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Le Griot (6)

Chapitre 6 : Grossesse et abandon

 

Petit voyage dans le temps

Petit voyage dans le temps pour voir les époques des rois et des fous

Petit voyage dans le temps pour descendre du train dans un quartier noir pauvre et enclavé

Petit voyage dans le temps pour mourir à l’époque des inégalités dans la misère qui touche les pauvres et les emprisonne

Petit voyage dans le temps pour visiter les malheurs du passé les douleurs oubliées

Petit voyage dans le temps pour voir les amants s’aimer et se quitter s’abandonner et s’oublier

Petit voyage dans le temps pour comprendre les origines de toutes choses du malheur du bonheur des ici des ailleurs pour comprendre les Hommes et les Habitudes les Femmes et les attitudes pour lire le présent sous le prisme ancien du  « que s’est-il passé ? »

Harry D.

 

  • Bonjour ma chérie.
  • Arnold !!! J’ai cru que tu ne viendrais plus jamais.
  • Ne dis pas ça tu sais que ma femme ne me laisses pas je fais ce que je peux pour être avec toi mais il y a des heures où elle a du mal à me lâcher…
  • Laisses tes excuses et divorce d’avec cette garce ! Tu me promets depuis déjà six mois de la laisser et tu lui coures encore après ! Tu ne m’aimes donc pas…Menteur !
  • Mais chérie arrêtes. Bébé tu sais que je n’aime que toi si je reste avec Geneviève c’est pour les enfants ils sont trop jeunes…
  • Des excuses ! Des excuses ! Cesses de mentir tu ne m’aimes pas c’est tout!
  • Mais… si je ne t’aimais pas t’emmènerais-je dans de si beaux hôtels ?
  • O c’est ton unique argument ??? On emmène les catins dans des hôtels ; les femmes qu’on aime on les mets dans des villas et on vit avec elles.
  • Tu sais bien que je t’aime je t’ai offert un studio mais à cause de ta sœur tu l’as refusé…
  • Et ce n’est qu’un studio que tu as trouvé à m’offrir ?
  • Bon ne nous disputons pas pour ça s’il te plait je ne suis pas venu pour ça et tu le sais. Viens allons à la bijouterie de l’hôtel je t’offrirai quelque chose qui sera digne de toi. Je t’aime chérie allez… Embrasses moi.

Et c’est ainsi qu’un petit diamant au doigt la belle suivit son amant dans une chambre à l’étage. La belle en question  avait à peine vingt-deux ans  et s’était ma grande sœur Saphira. Depuis déjà  six mois et peut-être plus, elle sortait avec un homme marié dont je connaissais uniquement le prénom Arnold. Il avait la quarantaine et était un riche fonctionnaire de l’Etat et connaissant ma sœur je me doutais qu’il n’y avait que l’argent de ce bellâtre qui l’intéressait. A la mort de nos parents, nous étions désemparées ; la fortune de nos parents étant donné qu’aucune de nous n’était majeure à l’époque a échu à un de nos oncles qui en dilapida une bonne partie avant les 21 ans de ma sœur. Le peu qu’il restait à sa majorité nous permettais de vivre juste avec le nécessaire sans jamais manquer de rien mais ma sœur ne supportais pas ça ; du luxe encore et toujours elle ne pouvait vivre sans. Alors c’est ainsi qu’a commencé le cauchemar.

Ce fut d’abord un hasard ; elle tomba amoureuse pour la première fois d’un riche entrepreneur nigérian qui hélas après l’avoir entretenu pendant deux mois l’abandonna sans mot dire un beau matin. Elle n’a pas perdu de temps et s’est retrouvée dans les bras deux semaines plus tard d’un vieux sénateur veuf qui la gâta pendant trois mois. Elle le quitta quand elle apprit dans la presse qu’il était membre d’une secte. Mais cela ne la dissuada point.  Elle passa de sénateur à juriste, de ministre à hommes d’affaires, de fortunes en grands noms ; elle ne se priva d’aucune fortune que sa beauté pouvait lui attirer. Puis un jour est apparu Arnold. Un homme simple la quarantaine par-là, fonctionnaire de haut rang et héritier d’un des plus grand exportateur de cacao de Côte d’Ivoire. Il était marié mais la chouchoutais comme jamais. A chacun de ses caprices il lui offrait un bijou, des vêtements, et sa dernière folie, une boutique de prêt à porter au centre-ville.

Je ne sais pas pourquoi malgré ses bonnes manières et ses actes de prévenance je voyais d’un mauvais œil la relation qu’il entretenait avec ma sœur. Déjà que je n’approuvais aucun de ses actes de débauche mais celui-ci je ne sais pas pourquoi m’inspirait encore moins que tous les autres. Ce fut un soir que je compris le mauvais pressentiment  qui me hantait depuis. Je rentrais des cours quand je trouvai ma sœur assise à même le sol au salon pensive et sombre.

  • Que t’arrive-t-il Saphira ? Tu as un problème ?
  • Non, répondit-elle froidement.
  • Je vois bien que quelque chose te perturbe…
  • N’insiste pas Yasmine je n’ai pas de problème et même si j’en ai un sois sure qu’il sera très vite réglé et expédié.

