une patiente assez taciturne et bizarre, la plus bizarre que je n’ai jamais rencontré de toute ma carrière bien que je n’ai que de trois ans dans ce métier, le premier et le seul que j’ai pu exercer en mes vingt-sept année d’existence en ce bas​​ monde. Encore, comme à chaque fois à la fin de nos séances, je débarrassai sa chambre de tout objet susceptible de produire la ​​ moindre flamme et une assistante m’aidait à sortir avec les mégots de cigarette dans le petit bol en argile vert. J’en sortais​​ toujours fatigué et épuisé, des fois en colère. Même si ma profession me l’interdisait, cette femme faisait naître en moi des émotions de dégoût profond.​​ 

Une fois dans mon bureau, je m’assis derrière ma table soigneusement rangée, sur mon fauteuil confortable et je me remis à lire le dossier de Madame Staine qui m’avait était donné depuis déjà pratiquement trois mois et demi. Madame Hélène Staine, mariée et mère de deux enfants, Anne Jessica Staine et Yves Bryand Staine, était ou en fait est une femme à la​​ personnalité soit troublée, soit vraiment perfide, perverse et dégoûtante, vraiment dégoûtante. Je n’arrivais pas encore à comprendre son cas, ses pensées, sa façon d’être. Des matins elle pouvait être totalement folle au point de nécessiter des camisoles​​ de forces et d’autres fois, cynique, moqueuse et extrêmement dévergondée. Elle riait des trucs qui en temps​​ normal ne devrait pas faire rire. D’après les rapports, et les dossiers qu’on m’avait confié, Madame Staine été porté coupable pour agressions physiques et morales sur ses deux enfants. Je me souviens encore très bien de la conversation que j’avais eue avec la petite Jessica âgée de douze ans et de Bryand âgé de sept ans et demi.

&

  • Vas-y Jessica, n’ait pas peur, parle-moi. Maman ne te fera plus​​ jamais rien.

  • Promis ? M’avait demandé la petite fille, les yeux tremblants de peur et cherchant un refuge en lequel se confier.

  • Promis, juré. Bras de crois, bras de fer, si je mens je vais en enfer.

  • Et Bryand sera en sécurité lui aussi ? Ses yeux noirs cherchant au fond des miens un secours.

  • Oui, il le sera. Lui répondis-je d’un ton rassurant.

  • Maman, maman, elle aimait beaucoup m’embrasser là. Me dit-elle timidement, la tête baissée et la main posée sur son sexe.

  • Là ? Fis-je interloqué et très choqué.

  • Oui là. Elle m’enchaînait sur le lit à l’aide de menotte en jouet​​ qu’elle ramenait à la maison très souvent. Elle se mit à trembler resserrant ses mains mouettes sur son jean décoloré.​​ 

  • Continue Jessy. Essayai-je de la réconforter.

  • Elle faisait asseoir Bryand sur sa petite chaise et lui murmurait des mots à l’oreille. Puis, elle revenait vers moi et me bâillonnait. Ensuite, elle me déshabillait et me versait de l’eau glacée sur le ventre d’une​​ main et de l’autre me versait du thé chaud sur une cuisse, ma cuisse​​ droite. Maman disait qu’il faille que je ressente le chaud et le froid, que deux sensations contraire, c’est bon. Mais moi, je ne trouvais pas ça bon, alors je pleurais, et je voulais parler pour que maman me libère, mais j’étais bâillonnée. Maman me disait alors qu’on ne pleure pas pendant l’amour, que quand on montre une preuve d’amour à quelqu’une, elle ne doit pas pleurer.​​ 

Elle fit une pause et me regarda droit dans les yeux. Des larmes chaudes coulèrent le long de ses joues. Je n’osais imaginer ce que​​ cette petite avait dû ressentir, ce par quoi elle avait dû passer, ce dont elle avait souffert. Je ne savais même pas comment la consoler. Je me demandais comment elle avait pu survivre à tout ce drame. Pourrais-je sauver ces enfants de la démence future​​ qui les guetterait ? Non, ils étaient beaucoup trop pour moi.​​ 

  • Elle me, elle me piquait avec, avec… La petite Jessica se mit à crier telle une possédée. Elle se secoua la tête de façon accablante, elle se tira les cheveux, les arracha, se leva de sa chaise​​ et tourna de l’œil.

