Breaking News
Home / Auteur / FAHI Leila / F.L / Bébé ça va aller 4/5 (1)

Bébé ça va aller

« Dédicace à mon petit guerrier, ma source d’inspiration… juste des lignes en attendant ma vraie promesse. « 

 

PROLOGUE :

  • Désolé, je ne peux pas, pas encore. Je suis désolée Thomas, vraiment je suis désolée.
  • Julie je t’en prie ça va. J’attendrai ne t’inquiètes pas. Je suis désolé ma chérie ne pleures pas ; je t’en prie, ne pleures pas, c’est ma faute tu n’as rien à te reprocher… Je t’aime Julie, je t’aime et je suis désolé.

Ses larmes séchées, je décide d’aider Julie à totalement retirer sa robe de mariée et se changer. Au moins qu’on puisse sortir et ne pas passer notre nuit de noce dans cette ambiance abominablement lourde. Seigneur, que son visage bouleversé me déchire le cœur franchement. Son si joli visage angélique, aux traits fins et délicats, ma belle, ma femme que tu es belle. Ta peau d’ébène, ta silhouette gracieuse et pleine de charmes, ta démarche angélique qui fait penser que tu flottes sur le sol sans le toucher ; ton regard d’un noir nuit intense étoilé, ton sourire qui illumine toutes les pièces et tous les coins et recoins des âmes soient elles aussi noires que la mienne ; O ma princesse, ma déesse que tu es belle. Même cette affreuse tristesse que tu essaies de cacher alors que je t’aide à ajuster ta coiffure, même cette détestable souffrance ne réussit pas à entacher la pureté de tes traits. Mais ma reine, ton regard nous dit hélas tout et me transperce, ton semblant de sourire rend le fardeau de ma faute encore plus lourd ; pourra t’on seulement un jour tirer un trait sur ce triste chapitre ? Je l’espère désespérément mon amour.

Ma dulcinée prête, j’enfile un jean et une chemise, récupère les clés de la décapotable et l’emmène pour une promenade de minuit. Nous quittons le cabanon, faisons un petit arrêt à l’accueil du centre pour prendre quelques renseignements avant de finalement nous diriger vers un petit bar-grillade  de la plage. Le trajet est plutôt calme, seul la radio passe du Richard Bona en boucle. De temps à autres je jette un coup d’œil vers ma belle, elle est ailleurs, moins triste mais ailleurs je crois que c’est la musique qui fait son effet ; elle adore la musique. Nous sommes arrivés dans ce petit bar en plein air. Les gens dansent les pieds dans le sable,  d’autres descendent leurs bières plus près du bar ou assis dans les espèces de box de bambou déposés autour de la piste de danse centrale. Le tout est éclairé par un feu de camp un peu à l’écart où se font les grillades et aussi par quelques torches traditionnelles plantées un peu partout; ça donne un décor assez particulier entre foutoir et originalité pour moi ce n’est franchement pas de bon goût. Je me demande ce que Julie… Tiens, elle sourit, serait-elle conquise ? Je n’arrive pas y croire.

Mais si cette ambiance bon enfant et un peu hippie version Cameroun lui plait bien, tant mieux. Elle me tire vers le bar et on descend  la dune vers l’objet de son intérêt. Je suis son déhanché sur la piste ; ma belle est partie. Au son de quelques balafons, ma belle se transforme en sirène des plages. Son corps ondule, monte, descend, j’ai du mal à suivre une si rapide transition mais j’aime, j’adore la voir ainsi. Son regard joueur, refait surface alors que les guitares et tam-tam succèdent aux balafons sur un rythme plus Jazz. Ma princesse s’approche de moi avec de petits pas, un peu comme une petite salsa, ne m’en veuillez pas mais je n’y connais rien ; la danse, la musique, l’art, ça c’est le rayon de ma muse moi je ne suis qu’un grand gaillard raide et à l’esprit parfois un peu trop carré. Mais son petit corps serré contre le mien me donne le rythme et certains pourraient ainsi croire que je m’y connais et pourtant il n’en ait rien. C’est elle qui fait la magie de cet instant.

Après une bonne demi-heure, Julie décide de me laisser souffler un peu ; on va vers le bar, je commande deux cocktails et nous voilà verres en mains marchant main dans la main pour aller nous asseoir près de l’eau. On n’a pas dit un mot depuis et on s’assoit donc toujours dans ce silence ; elle pose la tête sur mon épaule, se resserre contre moi et voilà que le regard refait surface. Cet affreux regard triste qui fixe à présent le reflet de la pleine lune sur la mer noire. Je décide de lui prendre la main, d’entrecroiser nos doigts et déposer un baiser sur cette petite main délicate.

  • Thomas, dit-elle sans quitter l’horizon du regard.
  • Oui ma chérie…
  • Tu penses que… qu’on y arrivera, que je…
  • Julie… chérie…, dis-je en serrant sa main un peu plus fort pour la rassurer.

Mais je n’avais définitivement pas les mots et je ne les aurais surement jamais. Que pourrais-je encore vraiment dire ? Pour la rassurer, la guérir de ma bêtise, de la folie de ce qui nous était arrivé ? Je ne peux rien faire, rien dire. Thomas mon brave tu n’es qu’un idiot et cette princesse tu ne la mérites même pas. Un monstre tel que toi ne devrait pas avoir ce privilège ? Avoir un ange pour femme, un petit trésor d’innocence et de douceur… Tu ne la mérites pas. Si seulement les choses s’étaient passées autrement. Qu’est-ce que tu racontes si cette horreur n’était pas arrivée elle ne serait surement pas là.

Ah oui, je me souviens… Du premier jour, de la première fois, où je l’ai vu…

A suivre…

FAHI Leila, Bébé ça va aller;

Collection midnight novels by l’Afrique écrit;

Tous droits réservés.

Avez vous appréciez l'article ?

About lafrique

Check Also

Géraldine en moi

– Luck passe-moi la corde et tiens-le fermement, il ne doit pas s’échapper, Dit une …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *