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L’Ombre de l’histoire (remastérisée) 7

Partie 7

 

La sécurité n’avait jamais été autant renforcée sur toute l’étendue du territoire national et en particulier dans la capitale. Elle était bondée de militaires lourdement armés. Des contrôles sur les principaux axes routiers, des couvre-feux, et parfois des arrestations qui, au final, ne donnaient rien de concret. Cependant, le but visé par tout ce dispositif sécuritaire était plus préventif que dissuasif car on ignorait toujours qui se cachait derrière l’attentat qui avait ôté la vie au procureur. Mais comme l’on ne demande pas au diable s’il est l’auteur du mal dans le monde, l’on peut déduire facilement qu’une bombe qui explose est synonyme de terrorisme. Ainsi concluaient le public et certains médias, sans chercher plus loin. Mais l’opinion publique ou les médias ne savent pas tout. Ils ignorent les grandes lignes de l’histoire.

Comme toujours un homme était particulièrement concerné par tout ça: le ministre de la défense, qui comme à son habitude depuis le début de la lutte contre le terrorisme, avait multiplié les apparitions sur les plateaux de télévision. Son discours restait le même: <<Avec le président, nous faisons tout, chaque jour, pour stopper la menace>>. Mais ça commençait à bien faire, avait répliqué un journaliste face à lui lors d’un débat. Il était assommé et bombardé de questions toutes aussi embarrassantes les unes que les autres. Ce jour-là, il répondait en direct et était regardé dans presque tout le pays par des hommes et des femmes qui souhaitaient voir les actes remplacer les mots. La caméra était braquée sur lui, capturant parfaitement ses moindres gestes et expressions. À cet instant-là, Joseph était tout sauf calme. Son sourire forcé et nerveux, le geste répété de sa main tenant une serviette pour nettoyer son front en sueur, tout, sauf le joseph que l’on connaissait. Le journaliste lui demanda alors si le pouvoir en place pouvait vraiment mettre fin à ce désordre, s’il ne fallait pas une amélioration ou même un changement. Son rythme cardiaque est, à ce moment, de plus en plus accéléré et là, il déclare maladroitement:<< oui, peut-être un changement…je veux dire une amélioration(…)>>. Ce propos ne laisse personne indifférent, du journaliste fixant l’œil de la caméra, l’air de ne pas croire ce qu’il venait d’entendre à celle de tous ceux derrière leur écran. Joseph Koffi vient indirectement de remettre en cause la légitimité et les compétences du chef de l’Etat, à pouvoir sortir le pays de la crise dans laquelle il était en train de s’enfoncer. Aussitôt l’émission terminée, Joseph monte dans son véhicule conduit par un chauffeur. Assit à l’arrière de la voiture, son visage alors fermé, fixe et inexpressif laisse place à un léger rictus de satisfaction. Il vient de livrer la meilleure performance d’acteur de toute sa carrière politique. Tout était fait exprès. Même le journaliste faisait partie du scénario monté de toute pièce par Joseph. Les deux hommes avaient même répété leur sujet la veille. La question, le malaise de Joseph, tout ça n’était qu’une pièce de théâtre dont le but était d’inciter le peuple à penser qu’il fallait effectivement un changement. Bien entendu, il dû lors d’un autre débat télévisé, par souci apparent de rendre au président toute sa crédibilité, s’excuser pour ce qu’il avait dit ; excuses ayant été faites également au président en personne. Un autre des alliés à la lutte contre Joseph est tombé après le procureur. Sa disparition à lui semblait plus naturelle. Un accident de voiture sur la route principale reliant la capitale à la ville de Douala. Une sortie de route due, se pourrait-il selon des passants et d’autres usagers, à un défaut de frein. La voiture ayant foncé droit dans un ravin. Mais encore une fois, rien n’était certain. Il ne restait donc plus que deux personnes dans cette alliance. Marina et Siméon Mbouna, celui-là qui semblait le moins enthousiasmé par cette quête. Il est environ 8 heures du matin. Marina a reçu très tôt un coup de fil de Siméon qui lui donne rendez-vous dans un restaurant du quartier bastos. Il semble avoir quelque chose de très important à lui dire. Elle se présente au restaurant mais Siméon n’y est pas. Elle pense alors partir quand elle l’aperçoit à l’entrée. Il la salue et prend place en face d’elle.

– Désolé du retard,lance-t-il l’air assez essoufflé.

-Tout va bien? demande Marina.

-Écoute Marina, reprend-il formellement. Je ne vais pas passer par quatre chemins pour te dire ça. Elle s’attend à ce que Siméon lui révèle quelque chose de vraiment grave. Il n’a jamais eu cet air étrange, on aurait dit qu’il fuyait quelque chose.

