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L’ombre de l’histoire (13)

Chapitre 13 Final

Partie 1

1 jour avant le départ des forces spéciales pour le Nord.

Stephan et son père ont une discussion houleuse depuis plus d’une minute maintenant à son bureau. Le sujet que son fils aborde ne semble pas le ravir mais ce dernier continue d’insister, malgré les signes de colère qui commencent à se dessiner sur le visage de son père. Charles ferme alors toutes les portes et fenêtres afin d’être sûr qu’on ne les entendrait plus.

-J’ignore ce que vous complotez encore Joseph et toi, mais je veux faire partie de l’équipe qui doit aller dans le nord, lance Stephan.

-Non, pas question ! Répond fermement son père.

-Tu n’as pas à me dire non. Tu penses faire ce qui est juste? Détrompe-toi, tu as les mains aussi sales que lui aujourd’hui. Tu…

-Ça suffit ! Gronde-t-il, le regard sombre dirigé vers son fils. Tu penses que je retire une quelconque satisfaction de tout ça? Eh bien, non ! Si je suis forcé d’agir contre mon gré aujourd’hui, tu sais pour quelle raison. C’est à cause de toi et de ton incapacité à être un homme quand les choses deviennent plus dures. Rien de tout ça ne se serait passé si tu avais agis comme tu le devais. Tu penses que j’ai les mains sales, et toi?

Stephan jette un regard ahuri à son père. Il n’en revient pas que ce dernier l’accuse d’avoir fait le choix qu’il a fait.

-Peut-être que j’aurai du refuser sa proposition, peut-être que j’aurai dû mourir et le laisser te tuer aussi, peut-être. Sûrement que oui tu as sans doute raison à propos de tout cela. Mais aujourd’hui, j’ai compris mon erreur et je veux pouvoir me racheter…

Stephan ne termine pas sa phrase, son père est catégorique.

-Il n’en est pas question, Stephan ! Je ne changerais pas d’avis. Tu ne feras pas partie de l’unité qui ira dans le Nord. Ça n’arrivera jamais ! C’est encore moi qui décide et jusqu’à preuve du contraire, je suis ton supérieur hiérarchique et ça, c’est un ordre.

Stephan laisse alors échapper un sourire.

-Tu n’as pas trouvé mieux, papa? Mon supérieur hiérarchique, vraiment!

-Si tu continues, je te ferai enfermer jusqu’à ce que toute cette histoire soit terminée.

-Me faire enfermer? Rigole-t-il. Le président serait sûrement ravi de savoir la vérité sur les hommes en qui il avait porté tous ses espoirs.

-Tu n’oserais pas faire ça. Menace Charles.

– Laisse-moi faire partie de cette expédition. Si tu te sens capable de te lever tous les matins en te regardant dans un miroir, ce n’est pas mon cas. Je n’y arrive plus. Je suis un criminel, un meurtrier, un assassin. Crie-t-il, laissant échapper une larme sur son visage. J’ai besoin de faire ça pour me racheter auprès de tous ceux à qui j’ai causé du tort, directement ou indirectement, pour pouvoir me racheter auprès de Carole. Même si au fond de moi, je sais que rien ne pourra effacer les crimes que j’ai commis. Je n’aurai pas dû faire ce que j’ai fait. Mais il est trop tard maintenant pour changer les choses. Il n’y a que ça que je puisse faire, ramenez la tête du chef terroriste et espérer que cela fasse office de compensation pour tout ce que j’ai fait.

