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L’Ombre de l’histoire (11)

Chapitre 11

Le jour vient à peine de se lever. Carole est couchée dans un lit qui ne semble pas être le sien. Les premiers rayons de soleil qui traversent la fenêtre viennent se déposer sur ses yeux encore fermés et la réveillent. Elle a comme de violents maux de tête. Sans se lever du lit, elle constate effectivement après un long moment d’observation que cet endroit ne lui est pas familier. On aurait dit une chambre d’hôtel. Elle cherche dans sa mémoire à quel moment elle avait pu décider d’y passer la nuit. Elle n’y arrive pas. La douleur l’empêche de se souvenir de quoique ce soit. Elle pense alors à une nuit qui aurait dérapé. Peut-être était-elle allée noyer sa colère dans l’alcool, dans un club. Dans la boîte de nuit qu’elle fréquentait autrefois avant tout ça, sauf que cette fois, elle y était sûrement allée toute seule. Peut-être avait-elle trop bu et…

-Non, ce n’est pas vrai ! crie-t-elle.

Elle pense à quelque chose, peut-être avait-elle trop bu et accepté ensuite les avances d’hommes qui attendaient ce genre d’occasions pour coucher avec la première femme qui leur passerait sous la main. Elle se retourne alors, tentant de trouver les indices de la présence d’un homme dans la pièce. Rien. Elle est seule dans le lit et pas de vêtements d’hommes trainant à quelque endroit que se soit. Elle est rassurée. Elle se lève et remarque une mallette de l’autre côté du lit, près du chevet. C’est étrange, elle est certaine que personne d’autre ne se trouve dans la pièce, alors que fait-elle là ? Elle s’avance avec hésitation vers la mallette et constate qu’elle est entre-ouverte. L’objet lui dit bien quelque chose mais elle ne se rappelle plus quoi. Curieuse, carole la dépose sur le lit et en l’ouvrant, remarque qu’il y a des photos, juste au-dessus d’une pile de documents plus bas. Elle ne comprend pas très bien ce que cela représente et rien ne s’arrange lorsqu’elle trouve dans le lot, une photo de son amie Diane.

Une notification vient d’apparaitre à l’écran d’un smartphone posé sur la table. Carole sursaute, elle ne l’avait pas vu et range maladroitement la mallette. Elle avance alors vers le téléphone ; la main au-dessus de l’appareil, elle hésite un moment à regarder mais trop curieuse, elle finit par l’ouvrir.

« J’ai la localisation exacte du lieu où ces filles disparues ont été emmenées. Je te ferai signe une fois que j’aurai l’information dont tu as besoin. Mais c’est sûr, c’est pour bientôt, je dirais dans moins d’une heure maintenant », le message s’arrête là. Le numéro qui le transmet n’est pas enregistré sur le portable.

-Des filles disparues…, pense Carole. Elle se souvient alors de quelque chose.

Des faits divers passés sur des chaines d’infos depuis un moment déjà et éclipsés par des évènements en apparence plus importants faisaient état de la disparition soudaine et mystérieuse de jeunes filles dans des villes du pays. Elle pensa à Diane qui avait disparu d’après ce que lui avaient dit les parents de cette dernière lorsqu’ils apprirent que Carole était libre, la croyant toujours emprisonnée jusqu’à l’annonce officielle de sa libération. Ils les savaient amies et souhaitaient donc savoir si Carole savait où leur fille pouvait être. Cela faisait un moment déjà qu’ils ne l’avaient pas revu. Elle se souvint aussi qu’elle n’avait finalement pas pu aller voir son amie comme prévu quand elle était à Douala. Alors qu’elle se trouve encore dans cette phase de remémoration d’évènements, elle retombe soudain dans la réalité de sa situation lorsqu’elle entend un bruit qui semble provenir de la salle de bain. Quelqu’un arrive. Elle n’est donc pas seule comme elle le pensait. Le bruit des pas est de plus en plus proche. Il est là, ça y est…

John? lance-t-elle déposant avec maladresse le téléphone qui sans doute devait lui appartenir. Et bien sûr la mallette, elle était à lui. Cette mallette qu’il avait apportée le jour du dîner organisé par Marina.

-Enfin réveillée à ce que je vois. Lance-t-il alors.

-Nooon, pense-t-elle. Non, je n’ai pas…non ; ne cesse-t-elle de se dire.

Elle se remet à penser. À quel moment, durant la soirée, elle aurait rencontré John ? Ça ne lui revient pas. Elle se sent de plus en plus mal. Elle ne supporte plus ce malaise et se lance:

-Est-ce que vous et moi avons…

Il se met à rire. Ça n’arrange pas les choses. La jeune dame est encore plus mal à l’aise. Il le sait et la rassure tout de suite.

