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Bébé ça va aller (suite 3)

-V-

Mais je ne trouvais pas la solution à temps et l’impensable arriva. Ça faisait deux jours que Julie ne donnait pas signe de vie. J’étais allé pour affaires sur Yaoundé. Je trouvais déjà étrange qu’elle ne réponde ni à mes appels ni à mes mails mais quand je suis rentré j’ai eu un choc. C’est Mélanie, sa meilleure amie qui me tint au courant. Elle était rentrée chez elle le lundi soir et n’était pas revenue le lendemain ; elle ne répondait pas au coup de téléphone de son amie non plus et quand j’arrivai chez elle,  j’appris par la voisine qu’elle avait été cambriolée et qu’elle était portée disparue définitivement. Mon sang ne fit qu’un tour. Si mon père est derrière ça je vais le tuer.

Je prends ma voiture et je fonce à son bureau. Le salopard va me payer ça ; j’espère pour eux qu’ils n’ont pas touché à un cheveu de Julie. Les lâches !

Je bouscule sa secrétaire, rentre dans son bureau. Il était en train de discuter avec Alan et Arthur justement.

  • Espèces d’ordures dites-moi ce que vous lui avez fait ! Où est-elle espèces de monstres ? Pourquoi l’avoir enlevée ?
  • Du calme cesses de tonner Tom pas devant père quand même.
  • Ferme la Arthur !
  • Arthur à raison calmes toi, nous n’y sommes pour rien dans l’enlèvement de ta petite copine au contraire on veut la retrouver. Père va t’expliquer … nous avons reçu une lettre de ses ravisseurs et on va la sauver t’inquiètes. Calmes-toi Tommy.
  • Qui… qui ? Qui !!!
  • Ecoutes tes frères, tais-toi et assieds-toi. Tu as des choses à apprendre sur ta petite amie.
  • Vous ? Vous ?
  • Je sais que tu me détestes Thomas mais tu es mon fils et je sais que tu tiens à cette petite ; je n’y suis vraiment pour rien crois-moi. Je ne fais rien pour rien tu le sais. Assieds-toi qu’on trouve une solution.
  • Pff… bien père.

Et le récit s’est engagé et pour être surprenant il l’était.

  • La petite Julie Dikosso est fille de Felix Dikosso Moumié tu dois surement le connaitre. C’est un de mes plus anciens collaborateurs. Aujourd’hui il a presque une fortune aussi colossale que la mienne ; il avait deux filles et un fils unique. L’ainée, ta petite chérie devait épouser à ses dix-huit ans un des plus grands trafiquants d’armes du nord Hassan Mohamed. Mais la petite s’est enfuie. C‘est ta mère qui l’a hébergée les deux premières années avant que la petite ne veuille s’émanciper et ne finisses par bosser pour toi. Ta mère adore cette enfant ; elle lui rappelle sa jeunesse quand ton grand-père lui avait imposé de m’épouser. Mais revenons à nos moutons. Les parents de la petite étaient à sa recherche et ont commis l’erreur de mettre des étrangers sur le coup : les Khaled, une petite famille d’espions du Maghreb. Ils sont connus pour être un peu plus barbare que moi… Mais là où le cas se complique c’est qu’Hassan aussi est parti à la recherche de la petite. Les Khaled sont des gens plutôt intéressés du coup les enchères sont comme qui dirait lancées ; à cause de toi on nous a aussi signifié l’offre. Oui je sais, ne sois pas aussi choqué. Je n’apprécie pas qu’on se moque des miens s’est une insulte grave ; encore plus je déteste que l’on s’en prenne aux miens. Il y a donc à mes yeux deux options : la première attendre la date des enchères et payer le prix qu’il faudra ou récupérer ce qui t’appartiens et donner une bonne leçon à ses petites frappes. Bien sûr tu sais à quelle option va ma préférence.
  • Je sais père et pour une fois je serai d’accord avec vous. Dites-moi juste où et quand ?
  • Demain nous prenons l’avion j’ai déjà des hommes sur le terrain. Toi, rentres te préparer.
  • Bien, merci père.

