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L’ombre de l’histoire (8)

Chapitre 8

Marina enjambe le couloir de l’appartement en faisant l’effort de faire le moins de bruit possible. Tout est sombre et étrangement trop calme, non pas qu’il y ait eu besoin d’un certain bruit pour rendre ce calme normal, mais il était assez particulier. Ses pas sont légers, on entend presque rien si ce n’est peut-être sa respiration et les battements de son cœur qui sont alors très prononcés . Elle continue d’avancer, elle va vers la cuisine. Son visage est pale, peut-être est-elle malade. La main contre le mur, elle effectue un mouvement de bas en haut afin de trouver l’interrupteur qui allume la lampe de la cuisine. Elle finit par le trouver mais sens alors quelque sous sa main. Quelque chose de glissant, un liquide surement. Elle allume, sa main est rouge, couvert de sang. Il ne faut pas longtemps pour qu’elle voit devant elle le corps de madame Iness gisant par terre se vider de son sang. Affolée, Marina se jette sur elle pensant pouvoir encore la sauver. Il est trop tard, elle est déjà partie. Au même moment, elle entend des cris, ce sont ses filles.
Tout devient alors noir, elle ouvre les yeux, ce n’était qu’un mauvais rêve. La montre posée sur la table de chevet indique qu’il n’est que deux heures du matin. Difficile de se rendormir après ça. Elle se lève et fait un tour dans la chambre de ses filles, elles sont bien là. Elle appelle ensuite madame Iness à qui elle avait donné quelques jours de repos. Malgré l’heure madame Iness répond qu’à même. Tout va bien. La journée qu’elle s’apprête à commencer est chargée. Elle doit rencontrer Carole pour mieux faire connaissance et parler de vous savez qui. Ensuite, plus tard le soir marina doit être dans la capitale sous ordre du nouveau général. Cependant là tout de suite, elle semble avoir quelque chose d’important à faire. Elle prend son téléphone et passe un coup de fil. À l’autre bout de la ligne, un homme décroche.

Deux jours plus tôt, Yaoundé capitale politique du Cameroun.
Domicile Hada.

Carole se trouve dans le bureau de son père. Elle fouille par ci et par là sans vraiment savoir ce qu’elle pourrait trouver. Ce qu’elle sait par contre, c’est qu’une fois qu’elle verrait apparaitre le nom de Joseph, tout deviendrait clair. Mais jusque-là rien de vraiment important n’est encore passé sous sa main. Des militaires étaient venus réquisitionner des documents importants quelque temps après la nomination du père de Stephan. Elle pensa donc à un moment qu’il ne restait surement rien de très important. Elle passe des heures à chercher mais ne trouve toujours rien qui lui semble sortir de l’ordinaire . Fatigué, Carole s’assoit alors sur la face avant de la table de bureau pour reprendre un peu de force avant de relancer la machine. Sans le faire exprès, elle renverse la lampe posée là qui en tombant se brise en plusieurs morceaux.
– Merde dit-elle en se penchant pour ramasser les plus gros morceaux.
Alors qu’elle tient la longue partie tubulaire de la lampe, des papiers enroulés sous la même forme en ressortent. « Ça y est » pense Carole. Tout porte à croire qu’elle vient de trouver ce qu’elle cherchait. Drôle de cachette quand même. Pas de temps à perdre, elle prend place sur la chaise derrière la table de bureau et se met à feuilleter timidement comme si quelque part elle avait peur de ce qu’elle pouvait trouver. Il y a des choses qu’elle ne comprend pas vraiment. Des noms, des numéros, plein de trucs qu’un œil non avisé comme elle ne pourrait comprendre. en même temps c’est souvent ce qui arrive lorsqu’on privilégie la fête aux dépens des études. Perdue dans tout ce mélange complexe et parfois incompréhensible elle finit par tomber sur quelque chose qui attire son attention: une photo. Celle d’un bébé, une petite fille semble-t-il, les joues roses et les yeux grand ouvert, elle est si mignonne si innocente comme tous les enfants à cet âge-là, comme Carole. Pourtant ce n’est pas elle sur la photo ça elle l’a bien comprise. Elles ont cependant le même regard , toutes les deux ont les yeux d’un marron perçant, le regard du Colonel Hada. Qui est-ce? elle retourne la photo, elle date d’il y a deux ans maintenant d’après l’inscription à son dos . Il y a également un prénom écrit dessus, elle se garde de le prononcer. Tout est confus dans sa tête elle ne sait pas quoi penser, elle a tous ces papiers mais au final ne sait pas quoi en faire. Elle prend son portable et décide d’appeler Marina. Celle-ci lui dit alors qu’elle se trouve à Douala et s’y donne Rendez-vous. Carole accepte, c’est une aubaine elle souhaite également depuis le temps revoir son amie Diane.