-C’est fini pour moi. Je m’arrête là. Je n’ai pas l’intention de poursuivre ce combat contre Joseph. Ni de rejoindre son camp, soit en sûre. Ce que je veux dire, c’est que ça se terminera comme avec Peter ou Benoît. Un conseil, fais pareil, abandonne. Tu as deux enfants Marina, deux petites filles, pense à elles. Marina frappe la table si fort que certains clients se tournent vers eux. Elle est en colère et dégoutée. Elle n’a pas les mots pour décrire ce qu’elle vient d’entendre de la bouche de Siméon. Il tourne le dos au Colonel Hada.

 

-C’est stupide, réussit-elle à dire enfin. Et puis, je t’interdis de parler de mes enfants. Rien ne prouve que Peter soit mort par la faute de Joseph et Benoît encore moins.

Siméon laisse échapper un sourire qui n’en est pas vraiment un. Il secoue la tête, trouvant lui aussi stupides les paroles de cette dernière, puis lui révèle une chose impensable.

-Est-ce que Joseph est lié d’une quelconque façon au terrorisme ? Ça, je l’ignore totalement. Mais il y a plusieurs jours maintenant, avant la mort de Peter, j’ai eu une discussion avec lui, avec Joseph. Je lui ai révélé qu’il y avait un groupe de personnes qui avait l’intention de l’empêcher de réaliser ses sombres ambitions. Évidemment, il a fait mine de ne pas comprendre de quoi je parlais. Ensuite, je lui ai dit que le Colonel Hada en était le membre fondateur. Il n’a malgré tout rien laissé entendre comme quoi tout cela pouvait être vrai. Nous nous sommes quittés sans autres mots. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un appel anonyme, un homme qui affirmait savoir que je faisais partie de cette alliance et que je serai éliminé si je ne donnais pas les noms des autres membres.

À ce moment-là, Marina prie pour que la suite de sa phrase ne soit pas ce à quoi elle s’attend et lui demande:

-Qu’as-tu dit?

-Je lui ai donné des noms. Ceux de Peter et de Benoît.

Marina tire sa chaise et se lève pour partir. Siméon lui attrape le bras et lui demande de rester, lui faisant comprendre qu’il n’avait pas terminé.

Elle prend alors une profonde inspiration pour ne pas laisser éclater sa colère et faire un scandale dans un lieu réputé pour avoir une clientèle soignée et agréable. De plus, trop d’oreilles autour d’eux écoutent et ce dont ils parlaient était assez sensible.

-Je n’ai divulgué aucune information te concernant, rassure-toi. Reprend-t-il.

-C’est censé me faire plaisir ? Dit-elle, enlevant de façon brusque son bras de la main de Siméon qui la tenait toujours.

 

-J’ai pensé à tes enfants, à toi. Pense ce que tu veux de moi mais c’est pour toi que je l’ai fait. Je n’attends rien en retour. Après notre discussion, je quitterai le pays. J’ai d’ores et déjà remis ma démission. Tu peux encore tout arrêter. Tu ne pourras pas à toi seule lutter contre cet homme. Il ne laisse pas de trace, il a trop de pouvoir. Réfléchis-y Marina.

 

Il s’en va alors sur ces mots. Peter et Benoît ont donc en réalité été exécutés, l’ordre venant de Joseph. Les méthodes employées étant justes parfaites. L’explosion d’une bombe peu de temps après que le chef des terroristes ait fait son apparition sur la chaine nationale, difficile alors de trouver un autre coupable que lui. La mort de Benoit, montée en accident. Une seule chose à retenir, Joseph à juste un don pour la mise en scène. Marina repense à leur conversation et une chose lui revient soudain à l’esprit: ses enfants. Ses deux petites filles vivent à Douala depuis un an déjà dans le quartier de Bonanjo avec une nounou qui s’occupe d’elles. Marina décide donc de quitter la ville un moment pour se rendre dans la capitale économique afin d’être sûre que rien de grave ne leur était arrivé. Siméon n’avait peut-être pas vendu Marina, mais rien ne prouvait que le maitre du jeu ne fût pas déjà au courant de son implication. Stephan et Carole viennent de se réveiller dans les bras l’un de l’autre après une soirée agitée passée dans la maison familiale Hada. Sa mère ayant quitté le pays un moment, Carole avait décidé de revenir après son départ précipité. Ils n’ont pas eu un seul instant pour eux depuis le début de ces évènements. Carole n’a donc envie de rien d’autre que de rester dans les bras de Stephan toute la journée. Elle s’y sent si bien que l’espace d’un instant, elle a envie de tout laisser tomber et de reprendre une vie normale, loin de tout. Elle ferme les yeux et sans s’en rendre compte se rendort paisiblement, le visage resplendissant. Mais le bruit de son réveil sifflant vient mettre fin à ce moment de bonheur. Elle se réveille alors mais ne sent plus les bras forts de Stephan autour d’elle. Elle se redresse et le voit debout devant le miroir de sa chambre. Il est torse nu. Elle remarque alors une marque de brulure sur son dos et une question lui vient à l’esprit mais avant même qu’elle eut le temps de la poser, Stephan qui avait remarqué qu’elle s’était réveillée lui dit alors:

-Bonjour, toi! Bien dormi? Au fait, j’ai oublié de te le dire. Mon père est sorti de l’hôpital depuis une semaine. Il est complètement rétabli. Ce matin, on mange ensemble c’est pourquoi il faut que j’y aille.

 

Carole est contente pour son copain. Ça fait bien longtemps que son père et lui ne s’étaient pas vus. La mère de Stephan ne vivant plus avec lui, il avait affronté la vie tout seul depuis. C’était un peu cette ressemblance dans leur vie familiale qui les avait rapprochés, Stephan et elle. Mais les souvenirs de leur rencontre n’ont pas le temps de remonter. Carole lui pose alors la question qu’elle avait en tête avant que celui-ci ne lui annonce la nouvelle.

-Que s’est-il passé? Stephan la regarde à travers la glace.

Cette question semble ne pas avoir de place dans ce qu’il venait de lui dire. Il se retourne donc vers elle et lui demande:

 

-Que s’est-il passé?

-Tu ne m’as jamais dit exactement ce qui s’est passé là-bas. Stephan ne semble pas comprendre de quoi voulait parler Carole.

-Pourquoi…comment Diane et toi avez fait pour vous en sortir?

 

Il s’empresse alors de remettre sa chemise puis répond en disant:

-On a eu de la chance, c’est tout. Je dois y aller.

 

Sa réponse laisse paraître un léger malaise. Il s’approche d’elle, l’embrasse puis s’éloigne. Elle n’en a pas fini.

-Réponds-moi. Pourquoi? Je veux dire, vous les avez vu, ces terroristes, leurs visages. Vous devriez être morts juste pour ça. Alors, pourquoi? Stephan semble énervé par les propos de Carole. Il lui demande alors:

-Et toi?

-Moi?

-Tu as vu leurs visages aussi. Ta libération a sûrement un rapport avec la mort de ton père. Mais pourquoi ne vas-tu pas voir les autorités pour leur parler de ça, de ce que tu as vu là-bas ? Carole ne semble pas non plus prête à répondre à cette question. Cela pouvait effectivement sembler étrange, étant donné qu’elle savait mieux que quiconque la relation qu’il y avait entre les terroristes et Joseph qu’elle souhaitait faire tomber. Comment comprendre tout ça?

Devant le silence de Carole, Stephan dit :

-Tu vois que toi aussi tu ne peux pas tout me dire.

Il est sur le point d’ouvrir la porte lorsqu’elle renchérit en disant:

-Tu as certainement raison. Mais je n’avais pas l’intention de rester les bras croisés à attendre. Je vais faire tomber cet homme.

Stephan s’arrête net, la main tendu vers la poignée de la porte. Il a le regard dans le vide, quelque chose le tracasse. Il serre les dents puis se tourne vers elle, lui disant:

-Non, non. Surtout, ne fais pas de conneries, dit Stephan.

-Tu ne me feras pas changer d’avis. À ce moment, Carole est déjà hors de son lit. Elle ne sait pas quoi penser de la réaction de son copain qui, pour elle, devrait la soutenir.

-Oui, j’ai vu les terroristes mais je ne suis pas stupide. Ce n’est pas simple dans notre pays d’aborder ce genre ce sujet. En plus, officiellement, personne ne sait que je suis libre aujourd’hui. Beaucoup de citoyens pensent toujours que la fille de la vidéo se meurt dans une prison du Nord. La majeure partie même de notre administration l’ignore, et ce, à cause d’un seul homme. Un homme qui se croit supérieur à tout le monde. C’est lui qu’il faudrait arrêter pour je pense arrêter tout le reste.

-Non, tu ne comprends pas Carole.

-Quoi? Qu’est-ce que je ne comprends pas? Le jeune militaire tente de lui dire quelque chose, en vain. Il se résigne finalement à ne rien dire. Mais on peut le sentir, il n’a pas envie, quelle qu’en soit la raison, de voir Carole s’impliquer davantage dans cette histoire.

-Je ne vais pas me lancer seule, soit tranquille reprend-elle. Je dois contacter le sous-colonel Marina Meka aujourd’hui. J’ai trouvé son numéro dans les affaires de mon père. Tu fais ce que tu veux, moi aussi.

 

Elle s’en va se laver, le laissant debout là, désemparé. Pour une raison ou une autre Stephan, conçoit mal la décision prise par Carole. Mais pour l’heure, il doit y aller. Après quatre heures de route, Marina arrive enfin chez elle à Douala. Elle est devant la porte de l’appartement. Elle plonge ses mains dans son sac à main et le remue dans tous les sens, cherchant la clé de l’entrée. Lorsqu’elle la trouve enfin et essaie d’ouvrir, elle constate que la porte n’est pas fermée à clé. Elle n’aurait pas trouvé cela bizarre si la situation dans laquelle elle se trouvait était différente. Elle pousse la porte, avec une certaine crainte, le cœur battant légèrement plus vite que la normale.

-Audrey, Manuela, lance-t-elle appelant ses filles. L’endroit respire le calme, un appartement moderne et spacieux. Aucune réponse.

-Madame Iness, continue- t-elle, appelant la nounou. Aucune réponse.

 

Elle arrive devant la chambre de ses filles et entend le bruit fait par le téléviseur. Elle cogne plusieurs fois, continuant de les appeler. Aucune réponse. Elle pousse la porte; elles ne sont pas là. Elle laisse tomber son sac devant la porte et file dans sa chambre, rien. Elle s’en va dans la cuisine et là, elle voit des éclats de verre de jus sur le sol. Sur le plan de travail, le petit déjeuner non entamé de ses filles et sur la table où était posée la bouteille de jus, des traces de sang. Ça y est, elle panique, il est arrivé quelque chose à ses filles. Elle court prendre son téléphone afin de joindre madame Iness. Sans réponse. Elle est en larmes, dans l’angoisse totale. Elle arrive dans le salon et se jette sur tout ce qu’elle trouve. En quelques secondes, l’endroit est méconnaissable. Tout est sens dessus-dessous. Elle s’écroule alors dans un fauteuil, ne sachant que faire. Les mains dans ses cheveux, elle pousse des cris si fort qu’on aurait pu l’entendre à l’étage d’en-bas. Et là, la porte d’entrée s’ouvre et elle entend:

-Maman!?

Elle n’en croit pas ses yeux, elles sont justes devant elle. Ses filles n’ont rien. Madame Iness est juste derrière avec la petite Audrey dans ses bras.

-Mon Dieu ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Lance Madame Iness.

-Où étiez-vous Iness? lui demande Marina.

Elle lui explique alors que la petite Audrey avait laissé tomber son verre de jus par terre alors qu’elle était sur le point de leur donner leur petit déjeuner. Mais qu’en plus, elle avait marché sur un éclat qui était rentré dans son pied. Iness était si paniquée qu’elle avait mis du sang partout en essayant de l’enlever, décidant ensuite, précipitamment sans fermer l’appartement, d’aller dans un centre de santé pas très loin. Marina a le cœur léger, elle se sent mieux. Elle prend sa petite fille et la plus grande dans ses bras et se remet à pleurer.

-Vous allez bien, madame? demande Iness.

-Ca va, maman? Demande la petite Audrey, caressant de sa petite main douce le visage en larmes de sa mère, avant de rajouter:

-Je t’aime maman, arrête de pleurer.

-Moi aussi, répond Marina. Moi aussi, je vous aime.

 

Pendant ce temps, un évènement majeur est sur le point d’avoir lieu dans la capitale. Il est 20 heures. Le ministre de la défense va donner le nom du nouveau général nommé de l’armée Camerounaise. Les médias ne ratent pas un seul instant de toute la cérémonie qui se tient dans le prestigieux Hilton Hôtel. Plusieurs hommes sont assis derrière et devant lui alors qu’il présente un discours sur les nouvelles résolutions de l’État en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Le moment attendu arrive enfin. Le nom du général est révélé. Il s’agit de l’ex-Premier ministre, depuis lors interné dans un hôpital de la place suite à une longue maladie qui l’avait emmené à abandonner ses fonctions. Il avait aussi reçu une formation militaire et c’est pourquoi avec l’accord du président, Joseph l’avait choisi pour occuper ce poste. Charles Arthur Messi était le nom de cet homme. Messi, comme Stephan Messi. Oui, il s’agissait bien de son père. Stephan était au fond de la salle, le regardant avec fierté. La salle se mit à l’acclamer si fort qu’on aurait pensé qu’il venait de remporter des élections. On le savait excellent Premier ministre, on le voyait parfait Général. Il se lève, prend la place de Joseph et déclare:

-Nous allons en finir avec le terrorisme, vous avez ma parole….

 

Impatients de savoir ce que nous réserve la suite de l’histoire.

 

 

By Mark William, tous droits réservés.

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One comment

  1. Impatiente Aussi!
    C’est très ingénieux d’avoir impliqué le Père Du Copain De La Fille.?

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