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L’ombre de l’histoire (remastérisée): Chapitre 3

Les attaques dans le grand Nord ont redoublé d’intensité depuis la montée au pouvoir du nouveau Président de la République, membre du même parti politique que l’ex-Président. Beaucoup de choses avaient changé dans l’organisation du gouvernement, elles étaient devenues plus modernes. Mais pour de nombreux opposants, l’homme à la tête du pays avait peut-être enfin laissé « le Trône » mais son parti continuait de diriger. Cela n’était pas tolérable, pensaient certains au fond d’eux sans toutefois le crier sur les toits où en faire de longs débats. De toute façon, le climat d’insécurité gagnant peu à peu le pays, la population civile commençait à penser qu’il fallait revoir sa façon de diriger sans toutefois déjà l’enterrer.

 

Trois jours après l’enlèvement de sa fille, Joseph avait dû laisser de coté ses recherches un moment pour assister à une réunion importante organisée par le Chef de l’Etat. Une réunion qui réunissait certains de ses ministres dont Joseph Koffi, père de Samuel et certains membres de l’état major. Des résolutions avaient été prises pour lutter contre la menace terroriste sur le territoire. Après cette réunion au Palais présidentiel, une petite réception s’en est suivie. Réception à laquelle ne pouvait malheureusement pas assister le Président qui devait immédiatement se rendre à l’étranger. Alors qu’il saluait des gens autour de lui Joseph aperçut au loin le Colonel Hada se servant un verre de whisky près de la table de buffet et parlant avec d’autres personnes. Joseph avança alors jusqu’au niveau du Colonel pour s’entretenir avec lui.

-Colonel Hada dit-il avec son plus beau sourire, une fois devant celui-ci.

-Monsieur le Ministre de la Défense, renvoya le Colonel.

Joseph Koffi était donc le Ministre de la Défense du Cameroun.

-Votre tenue est très élégante comme souvent cher ami, continu t-il de dire se servant également un verre.

-Dois-je me réjouir du compliment? Lança Hada esquissant un faux sourire.

-Bof ! Peu importe…il continua alors en disant, le Président a pris des décisions qui, ma foi sont assez intéressantes. Ne trouvez-vous pas?

-Il est rare que vous soyez du même avis que lui. C’est nouveau ça, Monsieur le ministre.

-Parfois, il est sage de se retenir de discuter certaines décisions, conclu alors Joseph en avalant son verre.

Joseph passa alors sur le sujet voyant que son interlocuteur ne semblait pas disposé à en faire un long débat.

-Et votre femme, comment va-t-elle? Reprend-t-il, tentant de parler d’autre chose. D’habitude elle ne manque pas ce genre de soirée. A moins qu’elle ne soit hors du pays.

-Elle rentre effectivement d’un long voyage. Et si elle n’est pas là c’est parce qu’elle se sentait un peu fatiguée.

-Je vois…et votre fille, comment elle va? Ça fait bien longtemps maintenant.

Ne se doutant pas une seule seconde de ce qui se passait, le colonel lui répond alors qu’elle allait bien et était devenue une belle jeune dame.

-Ça, je n’en doute pas…mon fils aussi grandit vite. Il n’est plus le petit garçon que vous avez connu. Bientôt ils prendront nos places même si je doute que votre fille ait envie de porter la tenue militaire.

Tous les deux sourirent alors.

-J’ai été ravi de discuter avec vous Colonel. Passez une excellente soirée.

-Meilleure à vous, Monsieur le Ministre.

Edouard avala alors d’un trait le contenu de son verre et regarda s’éloigner le Ministre. Il ne pensait à rien d’autre à ce moment-là qu’à la somme d’argent que lui avait demandé Samuel, qu’il ignorait évidemment être le ravisseur. Une énorme somme de 60 millions de FCFA. Autant d’argent en espèces, même s’il pouvait les avoir, le Colonel ne pouvait pas se le permettre. Cela soulèverait trop de questions. Le temps commençait à compter, Samuel lui avait donné 5 jours pour trouver l’argent et 3 jours s’étaient déjà écoulés. Au cas où l’argent ne pourrait être rassemblé, Edouard demanda à ses hommes de redoubler d’intensité dans leurs recherches sans savoir que le jeune Samuel n’avait déjà plus la situation sous son contrôle.

