Breaking News
Home / Auteur / Mr L / Souvenirs d’un tirailleur Partie I (Le départ) No ratings yet.

Souvenirs d’un tirailleur Partie I (Le départ)

Saint Louis 5 Avril 1940

 

 

Souvenirs d’un tirailleur​​ Partie I (Le départ)

 

 

Au revoir, ma chère famille

A très bientôt ma fille,

Je vous quitte physiquement pour un instant,

Mais mon cœur ne vous quitte pas pour autant,

 

Je chante la liberté,

Je quitte par fierté,

Je vais combattre,

Sans me faire abattre.

 

Nos maitres sont venus nous implorer,

Devant nous à chaudes​​ larmes ils ont pleuré,

Leurs terres sont menacées,

Par des ennemis qui se sont lancés,

Sans foi ni loi dans la destruction,

Ne faisant cas d’aucune objection.

 

Je quitte mon village,

Combattre le pillage,

Je quitte mes terres,​​ 

Pour aider mes blancs frères.

 

Chéri pourquoi pleures-tu ?

Ces chaudes larmes à qui les destines-tu ?

Laisse-moi caresser tes courbures,

Une dernière fois toucher tes cambrures,

Avant de m’exporter vers ces lointaines terres,

Combattre pour mes chefs en guerre.

 

Nous sortons​​ comme des héros​​ en chant,

Tout le village comme un seul homme acclamant,

​​ Ils acclament leurs hommes,

S’en allant,​​ abandonnant leurs femmes,

 

Les blancs nous ont dit notre importance,

Ils ont parlé de notre future​​ indépendance,

Ils nous ont dit que nous sommes le premier pas,

Et que même si advient​​ un trépas,

L’acte que nous posons d’extrême dignité,

Serait​​ une brèche, un chemin​​ vers l’égalité.

 

L’avenir de notre pays est entre nos mains,

Nous allons combattre pour des lendemains,

​​ nous ne ferons​​ plus du tout semblant,

Et nous serons enfin égaux à ces blancs.

 

Je quitte ma chère patrie,

Avec toute ma fratrie,

Avec cet unique idéal en tête,

Et rien que pour ça je suis en fête.

 

Mère je m’en vais comme un serviteur,

Mais je te promets de revenir en seigneur,

Je vais vers​​ un​​ futur plein d’infortunes,

Mais je te promets de revenir plein de fortune.

 

 

 

Et pendant que nous allons dans​​ de​​ lointaines contrées,

La troupe d’hommes plein de rêves​​ que nous avons rencontrée,

Ne fait que grandir au fur et à mesure des semaines,

Ils​​ en​​ viennent de par toutes les plaines.

 

Celui-là​​ vient d’un village pas loin de Yaoundé,

Le grand là-bas il vient je crois de Guinée

Et lui​​ ​​ c’est un bambara de Bamako,

Voilà tout un groupe qui vient de Yamoussoukro,

C’est toute l’Afrique en rire que je retrouve,

Tout en proie à ce même et unique rêve,

Aider nos frères et maitres dans leurs difficultés,

Afin que demain ils nous traitent en toute équité.

 

Silence vous tous nous…​​ (A suivre)

 

 

Lettre 1/7 Souvenirs d’un tirailleur​​ 5 Avril 1940

édition@l’Afrique_écrit Tout droit​​ réservés​​ ​​ 

Mister L.​​ 

​​ 

 

 

 

0%

User Rating: Be the first one !

Avez vous appréciez l'article ?

About lafrique

Check Also

Géraldine en moi

– Luck passe-moi la corde et tiens-le fermement, il ne doit pas s’échapper, Dit une …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *