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Souvenirs d’un tirailleur Partie II (Le Capitaine Charles N’Tchoréré)

Village​​ d’Araines 9 Juin​​ 1940

 

Souvenirs d’un tirailleur Partie II

(Le​​ Capitaine Charles N’Tchoréré)

 

Je n’ai pas d’yeux pour contenir mon émoi,

Je ne peux contrôler mon corps plein d’effroi,

La nouvelle vient de tomber jetant un froid,

Me privant totalement de mon sang-froid.

 

Seul contre tous il​​ a​​ combattu,

Avec son bataillon il s’est battu,

Le capitaine Charles n’est ​​ plus,

Je me sens complètement perdu.

 

La fierté de tout un continent s’en est allé,

Froidement assassiné​​ et exécuté,

Face à son acte plein d’honneur,

Ils ont répondu par le déshonneur.

 

4 Juin nos troupes sont encerclées,

C’est notre​​ première vraie envolée,

Nous sommes dans un petit village,

Nous devons le​​ défendre de futurs ravages,

Alors que je panique le capitaine vient,

Et d’un sourire et de sa grande voix il parvient,

Avec quelques mots à nous rassurer,

Et à nous remplir de courage.

 

Nous avons d’abord cru que c’était juste un soldat,

Sa prestance et sa carrure nous intimida.

Nous apprîmes plus tard qu’il était un officier,

Honneur réservé habituellement aux métissés.

Chef de la cinquième compagnie du deuxième bataillon,

Des blancs officiaient sous ses ordres, sous son pavillon.

 

Les allemands ont percé nos lignes,

Nous avons de moins en moins de hargne,

Les allemands sont dix fois plus nombreux,

Nous avons besoin d’un plan audacieux,

Il faut protéger à tout prix la ville d’Amiens,

Il faut se retirer et trouver une meilleure position pour combattre ces chiens.

 

Nous savons tous ce qu’il faut faire,

Chaque commandant de compagnie sait ce qu’il à faire,

Nous pensons tous la même chose,

Et soudain malgré le bruit des canons un silence s’impose,

Avec majesté et sa grâce habituelle il se lève,

Au nom de son bataillon il revendique l’honneur,

L’honneur de rester défendre cette​​ position,

Pour permettre que le gros des groupes évacue.

Et pendant qu’avec l’accord du commandant Seymour nous partons,

Ma dernière vision du capitaine est celle d’un héros,

Mon dernier souvenir est celle d’un jeune lion,

Solide comme un roc il faisait face à toute une armée.

 

Deux journées sont passées,

Les bruits de canons font rages,

Des bombes partout explosent,

La terre tremble de toute part.

Seul contre une armée il fait face,

Sa compagnie ne fait pas que résister,

Grâce au courage d’un homme,

L’impossible devient possible,

Toute une armée mis en échec,

Face à un seul commandant.

Il n’y avait plus de noir ou blanc,

Juste un régiment,

Sous l’égide d’un homme exceptionnel,

 

Le troisième jour au soir plus rien,

Je compris que s’en était finis,

Je ne pouvais pleurer,

Car une histoire se terminait,

Pendant qu’une autre commençait.

 

Ce n’est que​​ 4 jours plus tard que nous apprîmes l’horreur,

Pour défendre quinze de ses hommes encore valide,

Et ce après que leurs​​ munitions fussent​​ épuisé,

Le Général Charles avait hissé le drapeau blanc,

Grande a été la stupeur de l’armée allemande,

De découvrir que ce vaillant soldant qui leur avait tenu tête,

Était selon leur propre langue un « untermensch »

 

Face à cette réalité cruelle qui les frappaient,

Face à l’humiliation que venait de leur offrir ce « sous-hommes »

Face à l’éclatant courage qu’avait fait montre ce nègre,

Ils n’eurent d’autre choix que de l’abattre,

Une balle derrière la tête comme un vulgaire bétail,

Faisant fi des accords sur les prisonniers de guerres,

Son corps fût écrabouillé par un char,

Il fût lâchement assassiné,

Par un ennemi qui avait fait leur​​ convictions balayées,

Par la grandeur d’un homme noir.

 

Cet homme est plus qu’un homme,

Il est le symbole d’un futur,

Il est le symbole d’un présent,

Crée à partir d’un courage jamais vu.

 

Chérie si tu reçois cette lettre,

Vas derrière la maison et plantes y un cocotier,

Afin que nous ayons une trace visible,

De cet homme de valeur,

Creuse une tombe pour lui,

Et écris y « ici repose le symbole vivant de l’Afrique forte »

 

 

Lettre 2/7 Souvenirs d’un tirailleur​​ 9 Juin​​ 1940

édition@l’Afrique_écrit Tout droit réservés ​​ 

Mister L.​​ 

​​ 

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2 comments

  1. Bonsoir a tous,
    J’ai du mal a trouver le reste de l’histoire  » Bebe ça va aller ».
    Merci de votre explication

    • Bonsoir tu peux aller dans l’onglet catégorie du site puis nouvelle et tu pourras voir tous les « épisodes » de l’histoire « Bébé ça va aller ». Tout y est et si tu as un souci reviens nous on est là pour ça. Bonne lecture. 🙂

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