Et c’est hanté par la rage et la colère que je sortis de ce bureau décidé à aller délivrer Julie à la première heure demain. Mais rien ne se passa comme prévu. Je me garais à peine dans le parking de mon immeuble lorsque je sentis une sorte de présence qui me suivait. Un bruit de pas les trahit mais je n’eus pas le temps de vraiment réagir ; un projectile siffla dans l’air et se logea douloureusement  dans mon cou. S’était une fléchette anesthésiante je me fais avoir. Ma vision se trouble, mes forces me quittent et je m’écroule.

Qu’est ce qui m’arrive.

-VI-

Quand je me réveille, je sens des mains sur mon visage et j’entends des pleurs ; mais mes yeux peinent à s’ouvrir et mon corps encore endolori peine à bouger lui aussi. Je parviens à ouvrir les yeux mais c’est flou d’abord flou mais la voix en larme qui m’appelle achève de m’ouvrir les yeux ; c’est Julie. Je me relève brusquement avant de me rendre compte que je suis menotté. Julie est assise, en haillons ; ses vêtements sont déchirés et je remarque tout de suite sa lèvre enflée et son œil au beurre noir. Les salops ont osé lever la main sur une femme de cette manière, je vais les tuer.

  • Thomas… Thomas…, c’est je crois tout ce qu’elle arrive à dire tellement elle pleure.
  • Julie je suis là, je suis là maintenant ; ça va aller ma puce ça va aller.

Je la serre contre moi et nous sommes assis sur le sol. Je la tire dans un coin et me mets dos contre le mur la conservant couchée contre moi. Elle est épuisée et triste ça se voit. J’observe notre cellule, on dirait une véritable cellule de prison il n’y a qu’une minuscule fenêtre pour apporter air et lumière et si j’en crois ce que je vois il fait nuit et c’est la pleine lune. Grace aux rayons de la lune qui éclaire partiellement la pièce, je peux voir qu’il n’y a quasiment pas sinon aucun meuble. Je soupçonne qu’il doit y avoir une porte tout de même quelque part dans la partie sombre de la pièce. Revenant à mes menottes, je me demande en combien de temps je pourrais les briser. Juste cinq minutes ça devrait aller. Il faut juste la bonne pression et ça risque de me saigner un peu mais ça va je pourrais m’en défaire mais pas maintenant. Je dois découvrir où on est, avec qui, combien de gardes et combien de gens pourrais-je éliminer sans mettre Julie en danger et être sûr de parvenir au boss. Jusqu’ici mes équations sont incertaines. Mais je crois savoir que père et mes frères ne devraient pas être bien loin j’ai donc un renfort en chemin. Mais j’ai aussi de possibles ennemis en chemin ou peut-être suis-je même chez l’un d’eux il se peut bien qu’Hassan ou le père Moumié ait mené l’opération secours de la petite avant nous ou qu’ils soient en chemin ; encore d’autres inconnues qui s’ajoutent à l’équation.

Comme semblant oublier la situation présente, je sens que Julie se presse de plus en plus contre moi. Elle s’est endormie comme un bébé. La détresse se lit toujours sur son visage mais elle est moins forte. C’est adorable de la voir ainsi et ça me touche alors je dépose un baiser sur son front ; ça la réveille en sursaut.

