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Une minute de silence…

Il y a de cela quelques heures elle vivait,
Quelques heures auparavant elle était des nôtres,
Elle avait souffert neuf mois durant, pendant sa grossesse,
Neuf mois de cohabitation pas toujours facile,
Mais neuf mois de joie et de bonheur pure,
Que dis-je dans ce cas on aurait dit dix huit mois,
Car ce n’était pas un enfant, mais des jumeaux,
Qui grandissaient et se mouvaient en son sein,
Elle avait appris à les connaître sans les avoir vu,
Elle les aimaient déjà plus que tout au monde,
Ou pas exactement, car il y en avait eu trois avant eux,
Mais pour des raisons particulières ceux-ci,
Ils étaient spéciaux, des jumeaux, une fille et un garçon,
Depuis qu’elle avait su qu’elle aurait des jumeaux,
Sa vie n’était plus fondamentalement la même,
Tout était prêt pour recevoir ses doux rayons de soleil,
Ça n’a pas toujours été facile ces neuf mois,
Mais au moins elle était heureuse de ce cadeau divin,
La famille était pas très riche, mais il régnait de l’amour,
Et tant que ce fait tout était possible, et surmontable,
Même lorsque les difficultés financières était au comble,
Rien n’a jamais manqué et ils ont pu tout surmonté ensemble,
Mais que se passe t-il ? Les contractions avaient débuté,
Et elles étaient doublement plus violentes et dures,
Elle aurait voulu ne jamais connaître pareille douleur,
Mais elle était heureuse, pour eux aucune douleur n’était assez forte,
Et maintenant au fur et à mesure que la douleur augmentait,
Elle était la ineffable, incapable de réagir, ou d »agir,
Et pendant qu’on les refoulaient au pied des hôpitaux,
Ses forces lui échappaient, et dans un dernier sursaut elle sourit,
Quelle ironie de les avoir portés si longtemps si ce n’était pour les voir,
Quelle destin cruel était le sien que de ne voir la vie qu’elle avait porté,
Si il existait un Dieu la haut dans le ciel, un signe serait le bienvenu,
Sa propre vie contre celle de ses enfants, fût sa seule requête,
Et pendant que la vie quittait son corps elle était non plus triste,
Non plus souffrante, désemparée ou en colère, mais juste légère,
Car cette vie qui la quittait se regroupait dans ses entrailles,
Elle sût qu’il lui survivrait et c’était la un rayon de chaleur,
Malgré le froid qu’il l’environnait, la solitude qui l’entourait,
Elle s’en alla la larme dans l’œil, sans avoir jamais vu leur visage,
C’est triste la vie, car plusieurs heures après sa mort,
Ses gamins lui survécurent, comme mû par une grâce divine,
Alors que cela n’aurais pas été possible, ils survécurent,
Pendant des heures, malgré la mort de leur mère il survécurent,
L’histoire aurait été heureuse et belle si et seulement si,
Le cynisme de l’Homme n’avait pas ressurgit de la manière la plus viscérale,
Si l’avidité humaine au gré d’un égoïsme sans fin n’avait pris le dessus,
Quatre heures vivant, bien que leur maman soit morte, c’était un miracle,
Un miracle qui aurait pu prendre vie si la bienveillance existait,
Mais voilà elle s’en est allé, et avec elle ceux pour qui elle a sacrifié neuf mois,
Que dis-je dix huit mois, car il était deux et non un,
En ce jour l’Homme a tué non une, mais trois vies,
Nous chercherons des coupables, nous crierons, nous pleurerons,
Nous aurons un haut le cœur et puis la vie continuera son cours normal,
Nous chercherons à nous dédouaner de nos erreurs, pour certains,
Mais la vérité en ce lieu est que nous avons perdu trois vies,
Et pendant que nous nous éveillons à cette horreur,
Pensons à cette femme qui dans ses derniers moments a compris,
Qu’elle ne verrait jamais le fruit de ses entrailles, fruits d’amour,
Pensons à sa désolation et à sa douleur sans borne d’imaginer,
Que ses précieux s’éteindront avec elle, elle a du se battre férocement,
Pour survivre, non pour elle, non pour son mari, mais pour eux,
Plusieurs fois elle a dû repousser la mort pour qu’ils aient la vie sauve,
Pensons à sa peine, à son désarroi, et taisons nous une minute,
Une minute pour trois vies ce n’est pas cher payer afin que le monde se souvienne d’eux…
Une minute pour trois vies afin que le monde soit transformé…
Mister L. Copyright@L’afrique Écrit 15.03.16

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