 

Quelques kilomètres plus loin à Soa, dans la maison de son père, Samuel était effrayé. Il venait de recevoir un SMS de Jeff lui disant qu’il allait tout révéler sur les réseaux sociaux, publiant même une photo de Carole dans le garage qu’il avait prise sans qu’il ne s’en aperçoive. Sam décida de l’appeler pour essayer de l’en dissuader.

 

-Gars, Jeff écoute ! J’avais l’intention de libérer Carole. Le problème c’est que maintenant…hum ? Maintenant, mon père a décidé, pour je ne sais qu’elle raison, qu’il allait la garder.

-Je n’en ai rien à faire ! Je ne veux pas être accusé de complicité quand elle sera retrouvée, il n’en est pas question ! Dit Jeff fermement et bien décidé.

Il coupa alors cours à la conversation téléphonique. Samuel était paniqué. Son père n’avait pas fait que garder le secret de la disparition de Carole. Elle avait été envoyée ailleurs et Samuel ignorait où. Il mit son père au courant des intentions de son ami Jeff, ne sachant plus quoi faire d’autre.

-Tu as bien fait de m’en parler fils. Tu n’as pas à t’inquiéter, je m’occupe de tout.

 

Chez lui dans son appartement d’étudiant, Jeff fait ses valises et compte retourner à Douala près de sa famille. Mais avant, il avait quelque chose d’important à faire. Il connaissait Diane Akwa et la savait proche de Carole ; il pensa donc qu’elle devait être mise au courant. Diane, toujours au domicile Hada avec Stephan vit alors sonner son téléphone qui affichait un numéro inconnu.

-Allô, dit-elle.

-Diane…

-Oui, c’est moi. Qui est-ce?

-C’est Domeza, Jeff. Il faut qu’on se voie, s’il te plait. C’est urgent !

Trouvant le ton de sa voix étrange, elle mit alors le portable sur haut-parleur.

-Comment ça urgent? Reprit Diane. Qu’est-ce qui se passe?

-T’es où là? Demande-t-il encore. Dis-moi s’il te plait Diane.

-Dis-lui, lança Stephan intrigué.

-Chez Carole à Bastos.

-Okay, je suis chez moi à Ngousso. Attends-moi à Expresso et prends une boisson, n’importe quoi mais attends-moi là-bas. J’arrive tout de suite.

-Mais pourquoi ? Continua-t-elle de demander sous l’oreille attentive de Stephan.

-Diane, c’est en rapport avec la disparition de Carole. Vas au restaurant et attends-moi là-bas.

 

Elle eut à peine le temps de redire un mot qu’il avait raccroché. Stephan et elle se regardèrent dans une totale incompréhension.

-Qu’est-ce que je fais, lui demande Diane.

-J’ignore qui est ton ami, mais s’il parle de Carole, on ferait mieux d’y aller.

Ils se mirent tous les deux en route sans perdre de temps. L’appel de ce Jeff était étrange, trop étrange. Une fois sur place Stephan et Diane prirent des places différentes. Jeff n’avait demandé qu’à voir Diane et n’était donc peut-être pas prêt à parler devant Stephan. Ils ne voulaient donc pas prendre ce risque. Mais 30 minutes après, Jeff n’était toujours pas là. Diane regardait Stephan, ne comprenant pas la situation. Elle l’appela alors à plusieurs reprises mais jamais de réponse. Jeff ne vint jamais au restaurant. On le retrouva mort dans son appartement le soir même, poignardé. Personne n’avait vu qui s’était introduit chez lui, d’après les dires de quelques voisins présents à ce moment là.

-Quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire, pensa Stephan. Il y a une Ombre cachée derrière tout ça…

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One comment

  1. Cool.
    (Enfin, pas « Cool la mort » mais bonne suite ?).

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