-Nous avons été sages tous les deux, sois tranquille. Bon, surtout moi. Toi, t’étais un peu saoule, dit-il en souriant. Une chance que j’ai été dans la même boite que toi hier.

Elle essaie de sourire mais le malaise est malgré tout présent. Elle pense alors à Stephan et à sa réaction s’il venait à apprendre une chose pareille. La dernière fois qu’ils avaient parlé tous les deux, la discussion avait mal tourné et elle s’en voulait ; leur discussion au sujet de ce qui s’était passé pendant leur séjour dans le Nord. Elle reçoit un message sur son portable, elle s’empresse d’aller le prendre. Son visage s’illumine, c’est Stephan.

« On s’est un peu perdu tous les deux ces derniers temps. J’ai réservé une table dans notre restaurant habituel ce soir, 20 heures. Tu me manques énormément. Appelle- moi pour que je puisse confirmer la réservation  »

Elle est heureuse de voir ça. Ne pouvant passer de coup de fil, elle lui répond par message qu’elle ne manquera l’occasion pour rien au monde.

-Qu’est-ce qui peut te rendre si joyeuse tout d’un coup ? Lance John, ayant remarqué le visage joyeux de Carole.

Elle esquisse juste un sourire mais ne répond pas à la question. Le malaise est passé et Carole repense à cette notification qu’avait reçue John ainsi qu’à la photo de Diane se trouvant dans sa mallette. Ce que cela signifiait et s’il y avait un quelconque rapport avec l’actualité sur ces filles disparues. Et puis, qu’est-ce qui est pour bientôt? Elle a envie de savoir mais ignore comment le demander à John. Sait-il quelque chose au sujet de la disparition de Diane…

Palais présidentiel

Le président est assit dans son bureau avec en face de lui, le général Charles. D’après lui, la situation semble avoir quelque peu dégénéré dans le Nord depuis la démission de Joseph. Mais là n’est pas le seul souci réel du président. Le remaniement ministériel est pour bientôt et plusieurs postes dont celui de ministre de la défense sont vacants. Il lui faut choisir des personnes compétentes qui feront le travail aussi bien que ceux encore en poste. Le général Charles ne tarde pas à lui proposer le secrétaire général auprès du ministre de la défense qui n’est rien d’autre qu’un « disciple » de Joseph. Le président lui demande s’il est sûr de ce choix.

-Joseph et moi avions un plan d’attaque pour mettre un terme à ce combat dans le nord. Fabrice, son secrétaire, a travaillé avec nous dans l’élaboration d’une stratégie de guerre pouvant nous permettre de remporter ce combat, s’il y a bien quelqu’un qui ait la même vision des choses que Joseph, c’est lui, monsieur le président.

Il se lève alors de sa chaise et s’avance vers la grande baie vitrée derrière lui. Les mains croisées dans le dos, quelque chose semble le tracasser. Après avoir pris une grande inspiration, il demande au général de quitter la pièce, ce qu’il fait tout de suite. Après son départ, Jessica, la femme du président entre dans la pièce. Une femme élégante au charme particulier, elle avait une telle prestance et dégageait une aura si forte qu’elle pourrait être votée présidente si elle se présentait un jour aux élections. Elle était de retour au palais depuis deux jours, après avoir passé de longs mois à l’étranger pour soutenir les différentes fondations dont elle était la marraine et à cause de son travail personnel qui lui prenait énormément de temps. Elle su, en regardant son époux, que quelque chose n’allait pas.

-David! dit-elle en s’approchant de lui.

-Hum…fit-il comme sortant d’un rêve.

-Tu m’as l’air préoccupé, relance-t-elle en le prenant par les hanches.

Alors de dos, il se retourne vers sa table de bureau avec ce même regard inquiet. Jessica réussi à discerner, à travers les traits du visage de son mari, cette inquiétude qui l’anime.

Qu’y a-t-il, David ?

-Troisième tiroir à droite sur mon bureau, dit-il d’un ton peu aimable.

Elle ne fait pas attention au ton étrange que prend son mari et se dirige vers le bureau. Elle ouvre le tiroir et constate qu’il y a un dossier assez différent des autres placés là et se dit que cette crainte dans les yeux du président venait sans doute de là. Elle y jette un coup d’œil et tombe sur un message inscrit sur une feuille blanche au-dessus d’un lot de papiers qui disait ce qui suit:

« Montre-leur les vieux démons. Ressuscite leurs peurs ancestrales. L’indifférence, c’est la mort. Sans ténèbres, il n’y a pas de lumière. Sans mal, il n’y a pas de bien. Donne-leur le choix»

Jessica reconnaît la citation de Dan Brown célèbre auteur de roman policier Américain et ceci n’augure rien de bon quant au contenu même du dossier. Elle l’ouvre et feuillette chacune des pages et semble sous le choc. Elle demande alors à son époux:

-Et que vas-tu faire?…

Il la regarde sans donner de réponse.