Charles n’a jamais vu son fils dans un état pareil. Pour une fois, il commence à comprendre ce qu’il ressent réellement. Il a le cœur déchiré et finalement se dit que peut-être lui aussi est responsable de ce qui est arrivé. Il pense à tout ça et aux nombreux choix qu’il avait déjà fait dans sa carrière politique. De toutes ses décisions, accepter le deal avec Joseph était certainement la plus grave. Il croit en son fils et sait que c’est la seule chose qui puisse l’aider à se sentir mieux d’une certaine façon. Le seul souci, ce qui empêche Charles d’accepter, c’est la vérité. Stephan a peut-être travailler pour joseph, mais il ignore tout. En commençant par les attentats récents orchestrés par Nasser et qui entrait dans le plan de Joseph. Ils avaient passé un accord tous les deux. Nasser était en réalité un puissant trafiquant d’armes et Joseph était venu à lui en tant que Client. Souvenez-vous de cette accusation de détournement de fond public porté contre Joseph au début de l’histoire et qui avait empêché son fils Samuel d’organiser la fête qu’il souhaitait, le poussant ensuite à kidnapper Carole. L’accusation était vraie et l’argent volé avait servi à acheter les armes et le matériel logistique. Ne pouvant donc mettre un terme à leur collaboration avec une simple poignée de main, Joseph lui proposa de perpétrer ces attentats qui allaient certainement causer beaucoup de mal et de dégâts. En contre partie, Nasser leur livrait l’homme qui dirigeait les terroristes, un homme travaillant pour lui. Joseph devenait alors un héros national pour avoir, en apparence, arrêté le chef terroriste. La vérité ne s’arrête pas là. Ceux qu’on pense être des terroristes sont en réalité des citoyens du pays, jeunes et moins jeunes qui n’en pouvaient plus de vivre dans la misère et qui avaient accepté de prendre des armes à la demande de Joseph pour faire tomber le pouvoir politique en place. En clair, Joseph avait monté une armée, l’avait laissé sous la direction d’un homme de Nasser et lui, Nasser, ne voyait là qu’une occasion d’écouler sa marchandise. Accepter que son fils aille dans le Nord, s’était accepter qu’il continue de tuer des innocents. Il ne pouvait le lui dire et fini donc par lui accorder ce qu’il demandait. << Je vivrai avec ce choix dans la conscience toute ma vie>> avait pensé Charles.

-D’accord. Tu feras partie de l’unité. Mais promets-moi que tu feras attention à toi. Quand tout ça sera fini, on reprendra une meilleure vie, on oubliera tout ça.

-Merci, papa.

Il est sur le point de sortir, quand Charles lui demande:

-Comment elle va, Carole ?

-Toujours à l’hôpital. Les médecins vont la garder longtemps, d’après ce qu’ils m’ont dit.

-Je vois. Quand tu seras de retour, nous irons la voir tous les deux.

-D’accord. A plus tard.

Pendant ce temps, ce même jour, John retrouve Marina à son appartement de Yaoundé et lui annonce qu’il doit déjà quitter le Cameroun. Ce qu’il devait faire en plus de les aider à arrêter Joseph, il l’a terminé. Cependant, il lui laisse des documents importants en rapport avec les activités illégales de Joseph ces dernières années.

-Si rien n’est fait, cet homme deviendra dans les prochains jours, le chef de l’Etat. J’ignore sur quoi portait la discussion entre toi et Stephan quand il est venu te voir à Douala, mais depuis ce jour là tu semble avoir baissé les bras. Mais promets-moi que tu ne laisseras pas que cela arriver. Pense à Carole, tu es sûrement la dernière personne qui puisse mettre fin à tout ça…Au-revoir Marina.

Elle est pensive. Elle n’a même pas pris la peine de vraiment lui dire au-revoir. Effectivement, la conversation qu’elle a eue avec Stephan continue de la tourmenter. Ce qu’elle détient, ce sont peut-être des preuves mais l’ombre de Joseph plane au-dessus d’elle et comme Carole, elle pense qu’elle devrait laisser tomber, ne serait-ce que pour ses enfants. Elle n’a pas envie que quoique se soit leur arrive et l’idée de pouvoir être tuée et les laisser toutes seules sans parent l’horripile. Elle éclate en sanglots et repense à toutes les morts causées par cet homme. Le visage du colonel Hada lui revient, ça ne l’aide pas, les larmes coulent de plus belle. Elle pense à Carole luttant pour vivre sur un lit d’hôpital, elle en est certaine, ça ne vaut plus la peine de se battre…

Joseph de son coté est impatient de voir enfin le dénouement de son œuvre. Il le sait, la fin est pour bientôt, ce n’était qu’une question de temps. Il n’aura rien à faire de toute façon. Le président lui a avoué, il y’a quelques temps maintenant, son désir de renoncer à son poste une fois que l’opération dans le Nord sera terminée. Il semble ne pas supporter l’idée d’avoir, en quelque sorte, été le responsable du terrorisme dans son pays. Il savait, grâce aux documents qu’il avait reçus, documents venant de Joseph on peut le dire maintenant, que rien de tout ce qui se passait dans le Nord n’était l’œuvre de vrais terroristes mais de citoyens de son Etat qui, à cause de lui, avaient été obligés de faire ce qu’ils ont fait. Il ne sait cependant rien au sujet de Nasser. Son nom n’apparaît pas dans ces documents.

-En réalité Joseph, si je prends cette décision aujourd’hui, c’est parce que je sais maintenant tout ça mais que malgré tout j’ai ordonné un assaut contre ces hommes. En prenant la tête de ce pays, je pensais faire mieux que mon prédécesseur mais je me rends compte que diriger est plus difficile qu’on ne l’imagine. Le pouvoir nous transforme et nous fait devenir quelqu’un qu’on n’aurait jamais pensé être. On peut avoir toutes les bonnes intentions du monde, mais la réalité finit par nous rattraper….Vous ferez un meilleur président que moi.

Il parla de cette décision à son épouse Jessica qui n’eut pas besoin de beaucoup pour lui apporter son soutien inconditionnel. Une personne, par contre, n’était pas ravie de cette décision ; sa fille Brihanna. Elle vivait à paris depuis son jeune âge et avait toujours eu une certaine admiration, parfois démesurée, pour son père. Elle ne pouvait donc pas accepter cette décision qu’elle trouvait lâche. Mais son père avait fait un choix et ne comptait pas revenir sur sa décision.

-Mon père va quitter ses fonctions, dit-elle, parlant avec quelqu’un. Je n’arrive pas à le croire. Je le pensais si fort et pourtant…

La jeune fille se met à pleurer sous le regard de ce personnage en face d’elle.

-Pourquoi est-ce qu’il veut faire ça? Je ne comprends pas… Pourquoi ne dis-tu rien toi…Samuel ?

La personne à qui elle s’adressait était Samuel Koffi, le fils de Joseph, qui en l’occurrence était son copain…Il s’approche alors d’elle et la prend dans ses bras.

-Ton père a sûrement une bonne raison de le faire, dit-il, non convaincu par ses propres paroles. Il ne faisait aucun doute qu’il savait que son père était le responsable de la décision que prenait le président.

<< Ça y est, il y est donc parvenu ! >>. Se dit Samuel.

23h : Les soldats sont prêts pour l’assaut qui se fera à une dizaine de kilomètres de leur position dans un village caché et sous le contrôle des rebelles. C’est à cet endroit-là que se cache l’homme que l’armée recherche depuis le début de cette opération maintenant.

-Tu es prêt ? Demande un des soldats à Stephan assit à coté de lui dans le camion qui les emmène mener cet ultime combat.

-Je n’ai jamais vraiment été sur le terrain avant aujourd’hui. Mais je suis prêt, oui.

-On va le faire. Demain à la même heure, nous serons chacun chez lui avec une meuf dans son lit, ou peut-être deux, dit-il en éclatant de rire.

Le convoi de camions s’arrête alors. Ils y sont !

-Allez, allez les gars ! Lance de vive voix le chef de l’opération. Ramenons la paix dans notre pays. On rentrera tous ensemble soldats.

Alors que tous se dépêchent de sortir dans l’obscurité de cette nuit froide, tout semble tourner au ralenti pour Stephan. Il retire une photo de sa combinaison, une photo de Carole.

-Je suis certain que tu iras mieux quand je reviendrai. Je te promets d’être là pour toi cette fois-ci.

Il embrasse alors la photo et sort rejoindre les autres.

A Yaoundé, au quartier général, Charles suit toute l’opération ainsi que Marina et le reste de l’état major. Joseph est chez lui, sirotant un verre de champagne devant la chaîne nationale, attendant de voir défiler l’annonce importante en bande rouge et de célébrer enfin sa victoire. Le président aussi attend au côté de son épouse. La tension est énorme pour chacun d’eux. Cela fait plus d’une heure maintenant que l’opération est lancée…Que peut-il bien se passer là-bas. Des millions de camerounais dorment sans se douter de ce qui est entrain d’arriver. Et soudain…

-Nous l’avons eu ; dit alors le chef de l’opération transmettant l’information au quartier général. Nous avons tué le chef terroriste et une bonne partie de son armée, général. Le reste de ses hommes a jeté les armes mais ont été tués contre ma volonté, j’en suis navré. Mais ça y est, la guerre est terminée !

Enfin, c’est enfin fini ! Tous poussent des soupirs de soulagement. C’est la joie au sein du quartier général. Marina est heureuse de cette nouvelle et manque de pleurer…Charles se jette dans ses bras et la remercie malgré tout ce qui a pu arriver.

-Monsieur, reprend l’homme. Je suis navré mais…Votre fils a été tué durant l’assaut. C’est lui par contre qui a tiré la balle qui a eu le chef terroriste. Je suis désolé, Stephan est mort…

 

A suivre…

By Mark William, tous droits réservés.

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One comment

  1. Bien, Magnifique!
    Vraiment contente d’avoir lu cette histoire.
    Vivement la suite. Beau Talent, Bravo.

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