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L’Ombre de l’histoire (12)

Chapitre 12

La corruption arpente sans frein les couloirs de l’administration que le président David Bell a mis en place. Il sait que c’est un mal omniprésent qui sévit partout, mais ne s’imaginait tout de même pas l’ampleur que cela avait au sein de son propre gouvernement. Ce qu’il découvre dans ces documents lui glace le sang. Le plus terrifiant, c’est ce qu’il apprend au sujet de ce qui se passe réellement dans le nord. Mais Le courrier ayant été déposé anonymement, il prend donc le temps de réfléchir sur tout ça. Cependant, il le sait, tout ce qui est inscrit là est sans aucun doute vrai. Les documents parlent d’un homme proche de lui qui serait l’artisan de toute cette sombre histoire. Il va alors suspecter tout le monde sauf un homme, Joseph bien évidemment. Si Joseph voulait le faire tomber, il n’aurait pas quitté son poste, pense David. Non, tout au contraire, au lieu de voir en joseph un potentiel suspect, il pense qu’il lui aurait été utile s’il était toujours là. Il ne va pas que le penser, il va agir pour.

2 jours après la vague d’attentats qui avait frappée les populations du Nord, le président avait assuré que tout rentrerait définitivement dans l’ordre cette fois-ci.

Il devait à présent procéder au remaniement ministériel et contrairement à ce qu’on pouvait penser, les décisions qu’il allait prendre n’auraient rien de difficile. Tout était dans les documents. Une liste d’hommes corrompus du gouvernement ainsi que des preuves des nombreuses fraudes qu’ils avaient commises faisaient partie du lot de papiers. Il s’arrangea avec la plupart d’entre eux pour qu’ils puissent malgré tout sortir par la grande porte, en quittant le poste qu’ils occupaient de leur propre gré. Et parmi ces hommes, figurait comme par hasard le premier ministre. C’est alors que David décide de prendre ce qui sonnera certainement comme la plus grave décision de sa carrière politique. Il propose ce poste à Joseph sans toutefois lui laisser le choix et le temps d’y réfléchir. Ayant alors longtemps fait mine de ne pouvoir être à la hauteur de la tâche qu’on lui confiait, Joseph fini par accepter. Pour le peuple camerounais, c’est un grand jour. Quand il est parti, la situation semblait avoir empiré. Maintenant qu’il est de retour et dans de nouvelles fonctions, l’espoir semblait être revenu avec lui. Partir de ministre de la défense à Premier ministre, chef du gouvernement.

Dès sa prise de fonction, Joseph organise une réunion d’urgence avec l’état major et le chef de l’Etat. La raison: Il aurait trouvé, comme par hasard, dès son retour dans le jeu politique, avec le concours du Général Charles, la cachette du chef terroriste et une équipe de soldats d’élite devrait être immédiatement déportée sur place, dans les heures à venir ou les prochains jours, pour pouvoir l’appréhender et pourquoi pas, l’éliminer.

-Je suis content que vous ayez accepté Joseph. Avait dit David en lui serrant la main à la fin de cette réunion. Vous êtes d’une aide précieuse pour ce pays.

-Je vous en prie, Monsieur le président. Je ne fais que mon devoir.

La date de départ de ces nouvelles forces qui allaient en soutien à celles déjà présentes dans le nord avait été choisie. Le plan de Joseph et Charles fonctionnait jusque-là, merveilleusement bien.

Carole avait finalement réussi à faire parler John dans cet hôtel ce jour-là. Du moins, elle eu une partie de la vérité, car John ne lui avait pas tout dit mais ça, elle l’ignorait. Les filles sur les photos, dont Diane faisait partie, avaient été utilisées pour servir de kamikazes dans les attentats qui s’étaient produits ce jour-là. Elle lui parla du message sur son portable et il confirma qu’effectivement, c’était en rapport avec les attentats. Carole se sent mal, elle a le vertige et prend appui sur le mur. Elle est dévastée et ce demande comment il le savait, lui et pourquoi il n’avait rien fait pour empêcher ça. Malgré ses réprimandes et même ses larmes, John n’avait rien dit d’autre.

-Qui es-tu réellement ? Lança-t-elle en larme. Qu’est-ce que tu veux? Réponds-moi, putain ! Mais parles.

Carole avait envie de se jeter sur lui et de lui donner des coups. Mais c’était inutile, évidemment. Elle ne pouvait que pleurer.

-Il vaudrait mieux que tu t’en ailles maintenant et que tu oublies tout ça, Carole. Lui lança John. Je t’ai peut-être menti, mais je tiens à toi. Si je ne te dis pas la vérité, c’est pour te protéger, toi et tes proches.

-Mes proches, dit-elle furieuse le visage rempli de haine à son égard. Tu viens de laisser mourir l’une des personnes qui faisait partie de mes proches, putain.

Toute cette histoire commence à être insupportable pense-t-elle. Ces choses irréelles qui semblent ne lui arriver qu’à elle, elle en a marre. Elle ne le supportera pas, elle le sent si ca continuait ainsi.

-Quand est-ce que tout ça va donc s’arrêter ? Mais quand ?

Carole avait trouvé la force de s’en aller et de penser à autre chose, surtout à ce rendez-vous important qu’elle avait le soir même avec Stephan. Elle était loin de se douter que sa sombre journée ne venait que de commencer.

Stephan est déjà là, dans le fameux restaurant, paré de son plus beau costume. Des jeunes dames venues pour un dîner entres filles avaient tenté de l’aborder avant d’être gentiment repoussées par ce dernier. Elles se demandaient comment un jeune homme aussi élégant et séduisant pouvait être seul à sa table. Carole n’est effectivement pas là. Il regarde sa montre, ça fait 30 minutes maintenant qu’il attend. Il est sur le point de l’appeler quand elle apparaît soudain devant lui, sublime dans son robe. Il est éblouit. Elle est magnifique. Assez mal à l’aise, chose étrange, il essaie une blague pour se détendre:

-Je ne vais pas te demander en mariage, Carole, tu sais. Lance-t-il rigolant.

Elle est souriante, son habillement a eu l’effet escompté. Elle sent son malaise et ça lui fait plaisir. Les jeunes demoiselles ayant plus tôt abordé Stephan comprennent alors pourquoi il était tout seul jusqu’à ce moment-là. La soirée est magnifique, Carole ne veut être nulle par ailleurs que là, avec l’homme de sa vie.

-J’ai envie de partir, dit-elle.

-Partir? Lance-t-il un peu perplexe. Le dîner ne te plait plus?

-Si,si. Bien sûr que si, ne t’inquiète pas. Dit-elle pour le rassurer. Je parlais de quitter le pays, mon amour. Partir un moment, ailleurs, loin de tout ça. J’en ai un peu marre. Ce n’est pas la vie que j’aurai aimé avoir et que mon père aurait aimé que j’aie, j’en suis certaine. J’ai envie de recommencer à zéro, avec toi.

-Je comprends ce que tu ressens. Je ferai tout ce que je peux pour que tu te sentes bien à nouveau, comme avant. Crois-moi. Là tout de suite, c’est impossible mais laisse-moi un peu de temps.

-Evidemment, ne t’inquiète pas.

Alors que la soirée continue de plus belle, Carole reçoit un appel de John. Voyant son nom s’afficher sur l’écran, elle ne prend pas la peine de décrocher. Cela ne semble pas bizarre aux yeux de Stephan. Du moins, pas encore. L’appel s’interrompt et reprend aussitôt. Cette fois, elle le renvoie. Mais ça n’arrête pas John pour autant qui intensifie ses appels. Stephan semble agacé et demande à Carole qui c’était et pourquoi elle ne répondait pas. Elle n’a pas vraiment envie de parler de John et continue d’ignorer l’appel. Ça recommence et Stephan lui dit de prendre l’appel ou d’éteindre son portable. Elle hésite mais semble vouloir l’éteindre. Cependant la curiosité de Carole la pousse à finalement décrocher.

-Qu’est-ce que tu veux? Gronde-t-elle immédiatement.

-Je sais ce que tu ressens Carole mais là je dois te dire quelque chose de très important.

-Je n’ai pas vraiment le temps là. Je vais raccrocher maintenant excuse-moi.

-Attends, Carole, attends s’il te plait. Je sais que tu es avec Stephan en ce moment

-Quoi? Mais…Elle a à peine le temps de parler qu’il poursuit.

