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Lettre à Senghor

L’émotion est nègre La raison est hellène,
N’est-ce pas monsieur Léopold Senghor ?
Mais permet moi de te dire deux petits mots,
M-O-N-S-I-E-U-R devrais-je dire Senghor ?
Où aurais tu préféré Léopold Dupont ?
Pour à tous nous faire montre de ta raison,
Raison qui a fait naitre la négritude,
Négritude par le poème et la littérature,
Fermé de ta tour d’ivoire tu t’es fait une raison,
Sans aucune raison tu as catalogué,
Catalogué par raison notre pauvre peuple,
De tes émotions tu t’es départi pendant ton périple.

Ta plume est faite, n’est-ce pas de raison?
La mienne est toute pleine d’émotion,
Ma main tenant une plume tremble d’émotion,
Nourris par le  souvenir de mon village en transition,
Le vent des récoltes du cacao le long des sillons.

Tu as eu une éducation à la Sorbonne de Paris Me dit-on?
Je comprends bien mieux la raison de ta raison,
Désolé je ne connais que le lycée de mon village,
Je ne savais même pas d’ailleurs qui est hellène,
Je l’avoue j’ai pensé à ma cousine Hélène,
Mais je doute que tu puisses la connaître,
Car comme moi nous avons vécu dans les bas-fonds qui nous ont vus naitre,
Bien tu veux parler de ma raison à moi nègre ?
Raison qui m’empêche de virer au pourpre,

Lorsque je vois mon pays ravagé par des politiques,
Tu veux savoir la raison de mon silence stoïque ?
Désolé tu ne peux car je ne vis que d’émotion,
N’est-ce pas monsieur l’intellectuel à raison ?
Tu es habitué à écrire et à te faire lire ?
Juste pour aujourd’hui assieds toi et écoutes.

L’émotion est bel et bien nègre,
Car le nègre ne se réfugie pas dans des pègres,
L’émotion est ce qui vient du cœur,
L’amour est une émotion qui vient du cœur,
Mais si la raison est hellène pourquoi cette rancœur ?
Pourquoi cette soif de domination ?
Pourquoi cette envie de destruction ?
Est-ce cela la fabuleuse raison hellène ?
Qui n’a pour raison que les aspects négatifs des émotions ?
Est-ce cette raison que tu veux pour tes frères ?
D’ailleurs je me demande qui sont tes frères ?
Je t’ai beaucoup lu mais toujours de façon amère,
Car je ne me reconnais pas dans ton Afrique de verre,
Que n’empile que des revers, et se retrouve en l’envers.
Si aimer, partager, croire, espérer, c’est émotion,
Sans motion j’embrasse cette émotion,
Et si je pouvais trouver une lotion d’émotion,
Peut être dans mon émotion, je chercherais hellène et sa raison,
Pour lui en donner un tout petit peu.

L’homosexualité, les guerres, et toutes ces abominations,
Tant d’oraison à la folie qui sont taxées de raison,
Au fait qui est hellène ? Qui me fait écrire à perdre haleine,
Est-ce que dans ta sagesse tu pourrais me soulager de ma peine ?
Serait-ce les blancs ? Les occidentaux ? Les orientaux ? Les Américains ?
Car tu ne le sais sûrement pas mais le monde a changé,
Pendant que toi par tes écrits figés,
Tu te permettais de nous ficher,
Le monde lui a inexorablement  bougé,
Et tu aurais compris que nous n’avons plus besoin de ta négritude,
Les écrits s’envolent, les papillons volent, et nos dirigeants volent,
D’ailleurs je pense que ta négritude a servi finalement,
Lorsqu’on voit aujourd’hui nos panafricanistes qui allègrement,
Loin des réalités de leur propre continent, caché dans d’autres continents,
Massés en contingents, parle de leur terre natale avec déraison,
Ah mes chères frères panafricanistes, vous au moins vous avez raison,
Raison de vivre ailleurs sans être inquiété de la prison,
Mais nous envoyant comme de la chair à canon,
Pour vos pseudos idéaux terrés derrière vos tours d’ivoires,
Envoyant vos frères à l’abattoir comme en côte d’ivoire,
Mais je ne fais pas le procès aujourd’hui des panafricanistes,
Vous noterez que je ne parle pas de panafricanisme,
Car je crois que dans son essence il est un espoir futuriste,
Cette lettre était pour dire à monsieur Senghor,
Que notre histoire n’a rien à envier à hellène,
Et que si la raison est ce qui dirige hellène comme je vois,
Mieux je reste émotion, moi et ma nation,
Comme mes grands-parents avant moi,
Et comme mes futurs enfants après moi.
Ne crois pas que je ne te respecte pas,
Ne crois pas que je ne t’admire pas,
Bien au contraire Césaire et toi me montrez les pas,
Sur lesquels marcher jusqu’à mon trépas,
Raison pour laquelle j’ai pris ma plume,
Et vous ai répondu même en ayant ce violent rhume,
Je rends hommage à votre grande sagesse,
Et j’arme ma plume pour être pleine de finesse,
Et espérer un jour être assez lu,
Pour recevoir la réponse un jour d’un élu !

 

Mr L, tous droits réservés 09/01/17.

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