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Le Griot (7)

Chapitre 7 : Evasion

 

Quelqu’un a dit je ne m’en vais pas je vole…

Je prends la route avec les miens m’envole…

À tire d’ailes à la recherche du bonheur je décolle…

Loin du malheur de l’horreur du passé  et du présent je vole.

Harry D.

 

Reprenons donc le cours de l’histoire et de ce triste soir…

Soir où notre rêve américain prit la tournure d’un cauchemar…

Soir où le désespoir s’empara de nos âmes sans mot dire.

 

Je venais de battre deux hommes et les avait ligotés. Déjà trois heures qu’ils étaient enfermés dans la chambre et surement étaient-ils déjà moins sonnés ; trois heures aussi que nous attendions que ma tante rentre et elle tardait ; elle devait surement être à son club de lecture, c’est normal un jeudi. J’avais beau triturer mes méninges je ne trouvais pas dans mon esprit une suite logique à ce qui nous arrivait. Tout semblait fou et irréel. Panique, colère, tristesse tout s’emmêle dans mon esprit. Yazi non plus n’a pas l’air mieux ; elle est là assise à pleurer encore et encore comme si ce torrent de larmes jamais ne s’arrêtera. Sa tristesse est contagieuse et déchirante mais l’homme que je suis ne peut se permettre de céder en pareille occasion ; un homme qui plus est un Diallo, ça ne pleure pas.

Alors que j’achevais cette pensée, ma  tante fit son entrée ; à la vue de la scène elle reste d’abord dubitative ; sa fille au sol pleurant encore et encore regard absent telle une folle en délire, moi tournant comme un lion en cage l’observant comme essoufflé, tous deux incapables de dire un mot, il ne lui fallut pas plus pour comprendre qu’il y s’était passé quelque chose et quelque chose d’affreux.

  • Où est Melvin ? Que s’est-il passé ? Il va bien ?
  • Répondez !
  • Melvin chéri, Melvin…

Et elle fonça dans la chambre pour chercher son Melvin. Je l’entendis crier « O mon Dieu ! » avant de revenir précipitamment au salon.

  • Qui ? Pourquoi ? C’est toi petit écervelé de Samba qui a fait ça ? Quoi ? Pourquoi ?
  • Qu’est-ce que mon mari vous a fait ? Oser le ligoter avec son ami John ? Vous savez qui il est ? C’est le beau-frère du sheriff Andrew ! Vous savez dans quelle merde vous me mettez ? C’est quoi cette histoire ? Parles chenapan vu que l’autre idiote en larme n’a pas l’air opérationnel.
  • Tata ne lui parles pas comme ça tu ne sais pas ce que ces ordures ont voulu lui faire et ce que ton abruti de mari lui faisait subir.
  • Je ne sais pas je ne sais pas… Et puis quoi ! Tu penses que je ne savais pas quand il allait la voir dans sa chambre la nuit ? Tchuips ! Il l’a touché rien de plus. Moi à son âge ça faisait longtemps que j’avais perdu mon innocence donc qu’elle arrête ses niaiseries. Il a fait quoi ? Il a voulu te prendre c’est ça ? Allons, petite sotte il nous nourrit nous blanchit nous à amener ici tu penses que tu allais voir tout ce luxe là-bas au pays ? Il est notre chance et notre sauveur et s’il veut te sauter en plus de moi pour compenser tu ne peux pas te sacrifier ? Petite égoïste !

Je n’ai pas tenu un mot de plus ; je giflai ma tante de toutes mes forces et si Yazi n’avait pas bondi sur moi pour me calmer, je vous jure que j’aurais tué cette sorcière. Je comprends maintenant les inquiétudes de Yazi tout à l’heure. Cette femme n’a vraiment aucun cœur.

  • Là vous êtes dans la merde espèces de bâtards je vais appeler les flics ; on va vous débarquer de chez moi. Espèces de petits incapables, sauvages et égoïstes j’aurais dû venir sans vous. Pfff
  • La ferme !

Ce sont les derniers mots que je lui ai adressé. Je tirai Yazi vers nos chambres et lui dit de faire nos sacs avec tout ce qu’il était possible d’emporter. Je pris pendant ce temps tout ce que je pouvais prendre au frigo et comme argent dans les affaires de ces salops. Ma tante nous regarda faire en pestant et vociférant des injures, nous traitant de tous les noms ; son habituel sourire angélique et sa voix mielleuse avaient disparues, désormais son visage n’était qu’une vaste grimace et tout dans ce qu’elle était à l’instant m’évoquait une vilaine harpie qui cachait bien son jeu. Heureusement que dans sa rage et son envie de blesser elle omit de délivrer les deux captifs ; Yazi et moi en profitâmes pour lever le camp. Où irions-nous je l’ignore réellement mais une chose est sure nous ne resterons pas ici une minute de plus. De toute façons nous ne pouvons plus rien.

 

Vous êtes-vous déjà senti perdu ?

Moi oui

Vous êtes-vous déjà senti partir ?

Moi oui

Sur les routes de l’avenir et de son destin,

Moi je n’ai qu’incertitudes et peurs pour miens,

Au carrefour de l’existence inaccomplie

Je cherche les voies et moyens vers un lendemain sans souci

Vous êtes-vous déjà senti perdu ?

Moi oui

Vous êtes-vous déjà senti partir ?

Moi oui

Je suis l’âme en peine à peine en vie

Qui erre dans cette ère avec l’air d’un tant pis

Et pourtant je souffre et je meure en silence

Noyé par le destin, le lendemain et la seule certitude de ma souffrance

Vous êtes-vous déjà senti perdu ?

Moi oui

Vous êtes-vous déjà senti partir ?

Moi oui

 

HARRY D.

 

By FAHI Leila et HARRY D., Tous droits réservés.

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