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Une Saison Blanche et Sèche (Slam d’un Retour au Village Natal)

Je m’appelle Ze Ondja’a Martin Paul15468230

Mon nom Signifie Panthère le Petit Guerrier

Beti, Boulou, orignaire du Sud

c’est le ciel qui l’a voulu, c’est le ciel qui le décide

 

L’histoire de mon peuple débute sur le dos de Ngan-Medza

l’histoire raconte qu’on s’exilait à cause d’une vie qu’on ne voulait pas

L’histoire raconte qu’on a refusé de se soumettre

que nous sommes des êtres capables de créer en tout lieu portes et fenêtres

 

Transhumant originaire d’un peuple sédentaire

Le temps fait de moi, le gardien des secrets qu’ont laissé grand père

Mon peuple s’étale sur l’étendue Sud et Centre

Résistant aux ravages il parvient à se tenir au dessus des cendres

 

je garde en mémoire les légendes qui nous ont effarés

du feu sacré en passant par les géants gardiens de la foret

des rites identitaires comme le Tso,

Le respect et la crainte de l’être supérieur le « Nkombot »

 

il y a des choses qui se disent, et celles dont on ne parle pas

des douleurs légendaires dont le devoir de mémoire ne se sépare pas

j’ai conclut que chaque peuple a ses maux et ses succès

Quand l’histoire veut s’écrire, il faut que la nuit et le jour se succèdent

 

mon histoire à moi commence dans une brousse de métal

esprit et pores, sous air impur fait de soufre et méthane

au milieu de cette jungle de béton, j’ignore qui je suis

je marche sans savoir où je vais, j’ignore qui je suis

 

je n’ai pas connu les histoires qu’on racontait le soir

les jeux et les devinettes pour accroitre son savoir

j’ai pas connu qui était l’oppresseur, et l’oppressé

j’aurais compris plutôt que la liberté,  il faut en être le possesseur et le possédé

 

j’ai grandi dans la honte de mon dialecte et le complexe

mise à nu identitaire était synonyme de honte dans ce contexte

Chuuuuuut !!! « ici on parle en français »

j’ai acquiescé sans savoir que ce choix allait m’offenser

 

j’ai appris à manier les mots d’une langue étrangère

depuis la nuit où les anges effacèrent

les traces qui relient ma conscience à l’au delà

et qu’ils m’offrirent en cadeau à mes parents

 

j’ai trempé mes racines profondes

dans des eaux troubles qui les assassinent et se confrontent

mon esprit est mis en cage, par ce qui lu est enseigné

intellectuel esclavage, qui m’empêche de m’élever

 

longtemps j’ai ignoré qui je suis, qu’elle est ma force

qui est mon peuple, ce que qui fait battre les torses

j’ai vécu sans lumières, dans l’artifice occidental qui leur est profitable

comme une douce paralysie, une sorte d’atrophie stable

 

j’ai contribué à la mort de mon peuple

en me privant de la connaissance de ma culture

je l’ai mis à l’écart, loin de la vue de tous comme un meuble

qui perd sa valeur devant celle d ‘une autre sculpture

 

j’ai avancé à l’instinct sans connaître la tradition

quand on me parle, j’ai tendance à demander une traduction

les anciens m’ont dit que je ne suis pas des leurs

qui suis-je donc ? je sais ne pas être d’ailleurs

 

ils m’ont dit « wo’o ne za, bia yeum ki wo »

je suis celui qui a perdu son chemin et qui est tout seul dehors

ils m’ont répondu : « Bia Kôbo Bulu va’a »

et ils se sont éloignés me laissant seul dans un vaste boulevard

 

Handicap identitaire, j’ai jamais appris mon dialecte

mon identité en souffre, personne ne la reconnaît quand il dit à l’aide

j’ai cherché ma meute des diverses compagnies

loups, chiens et corbeaux se comptent parmi

 

Aucun fruit et pâle tel un arbre sans feuille,

l’assèchement spirituel ne m’a pas esquivé

les orages identitaires, m’ont lessivé

Aucune chaleur, froid et vide, comme une lumière sans feu

 

j’ai connu mon village natale, il y a pas si longtemps

les anciens m’ont appris que la main devient apte à recevoir si l’on tend

c’est grâce au désir brulant, je renaitre

que j’ai pris mon envol, sans ailes du haut d’une fenêtre

 

la dureté de la vie dans mon village m’a enseigné une paisible douceur

on ne libère pas un peuple, un peuple se libère tout seul

j’ai été attiré, chacun sait ce qui le pousse et le contraint

j’y suis resté, chacun sait ce qui le repousse et le contraire

 

Mais avant d’apprendre, j’ai dû affronter les avis et les regards

Les aléas, d’un aliéné qui souffre d’un retard

Un enfant en pleine conscience qui apprenait ses premiers mots

Il fallait un sursaut d’humilité, pour que le savoir ancestral me prennent mes maux

 

Les anciens disent que d’où on vient, la pureté de l’esprit est sacrée

que les liens du sang se conservent et se créent, et tout ce qui est grand se fait dans  le secret

Chez nous la vie a ses mystères, chacun possède une réponse et une question pour l’autre

Occident sache que l’Afrique ne cherche pas à sortir de la misère, Elle entre juste dans la votre

 

mes anciens disent qu’on était Prince avant d’être de simples citoyens

avant c’était bien, on était tous riches avant de vivre de petits moyens

que nous étions un peuple libre, avant d’être prototypes

que nous étions des êtres pudiques avant d’être des stéréotypes

 

il m’ont dit que la vrai richesse vient du cœur

et dans les moments troubles ce qui est au fond de l’âme remonte au  niveau du corps

fait du bien à tous ce qui vit, et tout ce qui vit te le rendra

Garde ton courage,  avance, ce que la vie te prend, la vie te le redonnera

 

ils m’ont dit qu’on ne peut pas comprendre sans expliquer

il est difficile d’apprendre sans s’exprimer

Il y a tellement de problèmes qu’on peut résoudre avec son sourire

tellement de vie qu’on change simple geste, ou du peu qu’on a à offrir

 

c’est ainsi que j’ai arrosé mon existence aride, pour éviter que mes branches sèchent

j’aurais pu remplir des pages et encore des pages

pour décrire l’importance de connaître ses origines, et leur rendre hommage

Ce chapitre de ma vie s’intitule une saison blanche et sèche

 

Martin Paul Ze Ondja’a, Tous droits réservés.

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One comment

  1. whaouu, belle lecture, et bien au delà des mots bonne analyse et bonne interprétation. God bless you.

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