Une dame entre soudain dans le bureau du président et déclare:

-monsieur, il se passe des choses graves. 5 attentats viennent d’avoir lieu sur notre territoire, dans des villes du Nord…

FLASHBACK SUR LA DISCUSSION ENTRE JOSEPH ET CHARLES LE JOUR DE L’ATTAQUE A L’APPARTEMENT DE MARINA…

-Bien et comment voyez-vous mon ascension au pouvoir, dit Joseph.

-eh bien… Vous devez abandonner votre fonction ministérielle.

-Dites-moi que vous avez autre chose à me proposer Charles, lance en souriant Joseph. C’est une plaisanterie n’est-ce pas?

-Non.

-Alors il n’en est pas question ! Si vous n’avez pas autre chose à proposer, je n’aurai pas d’autre choix que de poursuivre avec ma stratégie de départ.

-Ce serait stupide. Vous avez le contrôle de ce qui se passe dans le nord ainsi que le soutien de forces extérieures. Si vous tentez un coup d’État, ces forces se verront, dans un souci de transparence, obligées d’agir contre vous. Ça n’arrangera pas les choses.

C’est surement vrai mais en quoi ma démission du poste de ministre de la défense peut-il me permettre de gagner le pouvoir. J’ai l’habitude d’orchestrer, de planifier des coups bas, mais celui-ci, j’ignore en quoi c’est un avantage pour moi, Général.

-Le président a changé la constitution quand il est arrivé au pouvoir, vous le savez. Parmi les changements, il y a ceci de nouveau : l’intérim de la présidence, en cas d’incapacité du président à assumer sa fonction pour une raison majeure, ne sera plus assurée par le président du sénat mais par le Premier ministre, chef du gouvernement.

-Oui mais alors ? demande Joseph, ne semblant pas comprendre où voulait en venir Charles.

-Alors, si vous souhaitez devenir président, commencez par devenir Premier ministre.

-Et comment passer de premier ministre à Chef de l’État, général ? Mais surtout, comment devenir Premier ministre ?

Jamais Joseph n’avait paru si perturbé. Ce n’était pas de la peur non, ce qu’il craignait le plus c’était de ne pas pouvoir contrôler ce qui allait se passer, se demandant si c’était une bonne idée de laisser son avenir politique dans les mains de quelqu’un qui n’était pas vraiment pour une alliance avec lui au départ et qu’il avait quelque peu obligé à le suivre…

-J’ai besoin de savoir avec qui vous travaillez, dit Charles répondant à la préoccupation de Joseph. Qui dirige quoi dans le Nord et le rôle de chacun d’eux. Une fois que j’aurai cette information, le reste se fera tout seul, croyez-moi.

Joseph se met alors à expliquer dans les détails ce qui se trame véritablement dans le Nord. La vérité sur qui dirige quoi. Charles est stupéfait. Cependant, dans tout ça, il note un nom important, un certain Nasser qui semble être quelqu’un d’important dans toute cette manigance. Un homme qui s’est allié à Joseph pour tout autre chose qu’une histoire de politique. Charles pense en savoir assez sur le sujet et se met donc à son tour à exposer pleinement à joseph le plan qu’il a en tête. Ce dernier semble ravi…

-Il faudra l’appui de Nasser, nous ne pourrons pas le faire s’il n’adhère pas, poursuivi Charles.

-Il ne refusera pas, soyez tranquille ! lance Joseph avec un large sourire.

Il se voyait déjà président de la République, le plan de Charles semblait infaillible.

-Je sais que nous avons commencé sous de mauvaises bases Charles, mais croyez bien que je suis certain que vous n’auriez pas été mieux ailleurs qu’ici. On fera de grandes choses, vous et moi.

Si vous vous demandez qui est Nasser, son nom apparaît pour la première fois dans le chapitre 10 lors d’une conversation entre Charles et Joseph dans son véhicule. Conversation pendant laquelle Joseph dit à Charles avoir parlé à Nasser et qu’il avait le feu vert. Charles lui demandant ensuite si Nasser suivrait les règles établies et Joseph répondant que leur intérêt étant commun, il était pour le moins obligé de les suivre. Cette conversation-là faisait donc suite à celle que vous venez de lire…le plan pouvait donc être exécuté.

Encore une chose, lors du diner chez Marina, Carole parle d’un homme qu’elle aurait vu quand elle était emprisonnée dans le nord. Un homme qu’elle pensait être aussi important que Joseph…et bien cet homme-là, c’est lui, Nasser.

 

By Mark William, Tous droits réservés.

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