-…c’est de lui dont je veux te parler. Je suis avec Marina…tu ne dois pas faire confiance à ce gars. C’est lui, c’est lui qui est l’auteur de tous ces meurtres commandités par Joseph, c’est lui qui a tenter de tuer l’un d’entre nous à l’appartement.

Elle est abasourdie. Elle fixe Stephan et sent son cœur frapper sa poitrine avec puissance, sa gorge se nouer et ses yeux sortir de leur orbite. Elle est en état de choc mais ne sait pas comment exprimer ce qu’elle ressent. Son rythme cardiaque s’accélère de plus en plus. Son cœur peut lâcher à tout instant. Stephan voit bien que quelque chose ne va pas et alors qu’il tente de savoir en s’approchant d’elle, elle laisse tomber son téléphone qui se brise alors ; ce qui attire l’attention de nombreuses de personnes présentes.

-Carole…Qu’est-ce que tu as?

Son état s’empire. Elle n’entend même plus Stephan l’appeler. Elle ne sent plus rien. Elle ne sent plus l’air remplir ses poumons. Elle tombe de sa chaise à la renverse. Elle ne se réveille pas…

Quelques mois plus tôt, alors que Stephan, Carole et Diane sont encore emprisonnés.

La pièce dans laquelle se réveil le jeune homme est lugubre et sinistre. Il ne voit ni Carole ni Diane. Il semble affaibli. Cela fait un moment maintenant qu’ils ont été faits prisonniers. Il est si faible qu’il n’a pas la force de faire quoique ce soit. Il voit soudain des ombres s’approcher de la seule porte et ouverture même de la pièce. C’est Joseph, ainsi que deux hommes en noir portant des armes en mains. Il reconnait le gars qui se trouvait au domicile de Joseph dans la ville de Soa et qui avait permis à Samuel de s’échapper alors qu’il souhaitait savoir la vérité sur ce qui était arrivé à Carole. Il est alors mis sur une chaise face à Joseph qui prend place également.

-Tu ressemble beaucoup à ton père, jeune homme.

Quand Stephan entend ces mots, Charles est encore hospitalisé et vient de quitter brusquement le poste qu’il occupe, celui de premier ministre. L’entendre parler de son père n’est donc pas vraiment rassurant.

-Il va toujours très mal à ce qu’il parait, continue de dire Joseph. Les médecins sont cependant convaincus de pouvoir le guérir. Le problème c’est que moi, je n’ai pas très envie qu’il guérisse.

Stephan pense alors que Joseph va tenter de tuer son père. Au fond de lui, il est fou de rage. Mais trop affaibli pour agir, il ne peut que menacer Joseph du regard.

-Ne te fatigue pas, petit. Je ne vais pas tuer ton père. Du moins, je ne le ferait pas, si tu décides de travailler pour moi. Je connais tes capacités. Tu as un talent exceptionnel, c’est pour ça que ton père a souhaité, comme lui, que tu suive une formation militaire. Et ce talent-là, j’en ai besoin…Tu te demandes ce que je veux? Eh bien voilà….

Vous imaginez ce qui s’est passé ensuite. Stephan avait accepté de travailler comme mercenaire pour Joseph. Et comme il l’avait promis, il ne s’opposa pas à la guérison de son père. Charles quant à lui, fut obligé quand il découvrit ce que son fils avait été forcé de faire, de se ranger du coté de Joseph. Protégeant son fils, ainsi que la carrière qu’il souhaitait qu’il ait. Une menace similaire avait été faite à Diane par Nasser. Accepter son sort, c’est-à-dire, se laisser utiliser par lui comme il le voudrait quand il aurait eu besoin d’elle, car elle n’était pas importante comme Carole ou Stephan. Si elle refusait, une chose grave aurait pu arriver à ses parents. Elle n’avait pas trop le choix. Elle ne savait pas ce que signifiait se laisser utiliser et ne s’imaginait certainement pas finir comme elle a fini…

Devant le corps inerte de Carole, Stephan repense à tout cela…

 

By Mark William, Tous droits réservés.

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  1. Trop Bien! Stéphane? Ah Chapeau!

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