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Le monde selon Oliver I

La vie est réellement une histoire de choix, de moments, d’opportunités. Nous n’avons pas tous les mêmes chances, même si nos conditions sont identiques. Comment se fait il que des personnes d’un même quartier toutes aussi pauvres, aient des destins si différents? D’où viennent que certaines personnes soit riches et d’autres non? La pauvreté est elle une fatalité? un destin? Est-ce décidé à la naissance? Pour ma part je ne comprendrais pas pourquoi il y a tant d’orphelins  dans le monde, tant de personnes pauvres et vivant dans une misère totale, pendant que de l’autre coté certaines personnes vivent dans une opulence complète. Suis je un privilégié? Ai-je le droit d’utiliser plus que je ne devrais? Vivre dans l’opulence et le luxe est-ce mal? Existe t-il une sélection naturelle qui nous prédestinent dès notre naissance à un avenir particulier? Et face à cette injustice qu’est ce que l’homme peut il faire? pleurer? se battre ou rire? Je ne crois pas que cela changera réellement quelque chose. Quel choix avons nous donc face à cette horreur qu’est cette vie? Moi j’ai décidé de rire de la vie, de la traversé tel un souffle, le tout sans attache.

 

Je me rappelle d’un jour pendant ma pause, j’allais prendre mon cappuccino habituel chez ma collègue, il faut dire qu’elle avait une machine à cappuccino sublime et que c’était un réel délice de me délecter de ce doux breuvage! Je m’en allais donc deux niveaux plus bas, les papilles gustatives dilatées, lorsqu’en tournant la poignée de la porte je constatais qu’elle était fermée. Je regardais encore une fois de plus ma montre il était bel et bien dix heures et le boulot commence à huit heures, officiellement devrais je dire… où était elle encore celle la? Bon je parle ainsi d’un directeur, mais bon disons que ce n’est pas ce que vous pensez, comment dire, bref je ne suis pas sur que vous comprendriez même si je vous expliquais, nous avions ce genre de relation qui permettait la familiarité entre elle et moi. Bref nous ne sommes pas là pour parler de qui que quoi faisait comment avec qui où, c’est censé être triste et sérieux, confère mon prologue que je crois sérieux mais surtout constipé. Bon faut pas croire que je m’en vais rire de la souffrance apprêtez vous à pleurer et même à détester vos vie. Bref sur ma quête de café que j’avais désespérément besoin je descendit donc au restaurant paraît qu’on y servait une breuvage avec le même parfum que le café, au point j’en suis tout peut paraître délicieux du moment qu’on y retrouve un semblant de parfum de café. Bon je vois des sceptiques qui doivent se dire que je suis accro au café, non attendez vous me prenez pour qui? Pas du tout! Bon c’est vrai qu’il m’en faut cinq à sept verres par jours, que lorsque j’en prends pas je suis irrité, mes yeux lancent des flammes. Ma main tremble seule lorsque je suis en manque, et je peux tuer pour un verre. Mais comme dit précédemment je ne suis pas accro. Pendant donc que je me servais cette mixture qui se rapprochait plus d’une potion magique gauloise, que d’un vrai café. Et qui ne manquait pas en mon sens d’un peu de charme, hormis son goût infect, je m’assis sur une table et je devins sérieux (bah il fallait bien n’oubliez pas, je suis sérieux moi). Donc pendant que je réfléchissais à comment enrayer la famine dans le monde, je vis Clara une des jeunes filles que nous employons pour assurer la propreté des lieux. Clara viens d’accoucher d’un magnifique garçon ( à qui elle n’a absolument pas donné mon nom, si elle croît que se gamin aura un jour un cadeau d’anniversaire venant de moi elle peut toujours courir) est une jeune fille très attachante avec qui je me suis liée d’amitié au fil des services qu’elle m’a rendu (regardez les têtes qu’ils font bandes de…) De services j’entends, le nettoyage de mes habits, de la maison, souvent elle cuisine etc… Je dirais que c’était les seuls services qu’elle me rendait. Je me sentais un peu fatigué et j’ai donc décidé de prendre une pause pour causer avec elle. D’un mouvement de la main je lui fît signe.