Deux jours plus tard, au domicile de Marina Douala, quartier Bonanjo.

Il est midi, nous sommes un mercredi. Marina est aux fourneaux préparant à manger pour recevoir Carole pouvant arriver à tout moment. Ses deux filles sont à l’école mais ne vont pas tarder à rentrer, ramené par madame Iness qui avait du coupé court à ses quelques jours de vacances. Ce n’était pas très grave, elle préféraitêtre avec ces petites toute la journée plutôt que tranquille chez elle dans une maison vide . Marina vient de terminer de placer le couvert, on sonne à la porte, c’est Carole. C’est la première fois que les deux femmes vont se rencontrer seul à seul, loin des soirées et festivités administratives où elles avaient l’habitude de se voir sans vraiment prendre le temps de discuter. Marina ouvre la porte, c’est une femme belle et élégante qui se présente à elle. Un sentiment étrange lui traverse alors le corps et à cela s’ajoute de la jalousie, un sentiment d’infériorité ou autre chose encore qu’elle n’arrive pas à expliquer. Carole n’est pourtant vêtue que d’un polo de haute marque et d’un pantalon assez moulant pour mettre en valeur sa superbe silhouette.À ses pieds, juste une paire de tennis est enfin un sac à main à longue corde. On comprend alors l’insistance de Samuel le fils de Joseph au début de l’histoire qui pour la contempler de plus pret avait dûpousser le bouchon un peu loin. Marina n’est pas seule à être ébloui. Carole est enfin devant cette femme au charisme imposant et à la beauté sauvage. Une femme fatale qui pourtant à ce moment-là ne portait rien d’extravagant. Peut-être que Carole la regardait en se souvenant des soirées ou elle avait eu à la contempler dans toute sa splendeur. Peu importe, Carole prend place en observant chaque détail autour d’elle. La pièce est belle mais pas extraordinaire de son point de vue. Les photos de ses filles sont accrochées dans des cadres sur le mur. Carole ne s’y attarde pas vraiment. Elle n’a qu’une seule envie, parler de Joseph. Marina s’éclipse un moment pour aller se changer. Quelque temps après elle est de retour, nul besoin de décrire à ce moment-là le sentiment de Carole. Elle retire de son sac les documents qu’elle avait découverts dans le bureau de son père. Elle omet cependant de lui parler de la photo qu’elle avait trouvée. Marina s’empresse de regarder chaque feuille avec une grande attention. Elle prend plus de temps sur un papier en particulier sans révéler ce qui y était inscrit. Carole la regarde perplexe, comme essayant de le lire sur son visage. C’est le calme plat pendant un long moment, la situation est un peu embarrassante pour Carole qui ne sait quoi penser. Marina finit par déposer les documents tout en regardant sa montre. » attend-elle quelqu’un d’autre ? » se demande Carole de plus en plus mal à l’aise. « Pourquoi ne dit-elle rien sur ces documents ? n’ont-ils rien d’importants ? » continu t-elle de penser. Marina quitte la table et s’approche de la fenêtre en regardant le bas de l’immeuble. « Que se passe-t-il donc?  » ne cesse de se questionner Carole qui commence un peu à en avoir marre. Marina regarde de nouveau sa montre.
-Vous attendez quelqu’un finit enfin par dire Carole fatigué de se voir mise à l’écart de la scène comme un objet sans importance.
Marina est sur le point de répondre quand la porte s’ouvre. Madame Iness est de retour avec les enfants. Toutes les deux courent aussitôt dans les bras de leur mère commençant à lui raconter la journée qu’elles avaient passée. Carole croit alors comprendre pourquoi cette addiction à la montre de Marina.
-Les filles voici Tata Carole. dit Marina.
