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Chroniques d’une femme occupée (7)

Chroniques d’une femme occupée (épisode 7)

 

Que croyez-vous que je sois ?

Je ne suis pas moins humaine que les autres

Que croyez-vous que je sois ?

Je ne suis pas moins délicate que les autres

Qui croyez-vous que je sois ?

Je suis votre femme bon sang cela vous échappe-t-il ?

Qui pensez-vous donc que je suis ?

 

Léandra D.

 

 

J’ai déposé le téléphone entre rage et désarroi ; visage stoïque malgré l’ouragan qui ravage mon âme. Vous ne comprendrez surement pas et je ne m’attends pas à ce que quelqu’un le fasse… du  moins lui aurait dû comprendre. Le ras-le-bol, la peine, le poids, la détresse ; lui aurait dû lire et comprendre mais il ne comprend pas et n’a pas le temps de comprendre. Il n’a jamais vraiment le temps et on n’avait tous deux jamais vraiment le temps. Et me voici choquée par cette réalité ; perdue entre raison, abandon et désillusion, à la recherche et des origines du problème et de ce qui trouble mon âme. Mais rien, je n’arrive pas malgré la sensation de lucidité qui m’habite à formuler une réflexion cohérente. Alors je laisse tomber c’est plus simple ; je me lève, inspire à fond et décide !

Décide de quoi ? Sur les premiers pas je ne suis toujours pas fixée mais à l’intérieur de moi je sens la détermination monter. Monter pour accomplir quoi ? Je ne le sais pas encore mais je veux ! Je ne veux pas rester là. Sous les gouttes d’eau froide qui perlent sur mon corps, je réfléchis. A hier, au présent et à demain ; j’éloigne de moi autant que possible les veines pensées et sensations dépressives de femme délaissée. Je veux raisonner comme toujours me rationnaliser, me rassurer avancer ; mais le désarroi est plus grand que je le voudrais alors je sors de ma douche et me traine vers mieux, vers mon remède le plus simple à la peine, la nourriture.

 

A la cuisine l’embarras du choix

Faire des beignets des crêpes ou des omelettes ?

Non non, c’est un cas d’urgence il faut du sérieux

Faire un gâteau, des saucisses, des sandwiches ?

Non non, pas des repas de blanc tous les jours

Faire un met d’arachides, de maïs ou de pistache ?

Non non, chérie ou tu as faim ou tu as faim

 

Finalement je me décide pour un menu complet frites de plantains, haricots sautés et bol de citronnelle ; ça me détend j’en souris et réfléchis déjà au menu du midi. Contre toute attente mon téléphone vibre, c’est un message d’Ibrahim.

« Bébé, je ne comprends pas exactement ce qui t’arrive et je suis désolé de ne pas être là mais tu le sais, je t’aime et peu importe la distance je suis avec toi. Je rentre bientôt, on parlera ; reste la femme forte que je connais je t’aime, bisous. »

Et le poids est tombé. La lourde chape m’a délivré et je me suis senti sourire et enfin respirer. Je ne sais pas si ses mots sont solutions mais au moins ils me soulagent. Des mots d’amour de celui que je sais sincère et profond, les mots de l’homme que je considère comme ma vie et ma raison, les mots de mon prince, mon aimé, mon cœur,… il n’aura donc fallu que ça ?

Parfois, on cherche des solutions trop loin alors qu’elle sont si près…

 

 

Mon amour ma dame ne se décline pas sous les milles jours vulgaires que l’on croise à tous les détours

Mon amour ma dame est profond, fou et absurde mais il est pour vous et personne d’autre

Mon amour est vôtre chère épouse ;

Je ne vous aime peut-être à la perfection des mots des autres mais je vous aime de tout mon cœur

Je vous en prie prenez- le comme ça…

HARRY D.

 

by FAHI Leila, Tous droits réservés.

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