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L’ombre de l’histoire remastérisée: chapitre 4

Chapitre 4

 

Joseph Koffi n’était pas le ministre de la défense protecteur de la Nation qu’il laissait paraitre et en qui des millions de personnes croyaient. En réalité, il est un fervent opposant au régime du président en place mais aussi le leader d’un groupe de personnes dans et hors du gouvernement qui souhaitent « changer les choses ». Sachant que la puissance d’un pays réside en grande partie dans son armée, Joseph avait pour objectif, depuis sa prise de fonctions et dans sa quête de pouvoir, de s’attacher les services d’un de ses dirigeants, l’un des plus influents même et des plus respectés, le colonel Hada.

Tout cela se passe 2ans avant les événements récents de l’histoire. Le nouveau président vient d’être investi. Il procède à un remaniement ministériel et Joseph ne figure à ce moment pas sur la liste des potentiels ministres pour ce poste. Mais au final, et après de nombreuses magouilles, il réussit à l’avoir. C’est le point de départ de son plan dont l’une des ramifications est l’organisation d’un « désordre » dans la grande partie Septentrionale du pays et ce, aidé par des hommes cachés dans l’ombre, une organisation solidement établie. Le colonel n’acceptera évidemment pas l’offre alors que joseph lui promet le titre de général de l’armée une fois le pouvoir en sa possession. A ce moment là, le colonel était très proche du président. Aussi, il demande à Joseph de ne plus faire allusion à cette histoire sinon il serait moins tolérant et ne ferait pas long feu à ce poste qu’il occupait déjà de façon illégale.    ?

Effectivement, Joseph ne lui en parlera plus pendant un temps. Mais cela restait un sujet de débats importants pour les membres intérieurs et extérieurs du groupe qui avaient alors pensé à éliminer le jeton gênant. Joseph n’était pas stupide et se doutait que le colonel aurait sûrement quelqu’un de confiance à qui il allait révéler leur discussion. C’était donc plus prudent de ne rien tenter pour le moment. Ils réfléchirent donc ensemble à un autre moyen de pression et quelques mois après, les premières attaques dans le Nord Cameroun commencèrent.

 

Mais revenons au présent. Depuis le fameux coup de fil, Diane et Stephan n’avaient pas arrêté leurs recherches et la mort prématurée de Jeff n’arrangeait pas les choses. Mais Diane est une fille intelligente et quelque chose lui revient alors aussitôt à l’esprit. Leurs soirées en Boite de nuit, se rappelle-t-elle. Il y avait ce garçon qui n’arrêtait pas de tourner autour d’elle, elle pense à Samuel.

-Mince ! Dit-elle, s’énervant de ne penser à ça que maintenant, quatre jours après la disparition de son amie.

-Quoi donc ? Demande Stephan.

-Samuel…Samuel Koffi, le salaud ! Je suis certain qu’il sait où est Carole. C’est sûr Stephan.

-Quoi, le fils du ministre de la défense? Dit Stephan perplexe et peu convaincu. Diane, tu…

-Attends coupa-t-elle. Tu te souviens du garçon dont elle et moi te parlions toujours à chacune de nos sorties au club?

-Oui, évidemment!!

-Oui, voilà, c’était lui, Samuel. On doit le voir. Il doit être au courant de quelque chose Steph, j’en suis sûre.

 

Stephan lui fait tout de même confiance et décide d’aller en voiture au domicile de Joseph Koffi, situé à quelques kilomètres de l’endroit où ils se trouvaient. Alors qu’ils sortaient, la mère de Carole les regardait depuis la fenêtre de sa chambre. Elle prit ensuite son portable et passa un coup de fil. Quelques instant après, le colonel Hada rentra chez lui. Une fois dans leur chambre, il trouve son épouse allongée sur le lit regardant une émission à la télé.

-Tu rentres tôt aujourd’hui chéri, lui dit-elle en se redressant. Il dépose ses affaires et enlève ses vêtements de service.

-Je vais prendre un bain, lance-t-il. Elle le regarda alors entrer dans la salle de bain puis se remit à regarder l’écran de télé. Prenant ensuite la télécommande pour augmenter le volume de la télé, elle alla le rejoindre sous la douche.

-Tu y penses parfois? Dit-elle le visage adossé au dos du colonel.

– Penser à quoi? Répond-il exténué.

-Je t’ai toujours soutenu dans toutes tes entreprises Edouard. Mais ça fait trop longtemps que tu n’es que colonel….. Ce que je veux dire, c’est qu’être Général serait encore mieux.

 

-Ça suffit ! Gronde-t-il. Sors d’ici et laisse-moi me laver ! On a plus important à gérer en ce moment Jeanne. Mais de quoi tu parles ? Carole a besoin de nous. Le délai accordé par le ravisseur c’est demain, tu peux comprendre ça?

-Il n’est pas seul dans cette histoire reprit-t-elle, parlant de Joseph…et s’il réussit à prendre le pouvoir, tu seras le premier à la porte et ce, dans le meilleur des cas.

Edouard n’en revient pas que sa femme lui parle de Joseph alors que leur fille est certainement en danger de mort. Elle ne semble pas plus affolée que ça. Elle sort alors de la salle de bain, claquant la porte derrière elle. Dans la chambre, elle constate que son téléphone avait plusieurs fois sonné. Elle avait aussi quelques messages. Elle s’habilla rapidement puis sortit seule et sans chauffeur pour l’accompagner…

 

Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit où ils pensaient trouver Samuel, Diane et Stephan apprirent d’un des domestiques de la maison que Samuel était depuis quelques temps déjà dans leur maison de Soa et donc qu’il fallait le chercher de ce côté-là. Mais il ajouta aussi que ce dernier devait quitter le pays le soir même pour se rendre en France. Sans donc perdre plus de temps, ils y allèrent. En arrivant sur les lieux, ils constatèrent que Sam faisait effectivement ses valises. La visite de ces deux- là qui avaient passé la sécurité en faisant croire qu’ils étaient amis lui glaça le sang. Stephan n’attendit pas d’avoir d’explications et sauta à son cou.

-Elle est où Carole ? Gronda-t-il.

Effrayé, Samuel n’eut même pas le courage de demander à ces deux-là ce qu’ils faisaient chez lui. Il ne les connaissait pas.

-Attends, s’il te plait, Je…je vais t’expliquer. Ces dires ne firent que confirmer ce que pensait Diane, Sam savait bien ce qui était arrivé à Carole.

-Parles donc, dit-elle et ne raconte pas de salades.

 

Stephan continu de lui serrer le cou. Sam tremble, il cède et dévoile la vérité jusqu’à cette partie où son père prenait le relais de l’affaire.

 

-J’ignore totalement où mon père l’a emmené, je vous le jure.

Stephan est fou de rage. Il est à ce moment là 20h. Diane demande alors à Stephan d’appeler le colonel pour lui en parler.  Soudain, des hommes armés entrent dans la maison, demandant à Diane et à Stephan de se coucher par terre, prenant leur téléphone à chacun. L’un d’eux, sûrement le chef de la bande, dit à Sam de se dépêcher d’aller à l’aéroport afin de ne pas rater son vol. Une fois parti, le gars leur demande de prendre place sur le fauteuil du salon dans lequel ils se trouvent, puis allume la télé qu’il met sur la chaine nationale. Tout ceci n’avait aucun sens, pensait Stéphane.

-Qui êtes vous? Demande-t-il alors.

-Eh!! Fit-il. Qui t’a demandé d’ouvrir ta bouche toi ? Reste tranquille et regarde la télé, réplique-t-il, une arme pointé vers eux, les autres étant tout autour.

 

En sortant, Jeanne Hada, la femme du colonel s’était rendue dans un restaurant de la place qui n’accueillait, la plupart du temps, que de hautes personnalités. Elle avait rendez-vous avec un homme.

-Je pensais que tu ne viendrais plus. Dit-il.

-J’ai du m’arrêter pour faire des courses, désolée. Répond-t-elle.

-Comment ça s’est passé avec lui?

Elle soupira alors avant de dire…

-Il n’a rien voulu entendre. Pourtant, j’ai tout essayé, il est vraiment trop bon pour accepter un tel accord.

-De toute façon, tu as fait ce que tu pouvais pour l’aider Jeanne ; lance-t-il en lui tenant la main. Mais je me doutais qu’il aurait dit ça…il campe sur ses positions, c’est un homme de parole…mais plus pour longtemps.

-Comment cela? Demanda-t-elle, surprise par ces paroles.

-J’aurai tout essayé pour rallier pacifiquement ton époux à ma cause. Mais maintenant, il est clair que je doive employer d’autres moyens.

 

Leur table était juste en face d’un écran plasma du resto. Il y eût alors un flash infos sur la chaîne national. Aussi surprenant et irréaliste que cela puisse paraître, on passa une vidéo dans laquelle on pouvait voir Carole ligotée, laissée pour morte. Près d’elle, des hommes, les terroristes du nord. Celui qui semblait être leur leader, vêtu de noir et couvert de la tête au pied, se mit alors à proférer des menaces à l’encontre du peuple camerounais et de son président qui, d’après lui, devait s’occuper des affaires de son pays…

-Vous voulez la guerre, on va vous donner ce que vous désirez. Une scène surréaliste qui faisait déjà le tour des médias et réseaux sociaux.

 

Beaucoup prirent peur et pensèrent alors à une attaque visée dans les prochains jours. Si pour beaucoup, le visage de cette fille sur la vidéo était inconnu, ses proches eux étaient en état de choc. Diane, Stephan, Jeanne mais surtout le colonel Hada qui avait tout vu depuis son salon en compagnie du lieutenant colonel Marina Meka venu quelques minutes plus tôt pour un travail important. Le colonel pensa alors à une vieille discussion avec Joseph qui avait dit:

-Ensemble, on peut éliminer la menace terroriste de ce pays. Mais pas sous ce régime…alliez-vous à moi.

Il était désemparé. Sa fille était entre les mains de terroristes. Jamais une situation pareille ne s’était produite.

 

– Que va-t-il lui arriver ? Demanda alors Jeanne à l’homme avec qui elle était.

-Rien, comme je te l’avais promis quand je t’ai mis au courant de la situation Jeanne…

 

Curieuse conversation…

 

By Mark William, Tous droits réservés 06/02/2016.

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