Dans un geste que certains auraient trouvé anodin, elle se toucha le bas ventre et un éclair de détermination lui traversa le visage avant qu’il ne se referme encore. Et c’est là que j’ai tout compris.

  • Tu es enceinte Saphira ???
  • Oh ne me pose pas de telles questions ça ne te regarde pas.
  • Si je suis ta sœur et ça me regarde. Il est de qui d’Arnold ou de monsieur Gaëtan ?
  • Je ne vois plus Gaëtan depuis des mois et peu importe de qui il est… cette chose ne verra pas le jour.
  • Comment ? Comment peux-tu dire une telle chose aussi froidement ??? C’est lui qui te demande de faire ça ? En connais-tu les risques ?
  • Il n’en sait rien et laisses-le en dehors de ça. D’ailleurs tais-toi je suis ta grande sœur et tu n’as pas de leçons à me donner.
  • Je suis peut-être plus jeune mais écoutes moi ne tue pas cet enfant. Qui sait ? Tu… Il pourrait vouloir le garder… le reconnaitre… Je…

Elle ne me laissa même pas le temps de finir ma phrase et elle sortit de la maison furieuse. Deux jours plus tard elle réapparu. Sourire aux lèvres j’en déduisis premièrement qu’elle avait commis son abominable acte. Mais ses mots me rassurèrent.

  • Tu avais raison. Il veut qu’on garde l’enfant, il voudrait même que ce soit un garçon il en a toujours voulu un.
  • Ah tu vois, dis-je sceptique même si néanmoins rassurée qu’elle n’ait pas fait disparaitre mon futur neveu ou ma futur nièce.

De ce jour-là à l’accouchement tout se passa  presque comme sur des roulettes. Monsieur était présent, payait les factures du médecin, couvrait la future mère de cadeau mais dû hélas s’absenter pour un voyage de formation qui devait durer les 3 derniers mois de la grossesse. Le jour fatidique est donc arrivé je lui tenais la main pendant qu’elle poussait et le miracle a eu lieu ; un joli bébé de trois kilo cinq. Le seul hic, ce fût une fille quand la mère l’apprit, l’inquiétude l’envahit tellement qu’elle en perdit conscience. A l’appel du père je ne sut quoi dire…

  • Allo, ça s’est bien passé ?
  • Et le bébé il va bien ?
  • Très bien il est en parfaite santé.
  • Ah et la mère de mon fils ?
  • … la mère… de …
  • Mais parles Yasmine. Saphira va bien ?
  • Elle est en santé mais…
  • Mais quoi ???
  • Mais c’est une fille ; le bébé est une fille.
  • Je… encore…

Et il a raccroché. Nous avons tenté de le joindre par la suite un millier de fois pour qu’il puisse nommer l’enfant et le déclarer mais sans succès. Nous dûmes nous résoudre à déclarer l’enfant nous-même et à apposer la mention père inconnu sur l’acte. Et l’officier d’Etat civil de nous poser la question

  • Quel sera son prénom madame ?
  • Son prénom, a tristement répéter ma sœur, son prénom…
  • Décidez-vous madame votre sœur n’a pas une idée ?
  • Ma sœur, dit-elle me lançant un regard noir ; hum qu’elle garde ses avis c’est à cause d’elle que nous sommes où nous sommes aujourd’hui. D’ailleurs cette petite chose est pareille elles ont gâché mon avenir.
  • Madame loin de moi l’idée mais… euh je vous demande juste un prénom pour l’enfant.
  • Yazi ! Ecrivez Yazi ! Elle s’appellera comme sa sorcière de tante.

Et c’est sur ces mots que je sortis de la mairie, l’enfant dans les bras.  Elle nous délaissa durant deux mois ; elle essayait de recoller les morceaux avec son amant. Mais ce dernier avait tourné la page. J’avais dû mettre mes études universitaires entre parenthèses pour m’occuper de ma nièce pendant que sa mère cherchait encore à remplacer le père et trouver son sponsor idéal.

Mais nous nous débrouillions plutôt bien ensemble ma petite nièce et moi. Elle était belle comme un cœur et plus elle grandissait plus je me suis dit qu’elle deviendrait vraiment une très belle femme demain. Malgré que sa mère ne lui donnait pas toute l’attention qu’elle devrait, elle finit par accepter que s’était sa fille et qu’elle avait par conséquent  le devoir de l’aimer et de l’éduquer. Quand l’enfant eu trois ans, je repris le chemin de l’université et laissais la mère et la fille vivre toutes seules. Quand je venais pour les vacances ma petite chérie était resplendissante. C’était une enfant joyeuse et le seul défaut que je lui trouvais s’était qu’elle m’appelait maman Yasmine plutôt que tata mais ça je ne lui en voulais pas tout au contraire.

 

Un petit trésor aux joues pleines et au cœur simple

Un petit être aux yeux ronds et sourire toujours aux lèvres

Une petite partie de moi une petite partie de lui

Neuf mois de projet achevés pour un si beau rendu

Tant de mois à t’aimer et à te tisser dans mon sein

Mon petit moi notre petit nous

Chair de ma chair sang de notre sang

Mon petit trésor mon enfant…

Léandra D.

 

HARRY D, Léandra D, FAHI Leila, Tous droits réservés.

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