 

– Bonjour patron, comment allez vous?

– Bien Clara, mais je t’ai déjà dis de m’appeler Oliver

– Je sais mais je préfère vous appeler ainsi monsieur

– Arrêtes, nous avons à peu près le même âge et ce n’est pas parce que tu travailles pour mois, que je suis ton chef, ou que je suis riche que tu dois m’appeler boss.

Je pris une pause et en écoutant ma phrase je me dis qu’effectivement j’étais un boss hein. Bon c’est d’usage de faire la fausse modestie dans ces conditions quoique. Comme l’usage le demande il faut que je prenne de ses nouvelles. Mais devrais je le faire réellement ? Je veux dire, elle est courte, bon pas très laide, pauvre et travaille comme un damné. Je ne crois pas qu’elle ai un malheur de plus à me raconter. Bon faut être poli non ?

 

– Sinon le boulot ça vas ?

– Oui monsieur désolé monsieur Olivier tout vas bien.

– L’enfant la famille tout vas ?

– Oui sauf que monsieur vous faites un erreur

– Ah ! Et laquelle ?

– J’ai plutôt plusieurs enfants, trois précisément.

Elle arbora, un sourire fière. Et moi j’étais genre oh mon Dieu trois ? Bon attends elle devait avoir environ vingt sept ans par là. Je suppose que l’aîné devait avoir cinq ou six ans.

– Félicitation lui dis-je. Je mentais, je ne pensais pas un seul mot. Mais une fois de plus fallait bien être poli. Et en reprenant je lui demandais.

– Quel âge a votre premier né ?

– Dix ans monsieur !!! le second à six et le dernier vous le connaissez.

– Waouh super, Mais attends une seconde tu as quel âge ?

– Vingt cinq ans monsieur.

Je faillis renversé mon café, non s’en m’être étrangler sur une gorgée trop bouillante. Je fais les calculs mentalement. Si elle a cet âge, ça veut dire qu’elle a eu son bambin à quinze ans, du coup elle a conçu a quatorze ans, q-u-a-t-o-r-z-e. Il y a des gens inspiré dans ce dehors. Mais ça devais probablement être une erreur de jeunesse, avec quelqu’un de son age, sacré jeunesse. J’en ai fait des folies moi même à cet age dont je n’en parlerais absolument pas du tout. J’ai une réputation à sauvegarder moi.

– Donc tu es tombée enceinte à quoi, quatorze ans ?

– Oui ! Elle eût un sourire gênée. Bien sur que tu dois être gênée !

– Ça serait drôle que ce soit ton mari qui soit le père de tes enfants.

Je ponctuai ma phrase d’un grand éclat de rire il fallait bien détendre l’atmosphère. Mais je crois qu’une fois de plus j’avais pas réfléchis à mes propos avant de parler. Tout ça c’est de la faute de mon grand-père, on raconte que ça bouche était comme la poubelle, tout sortait sans frein. Devant sa mine honteuse je me sentis très mal.

– En fait si, C’est avec mon mari que nous avons fait l’enfant.

– Mais c’est bien, et il avait quel âge ?

Elle baissa carrément la tête, un court silence s’en suivi. Après une profonde inspiration elle me répondit.

– Trente deux ans.

Le veinard, non le salaud, non le veinard. Épouser sa fille, il est juste aller la chercher au berceau. Mince, comment est ce possible ? Comment une jeune fille de quatorze peut être amenée à coucher avec un homme aussi vieux. C’est totalement immonde, plus du double de son âge. Mais c’est pas mauvais non plus tu élèves ta femme, pour avoir une main mise totale sur elle. Comme on dit en jargon informatique tu formates son cerveau et tu installes un système d’exploitation le tien. Oui mais je ne comprenais, où étaient ses parents ? Son père ? Plus j’y réfléchissais, plus la situation me dégouttais. Avec un air plus concerné je lui demandais :

– Attends tes parents qu’ont ils dit ?

– Rien ! Mon père est mort j’avais neuf ans et nous sommes sept chez nous et je suis l’aîné.

– Sept ? Et comment avez vous fait ? Où viviez vous ?