Le vent souffla soudain très fort, bizarre vu que nous étions dans une pièce totalement fermée, sans fenêtre pour y laisser passer le vent. L’air prit une teinte verdâtre dans la salle d’interrogatoire de la police. Le policier qui était dans la salle avec nous prit peur et paniqua, en cherchant à s’enfuir de la salle, mais s’écroula devant la porte sans pouvoir sortir son trousseau de clefs.

​​ Yves Bryand était assis sur sa chaise, et un teddy bear en main, ce que je n’avais pas remarqué et je puis affirmer qu’il n’en avait pas en entrant dans la salle. Sa tête était penchée vers la droite, à quatre-vingt-dix dégrées. Je me frottai les yeux pour être sûr que je voyais bien, un enfant qui courbait sa tête ainsi, c’était impossible. Ses yeux, ils n’avaient plus d’iris. Il était​​ comme un zombie. Ses lèvres se fendirent en un rictus dangereux, comme celui des épouvantails dans un champ de maïs lors d’halloween.​​ 

​​ Jennifer tomba et de ses mains se griffa le visage comme une folle. La lumière clignota à un rythme inquiétant, je commençai à avoir la chair de poule. Je n’aimais pas ça, ça sentait le roussi et je déteste l’odeur du roussi. Ensemble ils entamèrent une litanie des plus bizarres en une langue qui m’était inconnue​​ 

« Zwan ghun tin

Eclairsisium edan luminum

Longevidad cruellusom jinkouu deueôt​​ 

Yupoiewoej killijeenf. »

Après ça, ils s’écroulèrent tous. Quelques secondes plus tard ce fut mon tour, Blackout !

&

Cette interrogatoire resta la plus bizarre de toute ma carrière voire même​​ de ma vie.​​ 

Je finis par me lasser du dossier de madame Staine, et j’entrepris de m’attaquer à mon hamburger posé sur ma table depuis huit heures du matin et il était déjà ​​ cinq heures du soir. Le micro-onde se tenait à l’autre bout de la salle, mais j’avais la flemme d’y aller. Je mangeai mon hamburger froid et sans saveur bien content. Soudain, je crus voir une ombre assis à​​ mon bureau. Je fis une pause sur mon hamburger et frottai mes yeux pour bien voir. L’ombre en forme humaine avait disparue.​​ 

J’haussai mes épaules, « ça doit être la fatigue » me dis-je.​​ 

Les rideaux derrière moi se mirent à se soulever jusqu’au niveau de ma tête. Le phénomène me semblait bien étrange vu qu’il n’y avait pas de fenêtre dans mon dos, les rideaux étaient juste une décoration. Je me tournai et j’aperçu au milieu des rideaux déjà redescendus une femme à la longue chevelure bleue. Elle me semblait bien transparente pour une humaine, et surtout, elle était bien nue. Je clignai des yeux pour m’assurer que je ne rêvai pas encore, et elle était toujours là. Mon hamburger mâché à la bouche, je frottai mes yeux du revers de ma main gauche et elle était encore toujours là. Mes poils commencèrent à s’hérisser, et j’ouvris la bouche comme un vieux con. Elle était là, ses yeux bleus inexpressifs, debout, droite, ses cheveux bleus flottant dans un vent inexistant, sa peau encore plus blanche que de la neige pure. Puis elle disparut. Je crus d’abord que j’eusse rêvé puis je sus que non, j’avais frotté mes yeux et elle était toujours là. J’haussai à nouveau mes épaules et me tournai pour déguster mon hamburger, et je revis la femme transparente assise sur mon bureau.​​ 

« Ok je te vois, t’es qui toi ? »lui dis-je.

