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L’Ombre de l’Histoire (10)

Chapitre 10

 

Comme l’avait pressenti John Ashan, Joseph à travers un discours donné par le président de la République, fit savoir à tous les citoyens que Carole Hada avait pu être libéré grâce à une intervention mené à distance par le général Charles, sous son commandement. Il apporta ainsi encore plus de crédit à son personnage, faisant croitre sa notoriété et l’influence qu’il avait déjà, réussissant à faire changer d’avis à la plupart des gens qui lui jetaient déjà des pierres. Les actes avaient enfin remplacé les mots. Pour que l’on ne pense pas qu’il ne s’agissait là que d’une manœuvre politique et que l’information n’était surement pas réelle, il convainquit le président de faire passer Carole sur la chaine Nationale. Elle hésita plusieurs fois et lorsqu’elle pensa le faire, elle décida de profiter de l’occasion pour révéler la grande mascarade au monde entier. La chaine avait été invité au palais présidentiel dans la capitale politique. Le président avait décidé que ce serait le bon endroit pour Carole. En plus la majeure partie des citoyens Camerounais ignorait qui elle était. La voir à la maison blanche était donc un symbole de l’attention sincère que portait le président à chacun de ses citoyens. D’autres journalistes importants invités pour l’occasion attendaient avec impatience de capturer les premiers mots de Carole depuis sa libération et de lui poser si possible des questions sur le sujet. John lui avait demandé de réfléchir avant de dire quoique se soit qu’elle pouvait regretter. La guerre contre Joseph n’était pas aussi simple qu’elle l’imaginait. D’autres forces étaient surement en jeu. Rien n’y faisait elle ne semblait pas vouloir entendre son discours moralisateur . Ne pouvant pas être sur place, il demanda donc à Marina de veiller sur elle et de faire attention à ce qu’elle pourrait dire et aux lourdes conséquences que cela pouvait avoir.

La salle de presse grouille de journalistes. Ils attendent les protagonistes depuis plus d’une heure maintenant. Marina retrouve Carole alors accompagné par un des hommes du président. Elle lui demande de les laisser seuls un instant. Elles entrent dans une pièce, Marina s’assure de n’avoir été vu par personne.

-John m’a dit ce que tu pensais faire Carole…

Elle ne lui laisse pas le temps de poursuivre et rétorque:

-il vous a donc aussi surement dit que je ne comptais pas changer d’avis. C’est l’occasion ou jamais de faire tomber cet homme Marina. Quoi que vous diriez je ne changerai pas d’avis.

-Tu ne comprends pas Carole. Écoute-moi. Lança Marina tentant de la dissuader.

-Et puis qu’est-ce qui vous arrive ? Vous ne semblez plus emballé à l’idée d’arrêter Joseph. Est-ce parce qu’on a essayé de nous tuer à votre appartement?

Elle ne reste pas plus longtemps et quitte la pièce refermant brutalement la porte derrière elle.

-Carole attend. Dit Marina.

Le regard sombre et quelque peu effrayé, Marina a soudain un Flashback.

 

Elle se trouve encore dans la ville de Douala. Deux jours après la tentative de meurtre à son appartement. Il est tard peut-être minuit ou moins, elle ne sait pas vraiment, la fatigue la gagne et tout ce qu’elle veut c’est sauter dans son lit. Elle ne tient plus vraiment debout et manque de se briser la cheville alors que le talon droit de sa chaussure vient de se casser. Elle trébuche sur le tapis du salon mais réussi à se relever. Une chose est certaine ce n’est certainement pas du boulot qu’elle rentre. Alors qu’elle est debout, elle remarque une silhouette assise sur le canapé en face d’elle. Elle sursaute. la pièce est sombre et donc elle n’arrive pas à voir qui s’est.

-Qui est là? qui est êtes-vous?

le mystérieux personnage semble tenir dans sa main une arme. Il lui demande de ne pas faire de bruits. Il souhaite sortir sans faire de mal à personne.

-Vous pouvez allumer la lumière marina.

elle s’avance vers l’interrupteur sans le perdre du regard. Elle pose sa main et allume. L’homme en face d’elle n’est personne d’autre que…

Son Flash s’interrompt. Carole est sur le point de passer devant les caméras, Marina s’empresse d’aller la rejoindre. Elle y est. Devant tous ces journalistes elle réussit à garder son sang-froid, du moins en apparence. Des mots lui ont été donné à dire par l’équipe de communication du président. Sans rechigner, elle prononce chacun des mots inscrits sur la feuille de papier. C’est le moment de poser des questions et elles ne tardent pas à arriver.

-Comment avez-vous vécu la situation dans le Nord? avez-vous rencontré le chef du groupe terroriste? Et puis…que s’est-il passé pour que vous vous retrouviez emprisonné dans cette partie-là du pays? Mademoiselle Hada.

Des questions similaires étaient sur la feuille de papier avec des réponses pour chacune d’elles . Mais carole ne comptait pas les lire cette fois. Cette fois elle voulait faire connaitre la vérité, faire savoir ce qui s’était réellement passé. L’espace d’une seconde elle est comme ailleurs, plus aucun bruit dans la salle, elle regarde à sa droite et croise le regard de Marina qui semble l’exorter de ne pas faire ce qu’elle pensait. Tout semble aller au ralentit. Tous sont accrochés à ses lèvres. Carole tourne son regard vers Joseph présent également dans la salle. Il y a énormément de tension mais Joseph est toujours aussi calme, cette expression sur son visage horripile Carole. Tout est confus dans sa tête la peur, l’angoisse, l’anxiété elle en perd presque l’usage de la parole.

-Mademoiselle Hada, dit un autre journaliste.

– j’ai pu donner de précieuses informations au ministre de la défense ainsi qu’au général Charles Messi. Je pense que le chef terroriste sera bientôt arrêté grâce à cela. Vous pouvez tous compter sur eux. Notre administration viendra à bout de ce combat. Pour le reste je n’ai pas l’intention de m’y attarder, l’essentiel est que j’ai pu être sauver et je remercie tous ceux qui y ont contribué. merci.

– j’ai pu donner de précieuses informations au ministre de la défense ainsi qu’au général Charles Messi. Je pense que le chef terroriste sera bientôt arrêté grace à cela. Vous pouvez tous compter sur eux. Notre administration viendra à bout de ce combat. Pour le reste je n’ai pas l’intention de m’y attarder, l’essentiel est que j’ai pu être sauver et je remercie tous ceux qui y ont contribué. merci.

Carole quitte la salle. Passant devant le chef de l’État elle lui dit alors droit dans les yeux, avec une certaine haine et un certain mépris non à son égard mais pour la situation pitoyable dans laquelle elle se trouvait ainsi que son comportement:

-faites attention aux gens qui vous entourent monsieur le président.

Carole s’en va. Elle n’a envie que d’une chose, quitter cet endroit, quitter ce pays, quitter tout cet espace qui devenait de plus en plus insupportable . Marina la regarde presque déçue ayant quelque part espéré que Carole ne l’aurait écouté ni elle ni John et aurait dit la vérité.

le flash revient soudain. Elle est face à l’homme…

-Mais tu…comment est-ce possible? pourquoi?

-Il serait préférable que je ne réponde à aucune de ces questions.

-Vous avez tué des hommes, des hommes bien qui luttaient contre Joseph. Cet homme qui vous…

-Il y a des choses qu’il vaut mieux parfois ne pas comprendre Marina.

-Est-ce que tu comptes me tuer ? demande-t-elle.

-Je l’aurai fait il y a deux jours si je l’avais souhaité.

-Si vous ne comptez pas me tuer, croyez- moi, je vous enverrai en prison. Non mieux je vous ferai payer ce que vous avez fait à mes amis, des patriotes qui luttaient contre la terreur. Mais pourquoi, pourquoi vous et votre…

-Regardez ce que j’ai trouvé rétorque-t-il avant qu’elle n’ai le temps de dire un mot de plus.

Il s’agissait des documents qu’avait apportés Carole à Marina et qu’elle avait ensuite caché comme évitant d’en parler.

-De quoi avez-vous le plus peur Marina. Pensez-vous à ce qui pourrait arriver à vos enfants ? Ou du fait qu’Audrey soit la fille du colonel Hada ? ou de l’autre secret plus noir que cache ces documents que Carole n’a sans doute pas pu déchiffrer. Je vais vous faire une faveur, et ce sera sans doute la dernière. Abandonnez votre quête, où chacune de ces questions deviendra une angoisse permanente.

le flash s’interrompt de nouveau.

Plus tard dans la soirée, et comme souvent depuis un moment déjà, Charles rejoint Joseph alors qu’il est dans son véhicule. Assit derrière, un verre dans la main, ils étalent la suite de leur plan.

-Vous avez le feu vert pour agir. lance Joseph. J’ai parlé avec Nasser.

-Vous pensez qu’il suivra les règles que nous avons établies? demande Charles.

-Il n’a aucun intérêt à ne pas les suivre. Nous avons eux et nous un intérêt commun. Il agira avant vous comme convenu. Pour que votre réponse ait un gros impact.

-Et les dégâts?

-Le moins possible sur plusieurs points du territoire. je veux certainement le pouvoir mais je ne suis pas un monstre j’ai un fils. Je ferai ce qu’il faut comme nous l’avons dit pour éviter une guerre.

-Puisqu’on en parle, il est temps de le faire. Conclut Charles avant de vider son verre et de quitter discrètement le véhicule.

Il se trame quelque chose d’étrange. Joseph regarde à travers la vitre le ciel noir étoilé, moins souriant que d’habitude. Quoi que puisse être la suite immédiate du plan, il ne semble pas vraiment pressé d’y être.

Quelque part dans un endroit méconnu, un coin presque perdu du pays, dans une sorte de hangar, il y a des hommes armés qui semblaient garder le lieu. Dans une autre pièce au fond du hangar, il y avait des gens, des jeunes filles assisent par terre dans la plus grande insalubrité. Certaines semblaient épuisées et presque mortes de faim et de soif. Un homme entre alors dans la pièce. Il porte un costume chic et une grosse barbe, surement le patron des lieux vu la façon dont on lui parlait. Il demande alors aux jeunes dames de le suivre dans la pièce d’à côté. Elles se lèvent et le suivent sans froncer. Il ouvre la porte et là une table dressée avec un buffet les attend. Elles courent toutes se mettre à table s’empressant de dévorer chaque plat. Une seule des filles est resté à la porte ne voulant pas participer au diner. L’homme s’approche d’elle et place sa main sur son visage et puis lui dit:

-tu devrais manger…tu n’en auras bientôt plus l’occasion, un mort, ça ne mange pas.

la fille en question, c’est Diane.

Une nouvelle vient de tomber. Elle est totalement déconcertante. La nouvelle de la démission aussi improbable qu’incroyable de Joseph Beti du poste de ministre de la Défense. Il ne s’agit pas d’une intox, le communiqué est officiel et vient directement du palais Présidentiel. Le président l’a confirmé lui-même. Joseph a bel et bien abandonné son poste. Mais pourquoi? qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire? Personne n’en crois un seul mot, carole la première malgré tous les éléments indiquant que ce qui se passait était effectivement réel.

-Je quitte le poste de ministre de la défense (…) avait dit Joseph en personne

Sombre encore et toujours plus sombre cette histoire…

 

By Mark William, Tous droits réservés

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