– Mon père est mort nous étions à Douala, il était très malade. Ceci fait que pour le soigner on a du s’endetter croyant que ça irait, mais il est mort juste après. Nous étions en location et sans un sous. Maman a vu un oncle qui nous a demander d’aller vivre chez lui au village, mais mon père n’y avait pas de terre. Donc pour faire les champs on demandait aux gens du village, qui souvent nous donnaient, mais pendant les récoltes ils disaient qu’ils voulaient leurs terres. À ce moment on devait donner plus de la moitié de nos récoltes c’était dur. Souvent on mangeait, souvent on passait des jours sans même humer l’odeur d’un repas. C’était dur monsieur, mais malgré cela on survivait, on partait à l’école quand même…

                 Elle prît une pause, je sentis des larmes me monter des yeux, c’est terrible, c’est horrible, une poussière était entré dans mes yeux. Sacrebleu ça faisait mal, d’autant plus que j’avais des yeux sensible. Alors que mes yeux je vis le coup d’œil qu’elle me lança, une lueur de satisfaction se peint sur son visage. « Attends je ne pleure pas à cause de ton histoire » , je voulus lui crier, mais je suis sur qu’elle ne me croirais pas en plus ça aide, ça donne l’impression que je m’intéresse à son histoire. Visiblement heureuse de l’effet apparent de son histoire elle reprît de plus belle.

– Vous voyez monsieur, c’est difficile surtout lorsque tu es une l’aîné, tout les regards se tournent vers toi. Un jour quand j’étais allé à Buéa faire des courses un monsieur m’a vu et il m’a dis qu’il m’aimait, je lui ai demandé de venir à la maison. Il a acheté le poisson, la viande, l’huile rouge, c’était beaucoup. Il est venu à la maison et il a ma mère elle était contente. Après il a commencé à venir à la maison, avec des cadeaux. Et après un jour j’ai vu que j’étais enceinte, on m’a dis que je serais sa femme et je suis avec lui depuis, jusqu’à maintenant et nous avons trois enfants ensemble.

  C’était la fin de son récit afin je suppose. Je vais être honnête, j’ai résumé en mes propres mots, parce qu’elle avait bavardé pendant longtemps, et moi j’étais un peu loin. Je veux dire mon esprit réfléchissait à des problèmes assez sérieux. Aujourd’hui  au restaurant on devait préparer le poulet DG. C’est un genre de poulet, avec des frites de plantain mûr le tout rôti dans une douce sauce tomate. Le souci c’est que les dix premiers plats sont les plus gros, du coup tout le monde veut vite arriver à la cantine. Les directeurs donnent beaucoup de boulot au manager, qui eux nous le refilent pour être sur que nous ne seront pas à la cantine à temps pour être dans les dix premiers plats, et flûte. Comment résoudre cette équation insoluble ? Je pourrais prétexter… Je ne réussis pas aller au bout de ma réflexion, je sentis le regard de Clara poser sur moi. Ah oui, elle me parlait de sa vie si difficile. Que faire ? Bon j’avais l’histoire de sa vie ne gros, merci Seigneur pour ces larmes elle me rendait encore plus crédible dans mon rôle de celui qui écoute avec une âme sensible.

– Je suis désolé, est-ce-que tu l’aimes ?

– Avant je ne l’aimais pas mais maintenant si !

– C’est bien c’est le plus important ça va aller. Bon attends je fouillais dans ma poche et sortît un billet de cinq mille francs

– Bon prends c’est pour toi tu vas… Le reste de ma phrase finît dans ma gorge. Dans un accès de joie Clara sauta à mon cou toute joyeuse.

– Merci monsieur que Dieu vous bénisse, merci beaucoup monsieur. Dieu vous rendra cela au centuple, non dix mille fois. Monsieur il faut que je reparte au travail.

Dit elle en regardant la grosse pendule accroché au mur du restaurant.
Tout cela n’avait même pas pris deux secondes. Dieu me punissait sûrement de n’avoir pas été plus compatissant. En fait moi je lui donnait les cinq mille là, pour qu’elle prenne mille francs et elle me rapporte la différence. Mes derniers quatre mille…

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