  • Désolé Julie je ne voulais pas…
  • C’est… c’est rien, dit-elle sortant de mon étreinte. Je ne devrai même pas fermer l’œil dans cet enfer.
  • Tu sais qui t’as kidnappé ?
  • Euh… les Khaled, répondit-elle hésitante. Thomas je suis vraiment désolée de te mêler à ces histoires. J’aurais dû te dire que je… et je ne pensais pas qu’il te ferait du mal. Je croyais les avoir semé depuis le temps…
  • Je sais. Mon père est à peu près du même ressort que le tien sinon pire et je ne suis pas mieux autant que je te le dise avant qu’ils n’essaient de s’en servir pour te faire peur. Père m’a tout expliqué et si je suis là c’est que délibérément ces inconscients veulent se servir de moi aussi pour atteindre mon père je suppose.
  • Quand tu dis que tu n’es pas mieux…
  • Je… J’ai essayé d’arrêter et de sortir du milieu mais je n’ai pas réussi. Père m’a fait chanter en t’utilisant pour que je reprenne du service et ce que je fais est affreux, affreux.
  • En m’utilisant ? Qu’as-tu fait ?
  • Il sait, ils savent tous que je tiens à toi ; et pour ce que je fais… Je… Je suis le boucher invisible. Dans la famille nous sommes tous des assassins sauf mère bien sûr ; on nous apprend dès sept ans à maitriser les milles façons de tuer et de tous mes frères je suis le plus cruel, celui qu’on envoie lorsqu’il faut passer des messages clairs. Je sais, ça te dégoûtes je sais. Prends ton temps tu n’es pas obligée de me reparler tout de suite je comprends.
  • Combien de gens ?
  • Euh… je ne sais pas trop ; je dirai quinze familles et une cinquantaine d’individus.

Elle déglutit et sur son visage se lisent la peur, la stupeur et l’horreur. Alors je décide de ne plus rien dire et je m’assois dans un coin sombre de la pièce. J’ai toujours été un monstre qu’est-ce que je pouvais bien espérer. Elle est restée à la même position une heure durant comme si elle méditait ou rassemblait son courage pour parler ou agir.

  • Et… moi, notre amitié, le boulot tout ça c’était une couverture ? de faux-semblants ? Parce que je ne comprends pas tout ça avait l’air normal…
  • Et ça l’est. J’aime vraiment mon boulot d’architecte ; si je pouvais tourner le dos à mon passé c’est comme ça que j’aimerai écrire mon avenir. Un boulot simple, une famille simple, une femme, des enfants… mais bon… je sais un monstre tel que moi, ne devrais même pas y penser.
  • Ne te traites pas de monstre. Tu es gentil au fond. Je n’arrive même à réaliser que tu puisses tuer des gens de sang-froid ça ne te ressemble tellement pas…
  • Et pourtant je l’ai fait.
  • C’était toi les Aziz ? C’est pour ça que tu étais si bizarre ?
  • Alors c’est que tu n’es pas vraiment un monstre.

Je n’en revenais même pas qu’on puisse avoir cette discussion. Je m’étais imaginé des centaines de fois comment elle réagirait mais je ne m’étais jamais fait un scénario aussi pacifique. Je décide de ressortir de l’ombre où je me cachais.

  • Tu penses vraiment que je ne suis pas un monstre Julie ?
  • Tu as fait des choses cruelles et affreuses mais je sais que tu es quelqu’un de bien et de gentil… C’est juste que nous n’avons pas eu le choix. Regardes moi, j’ai essayé de fuir mon destin et me voici. On ne peut pas fuir le destin.
  • Si ! Tu peux et je te ferai sortir d’ici ; je te ferai fuir à l’étranger au bout du monde où tu pourras exister tranquille.
  • Et seule… à quoi bon…
  • Je ne serai pas loin pour te protéger…
  • Tu dis ça comme ça mais…
  • Mais j’irai jusqu’au bout du monde pour toi.
  • Thomas…
  • Ne dis rien s’il te plait. Je te ferai sortir d’ici et il ne t’arrivera aucun mal. Quand nous serons à l’extérieur on décidera de ce qu’il faudra faire mais je ne laisserai personne reposer la main sur toi.

Et sur ces mots je l’ai reprise dans mes bras et elle s’est rendormie comme une adorable enfant. Je n’ai pas tardé à la suivre malgré toute ma bonne volonté.

 

A suivre…

FAHI Leila, Bébé ça va aller;

Collection midnight novels by l’Afrique écrit;

Tous droits réservés.

 

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