Elle n’est pas très enchantée par le nom mais esquisse un sourire forcé et prend la plus grande dans ses bras qui se présente alors avant de l’embrasser sur la joue . La plus petite s’approche à son tour. Une étrange sensation remonte en Carole. Un sentiment de déjà vue. Cette petite fille, ses yeux » non c’est impossible  » pense-t-elle. La petite fille tend la main à Carole et lui donne son prénom :  » Audrey, moi je m’appelle Audrey  » dit-elle avec un large sourire . Ce prénom, c’est celui écrit sur le dos de la photo que Carole avait trouvée.
Quelque part dans une école de commerce de la place.
À cette heure si normalement c’est la pause mais le professeur ainsi que certains étudiants sont si concentré que personne ne voit le temps passer. Diane est dans cette salle de classe. Comme les autres elle est accrochée aux lèvres de son professeur prenant des notes quand elle le pense nécessaire. Mais le ronronnement de son téléphone vient mettre fin à l’hypnose. Diane vient de recevoir un message, le numéro du correspondant est masqué. Le contenu du message disait  » c’est pour bientôt  » . le cours se poursuit mais Diane semble ne plus être en mesure de le poursuivre, son esprit est ailleurs. Son regard traduit de la peur, ses mains sont tremblantes et son rythme cardiaque de plus en plus élevé. Des images rapides lui reviennent, un flashback. -Le nord, les terroristes, l’état de psychose qui l’a gagne, un homme qui entre dans la pièce, elle est si faible et si paniqué qu’elle n’arrive pas à distinguer dans ses souvenirs le visage de ce personnage en face d’elle, elle respire de plus en plus difficilement- . le flash s’interrompt brusquement. Les étudiants alors transportés par les paroles du professeur sont soudain perturbés par un bruit sourd derrière comme quelque chose venant de s’écrouler sur le sol. C’est Diane, couché par terre, inerte, sans aucun signe de vie. C’est l’effroi général. Tout est parti d’un message.
Carole n’a de cesse de s’imaginer pleins de scénarios dans la tête tellement toute cette histoire n’a pour elle aucun sens. Est-ce une simple coïncidence, non il faut être stupide pour le penser. Mais elle refuse de s’imaginer ce scénario-là, celui où Audrey serait peut-être la fille de son père, sa petite sœur. Elle serait ravie s’il y avait une autre explication à tout ça. Mais le scénario semble inéluctable. Audrey n’a aucun véritable trait de ressemblance avec sa grande sœur. Jeanne disait-elle vraie? non Carole refuse d’y penser. Elle qui venait pour trouver des réponses, la voilà avec encore plus d’interrogations. Ça ne s’arrête pas là, voila Marina qui se remet à regarder sa montre et la fenêtre l’air un peu agacé. Le fait qu’elle regarde sa montre ca n’avait donc rien à voir avec l’arrivée de ses filles.
-Il est en retard. fini t-elle par dire avec énervement.
« Elle attend effectivement quelqu’un  » repense Carole. Mais qui? Marina emballe vite fait quelque plats pour ses filles demandant ensuite à madame Iness de les accompagner chez une certaine amie. La minute d’après plus personne dans la maison excepté les deux femmes. De toute évidence elle ne voulait pas de ses filles pour le moment. Carole est perdu. Qu’est-ce qui se passe.
Pendant ce temps dans la capitale
Stephan conduit son père faire quelques achats. Dans la voiture l’ambiance est bonne jusqu’à cette question de Stephan:
-Pourquoi as-tu accepté le poste que t’as proposé Joseph…
l’ambiance tombe. Aucun des deux ne semble à l’aise sur le sujet. Pourquoi Stephan demande-t-il cela. Y a t-il quelque chose que l’on ignore là aussi? Charles ne donne aucune réponse. Stéphane n’en aura pas.

Mark William, Tous droits réservés.

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