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HOLLOW MASK

 ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​ ​​​​ Hollow Mask…

 

« Je pousse la pirogue sur le noir fleuve de la mort

Caïmans hiboux et vampires me guettent je le crains fort

Vers où me mènera le périple ?

Dans les abysses des limbes au cœur d’un royaume terrible »

Abidiam Touré.

Les morts ne sont pas ​​ morts ! C’est en son temps ce que disait le griot. Ils sont plus près de nous que vous ne le pensez ! C’est ce qu’inlassablement le vieil homme répétait. Personne pour le croire ou l’écouter. Jusqu’au sombre jour où le malheur s’abattit.

Tout commença innocemment ; les petits enfants avaient des sortes de visions, voyaient autour des champs des sortes de mirages affreux ; ils le criaient partout mais nul parmi les adultes ne daignaient les écouter.

  • J’ai vu grand-tante Yokon dans la forêt, avait dit Mamadou.

  • Tu divagues elle est déjà morte, avait tranché net sa mère.

  • Mais je te jure maman et elle m’appelait à l’aide je te promets.

  • Tais-toi petit idiot les hommes soient-ils petits ne disent pas de tels inepties !

  • Mais mère je te le promets, elle était devant moi, aussi vrai que je te vois, elle était là.

  • Alors pourquoi ne l’as-tu pas amené qu’elle demande de l’aide à une grande personne, lança t-elle sarcastique avant de jeter au petit un regard plein de dédain.

  • C’est que, c’est que …

  • Pourquoi fais-tu cette tête petit chenapan ? Tu te rends comptes que tu n’as plus de mensonges à me débiter ?

  • L’ombre est sortie du fleuve et l’a aspiré, a-t-il finit par débiter d’un trait.

  • L’ombre ?

  • L’Ombre est sortie de fleuve et l’a aspiré d’un trait ; l’as aspiré, l’as aspiré, l’as aspiré…

  • Mais Mamadou que t’arrive-t-il ? Chéri cesse ce regard étrange, regardes moi bien. Mamadou réponds !!! Réponds !!!

L’enfant d’abord tétanisé, s’est écroulé et a convulsé ; de ces yeux sont sorties des larmes de sang et alors que sa pauvre mère assistait à la cruelle agonie qui secouait le corps de son fils, celui-ci se redressa brusquement. Le regard est injecté de sang puis d’un noir intense ; la mère lâche le petit se retrouve collée au mur de sa case ; l’enfant d’abord immobile tourne ensuite la tête vers sa génitrice. D’une voix grave, il entonne un chant dans un dialecte inconnu, les mots sonnent comme des coups de tonnerre et la sonorité comme des incantations.

Juste ciel, aurait-on vendu son enfant ? Le chant s’arrête l’enfant inspire profondément à s’en remplir les poumons. ​​ Son abdomen se gonfle jusqu’à être au bord de l’explosion. Quel genre de sorcellerie est-ce donc ??? La mère pleure, crie mais tétanisée, elle ne peut même pas se lever pour revenir vers l’enfant. Soudain il expire et vide ses poumons, baisse la tête et ne sors que ces mots.

« Qui sauvera le royaume des morts de l’attaque des terribles ? Qui épargnera le royaume des vivants des représailles des morts qui ne le sont plus ? Qui redonnera son équilibre à ses pauvres royaumes ? »

Et il expira de son dernier souffle, tomba à la renverse et mourut. Si ce n’était que le seul enfant on aurait laissé couler mais Aminata, Demba, Moustapha, Moussa, Kita et ​​ une dizaine d’autres périrent dans exactement les mêmes circonstances et le tout en à peine trois jours. Si ce n’était même que ça mais l’horreur était de constater que les enfants étaient morts du moins physiquement, mais que leur corps ne pourrissait pas. L’autopsie du marabout ne nous éclaira en rien, aucune source détectée, aucun assassin caché, juste le mystère de ces mots et des différents témoignages des parents endeuillés. Il se peut donc finalement que ce soit vrai… Que ferons-nous donc.

La décision fût unanime, nous enverrons le Prince Abidiam descendre le fleuve avec ses meilleurs hommes ; il se peut que tout au bout se trouve la porte des enfers et que les morts des limbes aient besoin de secours. Et nous que ferons-nous de nos enfants encore vivants ? Nous les enfermeront dans la chambre secrète du Roi, les fétiches dit le griot devraient les protéger des esprits au moins pendant un bout de temps.

Le village d’Olinga Nyon est dans la détresse, chers amis. Qui pourra bien résoudre ce mystère et sauver l’avenir des morts et des vivants ? Prince Abidiam nos espoirs sont sur vous.

« Quelle est mon arme dans ce combat contre l’au-delà

Aucune je le crains, le vieux griot ne m’a laissé que ces masques antiques ​​ grossiers

Quelles seront nos chances de vaincre l’inconnu qui nous assaille

Aucune je le crains, mes hommes et moi fiers nous sommes levés pour le combat mais sommes-nous aptes ;

 

Voici le fleuve se fait étroit, les arbres s’abaissent pour caresser l’eau et s’épaississent pour couvrir le ciel

Si j’en crois le vieux il est temps de mettre ces stupides masques sauront-ils seulement nous protéger

Voici nous les enfilons et sommes saisis d’une horrible sensation

Si seulement nous avions su nous ne les aurions point mis ;

 

Des ombres passent par dizaine devant nous

Comme ferait le vent

Des forces nous saisissent par centaines

Comme des hommes puissants ;

 

Ils traversent nos corps que nous ne sentons plus

Ils traversent nos âmes et tentent de nous voler je ne sais quoi

Ils traversent nos cœurs et essayent de couler dans nos veines sans succès

Ils traversent nos esprits et c’est là que nous comprenons ce que ces affreux ont fait aux enfants ;

 

Les masques nous protègent et inébranlables nous touchons la berge de leur royaume

Des milliers d’âmes en peine connues et inconnues s’approchent hésitante

Pitié mes seigneurs re-tuez nous que nous atteignons le divin royaume

Transpercez nous pitié que votre lame ne soit pas hésitante ;

 

Mais soudain c’est le vent qui nous porte et nous emmène

Dans les profondeurs du monde et de l’horreur suprême

Devant nous l’Ombre même, le coupable au sourire sardonique, l’abominable

Il sourit et aves ses sbires ailés se lance sur nous pour le combat interminable ;

 

La bataille fait rage, des têtes et des masques tombent

Des ​​ viscères et des boyaux maquillent le sol

La bataille est rude, nos coups ne les atteignent pas

Des hommes et des frères meurent ils en vain ?

 

Qui saura l’issu de cette boucherie ?

Personne pas même moi. »

Abidiam Touré.

 

FAHI Leila, Tous droits réservés, (extrait du recueil ​​ Odyssée d’un prince noir)

 

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