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Chroniques d’une femme occupée (7)

A trop vouloir sans pouvoir on échoue sur une plage qui n’était même pas son couloir…

HARRY D.

 

Voilà ! Je veux un enfant oui, une vie normale, loin du stress sans paillettes, loin des nuits blanches pour l’oseille. Je veux ma vie de femme ! Une vie de femme complète et simple : mon mari, mon enfant, ma maison et enfin le pouvoir de profiter de mon argent.

Touchant mon ventre encore vide et fixant désespérément mon reflet démaquillé je me demande hélas si l’avenir et toi mon Ibrahim m’accorderez cette grâce. La grâce d’une vraie vie de femme, la grâce d’une vraie  vie de couple…

Ibrahim, posons-nous ! Posons-nous vraiment ! Je meure d’envie de te le dire mais depuis hier soir jusqu’à ces premiers rayons du soleil tu ne réponds toujours pas à mes coups de téléphone. Serait-ce les prémices d’un refus ou d’un problème ? Non je ne devrai pas laisser mon esprit divaguer à ce point.

Alors je fais ce que je fais dans ces moment-là pour ne pas m’inquiéter, je me descends cul sec un de tes verres de whisky histoire d’assommer net  les quelques neurones qui m’embêtent. Mais la douleur et la détresse sont plus grandes que mon verre alors je me résigne à te laisser inquiète quatre message pour que tu rappelles.

Assise dans la salle de bain, tenant mon ventre et pensant à demain, je me laisses noyer par la mélancolie avant de me ressaisir pour crier un coup, me lever et appliquer le plan B. Quand l’alcool ne peut rien, le sport au moins me fait du bien.

Jogging enfilé, tennis au pied et écouteurs aux oreilles, j’engage ma course folle dans les rues encore déserte. Je cours jusqu’au terrain de foot du quartier et décide de sprinter encore et encore jusqu’à ce que pensées et souvenirs se troublent et que seuls ne comptent que les battements effrénés de mon cœur en panique et le beat de ma musique fétiche qui passe en boucle encore et encore pour dicter ma foulée. Je coure ainsi pendant trente bonne minutes jusqu’à ce qu’excédée mes jambes me jettent sur le sol pour qu’au moins je reprenne mon souffle.

Mon corps redevenu normal, je peux m’étendre sur le dos, la tête vide et profiter des dernières minutes de silence que peut offrir cette ville. Je contemple le bleu du ciel, le vert du gazon et m’émerveille pendant quelques secondes du doux parfum de latérite que soulève la rosée du matin.

Une image vient pourtant troubler le paysage et faire tout remonter. C’est une affreuse petite chose à couette habillée comme une poupée écossaise traverse le terrain du parc en chantonnant. Oh la mignonne !

Comme si ce n’était pas déjà mal, la chanceuse passe ! Toute de jean vêtue de même que son Apollon et Apollon-junior… Eh Ibrahim voilà ce que tu me fais.

J’en ai marre je rentre me gaver de nourriture à la maison je n’en peux plus, je suis fatiguée…

Dring dring, à peine j’entre au salon que mon téléphone retentit :

  • Bébé ça va ? Je viens de voir tes coups de fil ? Ça va ? Dis-moi que tout va bien ? Tu semblais si paniquée au téléphone qu’est-ce qu’il y a ? C’est grave ? C’est toi ? C’est la maison ? C’est le boulot ? c’est…
  • Ibrahim !
  • Bébé ?!
  • Je… je…
  • Parle ma reine.
  • Donne-moi un enfant. Je veux qu’on ait un enfant.
  • Mais on en a déjà parlé… le boulot et tout on ne voulait pas…
  • Ibrahim, j’y ai pensé toute la nuit. Ça fait des mois que cette pensée me hante et que je la refoule. Je n’en peux plus on fera ce qu’il faut mais je veux une vraie vie, une vraie famille, un vrai foyer !
  • Je ne te suffis plus amour ?
  • Là n’est pas la question tu sais que je t’aime follement inconditionnellement ! Oui je t’aime. Mais justement il est temps, qu’on le concrétise en un être, un nous physique vivant, signe de notre amour, un investissement d’une vie, un trésor à chérir, une part de toi et de moi que nous aurons plaisir à élever… je veux ce nous mon amour…
  • Qu’est ce qui a bien pu te piquer ? Je te comprends mais je… c’est complètement fou ! chérie… que t’est-il arrivé ?
  • On est un couple marié Ibrahim! N’est-ce pas légitime ? Cessons de faire les enfants à la poursuite de leur rêve d’indépendance ! Assumons nous et osons ça je t’en prie…
  • Ah… L… ma puce… écoutes je ne sais pas. Bon quand je reviendrai à la maison on en reparlera là j’ai une réunion dans 5 minutes ; je n’aurai pas de temps je rentre à l’hôtel vers 22H après le dernier atelier. Je prends le premier vol demain alors on en parlera de vives voix. D’ici là prends soin de toi. Bye.
  • Mais…

Il a osé raccrocher…

 

Ô rage ô désespoir, quand le présent s’avère être le tombeau qui libèrent l’illusoire qui nous dévore, On ne peut croire qu’au malheur et au désespoir que milles et unes boites de Pandore causerait à notre pauvre cœur meurtri et flétri de rage et de désespoir.

 

HARRY D.

 

By Fahi Leila, Tous droits réservés.

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