En réponse j’eus droit à un rictus qui me révéla une dentition que je n’aimais​​ pas du tout. Des dents pointues, encore plus que ceux des vampires, bien que je n’en ai jamais vus. Je gloussai et avala mon hamburger mal mâché de travers, ce qui me fit toussoter. Ç’à en était de trop, mon imagination trop fertile me jouait des tours. Il fallait que je change d’air. Mon cœur palpitait malgré moi, et mes membres tremblaient eux aussi. J’eus la chair de poule sans m’en rendre compte et je caquetai comme une​​ poule ayant un couteau au cou. Je me levai avec grande peine de la chaise, la femme​​ avait à nouveau disparut, et il fallait que file.​​ 

Debout, je crus voir le décor de mon bureau changer graduellement, il devint rouge, comme fraîchement peint de sang. Je n’y comprenais rien et je m’efforçais à calmer mon cœur qui voulait s’échapper de ma​​ poitrine. La fenêtre fermée sur ma gauche s’ouvrit brusquement et laissa entrer un vent sec, tellement sec qu’il me se mit à me blesser la peau. Il me charcutait comme une fine lame de samurai, mais juste des blessures superficielles comme s’il prenait un​​ quelconque plaisir à m’entailler. Un liquide rouge sang se mit à couler du plafond, je levai les yeux et quelques gouttes tombèrent dans mes yeux. Je les refermai aussitôt, lâchant mon hamburger, baissai ma tête et frottai mes yeux du revers de mes mains​​ avec ardeur. Allais-je devenir aveugle ? Je sentais que quelque chose me guettait, enfaite non, qu’ils y avaient de nombreux yeux braqués sur moi, dents dehors prêts à me déchiqueter. ​​ 

« Alors comment se porte notre Docteur ma chérie ? » Dit une voix quelque peu rauque et enjouée.

« Il est là, prêt à être sacrifié. Vous auriez dû m’écouter Docteur, vous auriez dû. J’ai essayé de vous sauver la mise. » Dit une autre voix.

*  Madame Staine ? * Songeai-je.

Là c’était la voix de Madame Staine, j’en étais sûr,​​ mais je ne pouvais voir, mes yeux étaient encore endoloris.

« Lève la tête et regarde nous ! » Ordonna la première voix.

Je me surpris à obéir et miraculeusement je voyais sans aucune peine. Mais je n’étais pas sûr de ce que je voyais. J’étais dans une salle haute de plus de​​ vingt mètres d’après mon estimation. Les carreaux étaient rouges, j’apercevais à peine le plafonnier. Les murs étaient recouverts d’inscriptions, de cercles plus ou moins effrayant. La pièce était éclairée par une lumière rouge qui faisait mal aux yeux. La salle était tellement vaste que quand je me retournai, je ne vis même pas de porte prévue pour la sortie. Je me tournai vers l’avant et le spectacle qui s’offrit à moi me fit déglutir. Je portai ma main à ma bouche, sûr de vomir, mais​​ même les vomissements ne voulaient pas voir ça alors ils restèrent coincés dans ma gorge. J’avais la nausée, je me sentais voilé au plus profond de mon être, mes poils s’hérissait au maximum, mon cœur battait tellement fort qu’il me faisait mal à la poitrine.​​ 

Je voyais une madame Staine nue et allongée à une sorte d’autel de sacrifice. La femme transparente à la chevelure bleue, près d’elle, ses croques dehors. Madame Staine avait les pieds et les mains écartés et suspendus par des chaînes noires dont les​​ bouts se perdaient dans la hauteur du bâtiment. La femme à la chevelure bleue s’agenouilla et lui embrassa le sexe, ensuite elle le lui mordit ce qui arracha un cri à Madame Staine. Elle cria et lança des jurons indéchiffrables. La femme se leva, suçant le​​ sang au bord des lèvres avec un plaisir immonde. Elle s’étira la nuque et me sourit.

« Ça te plaît ? » Me lança-t-elle.

Je n’osai pas répondre, n’y même penser à une réponse. J’essayai de penser à autre chose en vain. Je voyais et revoyais ses croques acérés sortir et s’enfonçant dans le sexe de ma patiente. Le dégoût ne saurait exprimer même à un pourcent ce que je ressentis. J’avais la bouche amère, le ventre qui se retournait, ​​ les mains qui souffraient de tremblote et les pieds prêts à s’écrouler et malgré tout, je tenais debout sans trop savoir pourquoi.

La femme s’avança de l’autre côté de l’autel qui m’étais caché et ramena un seau transparent d’environ cinq litres, ainsi qu’une dague dorée, qui scintillait à la lumière rouge, qui émanait de je ne sais où. La tête de Madame Staine pendait dans le vide parce-que l’autel était trop petit et ne pouvait contenir que son dos. La femme mit le seau juste en bas de la tête de Madame Staine et lui entailla gentiment l’oreille de La dague. Le sang coulait à petites gouttes, de son oreille au seau, et la femme léchait le sang sur la dague avec plaisir. Elle leva les mains et lui arracha l’ongle de son pouce, ensuite de l’index et de tous les autres doigts et orteils. Madame Staine criait telle une damnée.​​ 

Au moment où elle lui lacéra le téton droit, je m’évanoui sur le sol et je ne sais comment mais je sentis le regard de la femme transparent sur moi.

 « Oh mais tu nous reviendras, même si tu as pu être sauvé là » Dit la femme quand mon crâne trouva brusquement​​ la froideur du sol.

*

La légende racontait qu’un dieu tout nouveau encore plus cruel que la cruauté, avait fait son apparition et terrassé le dieu des enfers. Sa cruauté était tel qu’il n’offrait jamais de douce mort à ses victimes. Il ne tuait pas pour soulager de la vie mais parce-que c’était plus qu’une partie de plaisir. Il avait très vite fondé sa propre administration, son propre empire, à savoir ses admirateurs parmi les humains. Son charisme et sa manie pour le meurtre en était tel que même d’autres​​ dieux en était devenus fan. Il était plus que maléfique, le terme même semblait obsolète pour le décrire.​​ 

La légende courait encore qu’il était né des désires humains égoïstes provenant des différentes sectes qui recherchait un satan a vénéré, un satan beaucoup plus cruel, un dieu qui comblerait leurs âmes perverties avec des meurtres plus cruels et sanglants que ce dont ils avaient l’habitude. Les adorateurs de différentes sectes​​ fautes d’avoir trouvé réponse provenant d’un quelconque diable ou divinité​​ assez cruelle, décidèrent de former un conglomérat pour remédier à ce problème. Il leur fallait un être qu’ils pourraient adorer et qui allait leur apporter satisfaction. Un être qui puisse leur faire grimper les échelons de la cruauté et accéder à des rangs plus élevés dans le monde de la cruauté. Ils créèrent dont cet être grâce aux innombrables sacrifices humains, des contributions des différentes sectes et de leurs magies noires, leur vaudou, les partisans de la déesse Kali, héritiers des pratiques des​​ Daces et bien d’autres encore. Ils ne recherchaient pas l’argent, ni la vie éternelle, encore moins la jeunesse inépuisable, tout ce qu’ils voulaient c’était avoir un adorateur cruelle.

La rumeur aussi courait que La Mort était fatiguée de se taper le bulot de récupérer toutes les victimes du nouveau dieu. Son administration recevait constamment des plaintes des autres dieux et encore plus de La Mort elle-même. La mort en était arrivée à demander une retraite anticipée et le droit de prendre une apprentie pour la former afin qu’elle puisse prendre le relais.​​ 

« Requête Refusée ! »

Tel fut sa réponse.

Enfin, c’est ce que dit la rumeur… qui sait ?

 

(A suivre…)

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4 comments

  1. WOW. J’en ai eu des frissons. La façon dont toutes ces abominables scènes sont décrites est si saisissantes qu’on s’y croirait vraiment. Un premier chapitre très captivant. ヽ(*≧ω≦)ノ j’ai hâte de lire la suite!

  2. Ca c’est une histoire à suivre!

  3. question: comment Mme Staine peut elle etre taciturne avec son long monologue qu elle a sorti au debut? n’est ce pas une contradiction?

  4. histoire intéressante …

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